#balisebooks – Janvier 2020

English version here: https://blogen.pasithee.fr/2020/02/02/#balisebooks—january-2020

Permafrost – Alastair Reynolds

(pas encore de traduction française)

L’histoire de base de Permafrost est celle d’un groupe de gens qui voyagent dans le temps depuis le futur pour essayer de réparer une catastrophe passée afin d’avoir une chance de survie – parce qu’à leur époque, l’humanité est littéralement en train de mourir de faim. La mécanique de voyage dans le temps est un peu « à la Code Quantum » : des « hôtes » sont identifiés dans le passé, et passent sous le contrôle des voyageurs temporels pour une durée limitée.

Globalement, c’est une bonne histoire. Mais c’est relativement bordélique par moments, et je crois que j’aurais aimé qu’on me tienne un peu plus la main. J’ai cependant beaucoup apprécié la quantité de rebondissements. À moins de 200 pages, Permafrost compte apparemment plus comme « novella / roman court » que comme roman – je crois que j’aurais préféré une forme un poil plus longue; ça restait une bonne manière de passer quelques heures, et en tous cas il est très difficile à poser !

Spinning Silver – Naomi Novik

(La Fileuse d’argent, en français)

C’est assez rare que je termine un bouquin plus de deux mois après l’avoir commencé… parce qu’en général, ça veut dire que je l’ai abandonné, plutôt que de prendre plus de temps pour le lire. Je savais que je voulais finir Spinning Silver ; je savais aussi que je n’étais pas forcément dans le bon état d’esprit pour le fini rapidement (parce que je m’améliore à savoir si un livre n’est « pas pour moi » ou « pas pour moi cette semaine » 🙂 )

Spinning Silver tourne autour de trois jeunes femmes. Miryem vient d’une famille de prêteurs : elle décide de prendre les choses en main lorsqu’elle se rend compte que son père est incapable de se faire rembourser ses dettes (ce qui doit être problématique pour un prêteur, j’imagine). Elle est aidée de Wanda, qui repaie les dettes de son père en travaillant pour la famille de Miryem. Miryem attire l’attention du roi Staryk – le croquemitaine du royaume des glaces local – qui la défie de changer son argent en or. Et ledit argent Staryk finit dans les mains d’Irina – la fille d’un duc miteux, qui finira par épouser le tsar… qui a peut-être un secret ou deux aussi.

Le rythme du roman est plutôt lent, mais le récit est très vivide (les images dans mon cerveau sont plutôt détaillées), le style est superbe, et je n’ai rien trouvé à redire à ce livre. Hautement recommandé.

Trade Me – Courtney Milan

(pas encore de traduction française)

Mon Twitter a beaucoup bruissé récemment à propos de la direction de l’association des Romance Writers of America, et un des effets secondaires en a été que j’apprenne l’existence de Courtney Milan. Courtney Milan est autrice de romance, et elle est aussi l’autrice initiale de la proposition Jurassic Emoji (grâce à laquelle je peux maintenant écrire 🦕 et 🦖 en emoji :D). Et donc, pour faire court, comme apparemment je découvre mes nouveaux auteurs de romance sur Twitter, ben j’ai commencé à lire Trade Me.

Les prémisses de l’histoire ne sont pas suuuuuper-crédibles – Tina et Blake vont à la même université ; Blake est l’héritier milliardaire du fondateur d’une entreprise de high-tech; Tina jongle entre ses études et son boulot, et essaie de joindre les deux bouts pour elle-même et sa famille. Ils se retrouvent à faire un pari dans lequel ils échangent leurs vies pour quelques mois, pour l’expérience, et peut-être revoir leurs préjugés. Et on en apprend plus sur Tina, Blake, et son père, alors que la relation entre Tina et Blake s’épanouit.

Et même si je ne suis pas très convaincue par les prémisses, le cadre est plutôt crédible et bien documenté. J’ai beaucoup aimé les interactions entre les personnages, y compris la gestion de leurs bagages, et globalement j’ai vraiment beaucoup aimé ce roman – il y en a quelques autres dans la série et je les lirai probablement bientôt 🙂

Planetfall – Emma Newman

(Planetfall, en français)

Renata est l’une des fondatrices et l’ingénieur imprimante 3D d’une petite colonie établie sur une planète distante. La vie semble y être bien organisée, la colonie est une vraie communauté, la technologie et la biotechnologie font marcher les choses de manière crédible. Jusqu’au jour où un étranger arrive, ce qui a/ ne devrait pas vraiment arriver b/ porte d’autant plus à confusion qu’il ressemble fortement à une autre des fondatrices de la colonie. Rapidement, les questions apparaissent et les secrets se révèlent.

C’est un de ces bouquins où il faut abandonner l’idée de tout comprendre d’un coup – et attendre que les pièces du puzzle se mettent en place. On peut avoir une idée sur les pièces en question, mais leur addition progressive est très satisfaisante. Je lirai pour sûr les autres livres inscrits dans le même univers 🙂

#balisebooks – Fin 2019

English version here: #balisebooks – End of 2019

Bon. Il semble assez évident que même tenter de sortir un #balisebooks par mois ne marche pas, puisque je n’en ai pas écrit un de tout le dernier trimestre 2019. En y réfléchissant un peu, je me dis que le problème n’est peut-être pas la fréquence, mais le fait que j’essaie d’être exhaustive – et du coup je finis par procrastiner parce qu’il y a des bouquins pour lesquels j’ai juste pas grand’chose à dire. Donc, on va tenter l’approche « non-exhaustive », dans laquelle je ne causerai que des bouquins dont j’ai vraiment envie de causer, et pour laquelle je me réserve le droit d’écrire des billets individuels si je veux (parce que jusqu’ici j’ai évité depuis que je groupe mes critiques dans des billets plus gros, et je veux plus m’imposer de l’éviter), et si vous voulez vraaaiiiiment savoir tout ce qui passe dans mes mains, vous pouvez jeter un œil à mon profil GoodReads. OK ?

How To: Absurd Scientific Advice for Common Real-World Problems – Randall Munroe

(pas encore de traduction en français) J’achète presque automatiquement les bouquins de Randall Munroe (connu pour xkcd), et en général sous forme papier, parce qu’ils ont suffisamment de contenu graphique pour que ce soit pas très confortable sur Kindle. Ce qui me met dans la position idiote d’avoir un bouquin, de vouloir le lire, et de ne pas forcément le lire rapidement parce qu’il est dans un format dans lequel je ne lis pas beaucoup. Ouais, je sais, c’est dur la vie.

Le sous-titre du livre (« conseils scientifiques absurdes pour problèmes pratiques communs ») est une assez bonne description du livre, avec des chapitres pour « comment déménager », « comment se faire des amis », « comment prendre un selfie »… mais aussi « comment construire des douves de lave » et « comment atterrir en urgence » qui sont probablement des problèmes moins communs que d’autres. Et, pour tous ces chapitres, Munroe joue avec sa version du « sketch avec de la Science! », part en vrille, considère les cas limites étranges et des manières… uniques de voir le problème. Pour voir ce que je veux dire, vous pouvez aller voir How to Send a File et rigoler un peu (à condition de parler anglais). Globalement, une lecture de vacances brillamment distrayante 🙂

Recommandé pour : les fans de xkcd qui apprécient l’approche absurde de Munroe; les gens qui aiment leur vulgarisation avec une (grosse) dose de poilade.

The Ten Thousand Doors of January – Alix E. Harrow

(pas encore de traduction en français) J’ai un truc pour les titres poétiquement intrigants, et celui-ci fait clairement partie de la catégorie : c’était un bon exemple de « j’ai lu le titre, je l’ai mis sur ma pile à lire ». Le titre (« Les dix mille portes de Janvier ») perd un peu de son mystère quand on réalise que January, c’est le personnage principal, et pas le mois ; mais les « dix mille portes » gardent leur attrait. Ce roman raconte les histoires entremêlées d’une petite fille qui trouve une Porte vers un autre monde, et d’un académique qui étudie les Portes en question. La prose est très belle, j’ai beaucoup aimé l’histoire, qui s’est trouvée également plutôt mémorable. Le rythme est plutôt lent, surtout au début – et pour que je dise ça, il en faut, parce que j’ai tendance à préférer les rythmes lents aux rythmes plus soutenus qui explosent dans tous le coins 🙂 J’ai presque abandonné après le premier tiers, mais je suis contente de ne pas l’avoir fait, parce que j’ai plutôt apprécié l’histoire de January.

Recommandé pour : les gens qui aiment les jolies histoires dans un environnement bien décrit, un rythme lent et une narration à plusieurs voix.

A Ticket for Life – Marzia Mura

(pas encore de traduction en français) Celui-ci est peut-être un peu à part, parce que ce n’est pas le bouquin le plus mémorable en soi, MAIS c’est une lecture tout à fait plaisante, et comme il est publié en auto-édition, il y a de bonnes chances qu’il ne soit pas sur le radar de beaucoup de gens.

C’est l’histoire de Theresa et Andrew, qui ont une vie parfaite dans une utopie parfaitement équilibrée, partie d’une communauté fermée du reste du monde, et qui ont de très bonnes chances de pouvoir vivre éternellement. Mais pour que l’utopie reste viable, il a fallu faire des choix – et le choix le plus dur pour Theresa est celui du contrôle des naissances qui s’applique à tous les habitants de la communauté. Le seul moyen pour elle d’avoir un enfant est de gagner une loterie, qui n’est déjà pas organisée souvent – et Theresa est bien décidée à faire pencher les probabilités en sa faveur.

Globalement, c’est un bon thriller, et l’univers dystopique est intéressant et bien fichu – si vous êtes d’humeur pour ce genre d’histoire, il y a de bien pires choix 🙂

Recommandé pour : les gens qui aiment les thrillers et les dystopies.

The City Born Great – N.K. Jemisin

(pas encore de traduction française) Une nouvelle disponible ici : The City Born Great. L’idée de base est que lorsqu’une ville devient suffisamment grande et suffisamment vieille, elle gagne une conscience et une vie propres. Et cette fois, c’est le tour de New York, et nous suivons l’histoire de sa sage-femme (qui n’avait pourtant rien demandé à personne.)

Honnêtement, c’est super bizarre. Eeeeeet c’est super bien. Ce qui est essentiellement ce que je peux dire de tout ce que j’ai lu de Jemisin jusqu’ici : c’est CLAIREMENT plus original et plus exigent que beaucoup de trucs que je lis, et ça en vaut TOUJOURS la peine. Y’a un roman prévu pour Mars qui s’appelle The City We Became, et qui commence là où cette nouvelle se finit – je l’attends avec impatience.

Recommandé pour : les gens qui aiment la belle prose, une écriture engagée, et qui aiment leur fantasy stimulante et originale. Et sinon, bah tout le monde, parce que c’est tellement court qu’il n’y a qu’à le lire de toute façon.

Open Borders – The Science and Ethics of Immigration – Brian Caplan and Zach Weinersmith

(pas encore de traduction en français) Comme pour Munroe, j’ai tendance à toper la plupart des trucs que Zach Weinersmith (connu pour SMBC) fait. Pour celui-ci, il a été très clair que c’était plutôt éloigné de ce qu’il faisait d’habitude – Open Borders EST une BD, mais c’est une BD à propos de politiques d’immigration, ce qui n’est probablement pas le sujet le plus simple à aborder (et pas le sujet le plus consensuel non plus). Dans Open Border, Caplan prêche pour l’ouverture complète des frontières et le fait de laisser immigrer n’importe qui n’importe où (bon, c’est assez spécifique aux US, tout de même). Il énumère les arguments les plus courants (et les autres) contre cette politique et propose des solutions/mesures pour répondre à la plupart des peurs, sans pour autant les minimiser. J’ai appris de trucs, ça m’a donné pas mal à penser sur certains points. Je ne m’attendrais pas à ce que ce bouquin change l’avis de gens qui sont profondément contre, mais il présente des arguments qui semblent solides et pragmatiques.

Recommandé pour : les gens qui s’intéressent aux questions politiques et sociales, qui pensent qu’ils manquent peut-être de contexte ou d’arguments à propos de l’immigration, et qui n’ont pas peur de voir leurs opinions contestées.

Polaris Rising / Aurora Blazing – Jessie Mihalik

(pas encore de traduction française) Une lecture plus légère : quand on mélange du space opera avec de la romance, que le space opera est divertissant et que la romance est plus que décente (Hrm. C’est ptêt pas le bon mot. La décence s’insurge.), j’appelle ça une victoire. Polaris Rising et Aurora Blazing sont deux romans inscrit dans le même univers, où les personnages principaux respectifs sont deux sœurs d’une des trois Grandes Maisons qui dirigent essentiellement l’univers. Y’a pas mal d’action – c’est même parfois un peu trop rapide à mon goût -, des personnages sympas, une bonne construction d’un univers plutôt crédible. Et puis, bon, des princesses qui roxxent, en gros. Globalement, du très bon divertissement – et je suis une grande fan de très bon divertissement.

Recommandé pour : les fans de très bon divertissement, de space opera, et de princesses qui roxxent.

Comme un roman – Daniel Pennac

Je suis tombée sur Comme un roman dans la bibliothèque de la maman de mon mari, j’ai fait « haaan, un Pennac que j’ai pas lu », et je l’ai lu sur le temps de Noël. C’est une collection de quatre essais – qui en forment un long, en fait – à propos de lecture et de lecteurs. Ça commence par l’apprentissage de la lecture par les enfants, ça continue par les adolescents qui apprennent la littérature, les profs qui enseignent et transmettent leur amour de la lecture, et ça se termine par un manifeste du lecteur général.

J’ai franchement adoré – Pennac est un de mes auteurs français préférés, son écriture tape toujours très juste pour moi, et son Comme un roman est un bonbon de lecteur.

Recommandé pour : tous ceux qui apprécient l’aspect « méta » de la lecture.

Everything I Never Told You – Celeste Ng

(Tout ce qu’on ne s’est jamais dit, en français) J’ai commencé l’année avec une des lectures les plus déprimantes de ces derniers mois, peut-être même de ces dernières années. Everything I Never Told You commence par la mort de Lydia, 16 ans – et raconte ensuite toute l’histoire de la famille avant, et directement après, cet événement tragique : son père, sa mère, son grand frère, sa petite sœur… et Lydia elle-même. Au fur et à mesure qu’on en apprend plus sur la dynamique de la famille, on commence aussi à comprendre ce qu’il s’est passé la nuit où tout a basculé. « Tragique » s’applique probablement à l’ensemble complet de tout ce qui s’est passé – ce qui rend probablement ce roman si difficile. Il y aurait suffisamment de faiblesses de caractère dans les personnages pour les rendre difficiles à comprendre, mais je me suis trouvée ressentir de l’empathie pour chacun d’entre eux, ce qui fait d’Everything I Never Told You un ascenseur émotionnel plus que rapide. J’ai donc plutôt du mal à dire si j’ai même aimé ce bouquin. Il est objectivement superbe, mais je ne me vois pas être capable de le relire. Je crois cependant que je veux lire plus de ce que Celeste Ng a écrit, ce qui est probablement un signe que j’ai bien aimé 🙂

Recommandé pour : les amateurs d’émotions fortes, les amateurs de tragédies et/ou d’histoires familiales.

#balisebooks de rattrapage

Et ben, l’été est passé, et ça fait un bout de temps que le dernier #balisebooks a été publié… on va donc corriger ça ! La bonne nouvelle, c’est que je n’ai pas lu tant que ça pendant ces trois derniers mois, et du coup le #balisebooks reste raisonnable. J’ai encore quatre bouquins plus longs ou plus chronophages en route en parallèle, donc le prochain sera peut-être aussi court et/ou retardé.

The Gown: A Novel of the Royal Wedding – Jennifer Robson

(pas encore de traduction française)

Un roman historique qui suit l’histoire des brodeuses qui travaillaient pour Norman Hartnell, concepteur de la robe de la (future) reine Elizabeth II. Je voulais vraaaaiment tout adorer de ce bouquin, et c’était presque ça, à part pour un point de l’intrigue particulièrement déplaisant qui m’a paru… évitable. Et c’est dommage, vraiment, parce qu’à part ce point là, ce bouquin aurait probablement fini sur ma (toute petite) liste de « bouquins à re-lire quand j’ai besoin de réconfort ». J’ai tout de même aimé beaucoup de choses dans ce bouquin, et en particulier tous les détails à propos de broderie !

Persepolis Rising / Tiamat’s Wrath – James S.A. Corey

(Le Soulèvement de Persépolis, en français, à paraître, et pas encore de titre pour le deuxième)

Les tomes 7 et 8 de The Expanse, qui se passent après un bond dans le futur d’environ 30 ans après la fin du tome 6. Et il n’y a pas grand chose de plus que je puisse dire sans le contexte des six premiers bouquins, alors… J’avais un peu peur du concept « ah. OK. 30 ans plus tard. Ok… », parce que j’avais peur de « perdre » quelque chose. Mais ça reste tout à fait plaisant, très émouvant par moments, et j’ai vraiment hâte de lire le tome 9, prévu pour l’an prochain. Et en attendant, il me reste quelques nouvelles/romans courts dans l’univers que je n’ai pas encore lus (ce dont je me réjouis par avance).

Beyond Addiction – Kit Rocha

(pas encore de traduction française)

Tome #5 de la série de romance post-apo Beyond. Finn et Trix se connaissaient alors qu’ils vivaient encore tous les deux dans le Secteur Cinq et étaient tous les deux toxico; Trix s’en est sortie (et a fini chez les O’Kane dans le Secteur Quatre), Finn pense qu’elle est morte… jusqu’à ce qu’elle soit re-kidnappée au Secteur Cinq. La trame de fond est toujours chouette, j’ai bien aimé le couple du bouquin, les scènes chaudes sont, ben, heu, chaudes (j’ai quelques réserves à propos d’une d’entre elles, mais bon), que vouloir de plus ?

Radicalized – Cory Doctorow

(pas encore de traduction française)

Quatre grosses nouvelles/romans courts qui se passent dans des sociétés juuuuste assez différentes de la nôtre pour les appeler des dystopies, et définitivement suffisamment proches pour en être effrayantes. Dans Unauthorized Bread, Salima, réfugiée, se retrouve à devoir hacker son mini-four parce que l’entreprise qui l’a fabriqué a fait faillite. Les emmerdes suivent. Model Minority est un « remake » de Superman (contre le racisme et la brutalité de la police) – et j’avoue que ça ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. Dans Radicalized, l’absence de couverture sociale universelle pousse des gens à s’organiser et à planifier des attaques terroristes. Et dans The Masque of Red Death, on a une histoire à propos d’une communauté post-apocalyptique dans un bunker. Globalement, quatre histoires très solides – avec suffisamment d’humour pour ne pas être profondément déprimantes. La politique est de l’ordre du Non Subtil, mais en même temps, on lit pas du Doctorow si on a quelque chose contre la Politique Non Subtile 😉

The Headspace Guide to Meditation & Mindfulness – Andy Puddicombe

(Mon Cours de méditation, en français)

Headspace est une des apps de méditation que j’utilise (moins souvent que ce que je le voudrais ces derniers temps, mais bon), et Andy Puddicombe en est le visage (et la voix) public. Ce bouquin explique l’approche et la parsème de pas mal d’anecdotes, du coup c’est très accessible et drôle. J’aurais probablement plus profité du bouquin si ça n’avait pas été après des heures sur Headspace. Mais ça reste des rappels bienvenus, c’est bien écrit, et les anecdotes sont marrantes.

To Be Taught, If Fortunate – Becky Chambers

(pas encore de traduction française)

Une chronique d’une longue mission spatiale – quatre personnes sur un vaisseau, qui explorent quatre planètes très différentes. L’équipage est solide et compétent, y’a de la science, et ce roman court paraît beaucoup plus long (dans le bon sens du terme !) que son nombre de pages, et c’est krokrobien, et est-ce que je suis en train fangirler un peu trop ? naaaan….

The Long Way to a Small, Angry Planet – Becky Chambers

(L’Espace d’un an, en français)

Celui-ci est une (re)-re-lecture; Becky Chambers a obtenu le prix Hugo pour la série Wayfarers, alors j’ai relu celui-ci pour fêter ça. C’est la troisième fois que je le lis en moins de trois ans (ce qui est très rare dans ces temps d’abondance livresque), et je l’apprécie un peu plus à chaque fois. Je relirai probablement les deux autres d’ici à la fin de l’année.

Lake Silence – Anne Bishop

(Lac Argent, en français)

J’ai découvert Anne Bishop avec sa série The Others – et Lake Silence se passe dans le même univers, que j’apprécie, mais avec une autre communauté et un autre jeu de personnages. Et… j’ai pas été convaincue. J’aime toujours bien l’idée du monde, mais j’ai pas réussi à m’enthousiasmer pour cet épisode – voire, je me suis ennuyée (ça m’a paru répétitif), j’ai envisagé plusieurs fois de l’abandonner, et de manière générale j’ai été déçue.

Because Internet: Understanding the New Rules of Language – Gretchen McCulloch

(pas de traduction française, et j’imagine qu’elle n’aurait pas beaucoup de sens vu le sujet)

Un bouquin très cool à propos d’Internet du point de vue d’une linguiste en langue anglaise. Y’a des chapitres à propos de ton d’écriture, de ponctuation, d’emojis, de memes, de conversation… et globalement je me suis régalée, j’ai appris beaucoup de choses, j’ai ri plusieurs fois, et c’était de manière générale une chouette lecture très informative.

#balisebooks – Juin 2019

English version here: #balisebooks – June 2019

Gender Queer: A Memoir – Maia Kobabe

(pas encore de traduction française)

Je ne me souviens plus comment je suis arrivée à cette BD, mais je me souviens en avoir vu quelques pages, avoir acheté la version électronique, et lu l’ensemble, le tout sur une heure ou deux. C’est une autobiographie de Maia, qui est non-binaire et queer (et utilise les pronoms e/em/eir); c’est l’histoire de son enfance, de son adolescence et du début de son âge adulte, et de sa prise de conscience de son identité. J’ai beaucoup aimé, parce que c’était parfois drôle, parfois attendrissant, et souvent touchant. Oh, et j’ai bien aimé le dessin, aussi 🙂

Strangers in Paradise XXV – Terry Moore

(pas encore de traduction française)

Ouaip, ça fait deux BD en suivant – pour quelqu’un qui… ne lit pas vraiment de BD (j’ai du mal avec le medium, parce que je lis le texte et j’oublie de regarder les images et après je suis perdue :/), c’est un peu un record 😉 Mais, bon, Strangers in Paradise. Si vous ne connaissez pas Strangers in Paradise, petit a, vous devriez le lire, et petit b, c’est l’histoire de Francine et Katchoo, de leur relation, de leur passé (qui inclut des parties beaucoup plus sombres) et de ses conséquences contemporaines. Et c’est très bien, et le dessin est fabuleux.

Dans Strangers in Paradise XXV – parce que le premier numéro est sorti il y a 25 ans, on gagne une nouvelle aventure, quelques liens avec Echo (dont j’ai parlé ici), et puis, ben, un peu plus de Strangers in Paradise, donc je prends. Y’avait peut-être pas assez de Francine à mon goût, mais je peux vivre avec, et je suis globalement très contente d’avoir pu passer un peu plus de temps avec les personnages 🙂

The Goblin Emperor – Katherine Addison

(pas encore de traduction française)

L’histoire de Maia, dont le père empereur vient de mourir, ainsi que tous les héritiers qui étaient avant Maia dans la ligne de succession… du coup, Maia devient empereur. Le problème, c’est qu’il est à moitié goblin, dans une société elfe, et du coup, ça commence pas bien. Et deuxio, vu qu’il n’avait en gros aucune chance d’accéder au trône, il n’a pas non plus eu la formation qui venait avec non plus. Du coup : la cour, c’est compliqué ; la politique, c’est compliqué ; et on suit Maia tenter de faire de son mieux avec les deux. J’avais vu ce bouquin comparé, en termes d’ambiance et d’émotions, à Wayfarers (pour la petite histoire, ma babasse à la maison s’appelle wayfarer) et j’avais du coup probablement des attentes trop élevées, et c’est probablement la raison pour laquelle je n’ai pas tellement accroché. C’était pas mauvais, attention, loin de là, mais je suis pas enthousiaste.

An Audience of One: Reclaiming Creativity for its Own Sake – Srinivas Rao

(pas encore de traduction française)

Une autre instance de « j’avais pas les bonnes attentes et donc j’ai été déçue » – pour moi le sous-titre de ce bouquin aurait dû être « trucs et astuces pour créatifs » et pas « reconquérir la créativité en tant que but en soi » – et comme j’étais plus intéressée par le second aspect que par le premier, c’était un peu décevant. Il y a quand même des choses valables dans ce livre et ça m’a donné à réfléchir. Je vais même probablement retourner relire une paire de points pour lesquels le temps de la lecture n’était pas le temps de l’exploration, mais qui peuvent avoir plus de sens a posteriori.

Pendulum – Tobias Klausmann

(pas encore de traduction française)

Le troisième tome de Slingshot – Kim et Cie sont bien partis pour libérer toutes les AI, et ont plusieurs plans pour ça, impliquant entre autres de la production industrielle à très grande échelle, des manigances politiques, et de l’infiltration militaire. Et, une fois de plus, tout cela fonctionne très bien : l’intrigue est chouette, les personnages sont cool, l’univers est crédible et bien décrit, et tous les points en suspens sont réglés. Une très bonne conclusion pour une très bonne trilogie. Et Tobias c’est un copain, donc vous devriez tous acheter ses bouquins. Je vous promets qu’ils sont bien 🙂

In an Unspoken Voice: How the Body Releases Trauma and Restores Goodness – Peter A. Levine

(pas encore de traduction française)

Un bouquin à propos du traitement des traumatismes- pas un truc qui m’intéresse directement, mais néanmoins une lecture fascinante à propos de la connection forte entre ce qui serait considéré a priori comme une question mentale (faire face à un traumatisme) et le corps et ses sensations. L’hypothèse principale de Levine (telle que je la comprends 😉 ) est que le syndrome post-traumatique vient du fait d’être dans une situation angoissante sans que le corps ait l’opportunité ou la possibilité de réagir comme il le « devrait », et que travailler avec les sensations corporelles pour l’aider à se re-réguler aide apparemment. Le bouquin s’adresse visiblement principalement aux thérapeutes, et a un certain nombre d’études de cas qui semblent « trop propres pour être complètement véridiques », mais j’ai trouvé le point de vue intéressant.

The Last Wish – Andrzej Sapkowski

(Le Dernier Vœu, en français)

The Last Wish est le premier (chronologiquement) bouquin de la série Witcher (Sorceleur). Ça se lit comme une série de nouvelles, liée ensemble par le fait d’être des « flashbacks » au sein d’une histoire carde. Elles racontent des histoires de Geralt, sorceleur de son état – un mutant qui a des pouvoirs et de l’entraînement pour se débarrasser des monstres divers qui semblent joncher son monde. Ça se lit un peu comme une série de scénarios de JDR – Geralt cherche du boulot, on lui explique le Monstre de la Semaine, dont il finit par se débarrasser – pas forcément de la manière dont le MJ pensait 😉 J’ai vraiment bien aimé, mais je soupçonne que j’aurais encore plus apprécié si j’avais lu tout ça sur une période de temps un peu plus longue. Sapkowski fait un super boulot quand il s’agit de décrire son univers, je suis très curieuse du personnage principal et des personnages qui lui gravitent autour, et je lirai plus de la série pour sûr.

Flow: The Psychology of Optimal Experience – Mihaly Csikszentmihalyi

(Vivre: la psychologie du bonheur, en français) (sérieusement ? bref.)

Un autre « ne remplit pas mes attentes » sur la liste de ce mois-ci (je commence à penser que Juin était le mois des attentes élevées, et que le problème vient de moi et pas de ce que je lis :P). J’aurais apprécié un bouquin théorique sur la recherche autour du « flow », ou alors quelque chose d’utilisable-pratique. Et j’ai trouvé que ce bouquin se trouvait dans une espèce de milieu inconfortable et peu utile. Csikszentmihalyi décrit le « flow » comme la croisée entre le défi et l’adéquation des compétences, et il parle des activités qui tendent à encourager cet état, et des personnalités qui tendent à en faire davantage l’expérience. Il y a quelques points qui pourraient être considérés comme pratiques, mais ils m’ont semblé être beaucoup trop génériques pour être d’une quelconque utilité pour moi. Le sermon comme quoi le flow est le Seul Chemin Vers Le Bonheur m’a aussi chagrinée, ainsi que le fait qu’il m’ait paru porter beaucoup de jugements négatifs par moments (bien qu’il s’en défende). Bref : ce bouquin n’a pas marché pour moi.

#balisebooks – Avril/Juin 2019

English version here: #balisebooks – April/June 2019

Deux #balisebooks en un pour cause de voyages et autres aventures !

A Big Ship at the Edge of the Universe – Alex White

(pas encore de traduction française)

Première protagoniste, Nilah, pilote de course très dorlotée qui se retrouve du mauvais côté d’un complot. Protagoniste 2, Boots, qui vend des cartes au trésor… créatives. Toutes deux finissent à la recherche d’un vaisseau spatial légendaire, tout en étant pourchassées par un Grand Méchant.

Je crois que j’aurais préféré ce bouquin à un autre moment. Il y a honnêtement beaucoup de bonnes choses, et beaucoup de choses que j’apprécie normalement – j’ai bien aimé les personnages, et l’histoire était sympa, mais… je sais pas, ça m’a paru bordélique et bâclé, pour une raison qui m’échappe, et j’ai eu du mal à le finir.

Tell Me Three Things – Julie Buxbaum

(Trois de tes secrets, en français)

Le père de Jessie vient de déménager à Los Angeles, et Jessie est donc « la nouvelle » à un lycée très intimidant. Mais heureusement, elle commence à recevoir des e-mails anonymes de la part d’un de ses camarades de classe qui a décidé de l’aider à naviguer la situation. Pas hyper crédible pour tout un tas de raison, mais une lecture sympa, légère et mignonne qui m’a mise de très bonne humeur.

Dear Mrs. Bird – A.J. Pearce

(Chère Mrs Bird, en français)

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, à Londres, Emmy devient accidentellement dactylo pour une rubrique de conseils féminins. La rubrique en question est censée rester tout à fait vertueuse et éviter toute trace d’indécence – mais Emmy commence à répondre aux lettres qui ne sont pas du goût de sa cheffe, pour lesquelles elle pense qu’une réponse serait néanmoins la bienvenue.

Ça semblait un prémisse intéressant, mais j’ai été un peu déçue. L’histoire tournait principalement autour d’Emmy et de tout ce qui pouvait mal se passer si ses actions étaient découvertes, alors que je m’attendais presque à un roman épistolaire centré autour des gens qui lui auraient écrit. J’aurais probablement plus apprécié avec les bonnes attentes, mais je ne l’aurais peut-être pas lu 🙂

Bad Astronomy – Philip Plait

(pas encore de traduction française)

J’ai principalement entendu parler de Phil Plait à cause de son Astronomy Crash Course – que je n’ai pas encore pris le temps de regarder. L’écrit étant nettement plus « mon » média que la vidéo, Bad Astronomy a certes traîné sur ma pile à lire pendant longtemps, mais j’ai fini par le lire 🙂 Plait parcourt un certain nombre de « mythes » autour de l’astronomie, depuis les explications incorrectes du fonctionnement des marées à l’astronomie, et les corrige. Je n’avais jamais entendu certains de ces mythes, du coup la lecture était parfois franchement bizarre 🙂

Globalement un très bon bouquin de vulgarisation. J’aurais apprécié un touuut petit peu plus de maths/physique. Exemple typique : à un moment, il parle d’énergie orbitale, et j’ai fini par chercher ça de mon côté – donc, d’un côté, c’est bien que ça m’ait donné l’envie de chercher ; de l’autre côté, ça manquait peut-être juste de « tiens, voilà l’équation ». Mais j’ai appris des trucs, et j’ai envie de creuser une paire de trucs un peu plus – donc, mission accomplie 🙂

Except the Dying – Maureen Jennings

(Sauf la mort, en français)

J’aime beaucoup la série canadienne Murdoch Mysteries (Les Enquêtes de Murdoch), et la série fait référence à une série de bouquins, donc il était à peu près couru d’avance que je finirais par m’y plonger. William Murdoch est policier à Toronto à la fin du XIXe siècle et, de fait, résout des crimes. Ce tome traite d’une jeune femme retrouvée morte et nue dans la neige – qui est-elle et comment a-t-elle fini comme ça ? La version « livre » de Murdoch est plutôt plus rugueuse et moins bisounours que la version « série », mais le bouquin reste tout à fait divertissant et apprécié.

L’École des soignantes – Martin Winckler

Ça faisait un moment que je n’avais pas lu de Martin Winckler ! L’École des soignantes se passe en 2039, et est essentiellement une utopie médicale (avec une touche de SF), suivant le personnage principal, Hannah, pendant sa formation dans une unité médicale inhabituelle. Un certain nombre de critiques reprochent à Winckler son manque de subtilité quant à ses thèmes militants (les standards de soin, le féminisme, la formation médicale) mais pour moi c’est attendu et bienvenu. De manière générale : a excédé mes attentes (parce que j’ai eu ce pour quoi je venais, et j’ai vraiment bien aimé la fin).

Say Yes to the Marquess – Tessa Dare

(Des Fleurs pour la mariée, en français)

Clio est fiancée depuis 8 ans, elle a décidé qu’elle en avait marre et de rompre les fiançailles. Son fiancé est à l’étranger, et a laissé son frère en charge de ses affaires : c’est donc la personne que Clio tente de convaincre de signer les papiers de sa liberté. S’en suivent des péripéties, incluant des histoires de brasserie de bière.

C’était exactement ce dont j’avais besoin à ce moment là : une chouette histoire avec des protagonistes sympa, la promesse d’un happy end, et juste assez de tension pour pas être COMPLÈTEMENT SÛRE de la nature du happy end en question. J’ai vraiment bien aimé.

Babylon’s Ashes – James S.A. Corey

(Les Cendres de Babylone, en français)

Sixième tome de The Expanse, dans lequel on gère les conséquences des événements du bouquin précédent, on tente de gérer la politique (ou le manque de politique) de la nouvelle faction en jeu, et de manière générale on essaie de faire la Bonne Chose™ à une échelle interplanétaire.

J’ai trouvé ce tome un peu lent à démarrer, et il m’a fallu un peu de temps pour m’y sentir bien, mais le rythme finir par prendre et on continue à suivre avec plaisir les aventures du Rocinante, de son équipage, de ses alliés et de ses ennemis. (Et j’aimerais bien faire partie de cet équipage là. Ouais, même considérant les événements déplaisants.)

The Governess Game – Tessa Dare

(Le Jeu de la préceptrice, en français)

Un autre Tessa Dare – j’étais d’humeur pour un truc léger, et c’est ce que j’ai eu avec The Governess Game 🙂 Alexandra remonte les pendules pour les aligner à l’heure de Greenwich, et se retrouve embauchée presque accidentellement comme préceptrice pour deux petites filles, pupilles d’un duc sur lequel elle était tombée quelques mois plus tôt dans une librairie. C’était une lecture vraiment sympa – les enfants sont drôles, Alex a un côté Mary Poppins (et chasse les comètes), mais ça manquait peut-être un peu de tension et de conflit vers la fin. Tout à fait délectable néanmoins.

#balisebooks – Mars 2019

(English version here: #balisebooks – March 2019)

Wicked Sweet – Chelsea M. Cameron

(pas encore de traduction française)

Dove est étudiante en école de commerce, et elle a des Plans pour la suite – elle travaille au développement de sa marque personnelle, et elle travaille comme consultante média pour payer ses factures. Et un beau jour, sa pire ennemie de lycée, Seven, apparaît dans la même école, et elles se retrouvent à devoir collaborer sur un projet. Seven a aussi des Plans : elle veut finir par ouvrir une boulangerie goth, et il lui faut un peu d’aide pour tester ses créations. Wicked Sweet est une romance super choupi et j’ai vraiment bien aimé – ça manquait un peu d’intrigue et de tension, mais j’ai vraiment bien aimé les personnages 🙂

Happiness for Humans – P.Z. Reizin

(L’Intelligence du bonheur, en français)

Jen travaille pour une boîte d’informatique : elle parle à leur IA start, Aiden, pour lui apprendre comment interagir avec les gens. Tom est un écrivain, et arrive également à l’attention d’Aiden. Ils finissent tous les deux par recevoir un e-mail d’un mystérieux « ami commun » suggérant qu’ils devraient se rencontrer. Le principe d’une comédie romantique où les AIs jouent un grand rôle est plutôt fun, et est plutôt bien implémentée dans Happiness for Humans. Mais j’ai été très déçue par une paire de clichés qui m’ont beaucoup agacée (spécifiquement, le fait que les informaticiens sont considérés comme n’étant pas entièrement des êtres humains normaux, et la référence aux femmes en tant que « l’espèce opposée », beurk), ce qui a rendu ma lecture bien moins appréciable qu’elle aurait pu l’être.

The Signal and the Noise: Why So Many Predictions Fail – But Some Don’t – Nate Silver

(pas encore de traduction française)

Je n’ai pas fini celui-ci – principalement parce que j’avais besoin d’avoir hâte de retourner à mon bouquin de train à ce moment là, et que j’avais pas hâte de retourner lire celui-ci, parce que c’était assez plat et que les chapitres étaient trop longs pour ma capacité d’attention. Je crois que c’est principalement un problème de timing pour moi.

Nine Perfect Strangers – Liane Moriarty

(pas encore de traduction française)

L’histoire commence avec neuf personnes qui se rassemblent dans un établissement de cure de luxe, tous avec leur histoire et leur espoir de transformation et d’une vie meilleure. La personne en charge de l’établissement est convaincue de pouvoir les aider – pour autant que les clients suivent ses directions. J’ai bien aimé le cadre et certains personnages (même si j’ai eu un peu de mal à ne pas en confondre certains parce que j’ai eu des problèmes d’association nom/personnage dans ma tête), certaines parties m’ont fait pleurer, et certaines parties m’ont arraché une larme. Je ne suis pas nécessairement convaincue par le ressort principal de l’intrigue, mais globalement c’était une lecture tout à fait plaisante, et probablement exactement ce qu’il me fallait à ce moment là. J’ai aussi loupé mon arrêt de train parce que j’étais distraite par ma lecture, ce qui est probablement un bon signe pour le bouquin.

Nemesis Games – James S.A. Corey

(Les Jeux de Némésis, en français)

Cinquième tome de The Expanse, la série qui continue au même niveau, même après 2800+ pages. Le bouquin commence par l’équipage du Rocinante qui se disperse un peu partout pour différentes raisons (temporaires), et qui se retrouvent tous embarqués dans diverses aventures et catastrophes. Nemesis Games est plus centré sur les personnages originaux que le bouquin précédent, ce que j’ai apprécié, d’autant plus qu’il était sympathique d’avoir un peu plus de familiarité avec les personnages vu la quantité de drame de l’intrigue. Pour moi, cette série reste extrêmement solide : pas forcément très originale ni saisissante, mais à un niveau stable et qui mérite toujours la lecture, ce qui est en soi un exploit.

Geek Girl – Holly Smale

(même titre en français)

Harriet est une lycéenne (très) geek à qui on propose soudainement de devenir mannequin. Ce n’est pas vraiment le genre de prémisses pour lequel on s’attend à un bouquin très crédible, mais même en comptant ça, il m’a fallu pas mal de suspension d’incrédibilité. C’était néanmoins plutôt marrant, et il y avait quelques moments rigolos, et quelques moments touchants, mais j’ai vraiment beaucoup trop levé les yeux au ciel pour considérer lire la suite dans un futur proche.

La Papeterie Tsubaki – Ito Ogawa

Celui-ci est une traduction d’un bouquin japonais. La narratrice, Hatoko, est une jeune femme qui tient une papeterie et qui travaille également comme écrivain public/calligraphe pour les gens qui ont du mal à exprimer ce qu’ils veulent sur papier. La majorité du livre, sur l’espace d’un an, raconte les rencontres entre Hatoko et ses clients, et la relation de Hakoto avec son métier : comment elle choisit son papier, son encre, son écriture pour donner vie à l’écrit. C’est un roman très contemplatif et très lent, et c’est calme et reposant. D’un point de vue légèrement négatif, j’ai été surprise par certains tours de phrases et choix de mots, et les dialogues m’ont parfois paru sonner faux. Mais, de manière générale, j’ai vraiment, vraiment beaucoup aimé ce livre.

S’il ne fallait en lire qu’un…

La Papeterie Tsubaki.

#balisebooks – Février 2019

(English version here: #balisebooks – February 2019)

Petit mois, petit #balisebooks!

Slayer – Kiersten White

(pas encore de traduction française)

Je suis une grande fan de Buffy the Vampire Slayer… la série télé. J’ai jamais réussi à me plonger vraiment dans les comics – à mon grand désespoir, parce que j’ai vraiment envie de connaître l’histoire, mais les comics ne sont vraiment pas mon medium de choix. Vous comprendrez donc mon enthousiasme quand j’ai entendu parler de Slayer avec « c’est un roman qui se passe dans l’univers ‘officiel’ de Buffy, mais avec un nouvel ensemble de personnages' ». Beaucoup d’enthousiasme + d’humeur pour une lecture un peu plus légère = j’ai lu Slayer très peu de temps après sa publication.

Au-delà de ces prémisses, nous faisons la connaissance de Nina et de sa sœur jumelle Artemis, qui font toutes les deux partie d’une « Watcher Academy », une école qui forme les Watchers des Slayers, et qui fournit de l’infrastructure et des services à toute l’opération. L’intrigue suit ensuite la structure d’un long épisode de Buffy, ou peut-être d’un long arc multi-épisodes. J’étais assez sceptique au début du bouquin : Nina déteste cordialement Buffy et les Slayers en général, et je pense que ça aurait été un problème si le ton et le grommelage répétitif étaient restés au même niveau. Mais le rythme finit par prendre, et se transforme vraiment en quelque chose qui donne le sentiment d’un arc multi-épisodique avec des démons, des méchants, des bibliothèques, des relations familiales et amicales, et une quantité non-nulle de répliques franchement drôles.

De manière générale, j’ai bien aimé Slayer, et je pense que c’est une bonne addition à l’univers de Buffy. J’attends avec impatience le prochain (et en attendant, j’ai commencé à re-regarder Buffy.)

Cork Dork: A Wine-Fueled Adventure Among the Obsessive Sommeliers, Big Bottle Hunters, and Rogue Scientists Who Taught Me to Live for Taste – Bianca Bosker

(pas encore de traduction française)

Cork Dork, les mémoires de Bianca Bosker, raconte le parcours de quelqu’un qui était initialement journaliste dans le domaine des nouvelles technologies et qui a fait son chemin dans le monde de la dégustation et du service du vin. Elle raconte comment l’idée lui est venue, les gens qu’elle a rencontrés, tout ce qu’elle a appris à propos du vin, et comment elle est essentiellement passée de « ouaip, c’est du vin, et je crois que c’est du blanc » à passer un examen de maître sommelier en un peu plus d’un an.

Bosker rend son parcours mémorable : elle n’a pas peur de montrer son niveau de méconnaissance et de maladresse, mais elle fait aussi preuve de beaucoup de persévérance et de passion pour son sujet. Je suis très impressionnée et un peu jalouse 🙂 Elle donne également des informations utiles sur la manière d’améliorer son sens de l’odorat et du goût, et je suis suffisamment intriguée pour envisager d’essayer. (En tous cas, je suis allée au restaurant l’autre jour et j’ai choisi le verre de vin dont je connaissais vraiment rien sur le menu, c’est toujours ça 😉 ). Son écriture maintient l’intérêt, même si j’ai été quelque peu distraite quand j’ai commencé à entendre quelques questions de transition lues dans mon esprit par Carrie Bradshaw 😛

J’ai vraiment apprécié Cork Dork : il a ouvert une porte sur un monde que je ne connais pas et m’a donné envie d’y risquer un orteil 🙂

Meet Me at the Museum – Anne Youngson

(pas encore de traduction française)

Tina, femme de fermier en Angleterre, écrit une lettre à un musée au Danemark et Anders, le conservateur du musée, lui répond. C’est le début d’une longue correspondance qui constitue le livre.

Je n’ai pas lu beaucoup de romans épistolaires, mais on dirait que j’aime beaucoup la forme – peut-être devrais-je en lire plus 🙂 Dans celui-ci, j’ai aimé le fait que les personnes impliquées sont complètement étrangères l’une à l’autre au début du bouquin, et dans des endroits assez diférents, ce qui est une justification parfaite à des descriptions très vivides comme les correspondants s’expliquent mutuellement leurs environnements. Globalement, l’écriture est très belle et les voix de Tina et d’Anders sont plutôt distinctes. Les premiers 80% du livre étaient très agréables et reposants, mais nullement ennuyeux. Je n’ai en revanche pas apprécié les derniers 20% du livre (j’ai bien aimé la toute fin) parce qu’il m’a semblé que le ton devenait plus moralisateur, et j’ai pas aimé. Le rythme paraît aussi plus/trop hâtif, et j’ai pas aimé non plus.

Globalement, c’était une lecture positive à plus de 80%, mais je suis triste que la partie que je n’ai pas aimée ait un peu gâché ma lecture.

Cibola Burn – James S.A. Corey

(Les Feux de Cibola, en français)

C’est le quatrième bouquin de la série The Expanse, et les prémisses divulgâchent largement le bouquin précédent – je ne vois pas comment je peux l’éviter si je veux expliquer les prémisses. Donc, attention :

DIVULGÂCHAGE D’ABBADON’S GATE, LE TROISIÈME BOUQUIN DE THE EXPANSE

L’Anneau du bouquin précédent s’est révélé être une porte de voyage interstellaire, donc aujourd’hui on va dans ENCORE PLUS d’espace. Un premier groupe de gens s’est précipité à travers la porte et a commencé une colonie sur Ilus / New Earth ; comme la planète est riche en lithium, elle est également d’un intérêt économique certains. Lesdits intérêts économiques sont représentés par RCE, qui a une Charte De Colonisation En Règle, et ils vont pas se laisser emmerder par une bande de squatteurs sur une planète qui est Légalement À Eux. La situation dégénère, et Jim Holden et son équipage sont envoyés pour tenter d’apaiser la situation.

Je dois avouer que j’étais un peu déçue par le développement du bouquin précédent : j’aimais vraiment bien, dans les trois premiers bouquins, que l’intrigue reste dans notre système solaire. Du coup, j’avais un peu peur de ne pas aimer celui-ci autant que les précédents. Je n’aurais pas dû avoir peur : en fait, j’ai même préféré celui-ci au précédent.

VOILÀ, MAINTENANT IL Y MOINS DE DIVULGÂCHAGE

On y retrouve une bonne partie de ce qui rend les bouquins précédents mémorables : le mélange de personnages connus et de nouveaux personnages, la narration à points de vue multiples, le drame et l’action (même si l’échelle semble réduite ici). L’environnement est essentiellement celui d’un western, mais DANS L’ESPACE et avec de la SCIENCE, et était plutôt chouette. Cibola Burn était difficile à poser (j’ai PEUT-ÊTRE pris la TRÈS MAUVAISE DÉCISION de le finir hier soir et de continuer à lire passé minuit) et a réussi la transition vers la suite de l’histoire de manière brillante. L’ensemble peut parfois paraître calqué sur la même formule, mais la formule marche clairement pour moi, donc tout va bien.