#balisebooks caniculaire

La chaleur ça fait ralentir le neurone, et je travaille moins donc je prends moins le train, mais ça empêche pas tant que ça de bouquiner. Par contre visiblement ça empêche de rédiger des #balisebooks, alors j’ai moult backlog.

The Gene: An Intimate History (pas encore de traduction française) – Siddhartha Mukherjee – Un excellent bouquin de vulgarisation sur les gènes, la génétique, et tout ce qui peut tourner autour du sujet. Le bouquin suit une trame à peu près chronologique sur les différentes théories de l’hérédité et la découverte de la génétique et de ce qui peut en être fait. Hyper-intéressant (tout le temps), parfois complètement ébahissant (principalement parce que je savais pas que la recherche avait avancé si loin déjà), pas mal de matière à réflexion (en particulier sur les questions éthiques), une quantité non-nulle de passages dérangeants (ditto) voire glaçants (difficile de faire un bouquin sur le sujet sans parler de Mengele). Hautement recommandé.

Silence Fallen (pas encore de traduction française) – Patricia Briggs – le tome 10 des Mercy Thompson. Ça reste de la fantasy urbaine diaboliquement efficace, et le tome 10 est particulièrement réussi à mon goût : beaucoup de jeux politiques, beaucoup de trucs qui m’ont beaucoup fait sourire, un cadre sympa – je me suis vraiment régalée, c’est même peut-être mon tome préféré jusqu’ici. Ce qui, pour ce genre de série épisodique à rallonges, est un achievement certain !!

The Way of Kings (La Voie des Rois, en français, et en deux tomes) – Brandon Sanderson – le premier (long) tome de la Stormlight Archive, série de fantasy dont le 3e tome est prévu pour cette année, et dont 10 tomes sont prévus. Piff, je sais même pas par où commencer. C’est un machin complètement épique avec une quantité de world-building qui donne le tournis, dans un monde où la magie (les magies ?) est toujours présente mais moins que ce qu’elle l’a été dans les Temps Légendaires™, avant la Désolation, pendant laquelle l’équivalent des paladins de l’époque ont apparemment décidé qu’ils en avaient marre de ces conneries et ont tous disparu. Au moins une partie de la magie est basée sur des « sphères » qui contiennent des gemmes, qui servent également de monnaie, et qui se « rechargent » pendant les grosses tempêtes qui se promènent régulièrement sur le monde. La société « principale » dont sort la plupart des personnages que l’on suit est organisée en castes qui dépendent principalement mais pas seulement de la couleur des yeux de ses membres. Et dans tout ça, on suit entre autres l’histoire de Dalinar et Adolin, militaires de haut rang dans l’armée du roi, Kaladin, un esclave dans la même armée, et Shallan, une noble de rang mineur qui cherche à se faire adopter par une famille de plus haut rang. Bref, y’a beaucoup de fils à suivre ; le seul reproche que j’ai envie de faire c’est qu’il y a pas assez de Shallan. Mais pour les amateurs du genre, c’est à lire.

Sometimes I Lie (pas encore de traduction française) – Alice Fenney – un thriller psychologique avec le blurb suivant : « 1. I’m in a coma 2. My husband doesn’t love me anymore 3. Sometimes I lie. » soit, en français, « 1. Je suis dans le coma. 2. Mon mari ne m’aime plus. 3. Parfois je mens. » Je dois dire que ça m’a suffisamment intriguée pour que je l’achète. J’ai eu un peu du mal à rentrer dedans, le début est un peu poussif, mais ça se lit vite, on se prend au jeu, et la fin m’a laissée sur le cul 😀

The Checklist Manifesto (pas encore de traduction française) – Atul Gawande – un petit bouquin court sur « les checklists c’est bien (voire ça sauve des vies) » et « par contre il faut pas faire n’importe quoi quand on fait des checklists », avec beaucoup d’histoires et d’exemples qui viennent en particulier de la médecine et de l’aviation. Une lecture plutôt chouette (et j’ai commencé à bidouiller une checklist de commit au bureau – qui m’a déjà évité une paire de conneries…).

Ravage – René Barjavel – celui-là, c’est une re-re-re…lecture. Un roman écrit 1949 qui se passe en 2052, qui se résume à peu près à « considérons une société futuriste, qu’est-ce qu’il se passe quand on coupe l’électricité ? ». La description de ladite société futuriste est plutôt marrante (j’avais pas souvenir/conscience de toute l’ironie de cette partie-là), la gestion de la catastrophe est intéressante, et le tout fait à mon avis un bouquin toujours plutôt chouette. C’est évidemment à remettre dans le contexte de l’époque – y’a quelques notions franchement datées voire choquantes pour un lecteur contemporain, mais je suis contente de l’avoir relu.

Walkaway (pas encore de traduction française) – Cory Doctorow – celui-là, je l’ai vu passer à deux occasions, une interview commune de Cory Doctorow et John Scalzi, et un billet de blog d’Alias (que je vous invite à aller lire si vous en voulez un poil plus que les deux mots que j’écris ici.) Walkaway part du principe que, dans une société post-rareté où une bande de « makers » équipés de dépôts de source et de moyens matériels d’imprimer tout et n’importe quoi, y’a pas grand chose qui s’oppose au fait de dire « vous me faites tous chier je vais voir ailleurs si c’est mieux » et de faire, ben, exactement ça et de devenir des « walkaways ». Y’a évidemment toujours des gens à qui ça pose des problèmes, surtout quand les hurluberlus susnommés commencent à parler de vaincre la mort. Dans le contexte en question, on commence par suivre Seth, Etcetera et Iceweasel (qui, on s’en doute, décident de devenir des walkaways) et les gens qu’ils rencontrent par la suite. J’ai absolument adoré – pour une fois le « on est est pas si loin » est plus utopique que dystopique, la construction du monde est fabuleuse, et si le tout tient parfois plus de la leçon/du sermon que du roman… ben ça marche pour moi, quoi 🙂

Blade Bound (Demain ne mord jamais, en français) – Chloe Neill – le treizième tome des Chicagoland. J’ai toujours bien aimé les Chicagoland, mais celui-là m’a paru bien en-deçà des précédents, malheureusement, malgré quelques idées rigolotes.

We Are Legion (We Are Bob) (pas encore de traduction française) – Dennis E. Taylor – celui-là je l’ai écouté en livre audio (une dizaine d’heures) pendant que je faisais ma gym. C’est l’histoire d’un type qui s’appelle Bob, et qui meurt dès le début du bouquin. Bon, il meurt, mais il avait eu la bonne idée de prendre un contrat avec une boîte de cryogénisation qui le cryogénise donc. Il se réveille quelques dizaines d’années plus tard en tant que cerveau d’un ordinateur prévu pour partir à la conquête de l’espace – avec le plan de « survie » de trouver des matériaux dans les systèmes solaires voisins pour créer de nouveaux vaisseaux et de nouveaux Bobs pour les diriger. C’était tout à fait plaisant ; le narrateur du livre audio est absolument excellent et j’ai ri plusieurs fois. Le troisième tome vient de sortir et j’écouterai sans aucun doute la suite.

Girl on a Train (pas encore de traduction française) – A.J. Waines – celui-là s’est retrouvé « par erreur » sur mon Kindle – je l’ai vu passer dans une promo Amazon, j’ai cru que c’était The Girl on the Train dont j’avais entendu vaguement parler par ailleurs… et puis en fait non. Ça commence par le suicide apparent d’une femme inconnue ; la protagoniste Anna était assise en face de la femme, ne croit pas au suicide, et décide d’enquêter. Indépendamment de la confusion initiale, un policier pas désagréable (mais pas très mémorable non plus).

Eleanor Oliphant is Completely Fine (pas encore de traduction française) – Gail Honeyman – l’histoire de l’héroïne éponyme, qui va tout à fait bien – elle travaille tous les jours de la semaine, appelle sa mère tous les mercredis, nourrit ses week-ends de pizza surgelée et de vodka, et s’occupe de sa plante. Et un beau jour, elle s’entiche d’un musicien et décide qu’il est l’homme de sa vie. C’est un bouquin que j’ai vu passer sur un billet d’Armalite et dont j’ai beaucoup apprécié la lecture – plutôt du côté tragique, mais on s’attache à Eleanor qui est souvent drôle, même si parfois pas à dessein, et qui a le chic pour pointer du doigt de nombreuses absurdités.

The Highly Sensitive Person (pas sûre si la traduction la plus récente a pour titre « Ces gens qui ont peur d’avoir peur : Mieux comprendre l’hypersensibilité », ce qui est assez nul ou « Hypersensibles – Mieux se comprendre, mieux s’accepter », mieux mais je sais pas si c’est la traduction de ce bouquin-là…) – Elaine N. Aron – bon, celui-là tient plus du « food for thought » personnel et j’ai même hésité à le mettre dans ce #balisebooks, mais je fais dans l’exhaustif, alors… Plutôt intéressant, mais probablement trop « everything is awesome » à mon goût.

Leviathan Wakes (L’Éveil du Léviathan, en français) – James S.A. Corey – j’ai lu celui-là après avoir regardé la première saison de The Expanse qui est disponible sur Netflix et qui a été tiré des bouquins en question. En regardant la série, j’avais présumé que j’apprécierais plus les bouquins, et c’est effectivement le cas. Le cadre est le système solaire, où Mars a été colonisée et où il existe également des stations – industrielles majoritairement – dans la ceinture d’astéroïdes. Le climat politique est tendu entre les gens des planètes (Terre et Mars) et les autres (les « belters »). On y suit deux histoires parallèles. La première est celle de l’équipage du vaisseau Canterbury, qui décide de répondre au signal de détresse du vaisseau Scopuli. La deuxième est celle de Miller, embauché pour retrouver une jeune femme disparue… quelque part dans le système solaire. Rien ne se passe comme ça devrait, et c’est de la très bonne SF avec des personnages très chouettes et un monde/background très solide.

Automn Bones et Poison Fruit (pas encore de traduction française) – Jacqueline Carey – j’avais lu le premier tome de la trilogie Agent of Hel il y a trois ans, et je sais pas trop pourquoi j’avais attendu si longtemps pour lire les deux suivants (et donc pour compenser j’ai lu les deux derniers à la suite). C’est toujours l’histoire de la petite ville de Pemkowet – domaine de la déesse Hel et de sa correspondante mi-humaine mi-démonique Daisy. C’est de la bonne fantaisie urbaine, palpitante et parfois drôle, avec des personnages vraiment sympa, l’apparition de supernaturels qui sortent de l’ordinaire (genre les ghoules), et du vocabulaire de niveau plus élevé que la moyenne de la littérature du genre. J’ai beaucoup aimé le deuxième et beaucoup beaucoup aimé le troisième et je regrette un peu que le quatrième ne soit pas à l’ordre du jour.

Steal Like An Artist (Voler comme un artiste, en français) – Austin Kleon – un tout petit bouquin dont j’ai appris l’existence via un billet de Wil Wheaton – c’est de « l’inspiro-motivationnel artistique » qui se lit en à peu près 45 minutes mais qui remplit sa tâche.

Legion et Skin Deep (Légion et À Fleur de peau, en français) – Brandon Sanderson – deux petits romans/longues nouvelles qui me viennent également d’un billet d’Alias. Ça commence à peu près comme « Je suis parfaitement sain d’esprit, mais mes hallucinations pas du tout », et c’est l’histoire de Stephen Leeds, un type parfaitement génial qui a la particularité d’avoir une petite cinquantaine d’hallucinations qui se promènent dans son esprit et qui ont tous une « spécialité » : dans les principales dont on fait la connaissance, il y a la psy, l’ex type des SEALs, la spécialiste de graphologie et l’historien. Stephen travaille en tant que « consultant » pour des cas bizarres et généralement variés, et les deux nouvelles parlent de deux « cas » différents, qui sont presque un prétexte au fait de jouer avec l’idée des hallucinations. Très chouette, divertissant et drôle.

The Mindful Path to Self-Compassion (L’Autocompassion, en français) – Christopher Germer – aussi dans la catégorie « food for thought », ça cause de gestion des émotions et de méditation, c’est plutôt intéressant et ça a fait cliquer quelques trucs donc j’avais déjà une idée mais pour lesquels il me manquait visiblement la « bonne » formulation.

S’il ne fallait en lire qu’un… Walkaway.

Nouvelle page : Albums photo !

Il y a fort longtemps existait, sur les profils Google+, un onglet « Photos » qui permettait d’accéder aux albums publics d’un profil. (Si je me souviens bien, c’était même très bien foutu, au sens où ça permettait d’accéder non seulement aux albums publics, mais aussi à tous les albums auxquels on avait accès, pour autant que l’on fût authentifié. Mais là c’est peut-être mon optimisme qui parle.)

Il y a également fort longtemps existait Picasa Web, qui permettait également de disposer d’une page recensant les albums d’un utilisateur.

Il se trouve que ni l’une ni l’autre de ces solutions n’existent de nos jours. J’ai donc tergiversé un tantinet avant d’opter pour une solution relativement low-tech (et, on l’espère, raisonnablement low-maintenance, sinon ça va pô être maintenu) : j’ai bricolé une « page » WordPress sur ce blog pour recenser mes albums. La page en question est visible dans la barre de navigation et, comme on s’y attendrait, est nommée Albums photo.

Histoire de voir les choses du bon côté, il y a tout de même deux avantages :

  • je peux trier les albums comme je le sens – en particulier, j’ai pas inclus les albums de cuisine, parce que ça serait redondant avec o< cuisine
  • j’ai eu l’occasion de re-jeter un œil à beaucoup de choses (parce que je voulais vérifier que je partageais pas, en particulier, de photos de gens-qui-veulent-pas-forcément-que-je-partage-leur-tronche) (si j’en ai oublié, je m’en excuse platement et pinguez-moi d’une manière ou d’une autre pour que je corrige ça), et il m’est très clair que le progrès en photo se mesure à la quantité d’embarras qu’on ressent devant des photos qui ont quelques années (j’ai une envie forte de ré-éditer, voire de re-shooter, une bonne quantité de trucs que j’ai vus en passant… mais je vais essayer de m’abstenir !)

Bon, après, j’aurais bien aimé avoir un RSS propre sur ce truc, aussi, mais ça va probablement pas être faisable trivialement sur un WordPress hosté, alors…

#balisebooks printanier

Le temps passe et moi je bouquine. Je crois que j’ai un record de nombre de bouquins sur un seul billet, mais à ma décharge y’en a quelques uns qui sont vraiment vraiment très courts.

Storm Born et Thorn Queen (Fille de l’orage et Reine des Ronces, en français) – Richelle Mead – le début d’une série (Dark Swan) qui met en scène Eugenie Markham, chaman de son état, et essentiellement ghostbuster de métier (bon, ne pinaillons pas, elle renvoie les esprits chafouins dans les dimensions où ils appartiennent). J’étais pas spécialement tentée par le concept original de l’histoire (chamane, mouif, je sais pas), mais en fait c’est pas mal. Bon, y’a beaucoup de scènes adultes – plus, j’ai l’impression, que dans ce pan de littérature en général – y compris que dans les Georgina Kincaid de la même auteur qui met en scène une succube, ce qui est un comble ! Y’a aussi des scènes/événements très dérangeants dans le deuxième tome. Je crois que je vais continuer à lire la série tout de même, parce que c’est toujours pareil ces machins, j’aime bien savoir la suite 😛

Use of Weapons (L’Usage des armes, en français) – Iain M. Banks – le troisième tome du cycle de la Culture. Un bouquin un peu bordélique qui entrelace deux flux temporels. Dans le premier, chronologique, Diziet Sma et Skaffen-Amtiskaw tentent de re-recruter Cheradenine Zakalwe pour une nouvelle mission. Zakalwe, son truc, c’est de gagner des guerres. Dans le second flux, anti-chronologique, on explore le passé de Zakalwe. Je crois que ça fait partie de ces bouquins qui sont objectivement très bons, mais sur lesquels j’accroche pas pour une raison inconnue (qui peut être aussi simple que « j’ai pas lu ça au bon moment avec suffisamment de neurones en route », hein).

Timeline (Prisonniers du temps, en français) – Michael Crichton – bon celui-là par contre il m’est très clair qu’il est évitable. C’est l’histoire d’une bande d’historiens qui se retrouvent envoyés dans le passé (sauf que c’est pas vraiment le passé mais en fait si mais c’est compliqué) dans un site archéologique en Dordogne. Y’a de bonnes choses – tout le contexte historique est chouette. Mais les personnages sont interchangeables et le tout m’a laissé une impression d’ennui. Sur le même thème, Connie Willis a fait de bien meilleures choses…

En souvenir d’André – Martin Winckler – un roman plutôt court où le narrateur explique son parcours en tant qu’un des premiers médecins à assister les gens qui souhaitent mourir, d’abord clandestinement. Évidemment pas très gai, évidemment politiquement chargé… évidemment bien écrit. Plutôt dans les « à lire », celui-là.

Etched in Bone (pas encore de traduction française) – Anne Bishop – le dernier tome de la série The Others. Une conclusion correcte – bien qu’assez plan-plan, probablement, à une série que j’ai vraiment bien aimée.

Six Wakes (pas encore de traduction française) – Mur Lafferty – alors celui-là, il est tombé sur ma Pile À Lire par le biais d’un article de l’auteur sur le blog de Scalzi (en anglais). L’idée, c’est un huis-clos dans l’espace avec des clones. Six personnes se réveillent dans un vaisseau spatial avec les corps de leurs anciens clones qui flottent autour. C’est assez peu choupi, mais surtout – que s’est-il passé ? C’est comme ça que le bouquin commence ; il y a une bonne quantité de background sur le développement des clones, et de manière générale c’est wachement bien. Un vague feeling « Hyperion », aussi (c’est une bonne chose, en ce qui me concerne).

An Astronaut’s Guide to Life on Earth (Guide d’un astronaute pour la vie sur Terre) – Chris Hadfield – une autobiographie de l’astronaute-canadien-moustachu-guitariste qui a beaucoup fait pour la promo de l’ISS et de la NASA. Une chouette lecture, peut-être en partie parce que le message « je suis un control freak et c’est comme ça que je suis DEVENU ASTRONAUTE ET C’EST GLORIEUX » tape dans mes propres goûts 😉 Dans tous les cas, c’est intéressant et souvent assez drôle.

The Collapsing Empire (pas encore de traduction française) – John Scalzi – celui-là était en pré-commande dès l’annonce de sa sortie ou presque. C’est 1/ un nouveau Scalzi 2/ le début d’une nouvelle série (The Interdependency) 3/ un bouquin qui commence par la phrase suivante : « The mutineers would have gotten away with it, too, if it weren’t for the collapse of the Flow. » (le début du bouquin est sur le site de Tor, et il continue par la description administrative d’une mutinerie). Comme l’indique le titre, le contexte, c’est un empire intergalactique qui se casse la gueule, principalement parce que le Flow qui sert à voyager d’un point A à un point B semble être vachement moins stable que ce qu’on pensait. Dans ce contexte là, on suit l’histoire de plusieurs personnages – tous plutôt chouettes dans leur genre, et décidément des personnages qu’on a envie de suivre. Un excellent début de série.

Au Bonheur des ogres, La Fée Carabine, La Petite marchande de prose, Monsieur Malaussène, Des Chrétiens et des Maures, Aux Fruits de la passion – Daniel Pennac – oui, je me suis enfilé les six Malaussène à la suite. (Non c’est pas vrai, j’ai lu le bouquin suivant de la liste au milieu, mais ça compte presque pas). Daniel Pennac a ressorti un bouquin récemment – avec, apparemment, la même clique que dans les six bouquins susnommés. Alors je les ai relus, parce que ça faisait longtemps. Benjamin Malaussène est 1/ grand frère de famille nombreuse 2/ bouc émissaire de profession et de nature. Bref, il lui arrive tout un tas d’emmerdes qui ne sont jamais de sa faute (mais il est toujours éminemment suspect aux yeux des chargés d’enquête) et généralement complètement abracadabrantesques, et c’est drôle, ça se déguste comme un bon vin, et ça se dévore très vite. (Non, c’est pas antinomique.) J’ai pas encore lu le dernier, mais en tous cas je me suis re-régalée avec ceux-là.

Wishful Drinking (pas encore de traduction française) – Carrie Fisher – un mémoire de Carrie Fisher, qu’on ne présente plus, et la princesse Leia dans Star Wars, pour ceux à qui il faut faire les présentations. Je sais pas trop quoi en penser. Elle raconte beaucoup de choses à propos de son enfance, de ses relations avec pas mal de monde, de sa relation à l’alcool et autres substances, et… et tout ça en un bouquin qui se lit en, sans exagérer, moins d’une heure. C’était pas inintéressant, mais… Je sais pas.

Wolf Moon (pas encore de traduction française) – Ian McDonald – la suite de Luna commencée avec New Moon. Çuilà m’a déçue. J’avais plutôt bien aimé le premier tome ; le deuxième tome m’a paru vachement plus poussif. Je sais pas trop pourquoi, d’ailleurs – peut-être aussi plus un problème de timing qu’autre chose – mais le fait est que je me suis un peu ennuyée. J’ai beaucoup aimé la question du retour à une gravité terrienne après avoir passé beaucoup de temps sur la Lune, cela dit.

The Sudden Appearance of Hope (La soudaine apparition de Hope Arden, en français) – Claire North – j’ai lu deux autres bouquins de Claire North – grâce à Armalite qui en a parlé au moment de les traduire – que j’ai beaucoup aimés tous les deux, et qui ont une originalité certaine. Donc j’ai attaqué celui-là en toute confiance. C’est l’histoire de Hope, qui a une particularité : les gens l’oublient sitôt qu’ils ne la voient plus pendant quelques minutes ; et Hope grâce à son « don » est une voleuse de premier ordre. Hope aime aussi faire des listes de faits divers et généralement variés, habituellement chiffrées. Et dans le monde de Hope, il existe aussi une app, Perfection, qui « conseille » la vie des gens pour les mener à la « perfection » – et Hope a un compte à régler avec Perfection. De bons ingrédients pour un roman prenant avec des questions intéressantes sur l’identité.

S’il ne fallait en lire qu’un… hrmpf, j’hésite entre Six Wakes, The Collapsing Empire, et The Sudden Appearance of Hope. Allez, on va dire The Sudden Appearance of Hope. Mais ptêt juste parce que The Collapsing Empire, ben c’est le début d’une série, et qu’il faudra bien lire ce tome-là pour lire le tome 2, duh.

Thimbleweed Park

Discussion il y a dix jours autour de la machine à café au bureau :

« Tu sais pourquoi c’est un bon jour aujourd’hui ?
– Heuuu, c’est jeudi et y’a kebab¹ ?
– Y’a aussi Thimbleweed Park qui sort.
– Huh ?
– Le dernier Ron Gilbert.
– Huh ?
– Tu connais pas Ron Gilbert ?
– Je vois pas, non…
– Monkey Island ?
– Aaaaaah !
– Bon et donc il a kickstarté un nouveau jeu et ça sort aujourd’hui.
– Haaaan ! »

Là, la Balise se précipite sur son bureau et regarde ce qu’il en est. Ô joie ô bonheur ça a l’air krobien, et ça tourne même sous Linux, si c’est pas fabuleux.

Quelques heures plus tard, j’ai acheté le jeu, et je l’ai terminé hier soir après environ 16 heures de jeu (d’après Steam, en tous cas).

J’ai passé beaucoup d’heures sur les point-and-clicks de LucasArts – Monkey Island I et II, Day of the Tentacle et Sam&Max font toujours partie de mes « madeleines ». Et je suis ravie de pouvoir dire que Thimbleweed Park est le digne successeur de ces jeux-là.

C’est très drôle et l’histoire est prenante jusqu’au bout. On y retrouve beaucoup de machins complètement absurdes (mais très drôles), des références dans tous les coins, et une tendance très nette à l’auto-référence ironique et au pétage de quatrième mur. Les énigmes sont très bien fichues – pas triviales, mais pas non plus complètement tirées par les cheveux.

[SPOILERS MINIMES SUR LE CONTENU DU JEU]

L’histoire commence par un meurtre, et on prend rapidement le contrôle de deux personnages, Ray and Reyes, agents fédéraux chargés d’enquêter sur le meurtre. Tout se passe en 1987, dans un petit bled à moitié déserté après l’incendie de l’entreprise PillowTronics (sic) qui pour une raison ou une autre semble aussi gérer l’intégralité de l’infrastructure de la ville à grands coups de tubes électroniques (re-sic).

[FIN DES SPOILERS MINIMES]

[SPOILERS MINIMES SUR DES GÉNÉRALITÉS À PROPOS DU MÉTA-JEU]

J’ai une paire de regrets sur le concept « j’avais pas vu ce truc là sur l’écran et du coup j’ai ramé beaucoup plus que nécessaire », mais littéralement « une paire », ce qui est très raisonnable pour ce genre de jeux. J’ai aussi été un peu agacée par le fait que certaines choses se débloquent « temporellement » et pas « logiquement », mais rien de dramatique non plus.

[FIN DES SPOILERS MINIMES]

Bref, j’ai adoré.

Je sais pas comment est la version française (il y a des sous-titres, mais pas de voix), mais je suis presque tentée de refaire une partie pour vérifier… 🙂 (et récupérer les achievements Steam que j’ai ratés 😉 ). Je sais pas non plus si le jeu est aussi drôle / prenant pour des gens qui n’ont pas joué aux point-and-click susnommés – y’a à la fois beaucoup de références, et beaucoup d' »habitudes » prises sur ce type de jeu qui peuvent peut-être manquer.

Pour les liens :


¹ je vis en Suisse alémanique. Y’a un jeu de mot.

#balisebooks de début d’année

Hoplà, il est à nouveau temps de faire dans l’infodump de bouquins. Largement, même, puisque la fournée de ce billet arrive à 9 bouquins…

Visions in Silver et Marked in Flesh (Gris Présages et Empreintes fauves en français) – Anne Bishop – la suite de la série The Others. La série continue bien, avec des vrais morceaux de conflits humains/terra indigene,  et ça continue à se lire bien. Marked in Flesh était un peu plus poussif, je crois.

Algorithms to Live By (pas de traduction française) – Christian Brian – le concept du bouquin fait un peu grincer des dents a priori (« on va vous expliquer comment un ordinateur résout les problèmes de la vie quotidienne »), mais le fond est vraiment chouette en temps que bouquin d’introduction sur l’informatique théorique au sens large, avec des sujets qui vont du tri aux problèmes NP-complets en passant par les systèmes de cache et l’aléatoire. Très chouette, au final, et il m’a semblé très accessible.

Oryx and Crake (Le Dernier Homme, en français) – Margaret Atwood – le premier tome de la trilogie MaddAddam. Ça se passe dans un environnement post-apocalyptique où le personnage principal, Snowman, est a priori le seul humain restant, du moins dans le coin où il vit/survit. Il n’est cependant pas tout seul – il est plus ou moins entouré de « post-humains » génétiquement modifiés qui le considèrent comme le prophète de leur créateur. C’est assez accessoire : une grande partie de l’histoire se passe en flashbacks sur la manière dont la dite apocalypse est survenue. J’ai bien aimé ; peut-être quelques longueurs.

Etiquette & Espionage (Étiquette & Espionnage, en français), Gail Carriger – le premier tome de la série YA « Finishing School » (Le Pensionnat de Mlle Géraldine, en français). On y fait la connaissance de Sophronia, envoyée à ses quatorze ans dans ce qui semble être un pensionnat de jeunes filles, et qui s’avère être un pensionnat de jeunes filles avec un penchant pour l’espionage et le meurtre, et le tout dans un univers steampunk (sauf erreur, le même que celui du Protectorat de l’Ombrelle, du même auteur). Assez divertissant, et j’ai appris plein de mots.

Being Emily (pas de traduction française) – Rachel Gold – un autre roman YA, mais dans un univers contemporain. C’est l’histoire d’Emily, qui est née Christopher, au moment où elle décide d’annoncer à sa petite amie, Claire, qu’elle est, ben, une fille. Il est assez clair que ça a été écrit en bonne partie à but éducatif (pas mal de « et là machin explique que ceci cela »), mais tout le bouquin reste éminemment cute et émouvant.  J’ai beaucoup aimé.

The Dark Forest (pas de traduction française, bien que le premier tome ait été traduit – Cixin Liu – la suite de Three-Body Problem, et quelle suite. J’avais adoré le premier, je crois que j’aime encore plus le second. Dans Dark Forest, l’humanité se sait condamnée : les aliens vont leur tomber dessus dans 400 ans (le temps qu’ils fassent la route, en gros) et ont visiblement l’intention de ne pas faire de quartier. Comme ladite humanité n’a pas forcément l’intention de se laisser faire, on suit les préparatifs de la contre-offensive, dans un univers où lesdits aliens peuvent savoir tout ce qu’il se dit entre deux personnes. Je suis incapable de rendre hommage correctement à ce bouquin, mais bref, lisez-le (après avoir lu Three-Body Problem, probablement). J’avoue cependant que j’ai eu beaucoup de mal à me faire aux noms des personnages (je suis pas habituée à avoir autant de noms chinois… et pour le coup mes habitudes de lecture probablement un peu rapide n’aident pas !), et j’ai quelques réserves sur la fin. Maiiiiis… ouais, nan, à lire.

Miniatures (pas de traduction française) – John Scalzi – un recueil de nouvelles courtes (voire très courtes). Très, très drôle, Pierre m’a entendu pouffer à de nombreuses reprises. Vite lu et bien ri 🙂

Hausfrau (Femme au foyer, en français) – Jill Alexander Essbaum – alors celui-là je sais pas quoi en faire. Je l’avais mis sur la « liste » après l’avoir vu passer à la librairie anglaise ici à sa sortie il y a deux ans. Je savais que ça se passait à Zürich, que c’était déprimant, et qu’il y avait pas mal de scènes qu’on qualifiera d’adulte. Et ouais, je confirme sur les trois points. C’est l’histoire d’Anna, qui a immigré en banlieue de Zürich pour venir vivre avec son mari qui se trouve suisse, et elle est pas fondamentalement heureuse (euphémisme du siècle). Et… je sais pas. C’est hyper-déprimant. J’ai du mal avec les jugements d’Anna sur « ma » ville (oui, je suis un peu possessive). Ladite ville est d’ailleurs hyper-bien documentée – presque trop, ça fait très « j’ai habité ici et tous les détails que je donne sont exacts ». Je sais pas si le trait me paraît forcé parce que j’y vis et qu’il me paraîtrait vivant autrement, mais c’était un peu bizarre. Et en même temps… J’ai pas réussi à le lâcher, loin de là. L’utilisation des lessons de grammaire allemande comme métaphore d’événements de la vie d’Anna, ça j’ai vraiment beaucoup aimé. C’est clairement de la littérature pour le plaisir de la littérature, mais j’ai trouvé que ça marchait bien. Et j’ai dans l’idée aussi que ce bouquin va faire partie des « mémorables » malgré tout ça. Bref. Je sais pas quoi en faire.

S’il ne fallait en lire qu’un… Dark Forest.

Isomorphismes de graphes, ou la non-trivialité de « est-ce que ce graphe est identique à celui-ci ? »

Tiens, ça fait longtemps que j’ai pas causé de maths ici. Il y a eu des actualités intéressantes très récemment, alors je vais en parler un peu, en espérant pas dire trop de bêtises parce que ça commence à toucher à des trucs que je maîtrise moins 🙂

Il y a à peu près un an, László Babai, mathématicien-avec-une-bonne-dose-d’informaticien a fait l’équivalent des (très) gros titres dans le monde de l’informatique théorique avec un article intitulé Graph Isomorphism in Quasipolynomial Time ou, en français, « Isomorphisme de graphes en temps quasipolynomial » (Je vais citer Langelot Pickpocket : « C’est très facile d’écrire l’anglais. Il n’y a qu’à renverser l’ordre des noms et des adjectifs. »). Il y a quelques jours, le même László Babai a publié sur son blog un « oops, en fait ça passe pas » (c’est-à-dire une rétractation partielle du papier, il y avait une erreur dans l’analyse qui ne permettait pas de conclure à un temps quasi-polynomial). Aujourd’hui, alors même que je retournais voir cette page pour ajouter un lien vers mon blog, je vois que le temps quasi-polynomial est de nouveau sur le tapis ! C’est plus palpitant que Game of Thrones, cette histoire 😉

Bon, là, normalement, j’ai perdu mes trois lecteurs. Snif. Revenez, les gens, jvais expliquer un peu de quoi on cause… D’abord, petite question : est-ce que ces deux graphes sont identiques ?

isomorphisme-1

Normalement, c’est le moment où vous me dites « ben, ça dépend… ça veut dire quoi, identique ? » – ce à quoi je réponds « ben, ça dépend de la définition qu’on choisit, en fait ».

J’utilise ici le terme « identique » pour dire « isomorphe », ce qui est un abus de langage mais un que je m’autorise. Isomorphe, c’est un mot blindé de grec, comme l’indique le « ph » (ouais, je fais de l’approximation liguistique aussi) : préfixe « iso » – même, et « morphe » – forme. Donc, « graphes isomorphes » : graphes qui ont la même tête. Là, j’en ai deux qui se disent « elle se paye ma fiole », parce que les deux graphes ci-dessus, ils ont pas vraiment la même tête, à froid comme ça.

Mais si je les affiche comme ça, est-ce que c’est mieux ?

isomorphisme-2

Avec des petits numéros, je peux dire que :

  • 1 est relié à 3, 4 et 5
  • 2 est relié à 3,4 et 5
  • 3 est relié à 1, 2, 4 et 5
  • 4 est relié à 1, 2, 3 et 5
  • 5 est relié à 1, 2, 3 et 4

et ce sur les deux graphes. C’est ce qu’on entend par « isomorphisme de graphe » : on peut associer chaque sommet du premier graphe à un sommet du deuxième graphe de sorte que si les sommets u et v sont reliés par un arc dans le premier graphe, alors ils sont reliés par un arc dans le deuxième graphe, et vice-versa. Et la question à laquelle Babai s’intéresse, c’est « quelle est la complexité algorithmique de décider si deux graphes sont isomorphes ? »

Il existe des cas où la réponse est « les deux graphes ne sont pas isomorphes » de manière immédiate. Parmi ces cas :

  • les graphes n’ont pas le même nombre de sommets
  • les graphes n’ont pas le même nombre d’arcs
  • il existe un sommet de degré k dans le premier graphe mais pas dans le second (le degré d’un sommet, c’est le nombre d’arcs qui y sont connectés)
  • le premier graphe a une structure, par exemple quatre sommets tous reliés les uns aux autres, qui n’existe pas dans le deuxième graphe

Il existe aussi un algorithme simple pour conclure à la question : numéroter tous les sommets du premier graphe, et essayer toutes les numérotations des sommets du deuxième graphe. Si on en trouve une qui marche, c’est gagné, et si on n’en trouve pas, c’est que les graphes ne sont pas isomorphes. Le problème de cet algorithme là, c’est qu’il réclame un temps d’exécution de n! (factorielle n), où n est le nombre de sommets. De manière générale, les algorithmes avec une factorielle au milieu, on n’aime pas trop.

Le problème est intéressant à – au moins – deux titres. Le premier, c’est qu’il arrive de résoudre des instances du problème dans la vraie vie, en chimie (identifier des composés dans une base de données) ou en électronique (vérifier qu’un circuit intégré est équivalent à son schéma). Comme on fait ça de manière quotidienne, c’est pas forcément le point critique. Le second titre, c’est que le problème « Graph Isomorphism » (GI, pour son petit nom) fait partie de cet ensemble de problèmes qu’on sait pas trop où mettre, d’un point de vue complexité. Il est dans NP – il suffit de fournir un étiquetage des sommets pour vérifier que deux graphes sont effectivement isomorphes – mais personne ne sait s’il est NP-complet (« aussi difficile que tous les autres problèmes de la classe NP »). Une hypothèse usuelle est que, si P est différent de NP, GI se trouve quelque part entre P et les problèmes NP-complets.

Jusqu’à l’an passé, la borne la plus basse qu’on avait pour la complexité de GI était e^{O(\sqrt{n \log n})}. La borne annoncée, puis rétractée, puis rétablie, est e^{\log^cn} pour une constante c. Et là, pour le coup, je l’avoue sans honte – je « sais » que le deuxième est très petit devant le premier (pour n suffisamment grand, s’entend), mais il faut que j’y réfléchisse à deux fois. Quant au fait que  e^{\log^cn} corresponde à « quasi-polynomial »… bon, e^{C \log n} est polynomial, e^{n^\varepsilon} est exponentiel, l’autre est quelque part entre les deux… Ça reste une gymnastique qui ne m’est pas évidente. Il reste que du point de vue théorique, passer d’un algo exponentiel (même modérément exponentiel) à un algo qui est non seulement sub-exponentiel mais quasi-polynomial, c’est classe.

J’ai un peu pipoté quand je parlais des problèmes de la vraie vie. Parce qu’il faut également l’admettre, d’un point de vue pratique, suivant la tronche de la constante c, il faut avoir un très, très (très) gros graphe avant que le « nouveau » résultat ne « vaille le coup » (sans même parler de la complexité implémentatoire dudit algo !). Les instances de la vraie vie, elles, restent probablement beaucoup plus simples et rapides à résoudre à grands coups d’heuristiques et de bourrinage.

J’aimerais être capable de dire « mais bon, j’ai lu la preuve et c’est très joli ». Parce que le papier, je l’ai ouvert, j’ai fait « AAAAAH », et je l’ai refermé. La vidéo de la conf de Babai, je l’ai regardée dans une espèce d’état second « alors c’est probablement très intéressant, mais je comprends quedalle ». Une version mise à jour du papier original (avec les corrections nécessaires) est apparemment en cours de rédaction ; j’ai comme vague projet d’essayer d’attaquer la compréhension de ce truc à un moment ou à un autre (avec assez peu d’optimisme sur le résultat final 😉 ).

Considérations de traitement photo

imgp5220Pour faire mentir le Miod qui dit que je ne blogge plus que mes #balisebooks, je vais causer photo, un peu.

J’ai actuellement un problème avec mon réflex : le capteur est dégueu. J’ai essayé récemment de retirer un long morceau de fibre qui s’y était collé, j’ai fini avec un morceau de fibre en moins mais pas mal de merdouilles en plus – full of win. Au moins les merdouilles actuelles sont raisonnablement faciles à retirer en post-processing. Je suis bien consciente qu’il faut que je trouve une meilleure solution, mais il me manque

  1. du courage
  2. du matériel
  3. des compétences
  4. du temps.

Et oui, je suis bien consciente aussi que le temps que je passerais à nettoyer ce truc serait bien plus faible que le temps que je passe à nettoyer les images. La différence est que si je me loupe, je peux faire Ctrl-Z dans un cas et moins dans l’autre.

Bref. Mon histoire est moins à propos de capteurs dégueus que de post-processing (contrairement à ce qu’on pourrait croire). Comme il faisait beau, on est allé se balader au bord du lac hier, et j’ai emmené mon appareil photo. Donc, ce soir, j’avais des photos à traiter. J’y passe une heure ou deux, tout va bien, j’arrive à réparer de manière acceptable les dégâts du problème sus-mentionné. J’exporte les photos – déjà, là, je râle un peu, il a fallu que je relance trois fois le logiciel pour réussir à exporter mes photos. J’ai déjà rencontré le problème, j’en prends mon parti, admettons. Je mets les photos exportées en ligne… horreur malheur enfer et putréfaction, que sont donc ces taches noires affreuses sur mes photos ? Je vérifie : effectivement, l’export a complètement ignoré tout ce que j’avais fait sur le calque de corrections locales.

Je réessaie d’exporter, je regarde les options, je regarde les internets : pas moyen de corriger le problème. Je ne sais pas ce qu’il se passe. Je sais une chose, par contre : j’en ai probablement terminé d’essayer de me battre avec Aftershot Pro.

J’utilise (j’utilisais ?) Aftershot Pro depuis des années, du temps où ça s’appelait encore Bibble. D’après mes archives, ça remonte au moins à 2010. Et à mon grand regret, la qualité du logiciel s’est fortement dégradée depuis quelques mois/années. J’avais déjà pas mal râlé quand la prise en charge de mon PowerShot G7x avait été problématique – ça avait pris plus d’un an pour se débloquer. J’avais supporté en serrant les dents ce qui m’apparaissait comme une dégradation des performances, en particulier pour l’export qui avait tendance à prendre des plombes et/ou à planter complètement (la frontière entre les deux est parfois difficile à définir). La dernière version avait tendance à décider de ne plus afficher les images ce qui, on l’admettra, pour un logiciel de gestion de photos, est problématique. Le coup de l’export foireux, là, je crois que c’est fini. Adieu Aftershot, je t’aimais bien. Je reste reconnaissante du fait qu’encore aujourd’hui tu aies des binaires pour Linux. Tes traitements automatiques sont parfois un peu violents/brutaux, mais c’était souvent mon premier essai. Tes outils de retouche locale et de suppression de bruit sont très chouettes à utiliser. Je garderai des souvenir’z’émus des heures que j’ai passées avec tes précédentes versions.

Ce soir, j’ai retraité mes photos avec Darktable. Ça réclame évidemment un peu de temps pour la prise en main. Les presets sont pas les mêmes, il y a moins de cases magiques (va falloir que j’apprenne à savoir ce que je fais, help !), le workflow est un peu différent, bref, il va falloir que je me réhabitue. Par contre, c’est libre. Ça gère le fait que j’ai à la fois une photo en RAW et une photo en JPG et ça groupe les deux. Les outils que je veux utiliser marchent pas tout à fait pareil, mais ils marchent. L’interface elle-même semble plus fluide, plus rapide, moins poussive (un comble, puisqu’Aftershot se vante de sa rapidité !). Je crois que tout va bien se passer.

Et les photos retraitées… le deuxième traitement n’est pas identique au premier auquel j’étais arrivée sous Aftershot. Mais je crois que c’est pas mal quand même – et j’ai retiré les taches de mon capteur. La preuve en images.