#balisebooks – Avril/Juin 2019

English version here: #balisebooks – April/June 2019

Deux #balisebooks en un pour cause de voyages et autres aventures !

A Big Ship at the Edge of the Universe – Alex White

(pas encore de traduction française)

Première protagoniste, Nilah, pilote de course très dorlotée qui se retrouve du mauvais côté d’un complot. Protagoniste 2, Boots, qui vend des cartes au trésor… créatives. Toutes deux finissent à la recherche d’un vaisseau spatial légendaire, tout en étant pourchassées par un Grand Méchant.

Je crois que j’aurais préféré ce bouquin à un autre moment. Il y a honnêtement beaucoup de bonnes choses, et beaucoup de choses que j’apprécie normalement – j’ai bien aimé les personnages, et l’histoire était sympa, mais… je sais pas, ça m’a paru bordélique et bâclé, pour une raison qui m’échappe, et j’ai eu du mal à le finir.

Tell Me Three Things – Julie Buxbaum

(Trois de tes secrets, en français)

Le père de Jessie vient de déménager à Los Angeles, et Jessie est donc « la nouvelle » à un lycée très intimidant. Mais heureusement, elle commence à recevoir des e-mails anonymes de la part d’un de ses camarades de classe qui a décidé de l’aider à naviguer la situation. Pas hyper crédible pour tout un tas de raison, mais une lecture sympa, légère et mignonne qui m’a mise de très bonne humeur.

Dear Mrs. Bird – A.J. Pearce

(Chère Mrs Bird, en français)

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, à Londres, Emmy devient accidentellement dactylo pour une rubrique de conseils féminins. La rubrique en question est censée rester tout à fait vertueuse et éviter toute trace d’indécence – mais Emmy commence à répondre aux lettres qui ne sont pas du goût de sa cheffe, pour lesquelles elle pense qu’une réponse serait néanmoins la bienvenue.

Ça semblait un prémisse intéressant, mais j’ai été un peu déçue. L’histoire tournait principalement autour d’Emmy et de tout ce qui pouvait mal se passer si ses actions étaient découvertes, alors que je m’attendais presque à un roman épistolaire centré autour des gens qui lui auraient écrit. J’aurais probablement plus apprécié avec les bonnes attentes, mais je ne l’aurais peut-être pas lu 🙂

Bad Astronomy – Philip Plait

(pas encore de traduction française)

J’ai principalement entendu parler de Phil Plait à cause de son Astronomy Crash Course – que je n’ai pas encore pris le temps de regarder. L’écrit étant nettement plus « mon » média que la vidéo, Bad Astronomy a certes traîné sur ma pile à lire pendant longtemps, mais j’ai fini par le lire 🙂 Plait parcourt un certain nombre de « mythes » autour de l’astronomie, depuis les explications incorrectes du fonctionnement des marées à l’astronomie, et les corrige. Je n’avais jamais entendu certains de ces mythes, du coup la lecture était parfois franchement bizarre 🙂

Globalement un très bon bouquin de vulgarisation. J’aurais apprécié un touuut petit peu plus de maths/physique. Exemple typique : à un moment, il parle d’énergie orbitale, et j’ai fini par chercher ça de mon côté – donc, d’un côté, c’est bien que ça m’ait donné l’envie de chercher ; de l’autre côté, ça manquait peut-être juste de « tiens, voilà l’équation ». Mais j’ai appris des trucs, et j’ai envie de creuser une paire de trucs un peu plus – donc, mission accomplie 🙂

Except the Dying – Maureen Jennings

(Sauf la mort, en français)

J’aime beaucoup la série canadienne Murdoch Mysteries (Les Enquêtes de Murdoch), et la série fait référence à une série de bouquins, donc il était à peu près couru d’avance que je finirais par m’y plonger. William Murdoch est policier à Toronto à la fin du XIXe siècle et, de fait, résout des crimes. Ce tome traite d’une jeune femme retrouvée morte et nue dans la neige – qui est-elle et comment a-t-elle fini comme ça ? La version « livre » de Murdoch est plutôt plus rugueuse et moins bisounours que la version « série », mais le bouquin reste tout à fait divertissant et apprécié.

L’École des soignantes – Martin Winckler

Ça faisait un moment que je n’avais pas lu de Martin Winckler ! L’École des soignantes se passe en 2039, et est essentiellement une utopie médicale (avec une touche de SF), suivant le personnage principal, Hannah, pendant sa formation dans une unité médicale inhabituelle. Un certain nombre de critiques reprochent à Winckler son manque de subtilité quant à ses thèmes militants (les standards de soin, le féminisme, la formation médicale) mais pour moi c’est attendu et bienvenu. De manière générale : a excédé mes attentes (parce que j’ai eu ce pour quoi je venais, et j’ai vraiment bien aimé la fin).

Say Yes to the Marquess – Tessa Dare

(Des Fleurs pour la mariée, en français)

Clio est fiancée depuis 8 ans, elle a décidé qu’elle en avait marre et de rompre les fiançailles. Son fiancé est à l’étranger, et a laissé son frère en charge de ses affaires : c’est donc la personne que Clio tente de convaincre de signer les papiers de sa liberté. S’en suivent des péripéties, incluant des histoires de brasserie de bière.

C’était exactement ce dont j’avais besoin à ce moment là : une chouette histoire avec des protagonistes sympa, la promesse d’un happy end, et juste assez de tension pour pas être COMPLÈTEMENT SÛRE de la nature du happy end en question. J’ai vraiment bien aimé.

Babylon’s Ashes – James S.A. Corey

(Les Cendres de Babylone, en français)

Sixième tome de The Expanse, dans lequel on gère les conséquences des événements du bouquin précédent, on tente de gérer la politique (ou le manque de politique) de la nouvelle faction en jeu, et de manière générale on essaie de faire la Bonne Chose™ à une échelle interplanétaire.

J’ai trouvé ce tome un peu lent à démarrer, et il m’a fallu un peu de temps pour m’y sentir bien, mais le rythme finir par prendre et on continue à suivre avec plaisir les aventures du Rocinante, de son équipage, de ses alliés et de ses ennemis. (Et j’aimerais bien faire partie de cet équipage là. Ouais, même considérant les événements déplaisants.)

The Governess Game – Tessa Dare

(Le Jeu de la préceptrice, en français)

Un autre Tessa Dare – j’étais d’humeur pour un truc léger, et c’est ce que j’ai eu avec The Governess Game 🙂 Alexandra remonte les pendules pour les aligner à l’heure de Greenwich, et se retrouve embauchée presque accidentellement comme préceptrice pour deux petites filles, pupilles d’un duc sur lequel elle était tombée quelques mois plus tôt dans une librairie. C’était une lecture vraiment sympa – les enfants sont drôles, Alex a un côté Mary Poppins (et chasse les comètes), mais ça manquait peut-être un peu de tension et de conflit vers la fin. Tout à fait délectable néanmoins.

#balisebooks – Mars 2019

(English version here: #balisebooks – March 2019)

Wicked Sweet – Chelsea M. Cameron

(pas encore de traduction française)

Dove est étudiante en école de commerce, et elle a des Plans pour la suite – elle travaille au développement de sa marque personnelle, et elle travaille comme consultante média pour payer ses factures. Et un beau jour, sa pire ennemie de lycée, Seven, apparaît dans la même école, et elles se retrouvent à devoir collaborer sur un projet. Seven a aussi des Plans : elle veut finir par ouvrir une boulangerie goth, et il lui faut un peu d’aide pour tester ses créations. Wicked Sweet est une romance super choupi et j’ai vraiment bien aimé – ça manquait un peu d’intrigue et de tension, mais j’ai vraiment bien aimé les personnages 🙂

Happiness for Humans – P.Z. Reizin

(L’Intelligence du bonheur, en français)

Jen travaille pour une boîte d’informatique : elle parle à leur IA start, Aiden, pour lui apprendre comment interagir avec les gens. Tom est un écrivain, et arrive également à l’attention d’Aiden. Ils finissent tous les deux par recevoir un e-mail d’un mystérieux « ami commun » suggérant qu’ils devraient se rencontrer. Le principe d’une comédie romantique où les AIs jouent un grand rôle est plutôt fun, et est plutôt bien implémentée dans Happiness for Humans. Mais j’ai été très déçue par une paire de clichés qui m’ont beaucoup agacée (spécifiquement, le fait que les informaticiens sont considérés comme n’étant pas entièrement des êtres humains normaux, et la référence aux femmes en tant que « l’espèce opposée », beurk), ce qui a rendu ma lecture bien moins appréciable qu’elle aurait pu l’être.

The Signal and the Noise: Why So Many Predictions Fail – But Some Don’t – Nate Silver

(pas encore de traduction française)

Je n’ai pas fini celui-ci – principalement parce que j’avais besoin d’avoir hâte de retourner à mon bouquin de train à ce moment là, et que j’avais pas hâte de retourner lire celui-ci, parce que c’était assez plat et que les chapitres étaient trop longs pour ma capacité d’attention. Je crois que c’est principalement un problème de timing pour moi.

Nine Perfect Strangers – Liane Moriarty

(pas encore de traduction française)

L’histoire commence avec neuf personnes qui se rassemblent dans un établissement de cure de luxe, tous avec leur histoire et leur espoir de transformation et d’une vie meilleure. La personne en charge de l’établissement est convaincue de pouvoir les aider – pour autant que les clients suivent ses directions. J’ai bien aimé le cadre et certains personnages (même si j’ai eu un peu de mal à ne pas en confondre certains parce que j’ai eu des problèmes d’association nom/personnage dans ma tête), certaines parties m’ont fait pleurer, et certaines parties m’ont arraché une larme. Je ne suis pas nécessairement convaincue par le ressort principal de l’intrigue, mais globalement c’était une lecture tout à fait plaisante, et probablement exactement ce qu’il me fallait à ce moment là. J’ai aussi loupé mon arrêt de train parce que j’étais distraite par ma lecture, ce qui est probablement un bon signe pour le bouquin.

Nemesis Games – James S.A. Corey

(Les Jeux de Némésis, en français)

Cinquième tome de The Expanse, la série qui continue au même niveau, même après 2800+ pages. Le bouquin commence par l’équipage du Rocinante qui se disperse un peu partout pour différentes raisons (temporaires), et qui se retrouvent tous embarqués dans diverses aventures et catastrophes. Nemesis Games est plus centré sur les personnages originaux que le bouquin précédent, ce que j’ai apprécié, d’autant plus qu’il était sympathique d’avoir un peu plus de familiarité avec les personnages vu la quantité de drame de l’intrigue. Pour moi, cette série reste extrêmement solide : pas forcément très originale ni saisissante, mais à un niveau stable et qui mérite toujours la lecture, ce qui est en soi un exploit.

Geek Girl – Holly Smale

(même titre en français)

Harriet est une lycéenne (très) geek à qui on propose soudainement de devenir mannequin. Ce n’est pas vraiment le genre de prémisses pour lequel on s’attend à un bouquin très crédible, mais même en comptant ça, il m’a fallu pas mal de suspension d’incrédibilité. C’était néanmoins plutôt marrant, et il y avait quelques moments rigolos, et quelques moments touchants, mais j’ai vraiment beaucoup trop levé les yeux au ciel pour considérer lire la suite dans un futur proche.

La Papeterie Tsubaki – Ito Ogawa

Celui-ci est une traduction d’un bouquin japonais. La narratrice, Hatoko, est une jeune femme qui tient une papeterie et qui travaille également comme écrivain public/calligraphe pour les gens qui ont du mal à exprimer ce qu’ils veulent sur papier. La majorité du livre, sur l’espace d’un an, raconte les rencontres entre Hatoko et ses clients, et la relation de Hakoto avec son métier : comment elle choisit son papier, son encre, son écriture pour donner vie à l’écrit. C’est un roman très contemplatif et très lent, et c’est calme et reposant. D’un point de vue légèrement négatif, j’ai été surprise par certains tours de phrases et choix de mots, et les dialogues m’ont parfois paru sonner faux. Mais, de manière générale, j’ai vraiment, vraiment beaucoup aimé ce livre.

S’il ne fallait en lire qu’un…

La Papeterie Tsubaki.

#balisebooks – Février 2019

(English version here: #balisebooks – February 2019)

Petit mois, petit #balisebooks!

Slayer – Kiersten White

(pas encore de traduction française)

Je suis une grande fan de Buffy the Vampire Slayer… la série télé. J’ai jamais réussi à me plonger vraiment dans les comics – à mon grand désespoir, parce que j’ai vraiment envie de connaître l’histoire, mais les comics ne sont vraiment pas mon medium de choix. Vous comprendrez donc mon enthousiasme quand j’ai entendu parler de Slayer avec « c’est un roman qui se passe dans l’univers ‘officiel’ de Buffy, mais avec un nouvel ensemble de personnages' ». Beaucoup d’enthousiasme + d’humeur pour une lecture un peu plus légère = j’ai lu Slayer très peu de temps après sa publication.

Au-delà de ces prémisses, nous faisons la connaissance de Nina et de sa sœur jumelle Artemis, qui font toutes les deux partie d’une « Watcher Academy », une école qui forme les Watchers des Slayers, et qui fournit de l’infrastructure et des services à toute l’opération. L’intrigue suit ensuite la structure d’un long épisode de Buffy, ou peut-être d’un long arc multi-épisodes. J’étais assez sceptique au début du bouquin : Nina déteste cordialement Buffy et les Slayers en général, et je pense que ça aurait été un problème si le ton et le grommelage répétitif étaient restés au même niveau. Mais le rythme finit par prendre, et se transforme vraiment en quelque chose qui donne le sentiment d’un arc multi-épisodique avec des démons, des méchants, des bibliothèques, des relations familiales et amicales, et une quantité non-nulle de répliques franchement drôles.

De manière générale, j’ai bien aimé Slayer, et je pense que c’est une bonne addition à l’univers de Buffy. J’attends avec impatience le prochain (et en attendant, j’ai commencé à re-regarder Buffy.)

Cork Dork: A Wine-Fueled Adventure Among the Obsessive Sommeliers, Big Bottle Hunters, and Rogue Scientists Who Taught Me to Live for Taste – Bianca Bosker

(pas encore de traduction française)

Cork Dork, les mémoires de Bianca Bosker, raconte le parcours de quelqu’un qui était initialement journaliste dans le domaine des nouvelles technologies et qui a fait son chemin dans le monde de la dégustation et du service du vin. Elle raconte comment l’idée lui est venue, les gens qu’elle a rencontrés, tout ce qu’elle a appris à propos du vin, et comment elle est essentiellement passée de « ouaip, c’est du vin, et je crois que c’est du blanc » à passer un examen de maître sommelier en un peu plus d’un an.

Bosker rend son parcours mémorable : elle n’a pas peur de montrer son niveau de méconnaissance et de maladresse, mais elle fait aussi preuve de beaucoup de persévérance et de passion pour son sujet. Je suis très impressionnée et un peu jalouse 🙂 Elle donne également des informations utiles sur la manière d’améliorer son sens de l’odorat et du goût, et je suis suffisamment intriguée pour envisager d’essayer. (En tous cas, je suis allée au restaurant l’autre jour et j’ai choisi le verre de vin dont je connaissais vraiment rien sur le menu, c’est toujours ça 😉 ). Son écriture maintient l’intérêt, même si j’ai été quelque peu distraite quand j’ai commencé à entendre quelques questions de transition lues dans mon esprit par Carrie Bradshaw 😛

J’ai vraiment apprécié Cork Dork : il a ouvert une porte sur un monde que je ne connais pas et m’a donné envie d’y risquer un orteil 🙂

Meet Me at the Museum – Anne Youngson

(pas encore de traduction française)

Tina, femme de fermier en Angleterre, écrit une lettre à un musée au Danemark et Anders, le conservateur du musée, lui répond. C’est le début d’une longue correspondance qui constitue le livre.

Je n’ai pas lu beaucoup de romans épistolaires, mais on dirait que j’aime beaucoup la forme – peut-être devrais-je en lire plus 🙂 Dans celui-ci, j’ai aimé le fait que les personnes impliquées sont complètement étrangères l’une à l’autre au début du bouquin, et dans des endroits assez diférents, ce qui est une justification parfaite à des descriptions très vivides comme les correspondants s’expliquent mutuellement leurs environnements. Globalement, l’écriture est très belle et les voix de Tina et d’Anders sont plutôt distinctes. Les premiers 80% du livre étaient très agréables et reposants, mais nullement ennuyeux. Je n’ai en revanche pas apprécié les derniers 20% du livre (j’ai bien aimé la toute fin) parce qu’il m’a semblé que le ton devenait plus moralisateur, et j’ai pas aimé. Le rythme paraît aussi plus/trop hâtif, et j’ai pas aimé non plus.

Globalement, c’était une lecture positive à plus de 80%, mais je suis triste que la partie que je n’ai pas aimée ait un peu gâché ma lecture.

Cibola Burn – James S.A. Corey

(Les Feux de Cibola, en français)

C’est le quatrième bouquin de la série The Expanse, et les prémisses divulgâchent largement le bouquin précédent – je ne vois pas comment je peux l’éviter si je veux expliquer les prémisses. Donc, attention :

DIVULGÂCHAGE D’ABBADON’S GATE, LE TROISIÈME BOUQUIN DE THE EXPANSE

L’Anneau du bouquin précédent s’est révélé être une porte de voyage interstellaire, donc aujourd’hui on va dans ENCORE PLUS d’espace. Un premier groupe de gens s’est précipité à travers la porte et a commencé une colonie sur Ilus / New Earth ; comme la planète est riche en lithium, elle est également d’un intérêt économique certains. Lesdits intérêts économiques sont représentés par RCE, qui a une Charte De Colonisation En Règle, et ils vont pas se laisser emmerder par une bande de squatteurs sur une planète qui est Légalement À Eux. La situation dégénère, et Jim Holden et son équipage sont envoyés pour tenter d’apaiser la situation.

Je dois avouer que j’étais un peu déçue par le développement du bouquin précédent : j’aimais vraiment bien, dans les trois premiers bouquins, que l’intrigue reste dans notre système solaire. Du coup, j’avais un peu peur de ne pas aimer celui-ci autant que les précédents. Je n’aurais pas dû avoir peur : en fait, j’ai même préféré celui-ci au précédent.

VOILÀ, MAINTENANT IL Y MOINS DE DIVULGÂCHAGE

On y retrouve une bonne partie de ce qui rend les bouquins précédents mémorables : le mélange de personnages connus et de nouveaux personnages, la narration à points de vue multiples, le drame et l’action (même si l’échelle semble réduite ici). L’environnement est essentiellement celui d’un western, mais DANS L’ESPACE et avec de la SCIENCE, et était plutôt chouette. Cibola Burn était difficile à poser (j’ai PEUT-ÊTRE pris la TRÈS MAUVAISE DÉCISION de le finir hier soir et de continuer à lire passé minuit) et a réussi la transition vers la suite de l’histoire de manière brillante. L’ensemble peut parfois paraître calqué sur la même formule, mais la formule marche clairement pour moi, donc tout va bien.

#balisebooks – Janvier 2019

This post is translated in English here: #balisebooks – January 2019

Hop, je teste un nouveau format où j’essaie d’écrire un #balisebooks par mois (et de l’écrire au fur et à mesure en anglais pour pouvoir le publier le dernier jour du mois 🙂 )

Un Cowboy à Paris – Achdé and Jul – le dernier Lucky Luke, où Luke rencontre Bartholdi et Eiffel (et voyage effectivement à Paris). Une lecture très divertissante : j’ai ri à plusieurs reprises 🙂

Glamour in Glass – Mary Robinette Kowal (pas encore de traduction française) – deuxième livre de la série Glamourist. C’est la suite directe du premier livre : l’ambiance et les personnages sont les mêmes. Je l’ai préféré au premier : il y a plus de trucs marrants autour du système de magie, et moins de « ira, ira pas ? » sur la relation principale. Et il y a aussi quelques décisions et situations difficiles qui sont très bien traitées à mon avis.

Factfulness – Hans Rosling, Ola Rosling, Anna Rosling Rönnlund (pas encore de traduction française) – je voulais commencer 2019 avec une lecture optimiste, donc j’ai commencé Factfulness juste après minuit le 1er janvier. Il était sur ma pile-à-lire depuis que j’avais lu ce que Bill Gates en disait (Why I want to stop talking about the “developing” world) – ai-je déjà mentionné que j’aimais assez les compte-rendus de lecture de Bill Gates ? Factfulness est un bouquin lisible et plutôt court dont le thème central est « les faits à propos du monde sur lesquels vous avez probablement tort ». La thèse centrale du bouquin est « le monde s’améliore ; il s’améliore depuis un bout de temps, et en particulier depuis ce que vous en avez appris à l’école ». Rosling est très attentif à ne pas dire que les choses ne sont pas difficiles, mais, comme il le mentionne à plusieurs reprises, « il n’est pas contradictoire de dire que la situation est difficile et qu’elle s’améliore ». Il explique aussi un certain nombre de biais et la manière dont les gens réagissent à certains événements, ce qui peut leur faire percevoir le monde comme pire qu’il n’est, et empirant. J’ai bien aimé le bouquin, et il a rempli son contrat de « commencer 2019 sur une note optimiste »; il est cependant probable qu’il ait une durée de vie assez courte car les données et les faits sur lesquels il s’appuie vont probablement se périmer assez vite.

Caliban’s War – James S.A. Corey (La Guerre de Caliban, en français) – le deuxième bouquin de la série The Expanse. J’ai regardé la première saison de la série télé sur Netflix, j’ai lu le premier bouquin ; j’ai regardé la deuxième saison il y a quelque temps, j’ai lu le deuxième bouquin… et j’ai commencé le troisième bouquin dans la foulée (alors qu’en général je prends une pause entre deux bouquins d’une série, ne serait-ce que pour changer un peu de paysage). The Expanse est une série de bouquins dont l’histoire a lieu dans quelques centaines d’années : l’humanité a conquis le système solaire et posé des bases dans un certain nombre d’endroits. Il y a en gros trois « factions » : la Terre, Mars et les Ceinturiens des planètes extérieures qui, pour la plupart, sont nés dans un environnement à basse gravité et ne peuvent pas vraiment compter sur le fait de pouvoir un jour aller sur une des planètes centrales. Dans cet univers, on suit entre autre un équipage dirigé par Jim Holden, idéaliste jusqu’à la maladresse, et qui se retrouve au milieu d’un certain nombre d’incidents de grande échelle avec des événements bien au-delà du niveau auquel il devrait normalement avoir une influence. Dans Caliban’s War, il s’occupe principalement de retrouver la fillette d’un scientifique qui a disparu pendant un de ces incidents de grande échelle. J’ai vraiment beaucoup aimé Caliban’s War – pour moi c’était juste le bon compromis entre la construction du monde, la politique et l’action ; l’écriture maintient l’intérêt, et j’aime bien la structure à points de vues multiples. Hautement recommandé (mais commencez avec le premier, Leviathan Wakes).

Abaddon’s Gate – James S.A. Corey (La Porte d’Abaddon, en français) – le troisième bouquin de la série The Expanse. Il commence quelques mois après la fin du deuxième, et un anneau mystérieux est apparu quelque part dans l’orbite d’Uranus. Et un concours de circonstances fait que le Rocinante et son équipage se retrouvent faire partie d’une flottille de vaisseaux qui partent l’étudier – et se retrouvent embarqué dans des ennuis imprévus. J’ai bien aimé aussi, mais moins que le précédent. J’ai bien aimé les nouveaux personnages, mais certains du bouquin précédent m’ont manqué. Le rythme de l’intrigue reste soutenu, mais l’intrigue elle-même m’a moins plu – il y a un certain « mysticisme » autour de certaines parties de l’intrigue, et il y a vraiment quelques passages désagréables qui m’ont fait faire un mouvement de recul. Les derniers chapitres m’ont fait lever un sourcil intéressé, et j’attaquerai le quatrième bouquin avec enthousiasme (mais après une petite pause).

Harry’s Trees – Jon Cohen (pas encore de traduction française) – Harry est un employé des services forestiers américains – un boulot qui, à son grand regret, n’a pas grand chose à voir avec les arbres. Et sa femme meurt dans un accident tragique. Amanda est infirmière et vit dans une maison de forêt – et son mari meurt d’un anévrisme tragique. Sa fille, Oriana, espère toujours que son papa va revenir – et s’évade dans un monde de contes de fées. Jusqu’au jour où Harry et Oriana se rencontrent – et le conte de fées devient un peu plus réel. C’est un très beau bouquin que j’ai adoré. Déjà, y’a plein d’arbres, et beaucoup d’amour des arbres, et j’aime bien les arbres. Et il y a juste assez de magie pour être suffisamment magique sans être complètement irréaliste. Et il y a des bouquins, et une bibliothèque (et sa bibliothécaire), et des contes de fées… et encore plus d’arbres.

S’il ne fallait en lire qu’un… Harry’s Trees.

Le blog de Balise en version anglaise

Juste un tout petit message ici, pour les gens qui me suivent principalement par RSS (existent-ils encore ?) : j’ai ouvert récemment un blog en version anglaise ici : Balise’s Blog. Ça veut pas dire que je vais poster moins ici – ce qui serait honnêtement difficile : j’ai l’intention de continuer à publier les #balisebooks ici aussi, et probablement à traduire un article ou deux au passage quand l’idée me prend (ou quand il y a une demande spécifique – hésitez pas).

Mais il y aura probablement un peu plus de contenu de l’autre côté : ma motivation principale pour l’ouverture de la version anglaise est de « remplacer » Google+ comme « endroit par défaut où je publie des trucs », et que je publie/publiais plus volontiers en anglais qu’en français là-bas.

Bref : si vous voyez ce billet et que vous ne voulez rien manquer de mes élucubrations (ou photos, j’ai l’intention d’aller poster des photos aussi), le RSS du blog en anglais est là : Balise’s Blog RSS.

Be seeing you!

#balisebooks de fin d’année

This post is available in English here: #balisebooks from the end of the year

Je suis tellement à la traîne sur mes #balisebooks que c’est même plus drôle. Donc, le plan : supprimer le retard avant la nouvelle année, et démarrer 2019 sur un état à peu près propre. C’est parti !

Crazy Rich Asians / China Rich Girlfriend / Rich People Problems – Kevin Kwan (Crazy Rich à Singapour, China Girl et pas encore de traduction française pour le troisième tome) – l’histoire commence avec Rachel, que son petit ami invite à rencontrer sa famille à Singapour, sans même mentionner que sa famille (et les gens qui gravitent autour) sont plus riches que riches – et se comportent comme tel. Ça fait des histoires, et ça continue pendant deux bouquins supplémentaires. J’ai aimé (beaucoup) plus que ce que j’aurais pensé – ça a un vague aspect Downton Abbey rencontre Gossip Girl à Singapour, c’est globalement plutôt drôle, y’a pas mal de personnages sympathiques (et on se prend à aimer détester ceux qui ne le sont pas), le saupoudrage d’expressions malaisiennes et chinoises dans les dialogues est plutôt bien fait, et ça m’a donné TELLEMENT FAIM, y’a TELLEMENT DE BOUFFE !

Site Reliability Engineering – How Google Runs Production Systems – édité par Betsy Beyer, Chris Jones, Jennifer Petoff and Niall Richard Murphy (pas encore de traduction française) – un bel ensemble d’essais autour du thème SRE, allant de « comment organiser l’astreinte dans votre équipe » à « comment gérer le consensus dans un système distribué » en passant par « qu’est-ce qu’une série d’échecs en cascade et comment les gérer », avec un mélange intéressant de sujets plus organisationnels et de sujets hautement techniques.

Ivy and Abe – Elizabeth Enfield – un roman où Ivy et Abe, aussi âmes sœurs que deux personnes puissent l’être, se rencontrent pour la première fois à différents points de leurs vies, ce qui rend leur histoire commune vastement différente en fonction de la période et des circonstances de leur rencontre. J’ai vraiment beaucoup aimé l’idée, les personnages, et tout le concept que le moment auquel les gens se rencontrent et ce qu’ils ont vécu jusqu’alors est au moins aussi important que qui ils sont. Je suis par contre un peu triste qu’il y ait autant de versions de l’histoire dans lesquelles les choses ne marchent pas, et que certaines de ces versions manquent de conclusion. (Et sinon, j’ai lu ça grâce à Armalite.)

Altered Carbon / Broken Angels – Richard K. Morgan (Carbone Modifié et Anges Déchus, en français) – les deux premiers livres de la série Takeshi Kovacs, qui se passent dans un univers où les gens peuvent stocker leur conscience dans des « piles corticales » et peuvent être intégrés dans de nouveaux corps, empruntés ou faits pousser. Dans le premier livre, Takeshi Kovacs est embauché par un type (très) riche qui veut enquêter sur son propre meurtre; dans le second, il monte une équie pour aller explorer une trouvaille archéologique qui a l’air lucrative. J’avais lu Altered Carbon il y a quelque temps et je n’avais pas été convaincue ; mais j’ai vraiment bien aimé la série télé, et je me demandais si j’avais loupé un truc dans le bouquin. J’ai vraiment préféré ma deuxième lecture, et les deux-trois trucs qui m’avaient chagrinée dans la série étaient différents dans le bouquin, ce qui est plutôt marrant. Par contre, j’ai pas aimé le deuxième : je sais pas si c’était moi, le bouquin, ou le moment, mais je me suis vraiment ennuyée :/

Bad Blood: Secrets and Lies in a Silicon Valley Startup – John Carreyou (pas encore de traduction française) – l’histoire de Theranos, une startup qui voulait révolutionner l’industrie de l’analyse médicale, et de sa CEO, Elizabeth Holmes. Ça s’est pas bien fini – le produit n’a jamais vraiment marché, et toute l’entreprise est allée d’échecs embarrassants à ce qui est décrit comme une arnaque complète. Une histoire fascinante et fort bien racontée – une lecture intéressante et divertissante. Un roman avec ces événements là paraîtrait à peine croyable… et pourtant 🙂 Hautement recommandé. (Et celui-là, la reco me vient de Grange Blanche.)

Romancing the Duke – Tessa Dare (Il était une fois un duc, en français) – j’ai été très agréablement surprise par celui-ci. J’avoue que j’ai un certain nombre de préjugés envers le genre « romans sentimentaux », mais ces préjugés sont en train de s’effacer un bouquin à la fois 😉 Izzy Goodnight hérite d’un château, ce qui est plutôt une bonne chose pour elle, attendu qu’en-dehors de ça, elle n’a rien (à part une hermine). Problème : le château en question a actuellement un habitant, le duc de Rothburry qui a/ n’est pas au courant que le château a été vendu b/ en tant que propriétaire actuel, aurait probablement eu quelque chose à dire à ce sujet. Des péripéties s’ensuivent, y compris une bande de cosplayers (non, vraiment). Et c’est drôle, et c’est super mignon, et c’est divertissant, et j’ai vraiment adoré.

When a Scot Ties the Knot – Tessa Dare (Mariage à l’écossaise, en français) – techniquement dans la même série que le précédent, mais avec des histoires et des personnages non liés. Madeline est timide au point de l’anxiété sociale, donc quand le temps vient pour elle de faire ses débuts à Londres, à la place, elle s’invente un fiancé écossais qui meurt tragiquement au bout d’un certain nombre de lettres. Jusqu’au jour où le faux fiancé inventé arrive sur le pas de sa porte, avec un tas de lettres qui lui ont été adressées. J’ai moins aimé que le précédent, mais c’était quand même tout à fait divertissant.

Harry Potter and the Philosopher’s Stone – J.K. Rowling (Harry Potter à l’École des Sorciers, en français) – ouaip, j’ai commencé à relire Harry Potter. C’est toujours bien.

The Calculating Stars / The Fated Sky – Mary Robinette Kowal (pas encore de traduction française) – une série dont la prémisse est qu’une énorme météorite tombe sur Terre en 1952, ce qui rend les choses extrêmement peu choupi du point de vue climatique. Ça change complètement la chronologie de la conquête de l’espace (« faut qu’on aille sur Mars, et plutôt plus tôt que plus tard ») et, dans ce contexte, on suit Elma, mathématicienne et Lady Astronaut (c’est un titre :p). D’un côté, j’ai un vague problème avec deux éléments :

  • Je suis pas sûre d’être convaincue par la prémisse (de « se barrer le plus vite possible » versus « trouver un moyen de faire marcher les choses sur Terre » – parce que dans tous les cas, l’environement lunaire ou martien n’est pas beaucoup plus vivable ?)
  • Je suis pas souvent dérangée par les scènes de sexe, mais celles du premier livre étaient gênant (le deuxième tome est meilleur de ce point de vue). Elles sont bizarres, trop nombreuses, et paraissent ou bien trop longues ou trop courtes (mais si elles étaient plus longues le bouquin serait probablement vendu sur des critères différents 😉 ).

Maaaaais. D’abord, c’était très, TRÈS dur de poser le bouquin, et c’est un facteur majeur. D’autre part, il m’a fait rire ET verser une paire de larmes plus d’une fois, et je sais pas résister à un bouquin qui me fait réagir émotionnellement comme ça. Et troisièmement, la description de l’anxiété d’Elma paraît tellement véridique que c’en est presque difficile, et j’ai pas pu m’empêcher de vouloir soutenir Elma – plus que moi même 😉 – et c’est limite thérapeutique, du coup. Globalement : j’attends le troisième tome avec impatience.

I’d Rather Be Reading: The Delights and Dilemmas of the Reading Life – Anne Bogel (pas encore de traduction française) – Ça, c’était plutôt cool, si on aime le méta. Que lisons-nous, pourquoi lisons-nous, comment lisons-nous ? Personne n’est unique dans ses habitudes de lecture (ou de non-lecture), ce qui fait qu’il est très facile de se reconnaître dans ce bouquin – et ce qui le rend plutôt drôle. J’ai aussi repéré quelques titres qui ont fini sur ma Liste À Lire. Et il m’a fait découvrir le blog d’Anne Bogel, Modern Mrs Darcy, que j’aime assez (et qui m’a lui même mené à commencer un journal, alors…)

The Great Gatsby – Scott F. Fitzgerald (Gatsby le magnifique, en français) – celui-là est un classique, et y’a eu un film récemment (que j’ai pas vu), ce qui m’a donné envie de le lire. Et honnêtement ? Je sais pas. J’ai bien aimé, mais je sais pas pourquoi. Probablement principalement à cause de l’ambiance et de l’écriture (ce qui n’est pas ce qui attire mon attention d’habitude, c’est plutôt du « si c’est là aussi, c’est bien »). Je sais pas.

The Technological Singularity – Murray Shanahan (pas encore de traduction française) -La « singularité » est un terme que tout amateur de science-fiction et/ou informaticien aura entendu. J’avouerai que la définition et ses implications n’étaient pas forcément très claires avant de commencer ce livre. Shanahan fait un bon boulot de définition, et explique comment une intelligence artificielle généraliste pourrait être développée, comment cela pourrait mener à la singularité et quel en serait l’impact, à la fois du point de vue technique et philosophique, à un niveau très accessible et qui parvient à maintenir l’attention du lecteur. Une lecture tout à fait intéressante, bien qu’elle ait tendance à ajouter au sentiment général d’anxiété par rapport au monde plutôt que de le soulager.

The Consuming Fire – John Scalzi (pas encore de traduction française) – une excellente suite à The Collapsing Empire. Des personnages très divertissants (les mêmes que dans le premier tome, donc si vous ne les avez pas aimés, ne vous attendez pas à les apprécier plus dans celui-ci), une quantité non-négligeable de sarcasme et de gens qui roxent des chatons, de l’intrigue et de la trahison, et EST-CE QU’ON POURRAIT AVOIR LE TROISIÈME BOUQUIN MAINTENANT ? 😛

Shades of Milk and Honey – Mary Robinette Kowal (pas encore de traduction française) – apparemment, Orgueil et Préjugés avec de la magie. J’ai pas lu Orgueil et Préjugés (c’est dans ma liste pour l’an prochain 😉 ) mais j’ai néanmoins beaucoup apprécié celui-ci (je suis en train de lire le deuxième au moment où j’écris ce billet, et il est encore mieux). C’est un roman sentimental historique où les personnages peuvent manipuler le « glamour » qui leur permet de créer des illusions visuelles magiques. C’était une lecture tout à fait plaisante.

Happier – Tal Ben-Shahar (L’Apprentissage du bonheur, en français) – un bouquin d’introduction à la psychologie positive. Rien de révolutionnaire, mais ça met en place quelques trucs de manière claire. Plutôt chouette, en fait.

A Semi-Definitive List of Worst Nightmares – Krystal Sutherland (pas encore de traduction française) – Esther est convaincue que sa famille est maudite, et que chacun de ses membres a une Grande Peur qui finira par les tuer. Esther a évité la malédiction jusqu’à présent en maintenant une liste des « peurs possibles » et en évitant absolument de s’y exposer – jusqu’à ce que son ami Jonah la mette au défi d’affronter ces peurs une à la fois. Drôle et émouvant et globalement formidable. Ah, et c’est aussi une recommandation d’Armalite 😉

Wool – Hugh Howey (Silo, en français) – des chroniques du Silo, où une petite communauté de gens vit, à l’abri du Dehors présenté comme extrêmement dangereux, et auquel certains sont occasionellement condamnés (avant de mourir très rapidement). J’ai beaucoup aimé le début, j’ai été moins convaincue par la deuxième moitié. Ça reste une très bonne lecture et je lirai sans aucun doute la suite de la série.

Wild Hunger – Chloe Neill (La Morsure dans la peau, en français) – premier livre de « Chicagoland, nouvelle génération » qui suit Elisa, liée aux vampires de la première série, et qui revient de Paris à Chicago après sa formation. Ça permet de calmer la démangeaison de lire de la fantasy urbaine, mais je me suis un peu ennuyée, et j’ai levé les yeux au ciel plus souvent qu’à mon habitude, du moins au début. La fin était plutôt mieux.

An Absolutely Remarkable Thing – Hank Green (pas encore de traduction française) – des statues géantes de Transformers apparaissent dans le monde entier, April May est la première personne à documenter leur apparition sur YouTube, et devient célèbre-sur-Internet à cause de ça tandis que toute l’histoire des Carl (comme April a appelé le « sien » sur un coup de tête) et leurs mystères se déroulent. Une lecture très divertissante, avec une héroïne plutôt crédible et une description intéressante de la « célébrité des réseaux sociaux ».

The Kiss Quotient – Helen Hoang (pas encore de traduction française) – Stella, économètre d’une trentaine d’années, toujours célibataire, au moins partiellement en raison de son Asperger. Elle décide d’embaucher un escort pour qu’il lui apprenne le sexe et les relations. Essentiellement un Pretty Woman dont les rôles sont inversés ; pas grand chose de très surprenant, mais très mignon.

The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society – Ann Mary Shaffer and Annie Barrows (Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, en français) – un roman épistolaire qui se passe en 1946 et dans lequel Juliet, autrice, commence à correspondre avec un homme vivant à Guernesey et faisant partie du Cercle Littéraire des Amateurs d’Épluchures de Patates. Juliet est intriguée et finit par rendre visite à son nouvel ami. C’est par moment léger et drôle, et par moment profondément poignant. J’ai vraiment beaucoup aimé 🙂

Altered Traits – Daniel Goleman and Richard Davidson – un livre qui vise à distinguer les faits scientifiquement validés des hypothèses qui ne le sont peut-être pas (pas forcément fausses, mais « réclamant plus de recherche ») quand on parle des effets de la méditation sur le cerveau, en particulier chez les pratiquants sur le long terme. C’est un résumé très intéressant de la recherche autour des effets de la méditation et de son histoire, mais c’est parfois un peu bordélique/bavard.

S’il ne fallait en lire qu’un… The Calculating Stars.

Essen SPIEL 2018

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Pour la quatrième fois, nous sommes allés à Essen en Allemagne pour le salon SPIEL (qui lui, si je compte bien, en était à sa 36e itération). Le salon SPIEL (ou comme nous on a tendance à l’appeler, Essen, bien que le centre de conf d’Essen héberge bien plus de trucs que ça… paraît qu’y’a un salon de l’auto, aussi :P) est  LE rendez-vous des joueurs de plateau de tout poil en Europe – 4 jours pleins et, cette année, 190 000 entrées – ça fait un peu de monde tout de même.

Je crois qu’on commence à avoir une certaine habitude de l’ensemble, et si la première année c’était le stress de l’inconnu, pour cette année on était bien rodé. Et donc, pendant quatre jours, on a pas mal marché dans les allées, pas mal joué, et on est revenu avec un butin assez conséquent, malgré l’impression générale de s’être limités… oups 😉 Et, comme tous les ans, on a vu plein de choses. J’ai eu l’impression qu’on avait vu plus de prototypes/futurs kickstarters/et assimilables que les années précédentes. On s’est aussi fait la remarque que les fabricants de jeux (les gens qui injectent le plastique et qui impriment les cartes, quoi) étaient plutôt plus proéminents que les années précédentes – comme dit Pierre, être marchand de pelles pendant la ruée vers l’or, c’est pas forcément une mauvaise idée 😉

Bref, c’est parti pour le compte-rendu de (presque ?) tout ce qu’on a vu sur le salon 🙂

Space Marines Adventures, Games Workshop – juste vu une petite démo, un Space Hulk-like coopératif avec du Space Marine vs Necrons. C’est le tout premier truc qu’on a vu, et je crois que la personne de Games Workshop était pas encore bien échauffée, du coup j’ai assez peu de mémoire de la démo et du concept. On est repassé plus tard à GW pour prendre une copie du livre de règles de Kill Team, et une copie de Warhammer Underworlds Nightvault, un jeu de stratégie 1v1 – on avait vu une démo de Shadespire l’an passé et on a vaguement cherché une copie dans tous les magasins de jeux où on est passé cette année ; Nightvault c’est « mêmes règles » (ish) + nouvelles armées. On n’a pas encore joué, mais on a monté les minis hier.

Star Realms, White Wizard – ça, c’est sorti il y a plusieurs années, mais on avait pas encore eu l’occasion d’essayer ; comme c’est un jeu « à extensions », il y a l’occasion de tester le jeu de base aussi. On va dire Dominion rencontre Magic The Gathering : le but du jeu est de construire son deck dans le but de descendre les points de vie de l’adversaire à 0, c’est plutôt bien fichu, et les cartes sont jolies. Pas de vrai coup de cœur je crois, surtout par rapport à Dominion avec lequel il ferait peut-être un peu doublon dans nos étagères.

Knister, NSV – on continue dans les trucs plus anciens, on s’est fait alpaguer à une table de « on fait une partie géante tous les jours à 11h » un mélange de loto et de yatzee et de placement sur un grille, honnêtement c’était plus rigolo que ce qu’on craignait.

Patchwork Express, Lookout Games – Patchwork est un jeu où les joueurs cherchent à remplir une grille carrée avec des polyominos représentant du tissu et comportant des boutons qui permettent à la fois d’acheter plus de pièces et de marquer des points de victoire. Et Patchwork Express, bin, c’est une version de Patchwork sur une grille plus petite, et ciblé pour des enfants plus jeunes (c’est plus rapide, les nombres sont plus petits, et les pièces sont plus faciles à placer). Les tables étaient d’ailleurs très choupi.

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Monolith Arena, Portal Games, un des deux grosses sorties de Portal cette année. Monolith Arena est une réimplémentation de Neuroshima Hex! dans un environnement fantasy. Les joueurs placent des tuiles (guerriers, bonus divers) sur une grille hexa et les tuiles se tapent sur la tronche à intervalles semi-réguliers (mais pas à tous les tours, ce qui fait une bonne partie du sel du jeu). J’avais un peu joué à Neuroshima Hex! sur Android, et j’avais lutté avec la manière dont les tuiles interagissaient, en particulier avec l’ordre d’initiative. J’aime beaucoup le concept… conceptuellement, mais je crois que je suis pas fichue de jouer suffisamment correctement à ce jeu pour que ça m’amuse. Ce que je regrette un peu.

The Estates, Capstone Games – ça c’était plutôt original comme mécanique. Les joueurs font des enchères sur des pièces à bâtir – des cubes qui forment des piles représentant des bâtiments. Le joueur qui possède le cube le plus haut du bâtiment marque les points du bâtiment en question. Mais attention – les bâtiments sont placés sur trois lignes, et sur les trois lignes au plus deux scorent positivement (et la dernière négativement). Donc il faut probablement coopérer un demi-chouille aussi pour s’assurer que les lignes qui sont intéressantes pour soi-même le soient aussi pour les adversaires et aient ainsi plus de chances de scorer. J’ai bien aimé, Pierre plutôt moins (du fait de l’incertitude sur le scoring final), et en termes de « jeu d’enchères » (pour des gens qui sont pas fans du concept initialement) c’était une très bonne surprise.

Ronin of the Reach, Nerd Tank Games – ça, c’est un kickstarter prévu pour l’an prochain. Et c’est assez complètement con comme jeu (mais de manière positive :D) : c’est un jeu de combat spatial par pichenettes où les trucs envoyés par pichenettes sur la table sont… les cartes. Ça se joue en 10 minutes, c’est vendu comme « le truc auquel jouer en attendant les retardataires de la game night », et c’est au moins un concept rigolo. Et faut une grande table.

Silk Road, Lautapelit – un autre proto, prévu pour l’année prochaine, et qui s’appellera probablement pas comme ça à la sortie pour cause d’autres jeux qui s’appellent déjà comme ça. On partait pour  jouer à autre chose, et on s’est fait alpaguer par quelqu’un sur le stand « vous voulez pas tester notre prochain proto plutôt ? » – du coup on a fait ça plutôt. C’est un chouette jeu de draft et de collection de set, on a bien aimé. (On a aussi probablement un vague biais en faveur de Lautapelit en général il faut le dire 🙂 ).

Magnificent Flying Machines, Medusa Games – un jeu de course avec des avions au début du siècle. Thématiquement assez proche de l’Aéropostale, mais une mécanique plus simple, et pas mal de chance sur les dés (mais pas mal de mécanismes de compensation aussi). On est reparti avec une boîte… et une dédicace surprise de l’illustrateur qui se trouvait être sur le stand à ce moment là (et en train de finir sa journée vu qu’il était 19h !).

Railroad Ink, Horrible Games – un petit jeu très fun dont le stand pourtant important n’a pas beaucoup désempli pendant le salon. Chaque joueur dispose d’une grille effaçable et d’un feutre ; à chaque tour on lance quatre dés qui indiquent quels éléments (route, chemin de fer, mélange des deux, lignes droites, courbes, gares) doivent être intégrés au réseau de chaque joueur. Celui qui fait le plus beau réseau (avec certains critères à optimiser pour avoir des points) gagne la partie. On a beaucoup aimé, alors on en a pris deux copies 😛 (Plus précisément : ils le déclinent en version « bleue » avec de l’eau et en version « rouge » avec de la lave, et le nombre de joueurs augmente avec le nombre de copies du jeu, alors…)

cof

Concordia Venus, PD-Verlag – Concordia est sorti il y a plusieurs années mais on n’avait pas encore testé, voilà qui est corrigé. Cette année, ils ont ressorti la boîte de base Concordia avec l’extension Venus qui ajoute un mode « six joueurs en équipes de deux joueurs » qui peut être rigolo. Concordia est un jeu qu’on qualifiera de « très très Euro » : les joueurs cherchent à étendre leur empire sur une carte en jouant des cartes de rôles qui permettent d’effectuer différentes actions. De nouvelles cartes de rôle peuvent être achetées pour effectuer des actions plus puissantes… et pour marquer des points de victoire, ce qui reste quand même le nerf de la guerre. On est reparti avec une copie après deux-trois rounds de démo.

Detective, Portal Games – l’autre grosse sortie de Portal Games. C’est un jeu de détective (comme son nom l’indique) très immersif dans lequel les joueurs collaborent pour résoudre des affaires. Les indices sont en partie gérés dans les cartes du scénario, en partie gérés sur le site web que Portal a monté pour le jeu, et en partie des indices de la « vraie vie » (par exemple, aller chercher le nom « connu » d’un composé chimique quelconque et avoir une idée de ce pourquoi c’est utilisé). La boîte de base vient avec cinq scénarios qui, il paraît, sont plus ou moins liés par un arc commun. Portal Games avait organisé un événement pour aller jouer un scénario supplémentaire « spécial conventions » pour lequel j’avais pris des tickets, et on a donc été faire ça. C’était très chouette, très immersif, la mécanique est très light et a priori raisonnable, et bravo à Portal pour l’organisation sans faille de l’événement, c’était millimétré 🙂 (Et ouais, on est reparti avec une copie aussi. Je suis faible.)

The River, Days of Wonder – bin, la sortie Days of Wonder de l’année, hein. Un jeu de placement d’ouvriers qui rappelle vaguement Stone Age (peut-être plus à cause de la récupération de ressources et de paiement des tuiles que d’autre chose) avec un thème de colonisation le long d’une rivière. Le mécanisme rigolo c’est qu’en général pour les jeux de placement d’ouvriers on gagne des ouvriers au cours de la partie, et là on en perd. Plutôt chouette, une édition qui nous a paru excellente (Days of Wonder est très bon là-dessus), mais pas de vrai coup de cœur (sauf pour les meeples en forme de dindon).

Cryptid, Osprey Games – mon gros coup de cœur du salon. Un jeu globalement abstrait de déduction : les joueurs ont chacun un indice dont la combinaison indique un hexagone unique sur la carte, et le but du jeu c’est de trouver l’hexagone en question avant ses petits camarades. Ça fait fumer le neurone de manière tout à fait plaisante. À la fin de la partie, on a dit « BON BEN VA FALLOIR ACHETER, HEIN », ce à quoi on nous a dit qu’ils étaient en rupture de stock (le deuxième soir, donc), mais qu’ils en récupéreraient quelques dizaines de copies le lendemain et que si on se grouillait le lendemain matin on avait une chance. Le lendemain matin on a fait l’ouverture pour de vrai, on s’est précipité (lentement) sur leur stand, on a fait la queue, et on a eu une copie \o/

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Railroad Rivals, Forbidden Games – un jeu qui rentre dans la catégorie « jeux de trains », j’imagine : les joueurs créent un réseau de train (sous formes de placement de tuiles) et achètent des actions dans les companies qui les intéressent, en fonction des companies sur lesquelles ils prévoient du trafic ferroviaire. Plutôt chouette, mais j’ai pas forcément été convaincue par la facilité à distinguer des noms de lignes parfois très proches sur des tuiles pas très grandes et parfois éloignées.

Raccoon Tycoon, Forbidden Games – tant qu’on était sur le stand 🙂 Un jeu d’enchères (et de collection de sets) et de gestion de marché de ressources (avec une mécanique de marché vaguement similaire à Schaffausa). Les illustrations sont très détaillés mais pas au goût de tout le monde (Pierre était pas fan, moi j’aimais bien). Je crois que les deux de Forbidden Games étaient tous les deux des « presqu’achat », et peut-être qu’on n’en a acheté aucun parce qu’on n’arrivait ni à se décider entre les deux ni à décider d’acheter les deux 😛

Magnate – The First City, Naylor Games – un futur Kickstarter qui nous a surtout attiré l’œil parce qu’ils annonçaient sur une bannière « le jeu que le Monopoly aurait dû être », ce qui nous a beaucoup amusés parce que la veille on avait discuté au dîner de comment ré-implémenter le Monopoly. Les joueurs développent une ville avec des bâtiments résidentiels verts, de bureaux bleus, industriels jaunes et commerciaux rouges (toute ressemblance, etc etc), et peuvent tenter de récupérer des locataires dans leurs bâtiments. Avoir des locataires permet d’avoir des revenus… et de pouvoir revendre les bâtiments plus chers plus tard. Ce qu’il faut probablement faire… avant que le marché de l’immobilier ne s’effondre après une bulle. C’était intéressant, comme jeu – on va probablement regarder ce que le Kickstarter donne quand il sera sorti. (Et on a eu des petits bâtiments 3D-printés, alors, bon.)

cof

5 minute Chase, Board&Dice – un jeu temps réel dans lequel un des joueurs tente d’échapper aux autres qui le poursuivent. Le joueur qui s’échappe pose des tuiles et essaie de récupérer des objets ; les autres joueurs font de la reconnaissance de motifs pour placer des jetons qui doivent être corrects pour pouvoir attraper le voleur. Pas inintéressant, mais pas très convainquant non plus.

Azul: Stained Glass of Sintra, Next Move Games – Azul était un jeu de placement de tuiles représentant du carrelage, Azul: Stained Glass of Sintra est un jeu de placement de tuiles représentant des vitraux 😛 On garde la même mécanique de sélection des tuiles (plusieurs sets de tuiles disposés au hasard, un joueur prend une couleur et met le reste au milieu, qui devient également un set dès que des tuiles s’y trouvent), mais la mécanique de pose est différente.  Ils se sont aussi très clairement posé la question des joueurs qui ne distinguent pas bien les couleurs : les pièces sont toutes marquées d’un motif différent, et les cercles contenant les sets de pièces peuvent être mis dans une configuration qui rend les choses plus claires. Je sais pas si ça marche bien en pratique, je l’espère 🙂 Le jeu est très joli, on n’aurait probablement pas acheté si on avait eu Azul premier du nom, mais en l’occurrence on est reparti avec une copie.

Spring Meadow, Spielwiese – Uwe Rosenberg revient avec encore un jeu de placement de polyominos (après Patchwork, Cottage Garden et Indian Summer) qui ont tous des pièces très très similaires mais des feelings de jeu très différents. Dans Spring Meadow, faut faire des lignes horizontales en partant du bas du plateau ; aux moments de scoring (qui sont en partie prévisibles), le joueur qui a le plus avancé récupère un jeton ; le premier joueur à avoir deux jetons gagne la partie. Très efficace (et on est aussi reparti avec une copie.)

Claim / Claim II, White Goblin Games – le stand d’en face de Spielwiese, auquel on est passé sur la recommendation de la personne qui nous a fait la démo de Spring Meadow. Claim (et Claim II) est un jeu de levées qui a la particularité de se jouer à deux (et d’être intéressant à deux, c’est… prévu pour deux joueurs). Ça se joue en deux rounds : dans premier round on cherche à remporter les cartes qui servent au deuxième round (et au score final, qui est essentiellement « la personne qui a le plus de majorités dans les suites gagne le jeu »). Choupinou tout plein, on est reparti avec une copie de chaque pour pouvoir les combiner et jouer à plus de joueurs.

Astro Drive, Lautapelit – un petit jeu de course et d’évitement d’obstacles dans l’espace, avec des planètes à éviter, des nébuleuses à éviter, et des cartes qui permettent de se déplacer soit vers l’avant soit latéralement. Pourquoi pas 🙂

Molecule, Ion et Covalence, Genius Games – Pierre avait entendu parler de Molecule, qui était en rupture de stock au moment où on est passé, mais pour lequel on a quand même eu une petite démo (dont j’avoue ne pas me souvenir), et on a discuté des autres jeux avec la personne du stand. Covalence est un jeu coopératif où un des joueurs essaie de faire deviner aux autres joueurs des molécules, en donnant au fur et à mesure du jeu des indices (de type « y’a 2 carbones » ou « y’a 7 hydrogène »), et les joueurs tentent de trouver leurs molécules avec des tuiles. Ion est un jeu qui pourrait probablement se décrire en « tu vois Sushi Go ? Ben pareil, mais avec des ions à la place des sushis » – un jeu de draft où les joueurs essaient de générer des composés valides à partir des cartes qui leur passent entre les mains. On est reparti avec Covalence et Ion parce qu’ils étaient pas chers et qu’on aimait vraiment bien le concept « éducatif » derrière (les molécules créées sont physiquement existantes, y’a un peu de fluff explicatif, bref c’est bien fichu).

Cuzco, Super Meeple – une réimplémentation d’un jeu plus ancien nommé Java, dans lequel les joueurs cherchent à gagner le contrôle des villes qui se construisent au fil du jeu (et des temples y afférent). Un certain côté Taluva, rappelé principalement par le placement des tuiles sur plusieurs niveaux, à la fois moins agressif (parce qu’on peut pas faire péter des volcans sur les villages de ses petits camarades) et plus agressif (parce que le contrôle des territoires l’est beaucoup plus). J’ai plutôt bien aimé, mais je crois que c’est plausiblement un peu trop agressif pour moi ? Je sais pas trop. Et c’est le dernier jeu qu’on a testé ce jour là, et on s’est pas vraiment décidé ni dans un sens ni dans l’autre. J’y rejouerais bien.

Flamme Rouge, Lautapelit – le lecteur attentif aura remarqué plusieurs passages sur le stant de Lautapelit, et c’est en partie à cause de Flamme Rouge : c’est un jeu de course cycliste qui est sorti il y a deux ans, je crois, et qui a eu pas mal de succès depuis, et on était curieux. Notre curiosité a finalement été récompensée et on a fini par trouver une place à la table. Donc, c’est un jeu de course cycliste, un thème qui a priori ne nous parle pas trop, mais la mécanique est vraiment sympa, à base de decks de cartes dont les cartes jouées ne reviennent pas – donc il faut faire attention à ne pas gâcher ses « bonnes » cartes. Il est aussi intéressant d’être « devant, mais pas trop », au risque de prendre le vent de face (et de récupérer des cartes moisies dans son deck), mais pas trop non plus derrière au risque de sortir du peloton – et de récupérer les mêmes cartes moisies dans le deck. Suffisamment d’enthousiasme pour prendre une copie (ainsi que des deux extensions, dont une qui permet de jouer jusqu’à 6).

Detective Club, IGAMES – un jeu à la Dixit où tous les joueurs sauf un partagent un mot secret et fournissent deux cartes en relation avec le mot (le joueur qui ne connaît pas le mot doit… faire de son mieux :P), et expliquent ensuite la relation entre leurs cartes et le mot en question. Le but du jeu est de trouver le joueur qui ne connaît pas le mot. Concept sympathique, mais qui a probablement du mal à justifier l’achat par rapport à jouer au même jeu avec des cartes de Dixit.

Blue Lagoon, Blue Orange – on est passé plusieurs fois autour de Blue Orange parce que je voulais tester Planet qui avait l’air rigolo, mais on a fini sur Blue Lagoon et c’était rigolo aussi. C’est un jeu qui se joue en deux phases : la première où on pose des jetons en partant de l’eau pour créer des territoires et poser des villes dans des endroits stratégiques ; la deuxième où on fait la même chose, mais en partant des villes. Le scoring est une salade de points entre « je suis sur toutes les îles », « j’ai la majorité sur X îles », « j’ai récupéré des sets d’objets en posant mes gus », etc. Çuilà, je suis pas sûre de pourquoi on est pas reparti avec, parce qu’il tourne bien et il est intéressant, je crois. (On était assez short sur l’argent liquide, je crois, surtout, et on s’est pas décidé.) Ah, et le bloc de scoring est pas très bien fichu, ça a peut-être influencé indirectement la décision.

Fertility, Catch Up Games – un jeu qui se passe en Égypte, on place des tuiles, on récupère et on gère des ressources, on collectionne des Dieux anciens un peu comme des Pokémon, et à la fin on se rend compte qu’on a joué trop de tours parce qu’on jouait à deux et qu’il fallait retirer des tuiles de la pile avant de commencer. J’ai bien aimé, mais les composants en bois qui font les ressources m’ont paru trop petits (bien qu’adaptés à la taille du jeu et des emplacements), et Pierre a moins accroché.

Cerberus, Catch Up Games – un jeu où les joueurs doivent collaborer suffisamment pour échapper au chien des Enfers éponymes, mais suffisamment peu pour s’assurer une place sur le bateau qui permet de s’enfuir. J’ai pas aimé du tout, c’est vraiment pas mon genre de jeu 🙂 Pour moi c’est pire que du jeu à traître (y compris à traître « retardé » comme Battlestar Galactica), parce qu’au moins dans les jeux à traître la mécanique t’impose le choix de commencer à trahir, c’est pas une décision qui te revient. Et je suis trop un bisounours pour ça 😉

Fog of Love, Hush Hush Projects – là, j’avoue, c’est moi qui ai poussé pour aller s’asseoir à une table parce que j’étais vraiment curieuse. C’est sorti l’an dernier et ça fait deux ans qu’ils ont un assez gros stand très intriguant à Essen, alors j’ai succombé aux sirènes du marketing. C’est un jeu où deux joueurs jouent un scénario de comédie romantique – ils partent avec des personnages à moitié pré-tirés, des caractéristiques connues et des caractéristiques secrètes, et ils cherchent à orienter l’histoire de manière à ce que la relation fonctionne sans abandonner leur identité. Honnêtement, c’était une surprise assez plaisante ; probablement pas de quoi l’acheter, mais j’aurais bien fini la partie. Mais il était temps de retourner à l’aéroport pour rentrer à la maison…

Et dans les autres achats…

  • Une copie de Whistle Stop (et de son extension Rocky Mountains) qui était sorti à Essen l’an dernier mais qu’on n’avait pas acheté pour cause de manque de démo chez Bézier Games (ce qui nous avait dépassés à l’époque) ; on n’a toujours pas eu de démo, mais on a quand même acheté le jeu. Un jeu de création de réseau de train et de livraison de biens dans différentes gares. Agréable et qui semble bien tourner.
  • Toujours chez Bézier Games, une copie de l’extension 5 Stars de Suburbia, qui permet d’ajouter un cinquième joueur.
  • Une copie de Terraforming Mars (FryxGames) pour laquelle j’ai possiblement un peu tanné la peau de Pierre ; c’est un jeu auquel on commence à avoir pas mal joué, que j’aime beaucoup, et que j’ai déjà ressorti pour en faire une paire de parties solo l’autre jour. Et donc le but du jeu c’est de faire le maximum de points en jouant des cartes qui aident à terraformer Mars. De mon point de vue c’est en grande partie de l’engine building et de gestion des opportunités, et le jeu solo est un puzzle intéressant (et par « intéressant », je veux dire « j’ai tenté deux fois, j’ai perdu deux fois » :P)
  • Une copie de The Cthulhu Hack (Just Crunch Games) un jeu de rôle d’investigation côté Cthulhu de la force. Il y avait l’air d’y avoir pas mal de contenu intéressant sur la question de la création de scénarios et assimilé.
  • Une copie de 18Lilliput, un PETIT jeu de trains qui se vend comme « ça a le feeling d’un 18xx (à la 1830, donc), mais ça se joue en une heure » (on a fait un 1830 une fois, c’était plutôt autour de 6 heures). À voir, je suis curieuse 😛
  • Et un peu de petit bordel, jetons et cartes effaçables, cubes en bois pour le cas où, quelques t-shirts parce qu’on manque de t-shirts de joueurs.

Et voilà, c’était notre Essen 2018 – vivement Essen 2019 🙂