#balisebooks – Août 2013

Tiens, je suis en retard pour mon #balisebooks. Étonnant, non ? Non. Sans plus attendre, donc…

The Ghost Brigades, de John Scalzi (en français Les Brigades fantômes) – deuxième tome qui se passe dans l’univers du Vieil homme et la guerre (Old Man’s War), dont je parle dans un autre #balisebooks. Entre temps, Scalzi a gagné le Hugo pour Redshirts – j’ai donc eu le plaisir hipster d’avoir lu le Hugo avant qu’il soit attribué, ça, c’est fait. Bref, Ghost Brigades. Je l’ai trouvé nettement en deçà de Old Man’s War, ça, c’est un fait. On suit l’histoire de Jared Dirac, qui fait partie desdites brigades fantômes – une force spéciale de l’armée composée de gens-qui-sont-morts-dont-on-a-récupéré-l’ADN-pour-faire-des-supersoldats. Et là-dessus, la guerre approche, et Dirac se retrouve (complètement pas par hasard) à être le dernier espoir de l’éviter. Les brigades fantômes faisaient clairement partie des choses laissées en suspens dans Old Man’s War ; Ghost Brigades vise au moins en partie à expliquer tout ça. Et c’est plutôt bien fait, c’est crédible (dans l’univers en question), c’est bien écrit, tout ça – mais ça reste décevant par rapport à Old Man’s War. Évidemment, c’est peut-être injuste de comparer les deux - peut-être que sans le premier, j’aurais trouvé le deuxième plus chouette, allez savoir. Dans tous les cas, ça reste une lecture agréable, hein - mais vaguement décevante.

Biting Bad, de Chloe Neill (pas encore de titre français) - huitième tome de Chicagoland, qui est possiblement ma série de littérature-à-vampires préférée et dont, apparemment sauf erreur de ma part, je n’ai pas encore parlé dans #balisebooks (ils ont dû tomber dans le trou noir sans #balisebooks). La série Chicagoland se passe, de façon hyper prévisible, à Chicago. Merit, l’héroïne, est transformée en vampire à l’insu de son plein gré dans le premier tome, et est enrôlée au sein de la maison Cadogan, une des trois maisons de vampires établies à Chicago. Elle devient Sentinelle de ladite maison, et dans la grande tradition de série de littérature-à-vampires, se tatane l’ennemi-de-l’année-du-tome dans chaque tome. J’aime particulièrement cette série-là parce que je trouve les personnages vraiment sympa ; j’aime aussi le fait que les vampires, ben ils mangent (de la « vraie » nourriture), et qu’ils ont l’air de bien bouffer. C’est aussi une série qui me fait dire que j’irais bien à Chicago, à l’occasion (en partie pour la raison sus-citée, il faut l’admettre.) Dans ce huitième tome, que j’avais précommandé et que j’ai lu dans la semaine suivant sa publication, une série d’émeutes anti-vampires secoue Chicago. Qui se cache derrière et comment les arrêter ? Et c’est un bon tome de la série - c’est plutôt bon signe, je trouve, si le huitième tome reste à un bon niveau. Vivement le neuvième ! (Février 2014… bon 🙂 )

The Perks of Being a Wallflower, de Stephen Chbosky (Le Monde de Charlie, en français), est l’histoire de Charlie, un lycéen un peu bizarre, timide, introverti, et tout ce qui s’en suit. Le livre est composé de « lettres » de Charlie à un lecteur non nommé. C’est assez bizarre, comme bouquin, parce que l’histoire en soi est assez peu crédible (Charlie a une quinzaine d’années mais on a parfois l’impression qu’il en a huit), mais les détails de l’histoire sont plutôt chouettes. Globalement, j’ai bien aimé, mais je suis pas exactement sûre de savoir pourquoi.

Death’s Daughter, d’Amber Benson (pas traduit à ma connaissance) est un bouquin que j’ai acheté à cause de son auteur, qui joue Tara dans Buffy. Il raconte l’histoire de Calliope Reaper-Jones qui, on l’apprend assez vite et on le devine dans le titre, se trouve être la fille de la Mort (Death, en anglais). Le truc gênant, c’est que Death (le papa de Calliope, donc) s’est fait enlever, et que Calliope hérite par conséquent de l’entreprise familiale le temps que tout revienne à sa place. Calliope n’ayant aucune envie de se retrouver dans cette situation, elle se met à la recherche de son père (et de sa sœur qui a eu le mauvais goût de se faire enlever en même temps). Verdict : ça se lit, mais c’est pas grand. J’ai pas détesté, mais bon, vite lu vite oublié, je pense.

Queen Unseen: My Life with the Greatest Rock Band of the 20th Century, de Peter Hince, est exactement ce que le titre dit 😉 J’ai trouvé ça par hasard sous un petit pois en promo sur Amazon l’autre jour, me suis dit « boah pourquoi pas », et donc j’ai lu ça en août. Peter Hince a été « roadie » (la wikipédia me suggère « machiniste itinérant » comme traduction, admettons - bref, un mec qui bosse sur les tournées, quoi) de Queen pendant des années, et c’est son autobiographie. Plutôt sympa d’avoir une idée de ce à quoi peuvent ressembler les coulisses d’un machin pareil – un peu bordélique, comme bouquin, mais finalement assez drôle.

Voilà, c’est tout pour le mois d’août !

S’il n’y en avait qu’un à lire… Biting Bad.

#balisebooks – Juillet 2013

Je disais donc que j’allais faire les bouquins de juillet dans les heures ou jours qui suivraient le 1er août ; il semblerait que la semaine soit passée sans que je m’en rende compte. Faut dire aussi, on a récupéré notre appartement et on a remménagé, entre temps. Alors, bon.

Pas tant de livres que ça lus en juillet – probablement la « faute » aux deux tomes de la Phèdre’s Trilogy qui sont tout de même assez volumineux (plus de 650 pages chacun…)! Comme précédemment, dans l’ordre de lecture.

Kushiel’s Chosen, de Jacqueline Carey (en français L’Élue) – deuxième tome de la trilogie de Phèdre dont j’ai parlé pour le #balisebooks de juin. Ce tome se passe dix ans après le premier tome ; Phèdre est établie dans une propriété choupi et tout se passe bien. Jusqu’à ce qu’un certain colis arrive – et Phèdre doit repartir à l’aventure. En jeu : le trône de Terre d’Ange, rien que ça. Peut-être un peu en deçà du premier tome, mais très chouette néanmoins, et une bonne transition entre le tome 1 et le tome 3.

Kushiel’s Avatar, de Jacqueline Carey (en français L’Avatar) – troisième tome de la même trilogie, est à mon avis le meilleur des trois. Phèdre cherche à libérer un ami d’un destin peu enviable, et se retrouve pour se faire à aller sauver un gamin kidnappé par une espèce de secte maléfique. C’est aussi le tome le plus violent – et peut-être le plus marquant, pas forcément dans le bon sens du terme : il faut parfois avoir le cœur bien accroché.  Et je n’arrive pas à décider si c’était un excellent bouquin à cause ou en dépit de ça. Mais, en tous cas, une trilogie phénoménale, recommandée. Pour la petite histoire, d’ailleurs, j’ai appris l’existence de cette trilogie en regardant une vidéo de Geek&Sundry, la chaîne YouTube gérée entre autres par Felicia Day ; Geek&Sundry avait une série intitulée The Story Board, qui était en gros une série de panels d’auteurs sur différents sujets, et c’était très chouette. Et, donc, Jacqueline Carey était dans un épisode de cette série, et c’est comme ça que j’ai découvert ça.

SuperFreakonomics, de Steven Levitt et Stephen Dubner (même titre en français) – autant j’avais bien aimé Freakonomics, qui avait tout un tas d’anecdotes et de corrélations amusantes, autant ce deuxième essai est à mon avis raté. Ça part bien, et à peu près à la moitié du bouquin ils se mettent à causer climat, et ça part dans le n’importe quoi chiant. J’ai pô aimé.

Spin, de Robert Charles Wilson (même titre en français) – un excellent bouquin de SF. J’ai trouvé ça dans le Humble Bundle eBooks 2 (qui est depuis terminé) ; c’est pas COMPLÈTEMENT IMPOSSIBLE que j’en aie une version papier dans ma bibliothèque (actuellement encore en cartons) que j’avais pas encore lue (ça me dit confusément quelque chose…), mais, bref. L’idée de Spin est la suivante : un beau jour (ou plutôt une belle nuit), toutes les étoiles s’éteignent. Et il est expliqué assez vite que la Terre est en fait enveloppée dans une membrane plus ou moins étanche, avec en plus la propriété amusante de ralentir le temps à l’intérieur. Du coup, la durée de vie du Soleil (et son explosion) devient un problème vachement plus urgent, parce que quand il se passe un an sur Terre, il s’en passe 100 millions dehors. Gênant. La fin est un peu décevante, mais j’ai adoré le bouquin. J’ai vu récemment qu’il s’agissait en fait d’une série : je vais penser sérieusement à me procurer les tomes suivants.

La Petite garce dans la prairie, d’Alison Arngrim (en anglais Confessions of a Prairie Bitch) – l’autobiographie de « Nellie Oleson de la Petite maison dans la prairie », que j’ai achetée principalement parce que c’était une offre Kindle Éclair. Pas mal d’anecdotes de tournage et de « autour » (elle raconte à un moment qu’elle est allée aux Enfants de la télé en France, et qu’elle a halluciné d’entendre le public CHANTER LE GÉNÉRIQUE… instrumental !), mais pas seulement. Certains passages vraiment pas marrants, mais… c’est la vie :-/ mais en-dehors de ça, j’ai vraiment beaucoup ri. Et comme une envie de regarder la Petite maison dans la prairie 🙂

S’il n’y en avait qu’un à lire… Spin.

#balisebooks – Juin 2013

Il se trouve que, apparemment, parler de ce que je lis au fur et à mesure, ça marche pas top. Comme on est le premier août, je tente une nouvelle formule, qui est de causer le premier (ou le 5) du mois des bouquins que j’ai finis dans le mois précédent – information à laquelle j’ai accès grâce à mon GoodReads préféré. (Sérieusement, GoodReads, c’est bien.) Et comme j’ai, en juillet, des bouquins d’une trilogie que j’ai commencée en juin, ben je commence par juin, voilà. Voici, donc, par ordre de lecture, ce que j’ai fini de lire en juin. Et du coup, je fais la VF ici d’abord, et je ferai la traduction sur G+ plus tard.

Tears in Rain, de Rosa Montero (Des Larmes sous la pluie, en français) – un thriller très sympa, dans un univers très largement inspiré de Blade Runner. L’héroïne, Bruna, est une réplicante, consciente de l’être et d’avoir une durée de vie très limitée. Elle enquête sur une série d’événements : un réplicant tue un autre réplicant puis se suicide. Pas le truc le plus mémorable du monde, mais un bon moment. J’avais récupéré ça sur l’offre éclair Kindle, pas regretté.

Food rules, de Michael Pollan (Les règles d’une saine alimentation, en français) – Pollan fait partie de ces gens dont on cause pas mal en ce moment, je me suis dit « tiens je vais en lire un », mais j’ai visiblement pas choisi le bon. Une « règle » par page, un paragraphe par règle – bon. Ça m’apprendra à ne pas faire attention à ce que je fous sur mon app Kindle. Pis bon, je croyais que le « rules » du titre était un verbe et pas un nom, ça aurait été mieux, sans doute 🙂

Une Autobiographie transsexuelle (avec des vampires), de Lizzie Crowdagger – ça, je sais plus comment je suis tombée sur ce blog, j’ai lu des extraits qui m’ont beaucoup fait rire, du coup j’ai acheté le bouquin (qui est en gros ce que son titre dit – en trois grosses nouvelles), j’ai bien rigolé, une chouette découverte. Pareil, pas super mémorable, mais sur le coup, sympa.

Le Jeu de l’ange, de Carlos Ruiz Zafón – j’avais vraiment beaucoup aimé L’Ombre du vent, j’ai nettement moins aimé celui-ci. C’est plus ou moins la suite de l’Ombre du vent, et c’est l’histoire de David Martin, qui rêve d’avoir du succès en tant qu’écrivain. C’est un peu pénible, parce que j’ai adoré la première moitié du bouquin, et j’ai vraiment pas accroché sur la deuxième moitié du bouquin qui est partie dans le bizarre à la fois peu crédible et peu passionnant.

Ready Player One, d’Ernest Cline (Player One, en français) est un machin complètement jubilatoire. C’est l’histoire d’un gamin qui vit dans un univers vaguement futuriste où les habitants passent la majeure partie de leur temps dans OASIS, un genre de Second Life avec une interface de réalité virtuelle. Le créateur d’OASIS, James Halliday, est mort, et à sa mort, une chasse au trésor géante et difficile a commencé. À la clé : l’héritage dudit James Halliday. Et James Halliday, le truc qui le faisait triper, c’était les années 1980. Du coup, c’est un prétexte pour un voyage dans la culture geek des années 80, c’est bien fichu, c’est très drôle, et j’ai beaucoup aimé. Bon, je suis clairement en plein dans le public cible aussi 😉

Kushiel’s Dart, de Jacqueline Carey (La Marque, en français) est le premier tome de la trilogie de Phèdre, une série de fantasy qui se passe dans une espèce d’Europe parallèle à peu près au niveau Renaissance. Phèdre est une courtisane, qui se retrouve a/ choisie par les dieux/anges pour tirer du plaisir dans la douleur b/ et par conséquent adoptée par son mentor, Anafiel Delaunay, qui la forme comme espionne de haut niveau. Et, évidemment, ça part en sucette assez rapidement, le jeu des intrigues politiques étant ce qu’il est. La particularité de Phèdre rend l’histoire parfois un peu dérangeante (certaines scènes sont difficiles, il faut le dire, et pas à laisser aux mains des enfants), mais globalement c’est un excellent bouquin. Je lis assez peu de fantasy, mais si Jacqueline Carey continue à en écrire je continuerai probablement à en lire (j’ai un peu de retard !).

Let’s Pretend This Never Happened, de Jenny Lawson (pas de traduction française) est une série de chroniques autobiographiques plus ou moins exagérées (je me demande dans quelle mesure) par Jenny Lawson, a.k.a. The Bloggess. Et The Bloggess, ben elle me fait beaucoup rire. Et son bouquin, il m’a beaucoup fait rire aussi. C’est du grand n’importe quoi en barres, avec des animaux empaillés dedans.

The Murder of Roger Ackroyd, d’Agatha Christie (Le Meurtre de Roger Ackroyd) est un grand classique que j’avais déjà lu, probablement plusieurs fois, quand j’étais gamine (j’ai lu beaucoup d’Agatha Christie), mais que j’ai redécouvert avec grand plaisir. C’est un Agatha Christie, que dire de plus. Celui-là est particulièrement chouette.

Voilà, c’est tout pour juin, je ferai juillet dans la journée/les jours qui viennent.

S’il n’y en avait qu’un à lire… Kushiel’s Dart.

#balisebooks – A Memory of Light – Robert Jordan et Brandon Sanderson

Post original: https://plus.google.com/115810324683995775467/posts/YtbtwMxNK2e

Hier, j’ai terminé A Memory Of Light, le quatorzième et dernier tome de la série The Wheel of Time (publiée en français sous le titre La Roue du temps, ils en sont au 22e tome correspondant à la fin du 11e tome en VO) , après 3 semaines à ne guère lire que cela. J’ai pas mal râlé il y a trois semaines en voyant que la version électronique ne sortirait que dans quelques mois ; mon impatience a été plus forte que mes grommellements, et j’ai été l’acheter à la librairie. L’impatience, c’est aussi ce dont je me souviens des premiers tomes. J’avais commencé à les lire en français, mais la traduction française prenait deux tomes pour chaque tome en anglais, et l’édition de poche était bien longue à arriver après l’édition grand format… les lire en anglais était à la fois un moyen de les lire plus vite, et de faire des économies non négligeables ! (parce qu’entre un poche et deux grands formats, le choix est simple). Et tout ça, c’était… il y a un peu plus de quinze ans. Cette série m’a suivie pendant la moitié de ma vie. C’est fou.

Je suppose que ce n’est pas trop une surprise si je dis que A Memory of Light est le livre de la Dernière Bataille. Du coup, il est blindé de batailles, de combats et d’héroïsme épique. Et, de manière générale, c’est très satisfaisant. Tout le monde a son rôle, tout le monde participe au plus gros évènement jamais arrivé, et tout ça est fantastique. Je ne me serais pas attendue à apprécier autant un rapport de bataille de 900 pages – mais ça fonctionne très très bien. En tant que lecteur, on fait sa paix avec le destin de tous les personnages que l’on a suivis pendant des milliers de pages, et c’est, encore une fois, globalement satisfaisant (et quelque peu gratifiant). Certains personnages meurent, comme on peut s’y attendre dans une bataille de cette ampleur ; il n’y a pas beaucoup de temps pour les pleurer, mais on s’y attend presque aussi un peu.

Tout bien considéré, une excellente conclusion à une série qui a eu ses hauts et ses bas. Je suis très satisfaite du boulot de Brandon Sanderson – je ne sais pas s’il était « le meilleur auteur possible pour ce boulot », mais il a clairement fait un très bon boulot pour finir la série. De nos jours, je ne pense pas que je commencerais à lire une série de cette ampleur ; rétrospectivement, je suis contente que ça m’ait pris il y a 15 ans. J’aurais du mal à la recommander à quiconque – probablement de la même manière que j’aurais du mal à recommander à quiconque de courir un marathon (à commencer par moi-même 😉 ). C’est un truc gigantesque. Et quelques bouquins du milieu ne sont pas top. Est-ce que ça en valait la peine ? Je pense. C’était une chouette histoire.

 

#balisebooks: Thinking, Fast and Slow (Système 1/Système 2 : Les deux vitesses de la pensée), de Daniel Kahneman

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J’ai fini hier Thinking, Fast and Slow, de Daniel Kahneman, traduit en français sous le titre « Système 1 / Système 2 : Les deux vitesses de la pensée » (note : au moins un des avis sur Amazon signale que la traduction n’est pas terrible… peux pas juger ;)). Je l’ai acheté presque par hasard – je l’ai vu en librairie, j’ai un sourcil qui s’est levé à la mention « prix Nobel », j’ai jeté un œil à la quatrième de couverture, j’ai haussé les épaules, je me suis probablement dit « ce type ne doit pas être un pipoteur complet et il doit avoir des choses intéressantes à dire ». J’ai commencé à le lire en août, je l’ai oublié dans un coin entre temps (plus probablement, j’ai eu la flemme de le finir), je l’ai rattaqué il y a trois semaines et je l’ai enfin fini.

C’est un bouquin très intéressant, mais plutôt dense. Un sous-titre pertinent, bien qu’un peu long, pourrait être « Vous êtes nul en probas et en prise de décisions rationnelles et voici pourquoi ». Le bouquin résume à peu près 30 ans de recherche en psychologie et économie, y compris ce qui a valu à Kahneman son Nobel (en économie). Il présente deux façons de penser, ce qu’ils appellent le Système 1 et le Système 2 (d’où le titre français). Le Système 1 est rapide et intuitif (et en gros vous aide à ne pas vous faire bouffer dans la jungle), le Système 2 est plus réfléchi et logique. Et même lorsque vous pensez être entièrement rationnel et logique, il est très probable que vous ne le soyez pas (et que vous n’en soyez pas conscient). Kahneman donne beaucoup d’exemples, et explique qu’un certain nombre de facteurs influent la rationalité. Beaucoup de ces facteurs seront familiers à ceux qui ont lu You Are Not So Smart, de David McRaney; le style de McRaney est plus informel et anecdotique (c’est plus de la vulgarisation, dans le sens positif du terme); Kahneman est plutôt dans le niveau d’au-dessus, ce qui rend son bouquin un peu plus difficile d’accès (mais encore une fois très intéressant).

J’ai été surprise, amusée et déroutée par de nombreux résultats qu’il présente, et fascinée par ses explications. Je recommande chaudement.

Du vrac de #balisebooks – Takei, Colvin et Scalzi

Je suis en retard sur mes traductions de #balisebooks, donc je rattrape le retard 🙂

Oh Myyy, de George Takei

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Un petit truc qui se lit vite: Oh Myyy, de George Takei. George Takei a joué Sulu dans Star Trek:TOS, et je dois dire que je suis assez accro à sa page Facebook, dont le contenu pourrait se résumer pour la majorité à « trucs marrants des intarwebz », avec de temps en temps des trucs plus sérieux ou de la promo personnelle – c’est plutôt un bon mélange. Et dans Oh Myyy, c’est ce dont il parle : à peu de chose près « voici comment je gère mon Facebook et ça marche plutôt pas mal ». C’est drôle et pertinent ; je n’ai pas beaucoup d’intérêt, personnellement, pour la gestion de la présence en ligne, mais j’ai trouvé son compte-rendu assez fascinant. Pas mal, quoi.

Talent is Overrated: What Really Separates World-Class Performers from Everybody Else, de Geoff Colvin

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Le titre pourrait se traduire par « Le talent, c’est surfait – ce qui distingue réellement les gens qui atteignent un niveau mondial du reste du monde » (je cherche une meilleure traduction pour « performer », mais ça vient pas.) L’idée générale du livre est que les deux hypothèses « principales » qui expliquent des succès extraordinaires, à savoir un talent inné et un travail sans relâche, ne sont pas vraiment vérifiées. L’auteur développe l’idée que ce qui fait la différence est la « pratique délibérée » – un entraînement spécifiquement conçu pour améliorer sa pratique, qui peut être beaucoup répété et où un retour est immédiatement disponible. Cet entraînement est également très exigeant, et n’est pas très drôle.

Il explique comment cela s’applique à différents exemples « personnels » (des gens qui ont effectivement atteint un niveau mondial) et comment l’appliquer à une entreprise (c’était probablement la partie qui m’a le moins intéressée) et à l’éducation des enfants.

C’était plutôt intéressant à lire, ça donne de quoi réfléchir, mais le livre était peut-être un peu long/verbeux pour la quantité totale de contenu.

Redshirts, de John Scalzi

Il y a deux jours, j’étais d’humeur à lire un truc léger et marrant. Je m’étais dit que j’attendrai un peu avant de lire Redshirts, de John Scalzi, parce qu’il venait de sortir et qu’il était encore un peu cher, surtout pour une version électronique. Et bien évidemment, me dire que j’attendrai un peu était une excellente raison pour avoir envie de le lire MAINTENANT. Alors j’ai soupiré et je l’ai acheté et j’ai commencé à le lire. Et je l’ai fini hier – j’ai même poussé un peu malgré l’endormissement pour ça, ce que j’ai nettement moins tendance à faire maintenant que quand j’étais plus jeune 😉

Comme je l’ai expliqué dans un billet précédent, j’avais entendu parler de Redshirts il y a quelque temps, je priais pour que l’idée de base ne soit pas gâchée, j’ai été rassurée en lisant Le Vieil homme et la guerre, et je m’attendais à un truc chouette.

Je n’ai pas été déçue. L’idée du livre sera familière à quiconque a une vague idée de Star Trek: sur le vaisseau Intrepid, toutes les missions ont tendance à se terminer avec un troufion de base tué de façon spectaculaire. Andy Dahl, qui vient d’être assigné au vaisseau, a la ferme intention d’échapper à cette destinée et tente de comprendre ce qu’il se passe.

Redshirts contient une bonne partie des trucs qui font avoir envie de rentrer sous terre quand on regarde Star Trek (toutes séries confondues. Note : j’ADORE Star Trek), sauf peut-être la quantité de jargon technoïde – et c’est très drôle. La quantité de méta augmente exponentiellement, et l’ensemble du bouquin m’a fait ricaner plus d’une fois (comme Pierre peut probablement l’attester).

J’ai vraiment bien aimé, ça a clairement rempli les conditions « léger et marrant », et le livre est à la hauteur de ses « promesses ».

#balisebooks – Old Man’s War / Le Vieil homme et la guerre – John Scalzi

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J’ai commencé et terminé hier Old Man’s War, de John Scalzi, traduit en français sous le titre Le Vieil homme et la guerre – j’avais 6 heures de train, ça a aidé.

J’ai probablement lu ce livre à cause d’une suite de coïncidences. Un autre livre de Scalzi, Redshirts, est sur mon radar depuis quelques semaines/mois, donc je connaissais l’auteur de nom. Le Humble eBook Bundle est sorti et je l’ai acheté, et Old Man’s War était dedans. Et hier, j’ai cru que j’avais oublié mon livre (papier) (en fait non, il était juste dans un autre sac), donc j’ai jeté un œil à mon app Kindle, j’y ai trouvé ce bouquin, je me suis dit  « boah, on verra bien » (je n’étais pas convaincue par le titre), et j’ai été accrochée dès le premier paragraphe. Peut-être même par les trois premières phrases: « I did two things on my seventy-fifth birthday. I visited my wife’s grave. Then I joined the army. » (« J’ai fait deux choses le jour de mes soixante-quinze ans : je suis allé sur la tombe de ma femme. Puis je me suis engagé. »).

Ce bouquin est très similaire à Starship Troopers (Étoiles, garde à vous) d’Heinlein – la Terre se porte raisonnablement bien, mais la guerre fait rage dans toute la galaxie, et les aliens ne sont pas de plus pacifiques. Et pour faire la guerre, il faut des soldats. Dans Starship Troopers, ce sont principalement des jeunes adultes/adolescents, et le service militaire est un moyen d’atteindre la citoyenneté (i.e. le droit de vote). Dans Old Man’s War, la situation est différente : les gens s’engagent pour leurs 75 ans, dans l’espoir de se refaire une jeunesse – même si personne ne sait exactement ce qu’il se passe en réalité (parce que tout est géré par les Forces de Défense Coloniales, dont les interactions avec la Terre sont limitées), le consensus général est qu’il faut bien faire quelque chose avec tous ces gens de 75 ans pour qu’ils soient aptes à faire la guerre. Dans le livre, on suit le narrateur, John Perry, pendant son engagement et sa carrière. Et c’est une excellente lecture. Les références à Starship Troopers sont partout, mais c’est une version « réactualisée » de Starship Troopers, en beaucoup plus drôle (il y a d’excellents dialogues – j’ai ri plusieurs fois dans le train, pardon à mes voisins).

C’est vraiment un bouquin très chouette. J’avais un peu peur pour Redshirts parce que je trouvais l’idée excellente et que j’avais peur qu’il ne soit pas à la hauteur de mes espérances, mais je pense à présent que ça va être bien. D’autre part, Old Man’s war est en fait le premier d’une série de 4 livres (à ce jour) ; je crois que je vais lire le reste.

#balisebooks – The Quiche of Death – M.C. Beaton

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Je suis tombée sur The Quiche of Death (pas de version française à ma connaissance) complètement par hasard. J’étais à ma librairie préférée il y a quelques mois, et je suis tombée sur un bouquin de la même série avec une petite note manuscrite qui disait entre autres que le premier livre de la série s’appelait « The Quiche of Death » (« la quiche de la mort » ? « la quiche mortelle » ?). Avec un titre pareil, je ne pouvais pas le rater – donc je me suis dirigée vers le rayonnage correspondant… pour me rendre compte que le bouquin n’y était pas. Je l’ai même chassé à travers plusieurs autres librairies, et j’ai fini par acheter la version Kindle quand ça n’a rien donné.

L’histoire : Agatha Raisin quitte son entreprise de relations publiques et Londres et va s’installer à la campagne. Pour gagner l’acceptation de ses nouveaux voisins du village, elle décide de participer à un concours de quiche. Mais le juge meurt peu après avoir mangé de sa quiche… qui a fait le coup ?

C’est un whodunit relativement efficace – bien qu’il soit un peu difficile de se lier aux personnages, Agatha n’étant pas le personnage le plus sympathique du monde – mais cela reste une lecture sympathique, facile et amusante. J’ai acheté un « pack » de 4 Agatha Raisin (parce qu’il coûtait 2€ de plus que le premier bouquin tout seul), et je lirai probablement les autres en cas de besoin d’une telle littérature 🙂

#balisebooks – L’Insoutenable légèreté de l’être – Milan Kundera

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J’ai terminé L’Insoutenable légèreté de l’être, de Milan Kundera, il y a quelques jours et… Et je ne trouve pas grand chose à en dire.

L’histoire se passe majoritairement à Prague dans les années 60/70 et, évidemment, le cadre communiste est très présent.

Ce livre est dans ma catégorie de « bouquin avec des gens dedans » – Tomas, chirurgien et coureur invétéré, Tereza, sa femme, Sabina, sa maîtresse, Franz, l’amant de Sabina, auxquels j’ajouterai le narrateur, qui « interrompt » le flot de l’histoire à intervalles plus ou moins réguliers pour donner des explications ou rentrer dans des considérations/digressions philosophiques.

C’est aussi un de ces livres qu’on finit avec une certaine urgence, parce qu’on sait dès les premières pages qu’on va vouloir le relire en prenant son temps, bientôt (mais on veut quand même savoir ce qu’il s’y passe avant).

Et peut-être que le fait que je n’en ai pas grand’chose à en dire tient du même effet que le silence qui suit un morceau musical grandiose, et qui est encore de la musique.

#balisebooks – Slant / Oblique – Greg Bear

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Pour le #balisebooks d’aujourd’hui, je cause de Slant (en français, Oblique) de Greg Bear. (Et si vous avez de la chance vous aurez un autre #balisebooks demain.)

J’aime beaucoup Greg Bear, parce qu’il n’oublie clairement pas la « science » dans « science-fiction ». L’Échelle de Darwin/Les Enfants de Darwin était à mon avis spectaculaire (même si, si je me souviens bien, le premier est meilleur que le deuxième). Cela dit, pour une raison qui m’échappe, j’aime beaucoup ses bouquins lorsque je les lis, mais je ne m’en souviens pas plus tard – La Musique du sang et Eon/Éternité en sont de bons exemples – je sais que j’ai bien aimé, mais je ne me souviens pas à propos de quoi/de qui ils étaient.

Je suppose qu’Oblique aura le même effet : j’ai bien aimé, mais je ne pense pas qu’il me laissera un souvenir impérissable. L’idée de base est que, dans un futur assez proche, les nanotechnologies sont… partout. En particulier, elles sont utilisées chez une partie non négligeable de la population comme « thérapie » pour corriger les déséquilibres chimiques à l’origine de divers états mentaux « suboptimaux ». Ajoutons à ça que c’est aussi un futur où les AI peuvent prendre conscience d’elles-mêmes.

Mais que se passe-t-il lorsque la thérapie commence à s’écrouler à grande échelle, lorsqu’une société secrète construit un complexe gigantesque (qui est supposé être un établissement cryogénique) et lorsque les AI ne sont pas construites comme elles le devraient ? C’est ce qu’explore Greg Bear dans Oblique.

Il fait cela à travers une poignée de personnages dont nous suivons les points de vue alternativement tout au long du livre. Ce que les personnages ont en commun n’est pas très clair au début, et n’est pas forcément beaucoup plus clair à la fin étant donné que la fin est un peu confuse.

Le futur dépeint est raisonnablement crédible à mon avis, mais les personnages ne laissent pas une impression durable et l’intrigue est un peu bordélique. Bref, c’est un de ces bouquins « pas mal, mais pas grandiose ».