#balisebooks – Avril/Juin 2019

English version here: #balisebooks – April/June 2019

Deux #balisebooks en un pour cause de voyages et autres aventures !

A Big Ship at the Edge of the Universe – Alex White

(pas encore de traduction française)

Première protagoniste, Nilah, pilote de course très dorlotée qui se retrouve du mauvais côté d’un complot. Protagoniste 2, Boots, qui vend des cartes au trésor… créatives. Toutes deux finissent à la recherche d’un vaisseau spatial légendaire, tout en étant pourchassées par un Grand Méchant.

Je crois que j’aurais préféré ce bouquin à un autre moment. Il y a honnêtement beaucoup de bonnes choses, et beaucoup de choses que j’apprécie normalement – j’ai bien aimé les personnages, et l’histoire était sympa, mais… je sais pas, ça m’a paru bordélique et bâclé, pour une raison qui m’échappe, et j’ai eu du mal à le finir.

Tell Me Three Things – Julie Buxbaum

(Trois de tes secrets, en français)

Le père de Jessie vient de déménager à Los Angeles, et Jessie est donc « la nouvelle » à un lycée très intimidant. Mais heureusement, elle commence à recevoir des e-mails anonymes de la part d’un de ses camarades de classe qui a décidé de l’aider à naviguer la situation. Pas hyper crédible pour tout un tas de raison, mais une lecture sympa, légère et mignonne qui m’a mise de très bonne humeur.

Dear Mrs. Bird – A.J. Pearce

(Chère Mrs Bird, en français)

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, à Londres, Emmy devient accidentellement dactylo pour une rubrique de conseils féminins. La rubrique en question est censée rester tout à fait vertueuse et éviter toute trace d’indécence – mais Emmy commence à répondre aux lettres qui ne sont pas du goût de sa cheffe, pour lesquelles elle pense qu’une réponse serait néanmoins la bienvenue.

Ça semblait un prémisse intéressant, mais j’ai été un peu déçue. L’histoire tournait principalement autour d’Emmy et de tout ce qui pouvait mal se passer si ses actions étaient découvertes, alors que je m’attendais presque à un roman épistolaire centré autour des gens qui lui auraient écrit. J’aurais probablement plus apprécié avec les bonnes attentes, mais je ne l’aurais peut-être pas lu 🙂

Bad Astronomy – Philip Plait

(pas encore de traduction française)

J’ai principalement entendu parler de Phil Plait à cause de son Astronomy Crash Course – que je n’ai pas encore pris le temps de regarder. L’écrit étant nettement plus « mon » média que la vidéo, Bad Astronomy a certes traîné sur ma pile à lire pendant longtemps, mais j’ai fini par le lire 🙂 Plait parcourt un certain nombre de « mythes » autour de l’astronomie, depuis les explications incorrectes du fonctionnement des marées à l’astronomie, et les corrige. Je n’avais jamais entendu certains de ces mythes, du coup la lecture était parfois franchement bizarre 🙂

Globalement un très bon bouquin de vulgarisation. J’aurais apprécié un touuut petit peu plus de maths/physique. Exemple typique : à un moment, il parle d’énergie orbitale, et j’ai fini par chercher ça de mon côté – donc, d’un côté, c’est bien que ça m’ait donné l’envie de chercher ; de l’autre côté, ça manquait peut-être juste de « tiens, voilà l’équation ». Mais j’ai appris des trucs, et j’ai envie de creuser une paire de trucs un peu plus – donc, mission accomplie 🙂

Except the Dying – Maureen Jennings

(Sauf la mort, en français)

J’aime beaucoup la série canadienne Murdoch Mysteries (Les Enquêtes de Murdoch), et la série fait référence à une série de bouquins, donc il était à peu près couru d’avance que je finirais par m’y plonger. William Murdoch est policier à Toronto à la fin du XIXe siècle et, de fait, résout des crimes. Ce tome traite d’une jeune femme retrouvée morte et nue dans la neige – qui est-elle et comment a-t-elle fini comme ça ? La version « livre » de Murdoch est plutôt plus rugueuse et moins bisounours que la version « série », mais le bouquin reste tout à fait divertissant et apprécié.

L’École des soignantes – Martin Winckler

Ça faisait un moment que je n’avais pas lu de Martin Winckler ! L’École des soignantes se passe en 2039, et est essentiellement une utopie médicale (avec une touche de SF), suivant le personnage principal, Hannah, pendant sa formation dans une unité médicale inhabituelle. Un certain nombre de critiques reprochent à Winckler son manque de subtilité quant à ses thèmes militants (les standards de soin, le féminisme, la formation médicale) mais pour moi c’est attendu et bienvenu. De manière générale : a excédé mes attentes (parce que j’ai eu ce pour quoi je venais, et j’ai vraiment bien aimé la fin).

Say Yes to the Marquess – Tessa Dare

(Des Fleurs pour la mariée, en français)

Clio est fiancée depuis 8 ans, elle a décidé qu’elle en avait marre et de rompre les fiançailles. Son fiancé est à l’étranger, et a laissé son frère en charge de ses affaires : c’est donc la personne que Clio tente de convaincre de signer les papiers de sa liberté. S’en suivent des péripéties, incluant des histoires de brasserie de bière.

C’était exactement ce dont j’avais besoin à ce moment là : une chouette histoire avec des protagonistes sympa, la promesse d’un happy end, et juste assez de tension pour pas être COMPLÈTEMENT SÛRE de la nature du happy end en question. J’ai vraiment bien aimé.

Babylon’s Ashes – James S.A. Corey

(Les Cendres de Babylone, en français)

Sixième tome de The Expanse, dans lequel on gère les conséquences des événements du bouquin précédent, on tente de gérer la politique (ou le manque de politique) de la nouvelle faction en jeu, et de manière générale on essaie de faire la Bonne Chose™ à une échelle interplanétaire.

J’ai trouvé ce tome un peu lent à démarrer, et il m’a fallu un peu de temps pour m’y sentir bien, mais le rythme finir par prendre et on continue à suivre avec plaisir les aventures du Rocinante, de son équipage, de ses alliés et de ses ennemis. (Et j’aimerais bien faire partie de cet équipage là. Ouais, même considérant les événements déplaisants.)

The Governess Game – Tessa Dare

(Le Jeu de la préceptrice, en français)

Un autre Tessa Dare – j’étais d’humeur pour un truc léger, et c’est ce que j’ai eu avec The Governess Game 🙂 Alexandra remonte les pendules pour les aligner à l’heure de Greenwich, et se retrouve embauchée presque accidentellement comme préceptrice pour deux petites filles, pupilles d’un duc sur lequel elle était tombée quelques mois plus tôt dans une librairie. C’était une lecture vraiment sympa – les enfants sont drôles, Alex a un côté Mary Poppins (et chasse les comètes), mais ça manquait peut-être un peu de tension et de conflit vers la fin. Tout à fait délectable néanmoins.

#balisebooks – Mars 2019

(English version here: #balisebooks – March 2019)

Wicked Sweet – Chelsea M. Cameron

(pas encore de traduction française)

Dove est étudiante en école de commerce, et elle a des Plans pour la suite – elle travaille au développement de sa marque personnelle, et elle travaille comme consultante média pour payer ses factures. Et un beau jour, sa pire ennemie de lycée, Seven, apparaît dans la même école, et elles se retrouvent à devoir collaborer sur un projet. Seven a aussi des Plans : elle veut finir par ouvrir une boulangerie goth, et il lui faut un peu d’aide pour tester ses créations. Wicked Sweet est une romance super choupi et j’ai vraiment bien aimé – ça manquait un peu d’intrigue et de tension, mais j’ai vraiment bien aimé les personnages 🙂

Happiness for Humans – P.Z. Reizin

(L’Intelligence du bonheur, en français)

Jen travaille pour une boîte d’informatique : elle parle à leur IA start, Aiden, pour lui apprendre comment interagir avec les gens. Tom est un écrivain, et arrive également à l’attention d’Aiden. Ils finissent tous les deux par recevoir un e-mail d’un mystérieux « ami commun » suggérant qu’ils devraient se rencontrer. Le principe d’une comédie romantique où les AIs jouent un grand rôle est plutôt fun, et est plutôt bien implémentée dans Happiness for Humans. Mais j’ai été très déçue par une paire de clichés qui m’ont beaucoup agacée (spécifiquement, le fait que les informaticiens sont considérés comme n’étant pas entièrement des êtres humains normaux, et la référence aux femmes en tant que « l’espèce opposée », beurk), ce qui a rendu ma lecture bien moins appréciable qu’elle aurait pu l’être.

The Signal and the Noise: Why So Many Predictions Fail – But Some Don’t – Nate Silver

(pas encore de traduction française)

Je n’ai pas fini celui-ci – principalement parce que j’avais besoin d’avoir hâte de retourner à mon bouquin de train à ce moment là, et que j’avais pas hâte de retourner lire celui-ci, parce que c’était assez plat et que les chapitres étaient trop longs pour ma capacité d’attention. Je crois que c’est principalement un problème de timing pour moi.

Nine Perfect Strangers – Liane Moriarty

(pas encore de traduction française)

L’histoire commence avec neuf personnes qui se rassemblent dans un établissement de cure de luxe, tous avec leur histoire et leur espoir de transformation et d’une vie meilleure. La personne en charge de l’établissement est convaincue de pouvoir les aider – pour autant que les clients suivent ses directions. J’ai bien aimé le cadre et certains personnages (même si j’ai eu un peu de mal à ne pas en confondre certains parce que j’ai eu des problèmes d’association nom/personnage dans ma tête), certaines parties m’ont fait pleurer, et certaines parties m’ont arraché une larme. Je ne suis pas nécessairement convaincue par le ressort principal de l’intrigue, mais globalement c’était une lecture tout à fait plaisante, et probablement exactement ce qu’il me fallait à ce moment là. J’ai aussi loupé mon arrêt de train parce que j’étais distraite par ma lecture, ce qui est probablement un bon signe pour le bouquin.

Nemesis Games – James S.A. Corey

(Les Jeux de Némésis, en français)

Cinquième tome de The Expanse, la série qui continue au même niveau, même après 2800+ pages. Le bouquin commence par l’équipage du Rocinante qui se disperse un peu partout pour différentes raisons (temporaires), et qui se retrouvent tous embarqués dans diverses aventures et catastrophes. Nemesis Games est plus centré sur les personnages originaux que le bouquin précédent, ce que j’ai apprécié, d’autant plus qu’il était sympathique d’avoir un peu plus de familiarité avec les personnages vu la quantité de drame de l’intrigue. Pour moi, cette série reste extrêmement solide : pas forcément très originale ni saisissante, mais à un niveau stable et qui mérite toujours la lecture, ce qui est en soi un exploit.

Geek Girl – Holly Smale

(même titre en français)

Harriet est une lycéenne (très) geek à qui on propose soudainement de devenir mannequin. Ce n’est pas vraiment le genre de prémisses pour lequel on s’attend à un bouquin très crédible, mais même en comptant ça, il m’a fallu pas mal de suspension d’incrédibilité. C’était néanmoins plutôt marrant, et il y avait quelques moments rigolos, et quelques moments touchants, mais j’ai vraiment beaucoup trop levé les yeux au ciel pour considérer lire la suite dans un futur proche.

La Papeterie Tsubaki – Ito Ogawa

Celui-ci est une traduction d’un bouquin japonais. La narratrice, Hatoko, est une jeune femme qui tient une papeterie et qui travaille également comme écrivain public/calligraphe pour les gens qui ont du mal à exprimer ce qu’ils veulent sur papier. La majorité du livre, sur l’espace d’un an, raconte les rencontres entre Hatoko et ses clients, et la relation de Hakoto avec son métier : comment elle choisit son papier, son encre, son écriture pour donner vie à l’écrit. C’est un roman très contemplatif et très lent, et c’est calme et reposant. D’un point de vue légèrement négatif, j’ai été surprise par certains tours de phrases et choix de mots, et les dialogues m’ont parfois paru sonner faux. Mais, de manière générale, j’ai vraiment, vraiment beaucoup aimé ce livre.

S’il ne fallait en lire qu’un…

La Papeterie Tsubaki.

#balisebooks – Février 2019

(English version here: #balisebooks – February 2019)

Petit mois, petit #balisebooks!

Slayer – Kiersten White

(pas encore de traduction française)

Je suis une grande fan de Buffy the Vampire Slayer… la série télé. J’ai jamais réussi à me plonger vraiment dans les comics – à mon grand désespoir, parce que j’ai vraiment envie de connaître l’histoire, mais les comics ne sont vraiment pas mon medium de choix. Vous comprendrez donc mon enthousiasme quand j’ai entendu parler de Slayer avec « c’est un roman qui se passe dans l’univers ‘officiel’ de Buffy, mais avec un nouvel ensemble de personnages' ». Beaucoup d’enthousiasme + d’humeur pour une lecture un peu plus légère = j’ai lu Slayer très peu de temps après sa publication.

Au-delà de ces prémisses, nous faisons la connaissance de Nina et de sa sœur jumelle Artemis, qui font toutes les deux partie d’une « Watcher Academy », une école qui forme les Watchers des Slayers, et qui fournit de l’infrastructure et des services à toute l’opération. L’intrigue suit ensuite la structure d’un long épisode de Buffy, ou peut-être d’un long arc multi-épisodes. J’étais assez sceptique au début du bouquin : Nina déteste cordialement Buffy et les Slayers en général, et je pense que ça aurait été un problème si le ton et le grommelage répétitif étaient restés au même niveau. Mais le rythme finit par prendre, et se transforme vraiment en quelque chose qui donne le sentiment d’un arc multi-épisodique avec des démons, des méchants, des bibliothèques, des relations familiales et amicales, et une quantité non-nulle de répliques franchement drôles.

De manière générale, j’ai bien aimé Slayer, et je pense que c’est une bonne addition à l’univers de Buffy. J’attends avec impatience le prochain (et en attendant, j’ai commencé à re-regarder Buffy.)

Cork Dork: A Wine-Fueled Adventure Among the Obsessive Sommeliers, Big Bottle Hunters, and Rogue Scientists Who Taught Me to Live for Taste – Bianca Bosker

(pas encore de traduction française)

Cork Dork, les mémoires de Bianca Bosker, raconte le parcours de quelqu’un qui était initialement journaliste dans le domaine des nouvelles technologies et qui a fait son chemin dans le monde de la dégustation et du service du vin. Elle raconte comment l’idée lui est venue, les gens qu’elle a rencontrés, tout ce qu’elle a appris à propos du vin, et comment elle est essentiellement passée de « ouaip, c’est du vin, et je crois que c’est du blanc » à passer un examen de maître sommelier en un peu plus d’un an.

Bosker rend son parcours mémorable : elle n’a pas peur de montrer son niveau de méconnaissance et de maladresse, mais elle fait aussi preuve de beaucoup de persévérance et de passion pour son sujet. Je suis très impressionnée et un peu jalouse 🙂 Elle donne également des informations utiles sur la manière d’améliorer son sens de l’odorat et du goût, et je suis suffisamment intriguée pour envisager d’essayer. (En tous cas, je suis allée au restaurant l’autre jour et j’ai choisi le verre de vin dont je connaissais vraiment rien sur le menu, c’est toujours ça 😉 ). Son écriture maintient l’intérêt, même si j’ai été quelque peu distraite quand j’ai commencé à entendre quelques questions de transition lues dans mon esprit par Carrie Bradshaw 😛

J’ai vraiment apprécié Cork Dork : il a ouvert une porte sur un monde que je ne connais pas et m’a donné envie d’y risquer un orteil 🙂

Meet Me at the Museum – Anne Youngson

(pas encore de traduction française)

Tina, femme de fermier en Angleterre, écrit une lettre à un musée au Danemark et Anders, le conservateur du musée, lui répond. C’est le début d’une longue correspondance qui constitue le livre.

Je n’ai pas lu beaucoup de romans épistolaires, mais on dirait que j’aime beaucoup la forme – peut-être devrais-je en lire plus 🙂 Dans celui-ci, j’ai aimé le fait que les personnes impliquées sont complètement étrangères l’une à l’autre au début du bouquin, et dans des endroits assez diférents, ce qui est une justification parfaite à des descriptions très vivides comme les correspondants s’expliquent mutuellement leurs environnements. Globalement, l’écriture est très belle et les voix de Tina et d’Anders sont plutôt distinctes. Les premiers 80% du livre étaient très agréables et reposants, mais nullement ennuyeux. Je n’ai en revanche pas apprécié les derniers 20% du livre (j’ai bien aimé la toute fin) parce qu’il m’a semblé que le ton devenait plus moralisateur, et j’ai pas aimé. Le rythme paraît aussi plus/trop hâtif, et j’ai pas aimé non plus.

Globalement, c’était une lecture positive à plus de 80%, mais je suis triste que la partie que je n’ai pas aimée ait un peu gâché ma lecture.

Cibola Burn – James S.A. Corey

(Les Feux de Cibola, en français)

C’est le quatrième bouquin de la série The Expanse, et les prémisses divulgâchent largement le bouquin précédent – je ne vois pas comment je peux l’éviter si je veux expliquer les prémisses. Donc, attention :

DIVULGÂCHAGE D’ABBADON’S GATE, LE TROISIÈME BOUQUIN DE THE EXPANSE

L’Anneau du bouquin précédent s’est révélé être une porte de voyage interstellaire, donc aujourd’hui on va dans ENCORE PLUS d’espace. Un premier groupe de gens s’est précipité à travers la porte et a commencé une colonie sur Ilus / New Earth ; comme la planète est riche en lithium, elle est également d’un intérêt économique certains. Lesdits intérêts économiques sont représentés par RCE, qui a une Charte De Colonisation En Règle, et ils vont pas se laisser emmerder par une bande de squatteurs sur une planète qui est Légalement À Eux. La situation dégénère, et Jim Holden et son équipage sont envoyés pour tenter d’apaiser la situation.

Je dois avouer que j’étais un peu déçue par le développement du bouquin précédent : j’aimais vraiment bien, dans les trois premiers bouquins, que l’intrigue reste dans notre système solaire. Du coup, j’avais un peu peur de ne pas aimer celui-ci autant que les précédents. Je n’aurais pas dû avoir peur : en fait, j’ai même préféré celui-ci au précédent.

VOILÀ, MAINTENANT IL Y MOINS DE DIVULGÂCHAGE

On y retrouve une bonne partie de ce qui rend les bouquins précédents mémorables : le mélange de personnages connus et de nouveaux personnages, la narration à points de vue multiples, le drame et l’action (même si l’échelle semble réduite ici). L’environnement est essentiellement celui d’un western, mais DANS L’ESPACE et avec de la SCIENCE, et était plutôt chouette. Cibola Burn était difficile à poser (j’ai PEUT-ÊTRE pris la TRÈS MAUVAISE DÉCISION de le finir hier soir et de continuer à lire passé minuit) et a réussi la transition vers la suite de l’histoire de manière brillante. L’ensemble peut parfois paraître calqué sur la même formule, mais la formule marche clairement pour moi, donc tout va bien.

#balisebooks – Janvier 2019

This post is translated in English here: #balisebooks – January 2019

Hop, je teste un nouveau format où j’essaie d’écrire un #balisebooks par mois (et de l’écrire au fur et à mesure en anglais pour pouvoir le publier le dernier jour du mois 🙂 )

Un Cowboy à Paris – Achdé and Jul – le dernier Lucky Luke, où Luke rencontre Bartholdi et Eiffel (et voyage effectivement à Paris). Une lecture très divertissante : j’ai ri à plusieurs reprises 🙂

Glamour in Glass – Mary Robinette Kowal (pas encore de traduction française) – deuxième livre de la série Glamourist. C’est la suite directe du premier livre : l’ambiance et les personnages sont les mêmes. Je l’ai préféré au premier : il y a plus de trucs marrants autour du système de magie, et moins de « ira, ira pas ? » sur la relation principale. Et il y a aussi quelques décisions et situations difficiles qui sont très bien traitées à mon avis.

Factfulness – Hans Rosling, Ola Rosling, Anna Rosling Rönnlund (pas encore de traduction française) – je voulais commencer 2019 avec une lecture optimiste, donc j’ai commencé Factfulness juste après minuit le 1er janvier. Il était sur ma pile-à-lire depuis que j’avais lu ce que Bill Gates en disait (Why I want to stop talking about the “developing” world) – ai-je déjà mentionné que j’aimais assez les compte-rendus de lecture de Bill Gates ? Factfulness est un bouquin lisible et plutôt court dont le thème central est « les faits à propos du monde sur lesquels vous avez probablement tort ». La thèse centrale du bouquin est « le monde s’améliore ; il s’améliore depuis un bout de temps, et en particulier depuis ce que vous en avez appris à l’école ». Rosling est très attentif à ne pas dire que les choses ne sont pas difficiles, mais, comme il le mentionne à plusieurs reprises, « il n’est pas contradictoire de dire que la situation est difficile et qu’elle s’améliore ». Il explique aussi un certain nombre de biais et la manière dont les gens réagissent à certains événements, ce qui peut leur faire percevoir le monde comme pire qu’il n’est, et empirant. J’ai bien aimé le bouquin, et il a rempli son contrat de « commencer 2019 sur une note optimiste »; il est cependant probable qu’il ait une durée de vie assez courte car les données et les faits sur lesquels il s’appuie vont probablement se périmer assez vite.

Caliban’s War – James S.A. Corey (La Guerre de Caliban, en français) – le deuxième bouquin de la série The Expanse. J’ai regardé la première saison de la série télé sur Netflix, j’ai lu le premier bouquin ; j’ai regardé la deuxième saison il y a quelque temps, j’ai lu le deuxième bouquin… et j’ai commencé le troisième bouquin dans la foulée (alors qu’en général je prends une pause entre deux bouquins d’une série, ne serait-ce que pour changer un peu de paysage). The Expanse est une série de bouquins dont l’histoire a lieu dans quelques centaines d’années : l’humanité a conquis le système solaire et posé des bases dans un certain nombre d’endroits. Il y a en gros trois « factions » : la Terre, Mars et les Ceinturiens des planètes extérieures qui, pour la plupart, sont nés dans un environnement à basse gravité et ne peuvent pas vraiment compter sur le fait de pouvoir un jour aller sur une des planètes centrales. Dans cet univers, on suit entre autre un équipage dirigé par Jim Holden, idéaliste jusqu’à la maladresse, et qui se retrouve au milieu d’un certain nombre d’incidents de grande échelle avec des événements bien au-delà du niveau auquel il devrait normalement avoir une influence. Dans Caliban’s War, il s’occupe principalement de retrouver la fillette d’un scientifique qui a disparu pendant un de ces incidents de grande échelle. J’ai vraiment beaucoup aimé Caliban’s War – pour moi c’était juste le bon compromis entre la construction du monde, la politique et l’action ; l’écriture maintient l’intérêt, et j’aime bien la structure à points de vues multiples. Hautement recommandé (mais commencez avec le premier, Leviathan Wakes).

Abaddon’s Gate – James S.A. Corey (La Porte d’Abaddon, en français) – le troisième bouquin de la série The Expanse. Il commence quelques mois après la fin du deuxième, et un anneau mystérieux est apparu quelque part dans l’orbite d’Uranus. Et un concours de circonstances fait que le Rocinante et son équipage se retrouvent faire partie d’une flottille de vaisseaux qui partent l’étudier – et se retrouvent embarqué dans des ennuis imprévus. J’ai bien aimé aussi, mais moins que le précédent. J’ai bien aimé les nouveaux personnages, mais certains du bouquin précédent m’ont manqué. Le rythme de l’intrigue reste soutenu, mais l’intrigue elle-même m’a moins plu – il y a un certain « mysticisme » autour de certaines parties de l’intrigue, et il y a vraiment quelques passages désagréables qui m’ont fait faire un mouvement de recul. Les derniers chapitres m’ont fait lever un sourcil intéressé, et j’attaquerai le quatrième bouquin avec enthousiasme (mais après une petite pause).

Harry’s Trees – Jon Cohen (pas encore de traduction française) – Harry est un employé des services forestiers américains – un boulot qui, à son grand regret, n’a pas grand chose à voir avec les arbres. Et sa femme meurt dans un accident tragique. Amanda est infirmière et vit dans une maison de forêt – et son mari meurt d’un anévrisme tragique. Sa fille, Oriana, espère toujours que son papa va revenir – et s’évade dans un monde de contes de fées. Jusqu’au jour où Harry et Oriana se rencontrent – et le conte de fées devient un peu plus réel. C’est un très beau bouquin que j’ai adoré. Déjà, y’a plein d’arbres, et beaucoup d’amour des arbres, et j’aime bien les arbres. Et il y a juste assez de magie pour être suffisamment magique sans être complètement irréaliste. Et il y a des bouquins, et une bibliothèque (et sa bibliothécaire), et des contes de fées… et encore plus d’arbres.

S’il ne fallait en lire qu’un… Harry’s Trees.

#balisebooks caniculaire

La chaleur ça fait ralentir le neurone, et je travaille moins donc je prends moins le train, mais ça empêche pas tant que ça de bouquiner. Par contre visiblement ça empêche de rédiger des #balisebooks, alors j’ai moult backlog.

The Gene: An Intimate History (pas encore de traduction française) – Siddhartha Mukherjee – Un excellent bouquin de vulgarisation sur les gènes, la génétique, et tout ce qui peut tourner autour du sujet. Le bouquin suit une trame à peu près chronologique sur les différentes théories de l’hérédité et la découverte de la génétique et de ce qui peut en être fait. Hyper-intéressant (tout le temps), parfois complètement ébahissant (principalement parce que je savais pas que la recherche avait avancé si loin déjà), pas mal de matière à réflexion (en particulier sur les questions éthiques), une quantité non-nulle de passages dérangeants (ditto) voire glaçants (difficile de faire un bouquin sur le sujet sans parler de Mengele). Hautement recommandé.

Silence Fallen (pas encore de traduction française) – Patricia Briggs – le tome 10 des Mercy Thompson. Ça reste de la fantasy urbaine diaboliquement efficace, et le tome 10 est particulièrement réussi à mon goût : beaucoup de jeux politiques, beaucoup de trucs qui m’ont beaucoup fait sourire, un cadre sympa – je me suis vraiment régalée, c’est même peut-être mon tome préféré jusqu’ici. Ce qui, pour ce genre de série épisodique à rallonges, est un achievement certain !!

The Way of Kings (La Voie des Rois, en français, et en deux tomes) – Brandon Sanderson – le premier (long) tome de la Stormlight Archive, série de fantasy dont le 3e tome est prévu pour cette année, et dont 10 tomes sont prévus. Piff, je sais même pas par où commencer. C’est un machin complètement épique avec une quantité de world-building qui donne le tournis, dans un monde où la magie (les magies ?) est toujours présente mais moins que ce qu’elle l’a été dans les Temps Légendaires™, avant la Désolation, pendant laquelle l’équivalent des paladins de l’époque ont apparemment décidé qu’ils en avaient marre de ces conneries et ont tous disparu. Au moins une partie de la magie est basée sur des « sphères » qui contiennent des gemmes, qui servent également de monnaie, et qui se « rechargent » pendant les grosses tempêtes qui se promènent régulièrement sur le monde. La société « principale » dont sort la plupart des personnages que l’on suit est organisée en castes qui dépendent principalement mais pas seulement de la couleur des yeux de ses membres. Et dans tout ça, on suit entre autres l’histoire de Dalinar et Adolin, militaires de haut rang dans l’armée du roi, Kaladin, un esclave dans la même armée, et Shallan, une noble de rang mineur qui cherche à se faire adopter par une famille de plus haut rang. Bref, y’a beaucoup de fils à suivre ; le seul reproche que j’ai envie de faire c’est qu’il y a pas assez de Shallan. Mais pour les amateurs du genre, c’est à lire.

Sometimes I Lie (pas encore de traduction française) – Alice Fenney – un thriller psychologique avec le blurb suivant : « 1. I’m in a coma 2. My husband doesn’t love me anymore 3. Sometimes I lie. » soit, en français, « 1. Je suis dans le coma. 2. Mon mari ne m’aime plus. 3. Parfois je mens. » Je dois dire que ça m’a suffisamment intriguée pour que je l’achète. J’ai eu un peu du mal à rentrer dedans, le début est un peu poussif, mais ça se lit vite, on se prend au jeu, et la fin m’a laissée sur le cul 😀

The Checklist Manifesto (pas encore de traduction française) – Atul Gawande – un petit bouquin court sur « les checklists c’est bien (voire ça sauve des vies) » et « par contre il faut pas faire n’importe quoi quand on fait des checklists », avec beaucoup d’histoires et d’exemples qui viennent en particulier de la médecine et de l’aviation. Une lecture plutôt chouette (et j’ai commencé à bidouiller une checklist de commit au bureau – qui m’a déjà évité une paire de conneries…).

Ravage – René Barjavel – celui-là, c’est une re-re-re…lecture. Un roman écrit 1949 qui se passe en 2052, qui se résume à peu près à « considérons une société futuriste, qu’est-ce qu’il se passe quand on coupe l’électricité ? ». La description de ladite société futuriste est plutôt marrante (j’avais pas souvenir/conscience de toute l’ironie de cette partie-là), la gestion de la catastrophe est intéressante, et le tout fait à mon avis un bouquin toujours plutôt chouette. C’est évidemment à remettre dans le contexte de l’époque – y’a quelques notions franchement datées voire choquantes pour un lecteur contemporain, mais je suis contente de l’avoir relu.

Walkaway (pas encore de traduction française) – Cory Doctorow – celui-là, je l’ai vu passer à deux occasions, une interview commune de Cory Doctorow et John Scalzi, et un billet de blog d’Alias (que je vous invite à aller lire si vous en voulez un poil plus que les deux mots que j’écris ici.) Walkaway part du principe que, dans une société post-rareté où une bande de « makers » équipés de dépôts de source et de moyens matériels d’imprimer tout et n’importe quoi, y’a pas grand chose qui s’oppose au fait de dire « vous me faites tous chier je vais voir ailleurs si c’est mieux » et de faire, ben, exactement ça et de devenir des « walkaways ». Y’a évidemment toujours des gens à qui ça pose des problèmes, surtout quand les hurluberlus susnommés commencent à parler de vaincre la mort. Dans le contexte en question, on commence par suivre Seth, Etcetera et Iceweasel (qui, on s’en doute, décident de devenir des walkaways) et les gens qu’ils rencontrent par la suite. J’ai absolument adoré – pour une fois le « on est est pas si loin » est plus utopique que dystopique, la construction du monde est fabuleuse, et si le tout tient parfois plus de la leçon/du sermon que du roman… ben ça marche pour moi, quoi 🙂

Blade Bound (Demain ne mord jamais, en français) – Chloe Neill – le treizième tome des Chicagoland. J’ai toujours bien aimé les Chicagoland, mais celui-là m’a paru bien en-deçà des précédents, malheureusement, malgré quelques idées rigolotes.

We Are Legion (We Are Bob) (pas encore de traduction française) – Dennis E. Taylor – celui-là je l’ai écouté en livre audio (une dizaine d’heures) pendant que je faisais ma gym. C’est l’histoire d’un type qui s’appelle Bob, et qui meurt dès le début du bouquin. Bon, il meurt, mais il avait eu la bonne idée de prendre un contrat avec une boîte de cryogénisation qui le cryogénise donc. Il se réveille quelques dizaines d’années plus tard en tant que cerveau d’un ordinateur prévu pour partir à la conquête de l’espace – avec le plan de « survie » de trouver des matériaux dans les systèmes solaires voisins pour créer de nouveaux vaisseaux et de nouveaux Bobs pour les diriger. C’était tout à fait plaisant ; le narrateur du livre audio est absolument excellent et j’ai ri plusieurs fois. Le troisième tome vient de sortir et j’écouterai sans aucun doute la suite.

Girl on a Train (pas encore de traduction française) – A.J. Waines – celui-là s’est retrouvé « par erreur » sur mon Kindle – je l’ai vu passer dans une promo Amazon, j’ai cru que c’était The Girl on the Train dont j’avais entendu vaguement parler par ailleurs… et puis en fait non. Ça commence par le suicide apparent d’une femme inconnue ; la protagoniste Anna était assise en face de la femme, ne croit pas au suicide, et décide d’enquêter. Indépendamment de la confusion initiale, un policier pas désagréable (mais pas très mémorable non plus).

Eleanor Oliphant is Completely Fine (pas encore de traduction française) – Gail Honeyman – l’histoire de l’héroïne éponyme, qui va tout à fait bien – elle travaille tous les jours de la semaine, appelle sa mère tous les mercredis, nourrit ses week-ends de pizza surgelée et de vodka, et s’occupe de sa plante. Et un beau jour, elle s’entiche d’un musicien et décide qu’il est l’homme de sa vie. C’est un bouquin que j’ai vu passer sur un billet d’Armalite et dont j’ai beaucoup apprécié la lecture – plutôt du côté tragique, mais on s’attache à Eleanor qui est souvent drôle, même si parfois pas à dessein, et qui a le chic pour pointer du doigt de nombreuses absurdités.

The Highly Sensitive Person (pas sûre si la traduction la plus récente a pour titre « Ces gens qui ont peur d’avoir peur : Mieux comprendre l’hypersensibilité », ce qui est assez nul ou « Hypersensibles – Mieux se comprendre, mieux s’accepter », mieux mais je sais pas si c’est la traduction de ce bouquin-là…) – Elaine N. Aron – bon, celui-là tient plus du « food for thought » personnel et j’ai même hésité à le mettre dans ce #balisebooks, mais je fais dans l’exhaustif, alors… Plutôt intéressant, mais probablement trop « everything is awesome » à mon goût.

Leviathan Wakes (L’Éveil du Léviathan, en français) – James S.A. Corey – j’ai lu celui-là après avoir regardé la première saison de The Expanse qui est disponible sur Netflix et qui a été tiré des bouquins en question. En regardant la série, j’avais présumé que j’apprécierais plus les bouquins, et c’est effectivement le cas. Le cadre est le système solaire, où Mars a été colonisée et où il existe également des stations – industrielles majoritairement – dans la ceinture d’astéroïdes. Le climat politique est tendu entre les gens des planètes (Terre et Mars) et les autres (les « belters »). On y suit deux histoires parallèles. La première est celle de l’équipage du vaisseau Canterbury, qui décide de répondre au signal de détresse du vaisseau Scopuli. La deuxième est celle de Miller, embauché pour retrouver une jeune femme disparue… quelque part dans le système solaire. Rien ne se passe comme ça devrait, et c’est de la très bonne SF avec des personnages très chouettes et un monde/background très solide.

Automn Bones et Poison Fruit (pas encore de traduction française) – Jacqueline Carey – j’avais lu le premier tome de la trilogie Agent of Hel il y a trois ans, et je sais pas trop pourquoi j’avais attendu si longtemps pour lire les deux suivants (et donc pour compenser j’ai lu les deux derniers à la suite). C’est toujours l’histoire de la petite ville de Pemkowet – domaine de la déesse Hel et de sa correspondante mi-humaine mi-démonique Daisy. C’est de la bonne fantaisie urbaine, palpitante et parfois drôle, avec des personnages vraiment sympa, l’apparition de supernaturels qui sortent de l’ordinaire (genre les ghoules), et du vocabulaire de niveau plus élevé que la moyenne de la littérature du genre. J’ai beaucoup aimé le deuxième et beaucoup beaucoup aimé le troisième et je regrette un peu que le quatrième ne soit pas à l’ordre du jour.

Steal Like An Artist (Voler comme un artiste, en français) – Austin Kleon – un tout petit bouquin dont j’ai appris l’existence via un billet de Wil Wheaton – c’est de « l’inspiro-motivationnel artistique » qui se lit en à peu près 45 minutes mais qui remplit sa tâche.

Legion et Skin Deep (Légion et À Fleur de peau, en français) – Brandon Sanderson – deux petits romans/longues nouvelles qui me viennent également d’un billet d’Alias. Ça commence à peu près comme « Je suis parfaitement sain d’esprit, mais mes hallucinations pas du tout », et c’est l’histoire de Stephen Leeds, un type parfaitement génial qui a la particularité d’avoir une petite cinquantaine d’hallucinations qui se promènent dans son esprit et qui ont tous une « spécialité » : dans les principales dont on fait la connaissance, il y a la psy, l’ex type des SEALs, la spécialiste de graphologie et l’historien. Stephen travaille en tant que « consultant » pour des cas bizarres et généralement variés, et les deux nouvelles parlent de deux « cas » différents, qui sont presque un prétexte au fait de jouer avec l’idée des hallucinations. Très chouette, divertissant et drôle.

The Mindful Path to Self-Compassion (L’Autocompassion, en français) – Christopher Germer – aussi dans la catégorie « food for thought », ça cause de gestion des émotions et de méditation, c’est plutôt intéressant et ça a fait cliquer quelques trucs donc j’avais déjà une idée mais pour lesquels il me manquait visiblement la « bonne » formulation.

S’il ne fallait en lire qu’un… Walkaway.