SPIEL Essen 2016 : le loot

 

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Il y a un mois, nous sommes allés à Essen en Allemagne pour le salon SPIEL’16, LE salon de référence pour tout ce qui est jeux de plateau. (Il existe quelques jeux qui ont une référence à Essen sur leur plateau ou dans leurs composants – le plus évident est probablement Pandémie qui a une ville Essen sur la carte.) Nous y étions déjà allés l’an dernier, et ça avait été chouette ; cette année nous y sommes allés sur les 4 jours plutôt que sur 2, et ça a été chouette aussi. Nous sommes revenus avec un loot assez conséquent, que je vais me faire un plaisir de détailler ici. Et je vais faire ça dans l’ordre de la photo, parce que c’est raisonnablement aléatoire 😉

What’s up – un petit jeu rapide sur une base de Memory, mais avec une astuce. Le but du jeu est de collecter des cartes qui ont 1, 2 ou 3 oiseaux, dans plusieurs couleurs, et chaque carte a deux faces qui ont toutes les deux soit la même couleur, soit le même nombre d’oiseaux (mais pas les deux). Rigolo et plus tactique qu’il n’y paraît à première vue.

Quadropolis – chaque joueur récupère des tuiles « bâtiment » tour à tour sur une grille et doit les placer dans sa ville, sachant que la manière de récupérer la tuile influe sur l’endroit où la tuile peut être placée dans la ville, et que le score dépend hautement de la manière dont les tuiles sont placées dans la ville. Tout à fait sympathique dans sa version de base, il nous faut encore essayer la version « expert »…

Fields of Green – un jeu de draft et de gestion de ressources dans lequel les joueurs créent leur ferme : champs, élevage, bâtiments. Là encore, le score dépend en bonne partie du placement des cartes : les joueurs construisent leur ferme en disposant les cartes de manière adjacente, sur deux dimensions. C’est parfois un beau casse-tête pour réussir à placer une carte à un endroit optimal (ou du moins pas trop mauvais). Et c’est un jeu de draft et j’aime bien les jeux de draft.

13 Clues – peut-être une des meilleures surprises du salon. Ça faisait longtemps que Pierre cherchait un jeu de déduction « comme Cluedo, mais en mieux », et il est possible que 13 Clues soit exactement ça. C’est un jeu de déduction dans lequel chaque joueur doit trouver sa combinaison personnelle de assassin + lieu + arme en posant des questions à ses petits camarades. Ça marche très bien (sauf que notre table n’est pas assez large pour y jouer de manière complètement confortable), et les quelques parties que nous avons faites ont bien marché.

Sabbat Magica – la sortie 2016 d’Helvetia Games, des gens qu’on aime bien parce qu’ils font des jeux originaux et qu’en plus ils sont sympathiques. Le problème des jeux originaux c’est que c’est parfois un peu dur à décrire 😉 Dans Sabbat Magica, il faut gérer ses ressources et ses fantômes pour conquérir des territoires, créer des artefacts (les « chimères »), et ultimement marquer, ben, des points, tout en nourrissant ses fantômes de terreur. Comme Essen était peu de temps avant Halloween, c’était assez dans le thème 🙂

Hyperborea – celui là n’est pas une sortie Essen (enfin peut-être que si, mais d’il y a deux ans 😉 ), il était présenté avec une extension (qui elle était la sortie Essen de cette année). C’est un jeu de contrôle de territoire plutôt bien fichu, avec un mécanisme de « pool building » à base de cubes de couleur. Il est possible de jouer avec des factions symétriques ou asymétriques, et ça se joue jusqu’à 6 (ce qui a probablement été un facteur dans la décision d’achat).

Cottage Garden – un jeu où on cherche à faire des jolis jardins. Plutôt agréable et zen, probablement à cause du thème. Une partie de la mécanique rappelle clairement Patchwork (du même Uwe Rosenberg), et on retrouve le même genre de tuiles biscornues à placer du mieux qu’on peut. Je crois que je préfère Patchwork, mais Cottage Garden a l’avantage de se jouer à 4 (par rapport à Patchwork qui est strictement 2 joueurs) et reste chouette, indépendamment de la comparaison inévitable avec Patchwork. À noter que l’édition vendue à Essen venait avec des autocollants pour corriger deux-trois points de règles et le plateau… oups !

Cry Havoc – le jeu pour lequel j’avais le plus de « hype » personnellement, savamment entretenue par les gens de Portal Games qui, en plus de faire de bons jeux, savent entretenir le hype 😉 C’est un jeu de contrôle de territoire asymétrique, plutôt dans le genre « court et intense ». Les actions se gèrent avec des cartes qui peuvent servir soit à faire l’action pour laquelle elles ont été prévues, soit comme « ressources » via les symboles qui s’y trouvent. Le système de combat est glorieux du point de vue « game theory » et, bref, de manière générale, ça valait le hype 🙂

L’Aéropostale – les joueurs sont en compétition pour l’ouverture et l’exploitation des routes de l’Aéropostale. On a joué un peu sur le salon, et je crois qu’on a peut-être acheté plus à cause du thème que de la mécanique. La mécanique semble intéressante aussi, hein, mais il faudrait clairement qu’on refasse une partie ou deux avec les règles à côté. J’aime bien l’idée qu’il y ait des scénarios différents, et le fait que ça se joue jusqu’à 5 a probablement été un argument en sa faveur aussi. (C’est une sortie de 2013 par contre, et il est en fin d’impression, d’après ce qu’on a compris.)

Castles of Burgundy – The Card Game – celui-là a été un achat presque automatique quand on l’a vu. Castles of Burgundy est un jeu qu’on aime tous les deux beaucoup, à base de choix d’actions et placement de tuiles ; le jeu de cartes garde le même genre de feeling, mais dans une plus petite boîte (et en un peu moins moche, la version de base est assez laide 😉 ).

Honshu – un jeu de cartes (à jouer) où les joueurs construisent des cartes (géographiques). Ça se joue en deux temps : une partie « jeu de levée » qui permet de déterminer l’ordre de jeu, et une partie « construction de carte » dans laquelle les joueurs construisent leur tableau en plaçant les cartes récupérées de manière à marquer le plus de points possible à la fin du jeu. J’ai bien aimé 🙂

Dungeon Rush – un jeu de rapidité fun, et ni Pierre ni moi ne sommes fans de jeux de rapidité en général. Il faut tatanner des monstres avec les bonnes caractéristiques des héros dont on dispose – un héros correspondant à chaque main, et « tatanner » voulant dire « taper sur la carte » – et chaque monstre tatanné améliore les caractéristiques des héros susnommés. Chaotique et rigolo. Et le designer – qui nous a expliqué le jeu – est très sympa 🙂

Tides of Madness – une réimplémentation de Tides of Time, un jeu de draft pour deux joueurs extrêmement bien fichu, avec un thème Cthulhu et des points de folie. Je sais pas s’il apporte grand’chose par rapport à Tides of Time, mais pourquoi pas. (Et les cartes sont superbes.)

Funkenschlag – Das Kartenspiel – a.k.a Power Grid, le jeu de cartes, est une réimplémentation du susnommé sous la forme d’un jeu de cartes. On n’y a pas encore joué ; il semble à une lecture rapide des règles que ça garde le même feeling que Power Grid, mais sans la carte géographique. À voir 🙂

Colony – assez proche de Dominion, sauf que l’idée n’est pas de construire un deck de cartes mais un pool de dés – et des options qui permettent de modifier la valeur des dés en question, pour pouvoir acheter ou améliorer plus de bâtiments et ultimement gagner. Très agréable.

Captain Sonar – un jeu de bataille navale par équipes. Chaque équipe a un sous-marin et annonce dans quelle direction ils avancent (et gèrent les divers équipements du sous-marin) tout en essayant de torpiller l’adversaire. La partie qu’on a jouée à Essen était marrante, à voir comment ça joue dans notre groupe (je crois que celui-là il faut jouer avant 22h, c’est pas calme, surtout qu’il y a un mode « tour par tour » qui va à peu près mais aussi un mode temps réel qui doit être nettement plus chaotique !)

Railroad Revolution – celui-là n’est pas encore sur la photo parce qu’on l’a pas encore reçu (ils en avaient pas assez à Essen, alors ils les expédient à peu près maintenant). C’est un jeu de trains (les joueurs développent leur réseau ferroviaire, et faire des rails ça coûte cher), avec en parallèle le développement du réseau de télégraphe. Les actions sont assez courtes mais ça fait fumer le cerveau (et j’aime bien les jeux qui font fumer le cerveau). Après Signorie l’an dernier, What’s your game? fait clairement partie des éditeurs sur lesquels je vais garder un œil.

Voilà, c’est tout pour le loot. On a joué à plus de trucs que ça, on a vu des démos de plus de trucs que ça aussi, et de manière générale on est repartis en disant qu’on reviendrait l’an prochain (il est POSSIBLE qu’on ait déjà réservé l’hôtel…)

Cook, Serve, Delicious

cookservedeliciousJ’ai passé plusieurs heures dans les jours qui précèdent à jouer à Cook, Serve, Delicious que j’ai récupéré sur les dernières soldes Steam. C’est un jeu de simulation de restaurant dans l’esprit « complètement débile, mais fortement addictif, et pas SI débile que ça en plus ». On part d’un restaurant « de base » avec quelques produits, on fait la carte tous les jours (avec des compromis du genre « si tu as du poisson plus de trois jours de suite ta clientèle se fatigue », « fais gaffe ça ça fait beaucoup de vaisselle » et « on a vu mieux pour ta réputation que d’avoir des nuggets ET des frites ET des beignets sur la carte ».

La journée commence avec la lecture des mails (sisi) qui donnent quelques indications sur la journée à venir – en particulier, les alertes météo (qui ont un impact sur la clientèle), les divers événements positifs, si le contrôle de l’hygiène passe ce jour-là, ce genre de choses. S’y ajoutent des « paris » de type « si tu arrives à faire X fois de suite une commande parfaite en ayant ça, ça et ça sur ta carte, je te file XXX$ ». En fonction de ça, ben il faut faire la carte du jour, en comptant aussi sur la difficulté intrinsèque des recettes (la soupe, c’est plus dur que les hot dogs).

Une fois la carte faite, il est temps de cliquer sur Start A Day, et de… commencer la journée. S’enchaînent alors les plats de la carte et diverses « corvées » (faire la vaisselle, tatanner les rats, nettoyer les WC et sortir les poubelles), avec l’objectif d’en rater le moins possible (voire, si un pari est en cours, d’enchaîner les commandes parfaites le plus possible). Le jeu se joue TECHNIQUEMENT à la souris et au clavier – je ne pense pas qu’il soit physiquement possible de le jouer à la souris, mais je suis assez partiale sur la question aussi. Les plats en eux-mêmes consistent en une série d’étapes qui correspondent toutes à un bouton (souris) ou à une touche (clavier). Par exemple, les lasagnes de base, faut enchaîner P (pâtes) S (sauce) C (fromage) P (parmesan) trois fois, faire cuire et servir. Évidemment, tout arrive en même temps, surtout entre 12:00 et 13:00 et entre 18:00 et 19:00. Rater des commandes a un impact sur les sous qui rentrent (si on n’arrive pas du tout à prendre la commande à temps) ou sur la réputation (si la commande est ratée).

Une fois la journée finie, on compte ses sous – et quand on a suffisamment de sous, on peut acheter de nouvelles recettes à mettre à la carte, des améliorations aux recettes initiales, ou de l’équipement. Il y a aussi un certain nombre de défis en-dehors du jeu « de base » ; les défis sont en général thématiques et de type « servir XX fois ce type de recette en faisant au maximum deux erreurs ». Dans la série des trucs marrants, il y a moyen de s’inscrire pour les défis de « rencard » – une personne qui a une préférence alimentaire donnée (« j’aime bien les pâtes ») se pointe au restaurant à un moment aléatoire dans la journée, et ça ajoute un peu de difficulté un peu plus tard quand il faut répondre aux textos de la personne en question pendant le service. Il est d’ailleurs particulièrement appréciable que le jeu prenne la peine de demander le genre préféré du joueur pour ces défis-là (sans demander le genre du joueur en question) – et que cette partie du jeu soit complètement désactivable.

Bref, de manière générale, on l’aura compris, je suis plutôt enthousiaste sur ce machin. C’est pas le jeu du siècle, mais j’ai passé *kof* un certain nombre d’heures dessus ces deux dernières semaines, je l’ai pas encore fini (mais c’est en bonne voie, je crois), et je crois que je vais passer les heures nécessaires pour le finir. D’ailleurs j’y retourne, j’ai un défi Hungry Games que j’ai pas encore réussi à passer. Pis faut que je le finisse avant 2016, genre quand le 2 est prévu…

Je suis pas gamer, mais… 3/ L’hypothétique

imageAprès avoir parlé des jeux auxquels j’ai joué et des jeux auxquels je joue, il me reste à présenter les jeux auxquels je jouerai peut-être plus souvent si j’avais plus de temps (ou si je passais plus de mon temps à jouer, ce qui est subtilement différent).

Bon, il faut l’admettre, le premier sur la liste, il est aussi sur la liste des jeux auxquels je joue, c’est EVE. Je regrette un peu de pas y passer plus de temps, parce que j’ai loin d’avoir tout exploré dans ce truc. Mon alliance vient de déménager dans un autre système et de changer les doctrines officielles de vaisseaux, j’ai pas encore repris mes marques non plus (ce qui fait que je joue moins, parce que je suis plus vraiment dans ma zone de confort !).

Deuxième sur la liste, il y a Minecraft. J’ai pas mal joué à Minecraft quand il est sorti, j’ai pas mal perdu le fil des dernières itérations (la dernière fois que je l’ai lancé, il est POSSIBLE que j’aie hurlé « HAN MAIS YA DES LAPINS MAINTENANT C’EST TROP CHOUPIIII ». Ahem. Pour les non-initiés, Minecraft peut probablement être décrit comme un jeu de Lego infini avec des monstres. Le personnage, Steve, peut remodeler son univers à peu près comme il l’entend : creuser dans la roche fait des tunnels et récupère du caillou, creuser dans un arbre déforreste et récupère du bois. Et avec du bois et des caillous on peut faire des pioches qui permettent d’aller creuser des meilleurs cailloux pour faire des meilleures pioches. Et des épées pour se battre avec les zombies, squelettes, araignées et autres creepers qui se baladent dans l’univers – surtout la nuit. Ah, et il paraît qu’il y a un dragon à la fin aussi. Bref, ma description est hyper-réductrice, mais c’est un jeu très prenant. Il y a aussi des gens qui jouent en réseau (il y a moult serveurs – avec moult mods et modes de jeu), ça j’ai pour ainsi dire jamais essayé. Ah et mon sweater Minecraft est probablement le vêtement que je porte le plus parce qu’il est pratique, voilà.

Je ne peux pas ne pas citer World of Warcraft. Je pense que c’est le jeu sur lequel j’ai passé le plus d’heures, toutes catégories confondues. Je sais pas s’il est encore nécessaire de le présenter – le joueur joue un personnage d’heroic fantasy dans le royaume d’Azeroth, il fait des quêtes, tatanne des streums, récupère des peaux de loups qui tombent que sur un loup sur trois et il en faut 20 (sérieusement, les loups, ils les foutent OÙ leurs peaux ? Et inversement, comment un loup peut se trimballer un poignard rare ? Dans ses poches ?), et éventuellement se bat contre d’autres joueurs. J’ai jamais fait ce genre de chose, d’ailleurs ; maintenant que j’ai pris goût au PvP dans EVE, c’est un truc que j’envisage d’essayer à l’occasion. Mais bon, c’est un peu le même problème dans WoW que dans Minecraft : chaque fois que je rouvre le client, tout a changé et ça marche plus pareil et aaaaaaaaaaaah. Je fais partie de cette minorité de gens (de ce que je sais) qui préfère le contenu de progression vers le niveau final que le contenu disponible au niveau final, et j’ai pas encore fait toutes les quêtes de l’univers, alors j’ai encore de quoi m’amuser. For the Alliance !

J’ai pas détesté Skyrim pour le peu que j’y ai joué, et il ferait probablement partie de la liste aussi. C’est aussi un jeu avec un univers à explorer, des monstres à tatanner et tout ce genre de trucs. L’interaction avec le système est un peu plus évoluée que dans WoW (en particulier les dialogues choisis ont un impact sur le déroulement du jeu), ce qui est une bonne chose étant donné que c’est strictement mono-joueur. Le gros hic, c’est que c’est clairement un jeu de console, avec des contrôles de console, et que le jeu sur PC est maladroit au mieux. Mais sinon c’est très joli et tout, et j’ai à peine commencé le jeu, j’ai encore des heures à passer dessus.

J’ai passé un peu de temps sur FTL: Faster Than Light, aussi. Ché meugnon tout plein, FTL. C’est un jeu où on joue l’équipage d’un vaisseau de manière assez micro-managée – les déplacement du vaisseau se font en tour à tour, les combats se font en temps « presque réel » (la technique de base est de mettre le jeu en pause, de donner des ordres à ses gus, et d’enlever la pause) et à l’échelle du « alors je vais balancer une roquette là et un truc pour annuler le bouclier là ». Les gus de l’équipage meurent à tour de bras (ou alors c’est juste quand c’est moi qui joue ?), mais il y a moyen d’en re-récupérer au fur et à mesure, alors ça va. Le jeu évolue au fur et à mesure : jouer permet de débloquer d’autres vaisseaux qui se jouent pas forcément pareil. Un chouette jeu qui paye pas forcément de mine mais qui est très plaisant à jouer. C’est celui auquel j’ai le plus envie de rejouer là tout de suite maintenant.

Et pour finir, il y a Kerbal Space Program. Celui-là j’y ai vraiment pas beaucoup joué, mais il m’intrigue beaucoup. C’est un jeu dans lequel on construit une fusée, avec des objectifs divers qui vont de « bon je vais la faire décoller sans exploser ça sera déjà pas mal » à « je vais aller mettre un truc en orbite sur la planète d’à côté » en passant par « et si je refaisais tout le programme Apollo, ça serait cool, non ? ». Et puis je suis nulle en mécanique orbitale, alors ça ne peut que me faire du bien *ahem*.

Voilà, si je jouais plus, ce à quoi je jouerais. D’autre suggestions ? 🙂

En vrac

Hop, une liste de trucs marrants vus ces derniers jours/semaines/mois. C’est guère que de la « resucée » de Google+, mais comme ça je garde aussi trace de ces trucs là 🙂  Pas vraiment d’ordre, c’est du vrac. Et heu, ya à peu près presque de l’anglais.

bon, j’vais ptêt arrêter là ?