Vrac de bouquins

Hop, c’est parti pour un vrac avec des bouquins dedans. Ordre : celui dans lequel je les ai lus 🙂 Période de temps : de janvier à maintenant.

  • La Plume empoisonnée, Agatha Christie – un grand classique que j’ai toujours beaucoup de plaisir à relire, un de mes Christie favoris 🙂
  • Chasse à courre, Clémence Boulouque – un machin assez bizarre avec des chasseurs de tête (les mecs des RH, pas les Jivaros). Le personnage principal est antipathique, le tout donne une sensation de malaise.
  • Classe affaires, Benjamin Berton – un tissu de platitudes et d’inepties, même pas arrivée au tiers du bouquin. C’est rare que j’ai envie de lancer un bouquin par la fenêtre ; me suis abstenue parce qu’il était sur ma liseuse :p (j’aime bien ce terme pour parler de mon e-reader, je crois que je vais l’adopter).
  • À la recherche d’Elsa, Catherine Fradier – un polar en Drôme, court, qui se lit vite, mais plutôt sympa, voire assez poétique.
  • Phénix, Bernard Simonay – premier tome d’une trilogie ; fantasy post-apocalyptique avec des chevaliers, des prêtres gardiens de la science, des traversées de continent, saupoudrés de SF. Ça faisait longtemps que j’avais pas lu de la fantasy avec autant de plaisir. Dommage que le second tome, Graal (en cours de lecture ici), soit nettement plus laborieux.
  • Blind Faith, Ben Elton – un monde post-innondation générale où la « vie privée » est une hérésie religieuse et où l’ignorance est reine. Le début est plutôt sympa, la fin est bâclée. Ben Elton doit pas savoir faire les fins, j’avais eu la même impression à la fin de Dead Famous.
  • Chocolat, Joanne Harris – un bouquin avec des gens et une chocolaterie dans un village. Pas désagréable à lire, mais ne restera pas dans les annales. Faudrait que je voie le film, peut-être.
  • L’openspace m’a tuer, Alexandre des Isnards et Thomas Zuber – un machin avec des consultants. Pas mal de vrai, néanmoins exagéré (probablement l’accumulation qui donne cet effet), mais rien de révolutionnaire dans le propos.
  • Jane Eyre, Charlotte Brontë – Récupéré sur le projet Gutenberg, lu sur l’ebook, savouré de la première à la dernière page. C’est boooo 🙂 (Mais typiquement le genre de bouquin qui m’aurait gonflée si on me l’avait fait lire au collège. Contente que ça n’ait pas été le cas.) Une mention spéciale pour la traduction, très très agréable à lire.
  • Notes, tome 1 et 2, Boulet – Reprise des premières années du blog de Boulet (http://www.bouletcorp.org). Une bonne occase de tout relire sans se manger le scrogneugneu flash. Cela dit, maintenant, ya moyen de se passer dudit scrogneugneu flash : http://www.bouletcorp.com/lite/

J’ai encore quelques trucs sur le feu, notamment dans la catégorie « poils quotidiens », mais j’en parlerai quand je les aurai lus 🙂

Ah, et sinon, ya un bouquin vachement intéressant qui sort en mai chez Pearson. Mais j’en parlerai aussi en temps venu 🙂

Une chaîne avec des bouquins dedans

Ya une vile personne qui m’a refilé une chaîne, et comme on est samedi soir, que j’ai mangé mes premières frites faites moi-même avec ma friteuse toute neuve (et qu’en plus le thème est sympa), je m’y colle !

Plutôt Corne ou Marque Page ?

J’ai un trèèèèèèèèèès vilain défaut : je pose mes livres ouverts éventrés pages contre sol, bureau, couvercle de poubelle de la salle de bain, table de nuit…

As-tu déjà reçu un livre en cadeau ?

Bien sûr.

Lis-tu dans ton bain ?

Oui. Par contre j’ai pas encore trouvé comment ne pas finir avec des pages mouillées. J’envisage de mettre mon ereader dans un sac étanche transparent la prochaine fois que je prends un bain.

As-tu déjà pensé à écrire un livre ?

J’en écris un en ce moment 😉 (Je m’y recolle dès que j’ai fini la chaîne.)

Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ?

Quand la série est bien, ça fait plus longtemps à savourer. Quand la série traîne en longueur, c’est relou. (Exemple type : Wheel of Time, de Jordan. Jamais réussi à dépasser le tome 6 ou 7. Sur 12.)

As-tu un livre culte ?

Pas vraiment. J’ai beaucoup de livres que j’aime vraiment énormément, mais pas vraiment de livre culte en soi. La même question il y a quelques années, j’aurais probablement répondu La nuit des temps, de Barjavel.

Aimes-tu relire ?

Oui. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai du mal à me séparer d’un bouquin : et si j’avais un jour envie de le relire ??

Rencontrer ou pas les auteurs des livres que l’on a aimé ?

J’ai principalement deux souvenirs à ce sujet. Yak Rivais, rencontré alors que j’étais toute gamine au salon du livre jeunesse de Montreuil, j’étais fan absolue de sa série des Enfantastiques, j’avais eu une jolie dédicace avec un bô dessin, j’étais toute fière et je me souviens de Yak Rivais comme d’un monsieur très gentil.

Plus récemment (ya 3 ans, je crois), j’ai rencontré Martin Winckler, au salon du livre pas jeunesse :p On a un peu discuté, on devait être deux ou trois personnes à causer, c’était très sympa…

Par contre, de manière générale, c’est super intimidant. L’impression d’avoir rien à dire à part « j’aime beaucoup ce que vous faites » (ah boooon ?)…

Aimes-tu parler de tes lectures ?

En parler, non. En donner mon avis par écrit, il m’arrive de vous le faire subir ici. C’est pas un exercice avec lequel je suis très à l’aise, j’ai du mal à aller au-delà du « j’ai bien aimé/j’ai pas aimé ».

Comment choisis-tu tes livres ?

Ya des auteurs que j’achète les yeux fermés, et en général systématiquement. Martin Winckler, John Irving (m’en manque quelques uns d’ailleurs) (je savais bien que j’avais des trucs à mettre sur cette wishlist Amazon), Marian Keyes (probablement plus discutable, mais j’aime bieeeeen :p)… Sinon, bah j’erre dans les librairies ou sur Amazon (et plus récemment sur Mobipocket et sur Numilog) (et au salon du livre, grosse moisson le salon du livre), je tombe sur des trucs plus ou moins probables, et là ça marche à la couverture, au résumé, parfois à l’auteur…

Une lecture inavouable ?

On va dire que j’ai deux avouables parmi mes avouables : les Marian Keyes, qui tombent quand même dans le domaine « chick lit » (pff, je hais ce terme, mais flemme d’en inventer un autre là de suite), et les bouquins d’organisation, dans lesquels mais si un jour je trouverai de quoi ne plus être bordélique et arrêter de procrastiner ! Ah, et Twilight, voir billet précédent.

Des endroits préférés pour lire ?

Pas vraiment, je bouquine un peu n’importe où.

Un livre idéal pour toi serait ?

À l’image d’une bonne série télé : en 7 saisons de 22 épisodes denses 🙂

Télé, Jeux Vidéo ou Livres ?

Ben les trois. Pareil, ya quelques années j’aurais probablement dit Livres, entre temps j’ai découvert le concept de « coffrets DVD de séries » et WoW 🙂

Lire et Manger ?

J’aime bien bouquiner au petit déj. Il m’arrive aussi (quoique plus rarement ces derniers temps) d’aller déjeuner ou dîner seule au restaurant avec un bouquin, et ça ça fait réellement partie des petits plaisirs de la vie.

Lecture en musique, en silence ou peu importe ?

Peu importe.

Livre électronique ?

J’adore le mien 🙂

Le livre te tombe des mains, aller jusqu’au bout ?

Non. Ya probablement d’autres choses plus intéressantes à lire.

Es-tu pour le partage des livres ou préfères-tu une bibliothèque séparée de la personne avec qui tu vis ?

Les 9/10e de la bibliothèque commune qui m’appartiennent cohabitent bien avec le 1/10 représentant les bouquins de Pierre 🙂

As-tu des livres dédicacés ?

Quelques uns.

Tu lis quoi en ce moment ?

Je re-re(re-re-re…)lis La Plume empoisonnée d’Agatha Christie et je lis S’organiser tout simplement, de Laurence Einfalt et Stéphanie Bujon, par ailleurs acheté en PDF sur le site Izibook d’Eyrolles, qui fait partie des trucs intelligents : bouquins PDF, sans DRM, simplement marqués au nom et à l’adresse mail de l’acquéreur : j’approuve. (Et pour les bouquins techniques, la recherche texte a fait ses preuves…) (Et ils ont même un flux RSS. Fou, je vous dis.)

Allez qui s’y colle ?

Bah heu… Pinky et Artefact parce qu’on les entend plus, Gleu parce que c’est un gros bouquineur, et Dup parce que j’ai 0 idée de ses réponses là-dessus :p

Twilight – les quatre tomes

Je viens (la semaine dernière) de finir de m’engouffrer les quatre tomes de la série Twilight de Stephenie Meyer (lus au passage sur mon ebook favori, qui fonctionne donc toujours au poil et dont je suis toujours très contente).

J’ai grommelé pendant à peu près toute la lecture que c’était nul et que j’avais envie de baffer les personnages, mais j’ai quand même descendu les quatre tomes avec une ferveur qui m’étonne moi-même, c’est donc que je n’ai pas tant détesté que ça. Et puis je me suis surprise à chercher des infos sur le film, à regarder les affiches dudit film en France avec intérêt, et puis… et puis bref, c’est pas « si pire » comme bouquins.

Pour l’histoire, c’est donc l’histoire de ma presque homonyme, Isabella, surnommée Bella, qui se pointe dans un coin pluvieux de l’État de Washington (y en a-t-il d’autres ? c’est à se demander) pour vivre avec son papa (qui est apparemment une catastrophe aux fourneaux, on l’saura). Elle y rencontre la famille Cullen, et surtout Edward, famille qui s’avère être un groupe de vampires. Vampires qui font le choix « moral » du « végétarisme » (c’est-à-dire bouffer de l’ours plutôt que de l’humain), mais le choix moral n’empêche pas nécessairement les pulsions. Et on part pour quatre tomes, le quatrième étant à mon sens le plus sympa.

Les mythes à la fois du vampire et du loup-garou sont « revisités », c’est plutôt rigolo comme idées. Bref, c’est mièvre, c’est par moment très agaçant, ça restera probablement pas dans les annales, et je ne pense d’ailleurs pas que ça en ait la vocation, mais c’est… reposant, voilà.

Et, pour tout dire, j’attends la sortie du premier film début février en Suisse.

Irex Iliad – j’ai craqué !

À peine rentrés en Suisse que nous sommes déjà repartis à Paris (Pierre soutient sa thèse demain…) – mais j’en ai profité pour passer chez Orell Füssli, distributeur en Suisse des e-readers Irex Iliad.

Le machin était en vitrine avec une jolie étiquette de prix, 940CHF quand même (un petit 600 euros, au cours d’aujourd’hui). J’ai demandé à la madame à côté s’il y avait moyen de jeter un oeil dessus, elle a ouvert la vitrine et me l’a tendu. J’ai largement essayé le truc en boutique, essayé l’annotation, l’interface, bref joué avec. Les tests ont été concluants : je suis repartis avec, sous le regard amusé de ma copine Petra qui était venue avec moi :p

Donc, après quelques jours d’utilisation, je pense que le plus simple est encore d’en faire une liste d’avantages et d’inconvénients…

Avantages :

  • La lisibilité et l' »écran ». Franchement la qualité d’image est bluffante. Ça brille certes un peu en pleine lumière (mais l’écran reste très mat tout de même) mais en lumière indirecte on pourrait vraiment croire qu’ya une feuille de papier posée sur l’écran. Peut être un poil moins contrasté que du beau papier blanc, plutôt voir du papier recyclé pas très blanchi ; en tous cas pour le confort de lecture, de mon point de vue, c’est impeccable. Mais faut le voir pour le croire, c’est assez « perturbant » d’avoir un truc qui ressemble vachement à un écran, ou pas.
  • La fonction d’annotation. Tous les ereaders ne la proposent pas, mais c’est en ce qui me concerne très intéressant : je vais pouvoir arrêter de tuer des arbres en imprimant mes épreuves de relecture. Le stylet est raisonnablement précis (suffisamment pour la tâche en tous cas) et on peut sans problème écrire comme d’hab (faut se faire à une légère latence à l’affichage).
  • La configuration, complète et pas trop mal fichue.
  • L’ouverture de la plateforme : le source est disponible sur le site d’Irex, ainsi que la chaîne de compile, un SDK et tout ce qu’il faut.
  • Les formats pris en charge : mobipocket, PDF, texte, entre autres.
  • Les slots SD, Compact Flash et USB.
  • Le zoom du texte et des PDF.

Inconvénients :

  • Le prix. C’est cher, faut le dire.
  • La latence d’affichage. C’est pas des plus rapides. Ça reste très largement supportable, suffit de pas oublier de « tourner la page » deux lignes avant la fin de la page :p
  • Prend pas les cartes SDHC.
  • Moins utilisable qu’un bouquin au décollage et à l’atterissage d’un avion 🙂
  • monochrome (pas de couleur) mais ça c’est la techno qui veut ça !
  • le catalogue d’ebooks, qui devrait s’étoffer, mais bon, c’est déjà pas mal (j’aurai pas le temps de tout lire de toutes façons 🙂 )
  • le fait que la garantie saute quand on modifie le soft du machin : c’est ouvert, mais ya des limites. Bon, je dirais que c’est presque de bonne guerre, « si tu fais de la merde, assume ».

Pas encore testé :

  • la récupération des annotations sur les PDF.

Bref, l’un dans l’autre, chuis très contente de mon achat. Vala !

Na veux des ebooks.

J’ai un rêve : pouvoir consommer des bouquins comme je consomme de la musique. Avoir des fichiers sur mon ordinateur, les transférer sur mon lecteur, avoir des offres d’achat de musique en ligne qui valent ce qu’elles valent mais qui ont l’avantage d’exister, des trucs comme ça.

J’espère que ce jour viendra bientôt. Déjà, parce que les bouquins, c’est bien, mais c’est comme les CD : encombrant. D’autre part, parce que j’ai un rapport relativement instinctif aux bouquins : en entendre parler, vouloir, acheter. Le tout relativement rapidement, et avec l’envie d’avoir les bouquins en question vite. Oui, je sais, c’est puéril, mais c’est comme ça. Et pour finir pour ne plus jamais avoir le concept frustrant du « ah ben non désolé tirage épuisé ». Et que si j’apprécie l’odeur et le toucher d’un bouquin, et de traîner les librairies et les bibliothèques, dans mon schéma actuel d’achat, ça ne fait malheureusement pas le poids.

Amazon a un truc plutôt excitant avec son Kindle. Malheureusement, il n’est disponible qu’aux États-Unis et même l’achat de livres n’est disponible qu’aux États-Unis, avec une IP US, une carte bancaire US et une adresse US. Tout cela est contournable, mais ça prend des proportions. Le monde de l’édition est peut-être plus bordélique encore que celui de la musique. Disclaimer : je ne sais pas de quoi je parle, j’extrapole à partir de ce qui me semble logique. Si ça se trouve c’est idiot ce que je dis :p Si Universal a un droit sur un morceau, il est probable qu’il puisse aussi bien céder ces droits aux US qu’en France. Sur les bouquins, les droits me semblent plus compliqués, du fait entre autres des droits de traduction (et saupoudrons un peu de loi Lang sur le territoire français pour rigoler un peu) (je suis pas contre la loi Lang, mais j’imagine que ça peut ajouter un bordel non négligeable pour la diffusion).

Bref, on peut imaginer tout un tas d’obstacles législatifs & compagnie qui font que l’offre commence à décoller un peu (Sony, Amazon) aux États-Unis mais qu’elle est pratiquement inexistante en Europe (à l’exception notable de MobiPocket.

Après, ya l’obstacle pratique. Les lecteurs d’e-books sont encore chers. En tant qu' »early adopter » potentielle, je suis prête à passer cet obstacle. Juste, j’aimerais pas me retrouver avec un truc incompatible avec « le format qui va révolutionner le monde de l’ebook ». J’ai eu un machin Sony (PRS-505) en main l’autre jour et c’est assez convaincant du point de vue du confort de lecture. Ça l’est un peu moins du point de vue mémoire : la prise en charge des cartes SDHC eût été appréciable (et c’est apparemment un défaut que partage la majorité lecteurs actuels, voir ce tableau. Bon, en plus, mon lecteur, j’aimerais mieux qu’il tourne sous Linux que sous Windows CE, soyons fous.

J’ai entendu du bien de l’iRex ILiad, qui a l’avantage de lire pas mal de formats, mais il est vraiment cher. Quand je dis que je suis prête à passer cet obstacle, j’aurais bien aimé me limiter à 300/400$ (voire euros, allez, soyons fous :D). Là, on est nettement au-dessus. Il a l’avantage de permettre d’annoter des éléments, ce qui peut être intéressant dans le cadre de mon activité professionnelle (j’aime pas relire sur écran, j’aime bien avoir un stylo quand je relis, mais j’ai mal chaque fois que j’imprime un chapitre). La disponibilité du SDK est intéressante aussi.

La grosse inconnue reste : ce truc va-t-il être utilisable dans un an ou deux ? J’ose espérer qu’après le fiasco des DRM sur la musique, les éditeurs auront l’intelligence de proposer des formats SANS DRM. Cela devrait faciliter largement une éventuelle conversion. Ah, et toujours une question idiote, pourquoi les ebooks sont-ils à peine moins chers que les livres papier, alors que les coûts de diffusion et d’impression sont probablement largement restreints ?

Certains attendent une sortie chez Apple parce que Jobs a dit que le modèle était intrinsèquement faible vu que les gens ne lisent pas 🙂 (les gens qui suivent l’actu Apple ont une certaine tendance à faire grossir des rumeurs, pas forcément fausses d’ailleurs, tout le monde attendait la sortie de l’iPhone) (et comme j’ai lu tout à l’heure, la marque iBook est réutilisable 😀 ). Je suis partagée là-dessus. D’une part, certes, Apple a fait énormément de bien à la musique en ligne et je les en remercie. L’iPod qui traîne sur la table en est un bon exemple. D’autre part, bon, c’est pas comme si Apple avait une réputation de faire des trucs super ouverts et utilisables sur mon OS préféré. Je dois dire que c’est plus un critère pour moi que ça ne l’était il y a quelques années.

Bref, je me tâte. L’iLiad est dispo chez Orell Füssli en Suisse, je vais ptêt attendre de rentrer pour aller voir la bête « sur pied ». Un collègue de Pierre en a un aussi, c’est peut être l’occasion de tester les quelques ebooks que je possède déjà (des PDF O’Reilly, pour la plupart). Je me connais, je vais probablement craquer. J’espère juste que le marché suivra.

C’est toujours triste quand un éditeur met les clés sous la porte

D’autant plus triste quand l’éditeur en question est une référence dans son domaine et qu’il fait en quelque sorte « partie du paysage ».

Je crois qu’il ya a pas mal de geeks qui se sont sentis un peu orphelins lors de l’annonce de la fermeture définitive d’O’Reilly France.

Moi la première d’ailleurs… j’ai appris la nouvelle assez tôt, mettons quelques heures avant qu’elle ne filtre sur LinuxFR, grâce à un mail de mon éditrice, Dominique. J’avoue être restée sans voix pendant quelque temps. Et les rares mots que j’ai réussi à placer n’étaient pas vraiment ceux d’une jeune fille bien élevée – ça tombe bien, je viens de me marier, je ne suis plus une jeune fille 😉 (mais je suis toujours bien élevée, hein).

Alors ouais, j’ai vu pas mal de gens dire « je m’en fous, les O’Reilly, je lis en anglais ». C’est oublier plusieurs choses à mon avis. D’abord, le fait qu’O’Reilly France a (avait, snif) une quantité de contenu original (donc non traduit d’une autre langue) non négligeable. D’autre part, le fait que filer un bouquin en anglais à certaines personnes, c’est avoir l’assurance qu’ils ne l’ouvriront pas. Tertio… oui, je lis couramment l’anglais, je le traduis même (y compris pour O’Reilly). Et ben je sais pas vous, mais moi trouver du contenu en français, ben j’aime bien, quand même. Enfin bref.

Toujours est-il que je pense pas être la seule à en avoir un peu gros sur la patate en ce moment.D’une part parce que j’ai perdu un de mes employeurs, certes. Mais aussi parce que le paysage de l’édition informatique francophone a perdu pas loin d’une légende. La qualité des bouquins O’Reilly (anglais ou français, originaux) est, je crois, unanimement reconnue ; j’ai vu des gens râler sur les traductions – pour avoir eu l’occasion de travailler sur quelques unes, je crois honnêtement qu’on était loin de faire du mauvais boulot (ceci sans volonté de me passer la brosse à reluire, j’ai eu l’occasion de bosser avec des gens balaises dans leurs domaines et avec des standards de qualité plutôt élevés).

Ma relation aux bouquins est probablement pas des plus « normales » et j’ai toujours au moins un pincement quand j’entends parler de la fermeture de telle ou telle maison. Ça arrive relativement souvent, l’édition française est un écosytème relativement mouvant. C’est évidemment pire quand l’affectif s’en mêle. Une petite pensée aux gens avec qui j’ai eu l’occasion de travailler ou d’interagir chez O’Reilly France.Bon courage à vous tous.

(J’ai conscience que ce billet est bordélique. Mais je suis assez bordélique moi-même, alors…)

[Challenge ABC] C – Carrière, Jean-Claude – La controverse de Valladolid

Je profite du Challenge ABC pour lire les bouquins qui traînent dans la bibliothèque et que je n’ai pas encore lus… pour la majorité, ceux de Pierre, éparpillés ça et là parmi les miens 🙂

La Controverse de Valladolid en fait partie. La quatrième de couverture est pour une fois assez représentative du contenu du livre, donc je vais la citer sans plus de scrupule :

En 1550, une question agite la chrétienté : qui sont les Indiens ? Une catégorie d’êtres inférieurs qu’il faut soumettre et convertir ? Ou des hommes, libres et égaux ? Un légat envoyé par le pape doit en décider. Pour l’aider, deux religieux espagnols. Tout oppose Ginès de Sépulvéda, fin lettré, rompu à l’art de la polémique, et Bartolomé de Las Casas, prêtre et homme de terrain ayant vécu de nombreuses années dans le Nouveau Monde. Le premier défend la guerre et son cortège d’atrocités au nom de Dieu. Le second lutte contre l’esclavage des Indiens.

Ce petit (250 pages, à peu près) livre se lit à la vitesse V. Les incultes comme moi qui n’avaient à peu près jamais entendu parler de ces événements verront enfin de quoi il s’agit. Tout le bouquin se structure autour de dialogues, principalement entre les deux protagonistes de l’affaire. Ça rend l’ensemble assez vivant et j’ai beaucoup apprécié la rhétorique employée. Et… la petite dizaine de pages de la fin laisse un peu « sur le cul ».

Carrière indique en préface qu’il n’est pas certain, historiquement, que les deux hommes se soient rencontrés et que certains éléments « dramatiques » sont le fait de la narration romancée. Cependant, il estime les arguments théologiques avancés dans l’ouvrage comme fidèles à la réalité qui a été retranscrite.

Bref, une lecture agréable et intéressante.

[Challenge ABC] B – Bukowski, Charles – Contes de la folie ordinaire

Bukowski me hante depuis que je suis au lycée. J’étais alors rédac’chef du (petit) journal du (petit) lycée, qui s’appelait le Léonard et qu’on vendait 2F à la récré pour rentrer dans les frais des photocopies.

Une copine à moi, Diane, avait écrit un article/critique de livre sur Bukowski et il me semble bien que c’était sur celui-ci. À la lecture de sa critique (Diane écrivait très bien. Je me demande ce qu’elle est devenue.), j’ai reculé. J’ai pas osé lire le bouquin.

Dix ans après, je ne regrette pas d’avoir attendu. C’est pas un bouquin à faire lire à une môme de quinze ans (surtout à moi à quinze ans 🙂 ). D’ailleurs, le titre anglais, Erections, Ejaculations, Exhibitions and General Tales of Ordinary Madness serait peut-être pas passé dans le journal du lycée (le proviseur avait un droit de regard dessus avant publication).

Que dire ? J’ai reproché à Beigbeder (du peu que j’en ai lu, c’est à dire un bouquin dans le challenge de l’an dernier) de faire du « trash pour le trash ». La même « critique » s’applique à Bukowski. Sauf que le personnage de Bukowski, en soi, me paraît bien plus crédible dans ce rôle que Beigbeder qui passe un peu trop bien à la télé. Ah, et Bukowski est bien plus drôle et cynique.

Bref, on va dire que je me suis surprise à bien aimer. C’est un bouquin de très courtes nouvelles, on les apprécie forcément plus ou moins… J’ai un faible pour Le Petit ramoneur où le narrateur se voit… rétrécir.

[Challenge ABC] A – Asimov, Isaac – La Mère des mondes

La Mère des mondes est un recueil de nouvelles d’Asimov qui avait jusqu’ici échappé à mon attention ; il a dû m’être proposé par Amazon dans les trucs qui « peuvent potentiellement vous intéresser, sortez votre carte bleue » – bon, faut dire que sur Amazon, ils sont pas mauvais là-dessus 🙂

Bref, je l’avais acheté, je sais pas pourquoi j’avais pas encore pris le temps de le lire (probablement oublié), voilà qui est réparé.

La Mère des mondes est un recueil « typique » d’Asimov, avec commentaires avant et après chaque nouvelle. C’est intéressant, à la fois du point de vue biographique de l’auteur (qui en fait des tonnes, comme à son habitude, mais c’est pas nouveau qu’Asimov avait l’égo de la taille d’une planète, suffit de lire I, Asimov pour en être convaincu) et du point de vue du « marché » de la SF à la fin des années 40. C’est aussi souvent assez amusant. Bref, s’il y a des gens qui sautent les commentaires par principe, tentez ceux-là (ceux d’Asimov entre ses nouvelles en général, pas forcément ceux du bouquin), je trouve qu’ils en valent la peine.

La première nouvelle, Cul-de-sac, est à ma connaissance une des rares nouvelles d’Asimov qui met en scène des aliens (intelligents) non humanoïdes. Ceux-ci sont « parqués » dans une espèce de zoo avec tout le confort possible (ou pas) et ce à des fins d’étude. La nouvelle est construite par une alternance entre dialogues et « notes de service » et est une jolie démonstration de la phrase quasi finale de la nouvelle : « Un gouverneur capable peut travailler dans les limites de la paperasserie administrative et obtenir quand même ce qu’il veut ». La forme de cette nouvelle est peut-être la raison pour laquelle je n’avais pas encore lu ce recueil de nouvelles, qui commence par une de ces « notes de service » à l’aspect pour le moins rébarbatif 🙂 Mais la nouvelle est sympa.

La seconde nouvelle, Aucun rapport, se déroule dans un futur lointain – la description des « américains moyens » est intriguante (mais pas très longtemps) et les « ancêtres » trouvés dans les fouilles archéologiques nous ressemblent plutôt ! Elle a très peu de commentaires d’Asimov, et c’est à mon avis la nouvelle la plus faiblarde du recueil.

La troisième est un « classique » au sens où c’est probablement une des anecdotes préférées d’Asimov et qu’on la retrouve dans plusieurs bouquins. Je n’avais en revanche jamais lu la « nouvelle » correspondante, intitulée Les Propriétés endochroniques de la thiotimoline resublimée. Asimov était en thèse de chimie au moment où il a commis ça et, à ce qu’il raconte, il avait un composé qui se diluait vite au point d’avoir pensé « Si ce truc se diluait plus vite, il le ferait AVANT de toucher l’eau »… Et ça a donné un faux papier de recherche avec le titre indiqué. Au moment de la publication, Asimov allait soutenir assez rapidement et avait demandé à son éditeur de publier le papier sous un pseudonyme… et évidemment l’éditeur a oublié… En tous cas, un bon moment, et apparemment un truc repris relativement souvent, par lui-même et par d’autres, si j’en crois l’article de la Wikipédia associé au composé en question

La quatrième a pour titre La Course de la reine rouge, en référence à Lewis Carroll. C’est une enquête sur la disparition de la charge nucléaire d’une centrale, pas forcément sans rappeler les nouvelles publiées dans les Histoires mystérieuses. Avec des vrais morceaux de voyage dans le temps dedans 🙂 Je crois que c’est ma préférée dans ce recueil.

La cinquième et dernière, qui donne son titre au recueil, se situe chronologiquement avant les Cavernes d’acier et ses « suites » mais n’est pas forcément très cohérent avec le contexte décrit dans les Cavernes. Elle raconte le Projet Pacifique, une guerre entre la Terre et les Mondes Extérieurs (les Spaciens ! 🙂 ) où les vainqueurs ne sont pas forcément ceux que l’on croit… Une lecture sympathique.

Voilà, j’aurai lu cinq nouvelles de plus d’Asimov. Je crois qu’il m’en manque encore pas mal…

Le retour du challenge abécédaire

Le challenge ABC (rebaptisé parCécile (au fait, je crois que je vous ai pas encore parlé du blog de Cécile, vaste capharnaüm fort sympathique à l’image de sa propriétaire (heu, le sympathique, pas le capharnaüm, je me permettrais pas) et très prolifique…) « challenge abécédaire », c’est vrai que c’est plus joli) (faut que je me calme sur les parenthèses) (où j’en étais) (ah oui, le challenge abécédaire) consiste à indiquer en début d’année une liste de 26 bouquins à lire, avec une lettre par nom d’auteur : A comme Asimov, B comme Bradbury, C comme Clarke, bref, vous voyez l’esprit.

Bon, j’ai nettement pas fini le challenge 2007… donc je me suis pas cassé la tête pour 2008, j’ai plus ou moins repris ceux que j’avais pas lus en 2007 et complété. Je m’étais posé l’an dernier comme contrainte supplémentaire de ne mettre que des auteurs que je n’avais pas lus ; là, vu l’état des finances après le déménagement, j’ai essayé de récupérer un certain nombre de bouquins de ma pile à lire !

Toujours est-il que la liste pour 2008 est .