Voyage en Écosse

Pour nos vacances cette année, nous avons décidé de visiter l’Écosse. C’était sur la liste depuis quelque temps ; Pierre garde un bon souvenir du voyage qu’il avait fait là-bas quand il était petit ; on avait aussi de gros espoirs quant à la météo pour s’échapper de l’été zürichois. Nous avions beaucoup apprécié notre voyage en Islande, organisé par l’agence Kontiki (une agence suisse qui se spécialise dans les pays « du Nord »), alors nous sommes repassés par le même système – un « package » comprenant le vol, une voiture de location, et des logements réservés tous les jours. N’étant pas forcément fan de conduire pendant des heures et des heures (surtout à gauche), nous avons tendance à opter pour des « petits » circuits ; Kontiki proposait un circuit « l’Écosse pour les gastronomes » qui nous a évidemment parlé assez vite 😉

C’est un compte-rendu écrit plus d’un mois plus tard avec 0 note sur place, et ma mémoire commence déjà à flancher sur pas mal de détails… j’espère réussir à ressortir quelques impressions tout de même !

Pour une carte approximative de notre itinéraire (le lien vers la carte Google Maps zoomable):

écosse-carte.png

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#balisebooks suivant

34357122Reprenons. Je suis toujours à la bourre mais je me soigne, et donc voilà ma moisson de bouquins jusque mi-août, à peu près 😉

A Beautiful Mind – Sylvia Nasar (Un Homme d’exception, en français) – une biographie de John Nash, mathématicien dont les travaux les plus connus ont donné lieu au domaine de la théorie des jeux (et pour lesquels il a reçu le prix Nobel d’économie). Nash était aussi selon toutes probabilités schizophrène (apparemment c’est pas si clair que ça, mais c’est probablement une première approximation raisonnable). Le film du même nom est inspiré du bouquin ; les deux sont plaisants, même si pas forcément pour les mêmes raisons (le film est plus « divertissant », le bouquin est plus « intéressant »).

The Hundred Thousand Kingdoms – N.K. Jemisin (Les cent mille royaumes, en français) – le premier tome de l’histoire de Yeine, qui se retrouve à l’insu de son plein gré dans la course à l’héritage du trône de son grand-père, dans un environnement où la plupart de ses congénères (et de sa famille) veut sa perte et où il est apparemment courant de croiser des dieux dans les couloirs et les rues sombres. J’ai souvenir en avoir beaucoup apprécié la lecture (et avoir eu du mal à l’abandonner) ; mais six mois plus tard je ne m’en souviens que peu.

Knit One, Girl Two – Shira Glassman (pas encore de traduction française) – de la romance horriblement choupinou entre une fille qui teint de la laine pour la redistribuer façon « pelote du mois » et une artiste peintre dont les tableaux se retrouvent très inspirants pour la teinture de la laine en question. Très choupinou. Et fluffy.

Kitchens of the Great Midwest – J. Ryan Stradal (Les cuisines du grand Midwest, en français) – un roman qui s’apparente plus à une suite de chapitres chronologiques, narrés dans des perspectives différentes, dans lesquels un personnage nommé Eva apparaît toujours de manière plus ou moins franche. Eva a un sens du goût très développé dont elle tire profit de son enfance à sa carrière ultérieure de chef, et tout le roman se raccroche, d’une manière ou d’une autre, à la nourriture et à la cuisine. Plutôt sympa à lire.

Less – Andrew Sean Greer (pas encore de traduction française) – l’histoire d’Arthur Less, presque cinquante ans, qui vient de se faire refuser son troisième roman par son éditeur, et dont l’ex vient d’annoncer son mariage… à quelqu’un d’autre. Du coup, Less fait le seul truc qui lui paraît raisonnable : il a une pile d’invitations à des événements divers tout autour du monde, donc il les accepte toutes et se met en route. C’est drôle, c’est touchant, c’est souvent bien vu, bref c’est très chouette.

The Bell Jar – Sylvia Plath (La Cloche de détresse, en français) – un « classique » de la littérature américaine, qui est essentiellement l’histoire d’Esther qui, presque du jour au lendemain, sombre dans une dépression profonde. Pas gai, pas forcément hyper mémorable d’un point de vue « histoire », mais une qualité d’écriture phénoménale et un bouquin que je suis contente d’avoir lu.

Starless – Jacqueline Carey (pas encore de traduction française) – un de mes auteures préférées revient avec un roman indépendant (parce qu’il ne fait pas partie d’un univers établi et n’a pas vocation à avoir de suite), l’histoire de Khai, dont la naissance prédestine à protéger la princesse Zariya. Khai rejoint un ordre de guerriers qui l’éduque et l’entraîne, et finit par rentrer au service de Zariya au moment où un ancien dieu peu choupi commence à faire des vagues. De la bonne fantasy fort satisfaisante.

L’Appart: The Delights and Disasters of Making My Paris Home – David Lebovitz (pas encore de traduction française) – les tribulations de David Lebovitz à Paris lors de l’achat de son appartement parisien, à ne pas lire quand on fait des travaux ! (Ou peut-être à lire pour se rendre compte que ça pourrait être pire). Très drôle, mais probablement « drôle a posteriori » plus que dans l’instant (où ça a quand même dû être assez dur :/ ).

Record of a Spaceborn Few – Becky Chambers (pas encore de traduction française) – le troisième tome des Wayfarers qui, comme le deuxième, n’a qu’une connection extrêmement lâche avec le premier, mais qui garde cette qualité de « chocolat chaud littéraire ». On y suit des tranches de vie de plusieurs personnages qui font tous partie de la Flotte d’Exode – la Flotte qui a quitté la Terre il y a bien longtemps, et qui ne fait plus subsister qu’une petite minorité de la population galactique terrienne. Dans la droite lignée des deux précédents, peut-être plus du premier que du deuxième, et probablement plus contemplatif aussi. Becky Chambers est pour sûr quelqu’un dont je vais continuer à suivre les publications de très près. (J’ai PEUT-ÊTRE commencé Record of a Spaceborn Few le jour de sa sortie. PEUT-ÊTRE.)

The Reality Dysfunction – Peter F. Hamilton (Rupture dans le réel, en français, publié en deux tomes Genèse et Émergence) – un monstre de bouquin (1200+ pages) qui n’est que le premier tome d’une trilogie. Du bon gros space opera qui tache, avec plusieurs histoires a priori disjointes qui finissent par se rejoindre – entre autres, la direction d’un habitats bio-technologique qui orbite dans un coin, et la colonisation d’une planète paumée tendance jungle hostile – et ça, c’est avant que les emmerdes commencent pour de vrai. J’ai vraiment bien aimé – il y a définitivement suffisamment de contenu et d’épique pour justifier les 1200+ pages sans s’ennuyer. Quelques éléments franchement dérangeants (qui paraissent parfois assez gratuits ?) mais une histoire solide avec des personnages mémorables (on admettra que Joshua est un peu un Marty Stu) et une construction d’univers impressionnante. Je crois que j’aurais plus apprécié en deux bouquins de 600 pages plutôt qu’un seul, j’aurais pu faire avec une pause (techniquement, j’ai lu un autre bouquin au milieu de celui-là, mais c’est pas pareil) et potentiellement avec un « Précédemment, dans The Reality Dysfunction… » ou deux 😛

S’il ne fallait en lire qu’un… argh, difficile. Je crois que je vais dire Starless, qui a l’avantage (?) sur mes autres candidats d’être un tome unique.

#balisebooks caniculaire

Hop, je reprends le clavier dans l’espoir de virer encore un peu du backlog de cette année. Y’a beaucoup de Scalzi dedans, et encore j’ai aussi relu Redshirts.

Looking for Alaska – John Green (Qui es-tu Alaska ? en français) – l’histoire de Miles, fasciné par les derniers mots des gens, qui arrive au lycée dans un internat et rencontre le Colonel (son co-piaule) et Alaska, la fille « cool-mais-quirky » (ou peut-être « quirky-mais-cool » ?) qui gravite autour. Le bouquin est séparé en deux parties « Avant » et « Après » avec un décompte des jours au fur et à mesure qui laisse une tension du « qu’est-ce qu’il se passe au milieu ? » même si on se doute assez de la réponse. Je sais pas trop, j’ai moins accroché qu’à d’autres Green.

All Systems Red – Martha Wells (pas encore de traduction française) – de la SF spatiale option catastrophe racontée du point de vue d’un robot de sécurité conscient. Je dois avouer que ça m’a pas laissé un souvenir impérissable, mais je crois que le neurone était pas en forme à ce moment-là, alors c’est plausiblement pour ça.

The Summer Seaside Kitchen – Jenny Colgan (Une saison au bord de l’eau, en français) – l’histoire de Flora, qui habite à Londres après avoir quitté Mure, son île écossaise, plusieurs années auparavant, et qui se retrouve à devoir retourner à Mure pour raisons professionnelles. Et à faire des tartes. Plutôt mignon et plaisant à lire. Et pour le reste, Janine en cause mieux que moi.

The Android’s Dream – John Scalzi (pas encore de traduction française) – du bon gros n’importe quoi à base de moutons bleus ultra-rares mais ultra-importants, d’incidents diplomatiques, de personnages smart-ass, et un peu « Scalzi fait du Cinquième Élément » (et c’est bien).

The Seven Deaths of Evelyn Hardcastle – Stuart Turton (pas encore de traduction française) – ça, c’était très bien. Tordu, mais très bien. Le bouquin commence alors que le narrateur court dans un bois, qu’il ne se souvient de rien, et un coup de feu retentit. Il finit par recoller quelques morceaux de son identité, mais manque de bol, le lendemain il se réveille dans la peau de quelqu’un d’autre, dans le même manoir avec les mêmes gens et le même jour, mais presque tout aussi paumé (à part qu’il se souvient de la veille). En gros, on prend Agatha Christie (option La Maison Biscornue), Un Jour sans fin,  et une pincée d’ambiance sombre et malsaine, on remue un grand coup, et on obtient Seven Deaths. Et Armalite en cause mieux que moi aussi.

City of Bones et City of Ashes – Cassandra Clare (La Cité des ténèbres et L’Épée mortelle, en français) – de la fantasy urbaine YA plutôt cool à base de chasseurs de démons. C’est l’histoire de Clary, qui se retrouve par hasard engagée dans des choses qu’elle n’aurait pas dû voir, et qui découvre l’existence des nephilims, des vampires, et des autres machins surnaturels qui gravitent autour de tout ça. Un vague feeling « Harry Potter croisé avec Buffy et le tout se passe à New York ». Très lisible, et les personnages sont plutôt cool (et y’en a une qui s’appelle Isabelle, ça crée des liens). Y’a une série télé basée sur le matériau (Shadowhunters), faudra que j’y jette un œil.

Don’t Live for Your Obituary: Advice, Commentary and Personal Observations on Writing, 2008-2017 – John Scalzi (pas encore de traduction française) – une collection d’essais de Scalzi à propos d’écriture et d’édition, pour une bonne partie reprise de son blog, et globalement une lecture intéressante.

The Loveliest Chocolate Shop in Paris – Jenny Colgan (pas encore de traduction française) – c’est l’histoire d’Anna qui se retrouve par un concours de circonstances à aller travailler pour un maître chocolatier parisien. Sympathique et chocolaté.

Full Catastrophe Living – Jon Kabat-Zinn (Au coeur de la tourmente, la pleine conscience en français) – un gros pavé à propos de méditation, de pleine conscience, et tout ce genre de choses; essentiellement un manuel de « comment ça marche le MBSR » (Mindfulness-Based Stress Reduction, un programme basé sur la pleine conscience développé par le dit Kabat-Zinn utilisé en particulier pour des gens qui souffrent de douleurs chroniques). Beaucoup de choses très intéressantes ; j’ai eu un peu du mal au début sur le concept « Monsieur Machin qui souffre de ça et ça est venu chez nous et pouf en huit semaines ça allait mieux », mais une fois recadré le « c’est bon mec ton truc c’est la panacée on a compris » en « ok, tu présentes beaucoup d’exemples pour que les lecteurs s’y retrouvent » ça passe mieux.

Astrophysics for People in a Hurry – Neil deGrasse Tyson (Petite excursion dans le cosmos, en français) – un tout petit bouquin pour présenter des bases d’astrophysique. C’est bien écrit et globalement accessible. Par contre ça aide pas à mon problème de « vertige conceptuel » sur l’échelle de l’Univers – chais pas vous, mais moi j’ai litéralement la tête qui tourne quand je pense aux grandes échelles d’espace et de temps.

Adulthood is a Myth, Big Mushy Happy Lump et Herding Cats – Sarah Andersen (Les Adultes n’existent pas, pour le premier, et pas encore de traduction française pour les suivants) – une collection de comics « le quotidien d’une femme un peu plus jeune que moi », les Sarah’s Scribbles (http://sarahcandersen.com) que j’aime beaucoup.

Head On – John Scalzi (pas encore de traduction française) – la suite de Lock In, dans le même univers, dans lequel on suit les enquêtes de Chris, détective Haden (le syndrome d’Haden paralyse les gens, mais il existe des « threeps », sortes de robots contrôlables à distances par les Haden), qui cette fois-ci enquête sur la mort d’un joueur d’Hilketa, le sport Haden par excellence où les threeps des joueurs jouent au football américain avec la tête de l’un d’entre eux. Je me suis vraiment régalée avec celui-ci. Je sais pas si Scalzi a des plans pour un Lock In 3, mais j’aimerais bien 🙂

S’il ne fallait en lire qu’un… eh, j’ai vraiment bien aimé Head On.

#balisebooks du mois des ponts

Pouf pouf. J’ai de plus en plus de backlog. Alors je crois que je vais les faire 10 par 10 (en comptant 1 pour un « groupe »), sinon ça sera jamais publié 😛

The Obelisk Gate et The Stone Sky – N.K. Jemisin (La Porte de Cristal pour le premier, pas encore de traduction française pour le second) – les tomes 2 et 3 (sur 3) de Broken Earth et la suite directe. Je veux absolument éviter de spoiler le premier, cependant, donc je vais pas en dire beaucoup. On retrouve (et on continue à s’attacher fortement) les mêmes personnages, l’écriture du monde est toujours fascinante, c’est plein de bonnes choses. Bref, je ne peux que vous conseiller de lire le premier (Fifth Season), et si vous avez aimé le premier il y a de fortes chances que vous appréciez les deux suivants. En tous cas je garde Jemisin sur ma liste d’auteurs dont il va falloir que je lise TOUT 😉

Heir to the Shadows et Queen of Darkness – Anne Bishop (Héritière des Ombres et Reine des ténèbres, en français) – la suite et fin de la trilogie Black Jewels commencée avec Daughter of the Blood. On reste dans la dark-emo-fantasy, avec les mêmes points forts et faibles que sur le premier tome, mais ça reste assez prenant, et Jaenelle a grandi, ce qui rend les choses moins bizarres. Globalement plutôt une bonne série, qui a le mérite d’une certaine originalité.

Meditation for Fidgety Skeptics: A 10% Happier How-to Book – Dan Harris (pas encore de traduction française) – celui-là fait suite à 10% Happier, du même auteur. Dans 10% Happier, Harris raconte son propre cheminement et ça tient plus du mémoire qu’autre chose. 10% Happier part sur le principe « ok, maintenant que j’ai raconté tout ça, quand j’essaie de convaincre les gens que méditer c’est Bien™, ils me trouvent tout un tas d’obstacles divers et généralement variés, alors je vais trouver des solutions pour chacun ». Beaucoup plus pratique, plutôt intéressant, plutôt drôle par moments (même si visiblement on partage pas la même image de Jazzercise lui et moi – ou ptêt que si 😉 ), et globalement une très bonne lecture. Sur le sujet, je me permets de re-plugger mon billet précédent qui cause de méditation, au cas où.

Beyond Shame, Beyond Control, Beyond Pain, Beyond Temptation, Beyond Jealousy – Kit Rocha (pas encore de traduction française) – alors ça, c’est venu dans ma liseuse parce que j’ai vu passer le Twitter de @mostlybree via un retweet d’un thread (celui-là, je crois), et que je suis curieuse, et tout ce genre de choses. Et @mostlybree, elle écrit avec une co-auteur de la romance post-apo sous le nom Kit Rocha, et donc du coup j’ai acheté Beyond Shame, et j’ai commencé à lire tout ça. C’est effectivement de la romance post-apo. Les bouquins se suivent et ne se ressemblent pas – y’a un arc chronologique général, mais on suit l’histoire du point de vue de personnages différents. Le côté « romance » est, dirons nous, « graphique et détaillé » (au point que j’ai parfois du mal à lire ça dans le train au cas où mon voisin jetterait un œil sur ma page… j’assume pas :P) mais très raisonnablement écrit ; le setting est chouette et les persos sont attachants. (No pun intended.) J’aime bien.

Armada – Ernest Cline (même titre en français) – Cline est connu pour son Ready Player One, qui vient d’être adapté en film ; j’avais plutôt bien aimé le bouquin, les avis sur le film sont mitigés mais je l’ai pas vu. Bref. Armada part un peu sur le même trip nostalgique, avec plus de musique peut-être. L’intrigue commence essentiellement quand Zach rêvasse depuis son cours de maths et voit passer un vaisseau spatial qui correspond point pour point au design de vaisseau de son jeu vidéo préféré, Armada (d’où le titre). Et Zach se retrouve à devoir aider à sauver le monde, parce que, bon. J’ai écouté Armada comme livre audio, narré par Wil Wheaton, ce qui était plutôt chouette ; après, le bouquin lui-même, eh. Globalement prévisible, et je suis vraiment pas douée pour prédire ce qu’il se passe dans les bouquins. Quelques bons passages, mais globalement bof.

The Color of Magic – Terry Pratchett (La Huitième Couleur, en français) – une relecture d’il y a longtemps. J’aimerais beaucoup adorer Pratchett, parce que j’ai toujours l’impression de louper un truc en n’adorant pas Pratchett. Mais y’a pas à dire… j’accroche pas 😦 Chuis à peu près sûre que c’est un problème de « c’est pas l’auteur, c’est moi » – objectivement, c’est chouette, y’a des trouvailles fabuleuses, et tout et tout… mais j’accroche pas. Je suis triste.

One of Us Is Lying – Karen McManus (Qui ment ?, en français) -une histoire de meurtre dans un lycée. Éminemment Pretty Little Liars-esque du temps où c’était « moins n’importe quoi », plutôt une bonne lecture.

My Life in France – Julia Child (pas encore de traduction française) – l’autobiographie de Julia Child, principalement connue pour son livre de cuisine Mastering the Art of French Cooking. Super intéressant sur le contenu et le contexte de la France quelques années après la deuxième guerre mondiale, très inspirant sur la quantité de boulot et de volonté autour de la publication du bouquin. Fascinant.

Every Anxious Wave – Mo Daviau (Il faut sauver John Lennon, en français) – alors, quand tu trouves un trou de ver qui permet le voyage dans le temps dans le fond de ton placard, tu fais quoi ? Ben tu vends des tickets pour les concerts de rock du passé, c’te question, m’enfin ! Et quand t’envoies ton meilleur copain par erreur en 980 au lieu de 1980… ben t’essaies d’aller le repêcher, hein. C’est toute l’histoire de ce bouquin très chouette malgré une prémisse un peu loufoque. Mention honorable pour Lena la physicienne, au passage, j’ai vraiment bien aimé le personnage 🙂

Better: A Surgeon’s Notes on Performance – Atul Gawande (pas encore de traduction française) – une collection d’essais à propos de médecine et de son amélioration dans tout un tas de circonstances, depuis l’hygiène en salle d’opération à la question de la peine capitale en passant par la médecine de combat et le score Apgar pour les nourissons. Très intéressant. Gawande vise à tirer des conclusions à propos de « comment faire les choses mieux en général » sur des domaines plus larges que sur la médecine, mais ça m’a plutôt moins marquée que les histoires par lesquelles il arrive aux conclusions en question.

S’il ne fallait en lire qu’un… ben en fait il faut en lire deux, et c’est Obelisk Gate et Stone Sky, sans hésitation 🙂

The one with the meditation

Ceci est la traduction d’un billet écrit en français.

Okay, so I want to write a blog post about meditation, but I don’t know where to start, so I’ll try writing and we’ll see what happens. I’m going to build this post by asking a few questions to myself (and answering them); with a bit of luck it’ll be structured enough and won’t end up going all over the place.

Why this post?

The primary observation is that I’ve been meditating for around 10 minutes every day (or almost every day), that it seems to have a positive effect on me, and that I think it may be interesting for others if I share my experience. I’m obviously not trying to proselytize, only to talk about something that I find interesting, and to signal that I’m open to discussion on the topic… from my whole 30 or 40 hours of practice 😉 (Also, I’ve been told I’m only posting about books here these days, and not even that often… so let’s add a little bit of variety, even though I’m probably going to talk about a couple of books.)

And so you woke up one day five months ago and started meditating for the hell of it?

Eh, it’s a bit more complicated (and longer) than that. I had been intrigued by the whole concept of meditation for quite some time, without knowing exactly where to start – I was somewhat interested, and then I read stuff like « just sit for 10 minutes » and I was like « yeah but how do I know the ten minutes are up and I can’t put a timer it’s going to be weird and aaaaah » and it stayed at that stage for a long time.

Then, a year and a half ago, I read a book called 10% Happier: How I Tamed the Voice in My Head, Reduced Stress Without Losing My Edge, and Found Self-Help That Actually Works (now that’s a mouthful), from Dan Harris. I must admit I have no memory of how I actually found that book in the first place. It’s a memoir in which Dan Harris, TV anchor, starts by having a panic attack on live TV, and ends up digging around the theme of meditation. Anyway, this book had the appeal of being pretty low on the « spirituality » side of things and much more on the « okay I’m not really convinced but I’m still going to try because I don’t have much to lose and I’m actually a bit at a loss about how to handle that anxiety. » To give a bit of context: I have my own issues with anxiety in general (and related unpleasantness), so that’s probably also one of the reasons why that book interested me.

Around the same time, a good friend of mine told me about Headspace, a guided meditation app. Guided meditation is basically a soundtrack that talks from time to time (more or less often depending on the practice) to explain the exercise to you and to guide you during meditation. It has the advantage of helping to understand how things are supposed to work, and to provide the aforementioned timer without having a random beep beeping at a random time.

I think at that time I followed it for a bit less than the first 30 days (there’s a « basic set » of 30 meditation days in  the app), probably over a little bit more than 30 days, and then… it faded away. Eh. It didn’t stick then.

Fast-forward a year later. My therapist (whom I see for that anxiety-and-associated thing) talks to me about a book he’s reading, The Mindful Path to Self-Compassion: Freeing Yourself from Destructive Thoughts and Emotions, by Christopher K. Germer. Past the first cringe at the title, I must say that the book is pretty good. In particular, a couple of paragraphs really struck a chord and had some miraculous effect on my sleep/falling-asleep patterns (which tend to be problematic as well). The book talks a lot about mindfulness (hence the title), and I guess it gave me the impulse of trying Headspace again.

This was a bit more than 5 months ago – the Headspace app tells me I have a 149-day streak, and I think I failed at starting a long streak a few times before that, so it must have been a bit more than that. And apparently, since then, it stuck.

Soooo what, you’re burning incense and chant « ooooommm » with a beatific smile, or what?

Nah 🙂 I’m assuming that, from the outside point of view, I’m sitting somewhat motionless with my eyes closed during ten minutes or so. In practice, I grab my phone and earbuds, I find a reasonably quiet place (easy at home, feasible outside – I have already meditated on the train, for instance (which is way easier than in the office, by the way)), I check that my phone is not going to interrupt me with a random notification during my meditation time, I open my browser on https://my.headspace.com (there’s an app, but it’s currently buggy on my phone >_<), I start the meditation of the day, and here we go.

The « meditation of the day » thing comes from the fact that Headspace is mostly organized in 10- or 3×10-meditation packs on a given theme, and the idea is that you practice with one of these each day. They also have single, one-shot meditations on more or less general theme, and they recently introduced « daily meditations » with a new meditation every day, available for 24 hours. I usually have a pack in progress (there’s a fair amount of content), so I just practice with that without asking myself too many questions (except when it’s time to start a new pack 😉 ), but I sometimes explore in the rest of the app too, depending on the mood or the amount of time I want to give it (in particular, the daily meditations can be set to 3 or 5 minutes).

The Headspace meditations (or, at least, all the one I saw until now) are somewhat similarly formatted. They start with a few words of intro, then a bit of time to settle (physically and mentally), then you bring your attention to the body by mentally scanning it from top to bottom, and then you bring the attention to the breath. The core of the meditation is the main thing that varies between meditations and between packs. The base practice is to try to keep focused on the breathing, and to come back to it over and over again when you realize you lost your focus. There are some variations that ask to explicitly take note of what made you lose your focus, or that suggest you visualize stuff (like a ball of light) (it sounds weird but it’s actually pretty fun). To end the session, you come back to the physical senses, you open your eyes, Andy (as in Andy Puddicombe, the guy from Headspace) says a few concluding words, and that’s it.

Now I also started testing the 10% Happier app, which goes with the aforementioned book and its follow up, Meditation for Fidgety Skeptics: A 10% Happier How-to Book. The approach (and the app) feel a bit more messy, less « academic » than Headspace, more fun too. I’m only just starting with this app, but I think I might like it better. There’s more diversity of people recording the meditations too, but I didn’t test that yet. (A common issue with Headspace seems to be « the voice is getting on my nerves », so I guess more options is a good thing.) But then, since I do have a 149-day streak on Headspace, well, I’m keeping that streak, and when I feel like I want a bit more meditation in my day, I get a 10% Happier session as well. (Which may or may not be a good idea; I think it’s advised to keep at one thing at a time. Eh.) Anyway, these days it feels like I’m transitioning from 10 to 20 minutes a day. No idea if it’s going to stay that way – taking it as it comes.

I try to keep a daily practice; I also try to not obsess too much about keeping the streak. I gave a number: I did cheat a few times on the app to keep said streak going. I’m keeping the counter as « time for which I kept a mostly daily practice »; I think in the current 149 days there’s less than 5 « fake » ones (less than 10 for sure).

And what do you get out of it?

It’s obviously hard to quantify. The first and most direct benefit is that it’s a good way to take a break, both from outside and inside – to « reboot » to a quieter/less chatty state. My brain tends to talk to me A Lot (and not always in a very nice way) – it’s usually a good way to get a bit of peace and quiet on the spot. Typically, I feel better after meditating than before.

Moreover, and it’s something on which both programmes insist, « formal » meditation sitting is also (and maybe above all) a training for the mind. It teaches me to be more aware of going into an internal monologue loop, and it so happens that noticing it and get a bit of distance helps not engaging thoughts if I don’t want to. It’s obviously not always working, but it helps, a bit. I also mentioned the positive effects on sleep – which is quite valuable too. Interestingly, I did have a tendency to accidentally have a drink too much (nothing problematic, but it did happen), and that doesn’t seem to be a thing anymore. Hard to tell on such a short period, but I do believe it helps me notice that it’s time to switch to water 😉

Third, as far as I’m concerned, learning to focus on my breath provides me with a very useful anchor in difficult situations (too much noise, too many people, too much emotion, too much.)

And do you see anything negative about it?

Not really. Sometimes a session doesn’t go that well and brings a few tough things to the surface. Usually, the following time it gets better; it probably serves as a catharsis too. These days, I’m getting somewhat annoyed by the fact that I feel like I’m losing my focus much more than I used to during meditation; I’m not sure if I’m noticing it more or if I’m loosening a focus that may have been too tight. It’s probably going to get better (either it will get better, or I’ll accept it better 😉 ).

Other than that, it takes a bit of time, and it’s not an easy routine to start, even for 10 minutes ; personally it became quite quickly (well, on the second attempt 😉 ) something that I choose to do, that I enjoy doing, and not something I’m « doing because I decided I wanted to do it every day ».

Oh, and there’s also probably contraindications with some health issues (be it mental or physical), but they don’t seem to apply to me 😉

So, can you give a few links about what you’re talking about?

So, for the things I talked about in this post:

  • Books:
    • 10% Happier, by Dan Harris – a memoir about meditation, written by a guy who was quite skeptical at the beginning. Pretty accessible, sometimes funny, but not that practical.
    • Meditation for Fidgety Skeptics, also by Dan Harris – that’s actually the practical part of the previous book. The approach is basically « folks, y’all should meditate, and let me explain to you how to overcome your obstacles ». A fair amount of funny anecdotes, practical advice, and pretty funny too.
    • The Mindful Path to Self-Compassion, by Christopher K. Germer – that one is more on the self-help side, but for a more common approach it’s probably not a bad book. In any case, there was interesting stuff in it.
  • Apps:
    • Headspace – probably one of the most used apps, it seems like it’s the big thing on the topic. There’s a free trial containing the base pack (the first 10 sessions); to access the rest of the content you’ll need to subscribe (the yearly plan is around $8/month).
    • 10% Happier – that’s the other app I started using. There’s more free content; in particular, the content that goes with the book is a « course » (in the app terminology) and has more content than the free content in Headspace. (The yearly plan is displayed for 6.67CHF on my app, I don’t know what’s the currency rate). I didn’t pay for 10% Happier yet, but I’ll probably do that soon.
  • A couple of videos for good measure:
    • Get some Headspace – a talk from Andy Puddicombe at Google, where he presents several meditation approaches, I found it interesting (but it does last an hour and a half) – there’s several bits of short meditations in it, it’s like a mini-workshop to test a few things.
    • All it takes is 10 mindful minutes – same Andy Puddicombe does a 10-minute TED talk.

And apart from that?

Well, I think I said everything I wanted to say. But I can answer questions, if any 🙂

Où je cause de méditation

I translated this post into English here.

Bon. J’ai envie de faire un billet à propos de méditation, mais je sais pas par quel bout le prendre, alors je vais essayer d’écrire et on verra bien ce que ça donne à la fin. Je vais structurer ce billet en m’auto-posant des questions (et en y répondant 😉 ), avec un peu de chance ça sera raisonnablement structuré sans partir dans tous les sens à la fois.

Pourquoi ce billet ?

La constatation de base, c’est que ça fait 5 mois que je médite de l’ordre d’une dizaine de minutes par jour tous les jours (ou presque), que ça semble avoir un effet positif sur moi, et que je me dis que ça peut être un retour d’expérience intéressant pour d’autres. Je cherche pas à faire du prosélytisme, évidemment, juste à parler d’un truc que je trouve intéressant, et à indiquer que je suis ouverte à la discussion sur le sujet… du haut de mes 30 ou 40 heures de pratique 😉 (Et puis on m’a déjà fait la remarque que je causais plus guère que de bouquins ici, et encore pas souvent, alors… alors on change un peu, même si je vais probablement causer un peu de bouquins tout de même.)

Bon, et donc, ça t’a pris comme un coup de pied au cul y’a cinq mois, ou bien ?

Eh, c’est un poil plus compliqué (et long) que ça. Ça faisait longtemps que je trouvais le concept de méditation intriguant, sans savoir exactement par quel bout le prendre – c’est conceptuellement intéressant, pis après on te dit « juste assieds-to dix minutes » et là tu te dis « oui mais comment je fais pour savoir que j’ai fini mes dix minutes je peux pas mettre une minuterie ça va faire n’importe quoi et et aaaah », et ça en était resté là pendant longtemps.

Il y a un an et demi, j’ai lu un bouquin intitulé 10% Happier: How I Tamed the Voice in My Head, Reduced Stress Without Losing My Edge, and Found Self-Help That Actually Works (tout un programme), de Dan Harris (traduit en France chez Marabout sous le titre Comment je suis devenu 10% plus heureux). J’avoue que je n’ai aucun souvenir de la manière dont j’étais tombée sur ce bouquin à l’époque. C’est un mémoire dans lequel Dan Harris, présentateur télé de son état, se retrouve après une crise de panique en direct à la télé à s’intéresser de plus près à la méditation. Bref, ce bouquin m’avait parlé parce que c’était extrêmement peu orienté « spiritualité » et nettement plus orienté « écoute je suis vraiment pas convaincu a priori mais je vais quand même essayer parce que j’ai pas grand’chose à perdre et que j’ai pas d’autre idée pour gérer mon anxiété en fait ». Pour le contexte : j’ai mes propres soucis avec l’anxiété en général (et plus si affinités), d’où peut-être le fait que ça m’ait particulièrement intéressée.

Parallèlement à ça, j’ai un bon copain qui m’a parlé de Headspace, une app de méditation guidée. Le principe de la méditation guidée, c’est une bande sonore qui cause de temps en temps (plus ou moins souvent suivant la pratique) pour t’expliquer un exercice et te guider dans la méditation. Ça a le double avantage d’aider à comprendre comment ça marche et de fournir la minuterie sus-citée d’une autre manière qu’un machin qui bippe à un moment aléatoire.

Je crois qu’à ce moment là, j’ai fait un peu moins que les trente premiers jours (il y a une série de méditations « pour commencer » qui fait trente jours), probablement sur plus que trente jours, et après… ça s’est évaporé. Eh. Ça avait pas tenu.

Fast-forward un an plus tard. Mon psy (que je vois pour ces histoires d’anxiété et assimilables) me cause d’un bouquin qu’il est en train de lire, intitulé ​The Mindful Path to Self-Compassion: Freeing Yourself from Destructive Thoughts and Emotions, de Christopher K. Germer. (Traduit en français chez Odile Jacob sous le titre L’autocompassion). Passé le premier mouvement de recul sur le titre, j’admets que le bouquin est pas mal. En particulier, y’a un effet miraculeux d’une paire de paragraphes sur la qualité de mon sommeil/de mon endormissement (qui ont/avaient tendance à être problématiques aussi). Le bouquin parle pas mal de « mindfulness » (je crois que le terme usuel en français est « pleine conscience » ?) et ça me donne vaguement envie de re-tenter Headspace.

Et ça c’était y’a un peu plus de 5 mois, à la louche – l’app Headspace me dit que j’ai une série ininterrompue de 149 jours, et je crois que j’ai raté quelques jours avant ça, donc ça doit faire un bon 5 mois. Et depuis, apparemment, cette fois-ci ça a collé.

Bon, et en pratique, t’allumes de l’encens et tu fais « ooooommm » avec un sourire béat, ou quoi ?

Non. 🙂 Extérieurement, je dois essentiellement être assise relativement immobile avec les yeux fermés pendant une grosse dizaine de minutes. En pratique, j’attrape mon téléphone et mes écouteurs, je me trouve un coin à peu près tranquille (facile à la maison, faisable à l’extérieur – ça m’est déjà arrivé de méditer dans le train, bêtement (ce qui est par ailleurs ‘achement plus facile qu’au bureau)), je vérifie que ledit téléphone va pas me balancer une notification dans le temps imparti, j’ouvre mon navigateur sur https://my.headspace.com (y’a une app, mais elle est buggée sur mon téléphone en ce moment >_< ), je lance la méditation du jour, et roulez jeunesse.

Le concept de « méditation du jour » vient en partie du fait que Headspace propose des packs de 10 ou 3×10 méditations sur un thème donné, avec dans l’idée le fait d’en faire une par jour tout le long du pack. Ils ont aussi des méditations individuelles plus ou moins générales, et ils ont récemment introduit le concept de méditations « quotidiennes » avec une nouvelle méditation tous les jours, disponible pendant une journée. En général j’ai un pack en cours (il y a une quantité raisonnable de contenu), donc je fais ça sans me poser trop de question (sauf au moment de changer de pack 😉 ) mais ça m’arrive aussi d’aller voir dans les autres parties de l’app de temps en temps, ou quand j’ai pas envie de passer dix minutes là-dessus (les méditations quotidiennes en particulier peuvent se régler à 3 ou 5 minutes).

Les méditations Headspace sont toutes (du moins toutes celles que j’ai vues) formatées assez similairement. Ça commence par quelques mots d’intro, puis un peu de temps pour se poser un peu (physiquement et mentalement), on porte l’attention sur le corps en scannant mentalement de haut en bas, on replace l’attention sur la respiration. Le cœur de la méditation est le truc qui varie le plus entre les méditations et entre les packs. L’exercice de base est d’essayer de garder l’attention sur la respiration, et d’y revenir encore et encore quand on se rend compte qu’on l’a perdue. Il y a d’autres variantes qui demandent de noter explicitement ce qui a fait dévier l’attention, ou qui proposent de visualiser des trucs (une boule de lumière qui se balade, typiquement) (ça paraît bizarre mais c’est fun en pratique 🙂 ). Pour finir on recentre sur les sensations physiques, on rouvre les yeux, Andy (comme dans Andy Puddicombe, le type qui a lancé Headspace et enregistré la bande sonore de la méditation) donne quelques mots de conclusion, et voilà.

Après, j’ai aussi commencé à tester l’app 10% Happier, qui accompagne le bouquin susnommé et sa suite, Meditation for Fidgety Skeptics: A 10% Happier How-to Book (celui-là vient à peu près de sortir, donc y’a pas encore de traduction française). L’approche (et l’app) sont un peu plus bordéliques, moins « académiques » que Headspace, plus fun aussi. Je commence à peine à tester cette deuxième app, mais je crois que j’aime mieux. Il y a plus de diversité sur les gens qui font les enregistrements, aussi, mais ça j’ai pas encore testé. (Une critique « courante » de Headspace est « la voix me tape sur les nerfs », du coup la diversité peut être une bonne chose.) Du coup, comme j’ai quand même un compteur à 149 jours sur Headspace, ben je continue sur Headspace, et quand j’ai envie d’un peu plus, je fais une session sur 10% Happier aussi. (Ce qui est peut-être discutable d’un point de vue méthodo, je pense qu’il est plutôt conseillé de s’en tenir à un seul truc à la fois. Eh. ) Du coup je crois que j’ai tendance à passer naturellement de 10 à 20 minutes par jour ces temps-ci. Je sais pas si ça va continuer comme ça, je prends ce qui vient.

J’essaie de garder une pratique quotidienne ; j’essaie aussi de pas trop m’en faire sur le fait de garder la série ininterrompue. J’ai mentionné un nombre ; il se trouve que j’ai « triché » quelques fois sur l’app pour garder la série en question. Je garde le compteur comme « temps depuis lequel j’ai une pratique essentiellement quotidienne » ; je crois que sur les 149 jours actuels il y en a moins de 5 « faux » (pour sûr moins de 10).

Et ça t’apporte quoi ?

C’est difficile à quantifier, évidemment. Le bénéfice premier et le plus direct, c’est que c’est une bonne méthode pour prendre une pause, à la fois des facteurs extérieurs et intérieurs – de « rebooter » en quelque sorte à un état plus calme/moins bavard. Mon neurone a tendance à me causer beaucoup (et pas toujours de manière très agréable) – c’est une manière d’avoir un peu de calme à ce moment là. En général, je me sens mieux après qu’avant.

D’autre part, et c’est quelque chose sur lequel les deux programmes insistent, la méditation « formelle » est aussi (et peut-être avant tout) un programme d’entraînement pour l’esprit. Ça permet d’apprendre à être plus conscient quand on part en boucle dans un monologue interne, et il se trouve que s’en apercevoir et prendre un pas de recul aide à ne pas se laisser engager si on n’en a pas envie. C’est évidemment pas systématique, mais ça aide, un peu. J’ai aussi mentionné un effet positif sur mon sommeil – ce qui m’est assez précieux. De manière intéressante, j’avais aussi une vague tendance à boire accidentellement un coup de trop (rien de problématique, mais ça arrivait), et que ça semble ne plus arriver. Difficile à dire sur une période aussi courte, mais je crois que ça m’aide à détecter de manière plus fiable qu’il est temps de repasser à l’eau 😉

Tertio, en ce qui me concerne, avoir construit l’habitude de porter mon attention sur ma respiration me fournit une « ancre » parfois bien utile dans des situations difficiles (trop de bruit, trop de monde, trop d’émotion, trop.)

Et tu vois des aspects négatifs ?

J’en vois pas trop. Parfois une méditation se passe pas trop bien et fait ressortir des trucs pas marrants. En général la fois d’après ça va mieux ; c’est aussi une catharsis, j’imagine. En ce moment, j’ai un vague agacement sur le fait que j’ai l’impression d’avoir l’esprit qui s’évade plus facilement pendant la méditation ; je sais pas si je me rends plus compte ou si je relâche une attention qui était peut-être « trop » soutenue. Ça va probablement s’arranger (ou bien ça ira mieux, ou bien j’apprendrai à vivre avec 😉 ).

Sinon, ça prend un peu de temps et c’est pas forcément une routine facile à mettre en place au début, même pour dix minutes ; à titre personnel c’est devenu assez rapidement (du moins, au deuxième essai 😉 ) quelque chose que je choisis de faire et que je fais avec plaisir plus qu’une contrainte d’un truc que je « dois faire parce que j’ai décidé que je voulais faire ça tous les jours ».

Bon, et il y a probablement des contre-indications sur certains problèmes de santé (mentale ou physique), mais ça semble pas s’appliquer à moi 😉

Bon, et tu peux refiler des liens sur ce dont tu causes ? T’as des trucs en français ?

Non, j’ai rien en français, malheureusement (à part les traductions des bouquins qui ont été traduits). J’imagine qu’il existe des ressources en français aussi, mais j’ai pas testé de première main, donc si quelqu’un a des opinions, ces opinions sont les bienvenues en commentaire 🙂

EDIT : on vient de me refiler une paire de références en français, je les ajoute ci-dessous.

Pour ce dont j’ai causé dans ce billet, donc :

  • Les bouquins :
    • 10% Happier, de Dan Harris – un mémoire à propos de méditation, écrit par un type qui partait profondément sceptique sur le sujet. Plutôt abordable, parfois drôle, mais peu pratique.
    • Meditation for Fidgety Skeptics, du même Dan Harris – là c’est le côté pratique du bouquin précédent, avec une approche « les gens, vous devriez tous méditer, et je vais vous expliquer comment passer outre vos objections ». Pas mal d’anecdotes marrantes, du conseil pratique, et plutôt drôle aussi.
    • The Mindful Path to Self-Compassion, de Christopher K. Germer – là on est plus dans le bouquin de développement personnel, mais pour une approche plus standard c’est peut-être pas un mauvais bouquin. Dans tous les cas y’avait des trucs intéressants.
    • Au coeur de la tourmente, la pleine conscience, de Jon Kabat-Zinn – celui-là je l’ai pas lu, mais on m’en a donné la référence par ailleurs, c’est la traduction de Full Catastrophe Living: Using the Wisdom of Your Body and Mind to Face Stress, Pain, and Illness.
  • Les apps :
    • Headspace – probablement une des apps les plus utilisées, c’est un peu le mammouth du domaine, j’ai l’impression. Y’a un essai gratuit sur le pack de base (les dix premières sessions), par contre pour le reste du contenu c’est sur abonnement seulement (le plan à l’année revient à $8/mois).
    • 10% Happier – c’est l’autre app que j’ai commencé à utiliser. Y’a plus de contenu gratuit ; en particulier il y a aussi le contenu qui va avec le bouquin qui constitue un « cours » (au sens de l’app) et qui fournit plus de contenu que le contenu gratuit de Headspace. (Le plan à l’année revient à 6.67 CHF par mois d’après mon app, sais pas quel est le taux de conversion). J’ai pas encore payé pour 10% Happier, mais je ferai probablement ça dans un futur proche.
    • Petit Bambou – une app de méditation guidée en français, pas testée personnellement.
  • Une paire de vidéos pour faire bonne mesure :
    • Get some Headspace – un talk d’Andy Puddicombe à Google où il présente plusieurs approches de méditation, j’avais trouvé ça intéressant (par contre ça dure une heure et demie) ; y’a plusieurs bouts de méditation dedans, c’est un mini-atelier pour tester plusieurs trucs.
    • All it takes is 10 mindful minutes – le même Andy Puddicombe, mais sur un format 10 minutes d’un TED talk.

Et à part ça ?

Ben je crois que j’ai dit tout ce que je voulais dire a priori. Par contre je veux bien répondre si y’a des questions 😛

#balisebooks pré-solstice d’hiver

imagesOn refait un round de #balisebooks avant Noël ? C’est parti. C’est probablement le dernier de l’année, ne nous leurrons pas 😉

1Q84 – Haruki Murakami – techniquement, j’en ai lu les trois tomes, mais vu que c’est vraiment la même histoire qui continue sur trois tomes, je vais en parler en un seul morceau. Bon, je sais pas où classer ce bouquin – on va dire « littérature générale avec une partie non-nulle de fantastique et de policier » ? L’histoire commence avec Aomame, qui découvre des trucs qui sont pas tout à fait cohérents avec ce qu’elle sait du monde. Parallèlement, Tengo se fait recruter pour un projet de réécriture étrange par un copain éditeur. Voilà, c’est essentiellement la situation de départ, et le reste appartient au bouquin. J’ai globalement bien aimé, mais j’ai un peu grommelé quand à la fin du deuxième tome j’ai vu qu’il en restait un troisième qui continuait la même histoire – à la fin, ça tire un peu en longueur. Pas qu’il y ait pas de quoi faire un truc de cette longueur là, c’est vraiment une question de « c’est pas le bouquin, c’est moi » – je sais pas si j’ai encore le goût à passer trois semaines de suite sur un bouquin 😛 (Et quant à savoir pourquoi j’ai lu la traduction anglaise plutôt que la française d’un bouquin japonais… on va dire que c’est par économie parce qu’elle était moins chère ?)

Dark Matter (même titre en français) – Blake Crouch – Jason, prof de physique, se fait casser la figure et se réveille dans un monde où sa femme n’est pas sa femme, son fils n’est jamais né, et il est considéré comme un génie de la physique – situation qui le chagrine assez, en fait. Un chouette thriller-de-SF, j’ai bien aimé.

The Paper Magician (pas encore de traduction française) – Charlie N. Holmberg – ça commence par l’histoire d’une gamine qui va à l’insu de son plein gré étudier la magie de papier alors qu’elle, ce qu’elle voulait faire, c’était étudier la magie qui fait marcher les armes à feu. Donc elle râle beaucoup, elle apprend évidemment que le papier y’a du potentiel tout de même, et les choses partent en sucette de manière prématurée et dramatique. Lisible, étonnamment gore par moments, j’ai le suivant sur mon Kindle parce que toute la série était à un prix dérisoire, donc il finira peut-être lu à un moment, mais « meh. »

Turtles All The Way Down (Tortues à l’infini) – John Green – j’aime bien John Green, comme je l’ai probablement dit il fait du John Green mais il le fait bien alors ça va. C’est l’histoire d’Aza, une lycéenne qui se retrouve accidentellement à enquêter sur la disparition du millionnaire du coin, qui se trouve aussi être le père d’un de ses amis d’enfance. Aza a aussi un trouble obsessionnel compulsif qui a un impact certain sur sa vie. Quelque part, l’histoire est presque un prétexte à l’exploration du personnage d’Aza, mais le tout tape très (parfois trop) juste. Hautement recommandé, mais attention aux nombreux feels 😉

The Girl on the Train (La Fille du train) – Paula Hawkins – un thriller qui m’a pas laissé d’impression impérissable, à part que tous les personnages sont affreux, pas un pour rattraper l’autre, et que j’ai eu du mal à croire pas mal de choses dedans. C’était pas mauvais en soi, on veut savoir la suite, tout ça, mais on en sort pas fondamentalement plus optimiste sur la condition humaine.

The Glittering Court (pas encore de traduction française) – Richelle Mead – un truc un peu bizarre à la croisée entre le roman « historique » et la fantasy – mettons « fantasy historique » ? Adelaide est une comtesse, mais ça lui plaît pas plus que ça d’être une comtesse, alors elle se fait passer pour une de ses domestiques et se fait enrôler au Glittering Court (la Cour Scintillante ?) qui « transforme » des jeunes filles de basse extraction en femmes du monde – ou du moins en approximations raisonnables – dans le but de les marier dans le Nouveau Monde. Raisonnablement lisible, on va dire. Les deux autres tomes de la série racontent apparemment la même histoire du point de vue de deux autres personnages ; il reste suffisamment de secrets et de non-dits pour que j’envisage d’en lire un deuxième, sinon les trois.

Astérix et la Transitalique –  Jean-Yves Ferri et Didier Conrad – l’Astérix de l’année, où se déroule une course de chars destinée à redorer le blason des routes de l’Empire romain. Un scénario un peu léger, mais j’ai éclaté de rire à plusieurs moments, ce qui est tout de même le principal.

Sourdough (pas encore de traduction française) – Robin Sloan – quand j’ai parlé de ce bouquin à Pierre, il m’a dit « tu lis des bouquins de hipster ». Je confirme. Le plot : Lois est ingénieur dans une boîte de San Francisco qui fait des robots, et hérite par un concours de circonstances d’un levain. Donc elle commence à faire du pain. C’est wholesome, avec juste assez de bizarre mignon, et j’ai jamais eu autant envie de bouffer du pain au levain de ma vie. (Croumch.) J’ai vraiment beaucoup aimé les premiers 80%, mais j’ai trouvé la fin pas à la hauteur.

Wenn die Haut zu dünn ist (pas encore de traduction française. Ni anglaise, d’ailleurs.) – Rolf Sellin – un bouquin à propos d’hypersensibilité. Quelques points valides mais qui manquent de practicité, une dose non-nulle de bullshit ésotérique. Eh.

Artemis (même titre en français) – Andy Weir – Andy Weir est l’auteur de The Martian que j’avais adoré, et j’attendais évidemment beaucoup d’Artemis. Artemis se passe dans la colonie lunaire du même nom, et on y suit Jazz, qui survivote vaguement principalement grâce à son activité de contrebande, jusqu’au jour où on lui propose le coup du siècle. Bon. C’est pas au niveau de The Martian. J’ai bien aimé, mais j’ai pas adoré. Le world-building est chouette, j’avais une bonne idée mentale d’Artemis et de la manière dont ça tournait. Les persos, surtout secondaires, sont assez peu mémorables. C’est sympa, mais pas grandiose, quoi.

Echo, the complete edition (pas encore de traduction française) – Terry Moore – dans le peu de comics dont j’ai une copie, il y a Strangers in Paradise, du même Terry Moore. Du coup, j’avais commencé Echo il y a plusieurs années avec le premier tome ; je suis tombée sur l’intégrale à Essen et j’ai craqué. Echo commence par une tragédie : une femme équipée d’un jetpack se prend un missile. La combinaison qu’elle porte tombe en petits éclats sur le désert en-dessous. Dans le désert en-dessous, il y a Julie, qui récupère sur sa peau une partie de la combinaison en question. Ça part évidemment en sucette. J’ai beaucoup apprécié la lecture d’Echo – suffisamment pour prendre le temps de tout lire sur papier (ce qui est rare de nos jours), même si ça m’a pris un peu de temps – l’histoire est engageante, les persos sont chouettes, par contre y’a un peu trop de gore à mon goût je crois (mais, bon.) J’ai un vague problème, c’est que des fois j’ai du mal à reconnaître les personnages :/ Je crois que c’est « moi » le problème et pas « le dessin » (je crois qu’il me faudrait un peu plus de traits vraiment saillants, qui existent dans la Vraie Vie mais moins en dessin… je crois ? bref.), mais parfois c’est un peu relou. Mais, je maintiens, Echo, c’était chouette.

A Closed and Common Orbit (Libration, en français) – Becky Chambers – la suite des Wayfarers dont j’avais vraiment, vraiment adoré le premier tome. J’avais peur d’être déçue par le deuxième tome, mais non 🙂 bon par contre je peux pas vraiment en parler sans spoiler des bouts du premier, alors je vais éviter. Je vais me contenter de dire que ça garde globalement la même positivité que le premier, même si les personnages ne sont que tangentiellement les mêmes, et que j’ai vraiment beaucoup aimé le personnage principal. Le troisième est prévu en juillet et c’est un achat automatique en pré-commande et tout ce que vous voulez. Ah, et pour mes lecteurs qui les ont lus (ou pas), si vous avez des trucs dans le même style (du « fluffy positif bisounours pas trop compliqué mais pas simpliste », je prends.

The Fifth Season (La Cinquième Saison, en français) – N.K. Jemisin – alors je sortais du Becky Chambers et j’étais à peu près sûre (encore une fois) de « tomber » vers un truc moins bien, et ben PAS DU TOUT. Voire, c’est probablement un des meilleurs bouquins que j’ai lus cette année. (C’est aussi le prix Hugo de l’an passé, et le deuxième tome (la série s’appelle Broken Earth) a raflé le Hugo de cette année. Bon.) Ça se passe dans un monde qui, de temps à autre, se bouffe un cataclysme majeur – les Saisons (d’où le titre). Un des éléments de mitigation desdites catastrophes est l’existence des orogènes, qui savent contrôler les événements sismiques (mais non sans conséquences). Il y a trois fils de narration – celui d’Essun, qui se fout bien que le monde vienne de finir (encore une fois) parce que son mari vient de tuer son fils (joyeux), celui de Damaya, qui se fait emmener par un étranger au Fulcrum où elle apprendra à maîtriser son orogénie, et celui de Syenite, jeune orogène ambitieuse à qui on vient de filer un mentor certes puissant mais pas vraiment sain d’esprit a priori. Et c’est glorieux, complètement glorieux, parfois horrible, et on se retrouve à vouloir suivre tous les fils en même temps, ce qui pose certains problèmes quand il est l’heure de dormir. Une remarque au passage : c’est un peu ardu sur les, mettons, 50 premières pages. Ça vaut nettement le coup de s’accrocher.

S’il ne fallait en lire qu’un… The Fifth Season.