Na veux des ebooks.

J’ai un rêve : pouvoir consommer des bouquins comme je consomme de la musique. Avoir des fichiers sur mon ordinateur, les transférer sur mon lecteur, avoir des offres d’achat de musique en ligne qui valent ce qu’elles valent mais qui ont l’avantage d’exister, des trucs comme ça.

J’espère que ce jour viendra bientôt. Déjà, parce que les bouquins, c’est bien, mais c’est comme les CD : encombrant. D’autre part, parce que j’ai un rapport relativement instinctif aux bouquins : en entendre parler, vouloir, acheter. Le tout relativement rapidement, et avec l’envie d’avoir les bouquins en question vite. Oui, je sais, c’est puéril, mais c’est comme ça. Et pour finir pour ne plus jamais avoir le concept frustrant du « ah ben non désolé tirage épuisé ». Et que si j’apprécie l’odeur et le toucher d’un bouquin, et de traîner les librairies et les bibliothèques, dans mon schéma actuel d’achat, ça ne fait malheureusement pas le poids.

Amazon a un truc plutôt excitant avec son Kindle. Malheureusement, il n’est disponible qu’aux États-Unis et même l’achat de livres n’est disponible qu’aux États-Unis, avec une IP US, une carte bancaire US et une adresse US. Tout cela est contournable, mais ça prend des proportions. Le monde de l’édition est peut-être plus bordélique encore que celui de la musique. Disclaimer : je ne sais pas de quoi je parle, j’extrapole à partir de ce qui me semble logique. Si ça se trouve c’est idiot ce que je dis :p Si Universal a un droit sur un morceau, il est probable qu’il puisse aussi bien céder ces droits aux US qu’en France. Sur les bouquins, les droits me semblent plus compliqués, du fait entre autres des droits de traduction (et saupoudrons un peu de loi Lang sur le territoire français pour rigoler un peu) (je suis pas contre la loi Lang, mais j’imagine que ça peut ajouter un bordel non négligeable pour la diffusion).

Bref, on peut imaginer tout un tas d’obstacles législatifs & compagnie qui font que l’offre commence à décoller un peu (Sony, Amazon) aux États-Unis mais qu’elle est pratiquement inexistante en Europe (à l’exception notable de MobiPocket.

Après, ya l’obstacle pratique. Les lecteurs d’e-books sont encore chers. En tant qu' »early adopter » potentielle, je suis prête à passer cet obstacle. Juste, j’aimerais pas me retrouver avec un truc incompatible avec « le format qui va révolutionner le monde de l’ebook ». J’ai eu un machin Sony (PRS-505) en main l’autre jour et c’est assez convaincant du point de vue du confort de lecture. Ça l’est un peu moins du point de vue mémoire : la prise en charge des cartes SDHC eût été appréciable (et c’est apparemment un défaut que partage la majorité lecteurs actuels, voir ce tableau. Bon, en plus, mon lecteur, j’aimerais mieux qu’il tourne sous Linux que sous Windows CE, soyons fous.

J’ai entendu du bien de l’iRex ILiad, qui a l’avantage de lire pas mal de formats, mais il est vraiment cher. Quand je dis que je suis prête à passer cet obstacle, j’aurais bien aimé me limiter à 300/400$ (voire euros, allez, soyons fous :D). Là, on est nettement au-dessus. Il a l’avantage de permettre d’annoter des éléments, ce qui peut être intéressant dans le cadre de mon activité professionnelle (j’aime pas relire sur écran, j’aime bien avoir un stylo quand je relis, mais j’ai mal chaque fois que j’imprime un chapitre). La disponibilité du SDK est intéressante aussi.

La grosse inconnue reste : ce truc va-t-il être utilisable dans un an ou deux ? J’ose espérer qu’après le fiasco des DRM sur la musique, les éditeurs auront l’intelligence de proposer des formats SANS DRM. Cela devrait faciliter largement une éventuelle conversion. Ah, et toujours une question idiote, pourquoi les ebooks sont-ils à peine moins chers que les livres papier, alors que les coûts de diffusion et d’impression sont probablement largement restreints ?

Certains attendent une sortie chez Apple parce que Jobs a dit que le modèle était intrinsèquement faible vu que les gens ne lisent pas 🙂 (les gens qui suivent l’actu Apple ont une certaine tendance à faire grossir des rumeurs, pas forcément fausses d’ailleurs, tout le monde attendait la sortie de l’iPhone) (et comme j’ai lu tout à l’heure, la marque iBook est réutilisable 😀 ). Je suis partagée là-dessus. D’une part, certes, Apple a fait énormément de bien à la musique en ligne et je les en remercie. L’iPod qui traîne sur la table en est un bon exemple. D’autre part, bon, c’est pas comme si Apple avait une réputation de faire des trucs super ouverts et utilisables sur mon OS préféré. Je dois dire que c’est plus un critère pour moi que ça ne l’était il y a quelques années.

Bref, je me tâte. L’iLiad est dispo chez Orell Füssli en Suisse, je vais ptêt attendre de rentrer pour aller voir la bête « sur pied ». Un collègue de Pierre en a un aussi, c’est peut être l’occasion de tester les quelques ebooks que je possède déjà (des PDF O’Reilly, pour la plupart). Je me connais, je vais probablement craquer. J’espère juste que le marché suivra.

8 commentaires sur « Na veux des ebooks. »

  1. Sur le sujet du prix, j’ai une réponse partielle : aujourd’hui, imprimer un livre en grande série est très, très peu coûteux. Pour un roman au format classique ou un bouquin d’info, on parle de moins de 1 € (alors qu’il va être vendu au moins 15€). Et je parle même pas des poches. De même, le système de diffusion est assez bien rodé, ce qui limite les coûts. Le prix d’un livre est donc surtout justifié par la marge du distributeur, la marge de l’éditeur et les royalties de l’auteur. Tous ces éléments ne changent pas trop quand le livre est électronique…

  2. Le prix du transport n’est pas négligeable (surtout en ces temps difficile, ma bonne dame) et on a du mal à comprendre que son absence ne soit pas plus sensible. Autre chose, quand un éditeur décide de publier un livre, même si le coût d’impression à l’exemplaire est très bas, il représente quand même un investissement. L’éditeur doit donc avancer ces frais et ceux de la distribution. Dans le cas de l’ebook, l’investissement premier est bien plus faible, ça devrait être perceptible.

  3. Le passage au numérique implique d’importants efforts financiers de la part des éditeurs, qui doivent réorganiser toute leur chaîne de production, efforts qui ne sont pas toujours récompensés, le marché étant encore tout petit. Les livres numériques sont en moyenne 25% moins chers que les livres papier malgré une TVA à 19,6% au lieu de 5,5% pour le papier. C’est un début, les prix baisseront sûrement quand le marché s’agrandira. Pour avoir des livres en français allez voir http://www.numilog.fr, la première librairie numérique francophone !

  4. oups j’ai laissé une virgule le lien est inactif le bon lien c’est http://www.numilog.fr .
    Et pour la loi Lang non elle ne s’applique pas pour le livre numérqiue, au regard de la loi un livre est un ensemble de feuilles reliées ou brochées, il n’y a pas de prix unique pour les ebooks.

  5. @Kooorrg : l’intérêt de l’ebook est AUSSI de pouvoir «  »se passer » » de distributeur – certes le développement d’un site web, surtout en ecommerce, n’est pas donné, mais ça s’amortit mieux.
    @Delphine : il l’est tout de même, la différence de prix existe, souvent.
    @Xavier : Ah, j’avais point songé à la TVA. Je connaissais pas numilog, merci, je note précieusement pour quand j’aurai investi 😉 OK pour la loi Lang, je comprends qu’on en parle beaucoup en ce moment ça doit faire flipper des gens qu’un marché non régulé par ça se mette un peu en place, même à petits pas.
    C’est vrai qu’on est au début de l’aventure et qu’il est normal que ça soit pas forcément donné dans ces circonstances. Notons que j’ai pas dit que c’était un problème, je me posais la question :p
    Après tout si je me fous du contenant, je paye un prix donné pour le contenu ; à l’heure actuelle j’estime que mon contenu vaut les XX euros que je fous dans un bouquin, il les vaudra tout autant sous forme numérique.

  6. Bonsoir balise, Vaste sujet que tu abordes là…! Je suis l’heureux possesseur d’un Cybook Gen3, mais je n’en suis pas a mon coup d’essai car depuis bentot deux ans je lisais déjà presque exclusivement sur mon Palm TX. Je pense qu’effectivement nous devons nous attendre a pas mal de déboires avec les DRM, même si le format Mobipocket (.PRC) semble sortir du lot. C’est celui que j’ai adopté depuis le début, et le fait qu’Amazon est racheté Mobipocket dans le cadre de son opération Kindle me donne a penser que j’ai bien fait. Jete donc un coup d’oeil sur le site de Booken, la firme Française qui réalise le Cybook, je pense que cela pourrais te convenir. En tant qu’Early Adopter je pense que c’est la solution la plus rationnelle actuellement.
    Si tu lis l’anglais la solution c’est FictionWise, Webscription et Mobipocket. Si malheureusement tu ne lis que le Français je ne saurais trop te conseiller d’attendre. L’offre hexagonale est encore ridicule et je ne vois aps les choses s’arranger avant au moins une bonne paire d’année (j’ai toujours été optimiste). Si tu as quelques minutes passe donc me faire un petit coucou sur mon blog : « Xanadu », tu y trouveras une série de billets sur les ebooks et notamment sur mes passages successifs sur Palm TX et sur Cybook. Cela devrais t’intéresser. Ce n’est après tout que mon expérience perso, mais si cela peut aider tant mieux. Cheers
    Bonne lectures
    El JC

  7. Bonjour
    Ils nous faut cesser d’attendre.
    Chacun de nous peut contribuer à l’éclosion sur la toile des ouvrages numériques.
    Je vous invite à aller glaner sur mon site
    artyuiop.fr
    des ouvrages de poésie d’hier et d’aujourd’hui
    Dominique Petitjean

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