Les #balisebooks, en français

Bon, ce blog était plus qu’en jachère depuis longtemps ; apparemment pas grand chose à dire ces temps-ci (je ferai ptêt un billet à l’occasion sur Les Aventures de Balise à l’ETHZ), ou alors je les dis ailleurs 🙂

Un des « ailleurs » sur lesquels j’écris beaucoup ces temps-ci est mon compte Google+, et en particulier j’y ai commencé une série de posts taggés #balisebooks, où je cause de ce que je lis. Et comme j’écris là-bas en anglais et que je me dis que je pourrais les transcrire ici en français pour les gens qui préfèrent me lire en français (j’ai surtout des gens qui lisent l’anglais, et beaucoup qui ne lisent pas du tout le français, qui me suivent sur G+… d’où le choix d’y causer majoritairement en françaisanglais (merci Delphine pour la correction)).

Bref, pour le paragraphe introductif en français : « Il se trouve que je lis pas mal (bon pas TANT QUE ÇA, mais j’ai mesuré plus de 2000 pages en janvier, donc c’est pas négligeable non plus). J’ai beaucoup de mal à donner une opinion sur un livre, ou à faire un billet qui ne gâche pas la moitié de l’histoire tout en restant plus informative que « c’est l’histoire d’un mec », mais je me suis dit que j’allais essayer de faire ça un peu plus souvent. J’ai un faible coupable pour pas mal de bouquins qui ont assez mauvaise réputation (oui, j’ai lu les 4 tomes de Twilight. Et j’ai pas détesté :P), mais bon 🙂 Je suis bon public, et j’aime bien les bouquins qui se lisent facilement. Et je relis mes bouquins plusieurs fois. Bref, voici #balisebooks, because I can. »

Donc, voilà, je vais parler de bouquins dans les billets qui suivent, histoire peut-être de rendre un peu de vie à ce blog, et histoire d’avoir du contenu qui a un peut-être peu plus de pérennité qu’un post G+.

Ça fait longtemps que j’ai pas causé bouquins, non ?

bon bah on va corriger ça… J’oublie probablement des trucs ; tant pis ! Sans ordre particulier, c’est du vrac.

  • La Servante écarlate, de Margaret Atwood, est un bouquin d’anticipation qui décrit, à travers le parcours de Defred (Offred dans la VO, si je ne m’abuse), une « servante écarlate », une société « post-catastrophe » réorganisée. C’est la première génération après la catastrophe (je ne me souviens pas qu’elle soit explicitée) ; Defred se souvient de sa « vie d’avant » proche de notre société actuelle. Après la catastrophe, la société a été réorganisée pour faire face aux problèmes de natalité. Plusieurs « castes » se déclinent : les Commandants, qui dirigent plus ou moins tout ce beau monde ; les Épouses, femmes des précédents ; les Marthas, qui font la popotte et le ménage ; les Yeux, espions du gouvernement intégrés dans la société ; les Éconofemmes, qui ont épousé des hommes de faible rang et qui doivent donc endosser tous les autres rôles (sic) ; et, donc, les Servantes, qui ont un rôle reproducteur auprès des Commandants (et de leurs épouses) dans une cérémonie plutôt glauque. On ne peut pas dire qu’il se passe grand-chose dans ce roman, mais c’est un bouquin que je trouve très prenant et difficile à lâcher. Ya un film qui en a été adapté, il faudra que je le voie, à l’occasion.
  • La Trilogie Twain, de Martin Winckler, composée de Un pour deux, L’un ou l’autre et Deux pour tous raconte plusieurs histoires centrées autour de René et Renée Twain, jumeaux qui tiennent une agence de détectives/protection rapprochée dans la bonne ville de Tourmens dont le vilain maire s’appelle Francis Esterhazy, en 2010, par là… Bon, et je sais pas quoi en dire de plus sans spoiler dans tous les sens, donc je vais rien dire de plus. Mais c’est marrant, ça se lit bien et ça pirouette dans tous les sens. Moi, je me régale avec ce genre de trucs 🙂
  • Le troisième tome des Notes de Boulet s’intitule La viande c’est la force et est toujours aussi jubilatoire 🙂 Le titre revient régulièrement dans nos conversations 🙂
  • Le troisième Maliki (bon à force d’avoir des trois partout je vais me croire dans Rama moi), Mots Roses au Clair de Lune, est chouette aussi, c’est joli, c’est drôle, et pis j’aime bien Maliki.
  • La méthode Google : que ferait Google à votre place ?, de Jeff Jarvis, traînait au Mont-du-Chat quand nous y sommes allés, j’ai presque tout lu sauf les 50 dernières pages (parce qu’on est repartis avant et que je voulais pas le piquer à Janine, je le finirai à l’occase 🙂 ) se divise en deux parties : la première décrit ce qui, selon l’auteur, fait que Google marche (vaste programme) et la seconde applique ces éléments à tout un tas de businesses divers et généralement variés (de l’université aux compagnies aériennes en passant par les banques). Rien de révolutionnaire dans tout ça, mais c’est marrant et ça fait réfléchir au concept « mais au fait, c’est quoi mon business ? ». Une lecture plutôt saine, j’ai trouvé. La traduction apporte pas mal de notes de contexte pour un lecteur français, ce qui est appréciable, mais laisse passer quelques fautes et quelques « voire même » (brr).
  • Strangers in Paradise, de Terry Moore : j’ai acheté les six tomes pocket de cette excellente série de comics que je ne sais pas trop comment décrire… amitié, amour et mafia ? mouais… C’est beau, c’est drôle, c’est émouvant, c’est triste, c’est passionnant… c’est SIP. Attention, ya quelques scènes de violence assez trash. Mais si vous avez l’occasion, c’est 2000 pages de comics qui passent bien. Un peu bordélique vers le début de la 2ème moitié cependant. Et comme ça j’aurai enfin lu la fin de Strangers in Paradise. Une version collector, Omnibus est sortie, elle a l’air jolie… mais nettement plus chère que l’édition pocket 😉 Terry Moore travaille apparemment en ce moment sur une série qui s’appelle Echo, il faudrait que j’aille voir ce que ça donne.
  • The Time Traveler’s Wife, d’Audrey Niffenegger, est une histoire d’amour entre Clare et Henry. Celui-ci souffre d’une maladie génétique rare (heureusement 🙂 ) qui le fait « sauter » dans le passé ou le futur, de manière relativement imprévisible (il compare ça, plusieurs fois, à une forme d’épilepsie). J’ai beaucoup aimé le concept et le traitement du livre (raconté alternativement par Clare et Henry), moins la fin — mais je ne sais pas comment ça aurait pu être fait différemment. Et j’ai appris, après l’avoir lu, qu’un film était sorti aux US ce mois-ci (le mois prochain en Suisse alémanique, si j’ai bien suivi). Pas exactement une coïncidence, le bouquin était celui du bookclub ici — mais je pense que j’irai voir le film !

bon, et si j’allais travailler moi ?

Twilight – les quatre tomes

Je viens (la semaine dernière) de finir de m’engouffrer les quatre tomes de la série Twilight de Stephenie Meyer (lus au passage sur mon ebook favori, qui fonctionne donc toujours au poil et dont je suis toujours très contente).

J’ai grommelé pendant à peu près toute la lecture que c’était nul et que j’avais envie de baffer les personnages, mais j’ai quand même descendu les quatre tomes avec une ferveur qui m’étonne moi-même, c’est donc que je n’ai pas tant détesté que ça. Et puis je me suis surprise à chercher des infos sur le film, à regarder les affiches dudit film en France avec intérêt, et puis… et puis bref, c’est pas « si pire » comme bouquins.

Pour l’histoire, c’est donc l’histoire de ma presque homonyme, Isabella, surnommée Bella, qui se pointe dans un coin pluvieux de l’État de Washington (y en a-t-il d’autres ? c’est à se demander) pour vivre avec son papa (qui est apparemment une catastrophe aux fourneaux, on l’saura). Elle y rencontre la famille Cullen, et surtout Edward, famille qui s’avère être un groupe de vampires. Vampires qui font le choix « moral » du « végétarisme » (c’est-à-dire bouffer de l’ours plutôt que de l’humain), mais le choix moral n’empêche pas nécessairement les pulsions. Et on part pour quatre tomes, le quatrième étant à mon sens le plus sympa.

Les mythes à la fois du vampire et du loup-garou sont « revisités », c’est plutôt rigolo comme idées. Bref, c’est mièvre, c’est par moment très agaçant, ça restera probablement pas dans les annales, et je ne pense d’ailleurs pas que ça en ait la vocation, mais c’est… reposant, voilà.

Et, pour tout dire, j’attends la sortie du premier film début février en Suisse.

Na veux des ebooks.

J’ai un rêve : pouvoir consommer des bouquins comme je consomme de la musique. Avoir des fichiers sur mon ordinateur, les transférer sur mon lecteur, avoir des offres d’achat de musique en ligne qui valent ce qu’elles valent mais qui ont l’avantage d’exister, des trucs comme ça.

J’espère que ce jour viendra bientôt. Déjà, parce que les bouquins, c’est bien, mais c’est comme les CD : encombrant. D’autre part, parce que j’ai un rapport relativement instinctif aux bouquins : en entendre parler, vouloir, acheter. Le tout relativement rapidement, et avec l’envie d’avoir les bouquins en question vite. Oui, je sais, c’est puéril, mais c’est comme ça. Et pour finir pour ne plus jamais avoir le concept frustrant du « ah ben non désolé tirage épuisé ». Et que si j’apprécie l’odeur et le toucher d’un bouquin, et de traîner les librairies et les bibliothèques, dans mon schéma actuel d’achat, ça ne fait malheureusement pas le poids.

Amazon a un truc plutôt excitant avec son Kindle. Malheureusement, il n’est disponible qu’aux États-Unis et même l’achat de livres n’est disponible qu’aux États-Unis, avec une IP US, une carte bancaire US et une adresse US. Tout cela est contournable, mais ça prend des proportions. Le monde de l’édition est peut-être plus bordélique encore que celui de la musique. Disclaimer : je ne sais pas de quoi je parle, j’extrapole à partir de ce qui me semble logique. Si ça se trouve c’est idiot ce que je dis :p Si Universal a un droit sur un morceau, il est probable qu’il puisse aussi bien céder ces droits aux US qu’en France. Sur les bouquins, les droits me semblent plus compliqués, du fait entre autres des droits de traduction (et saupoudrons un peu de loi Lang sur le territoire français pour rigoler un peu) (je suis pas contre la loi Lang, mais j’imagine que ça peut ajouter un bordel non négligeable pour la diffusion).

Bref, on peut imaginer tout un tas d’obstacles législatifs & compagnie qui font que l’offre commence à décoller un peu (Sony, Amazon) aux États-Unis mais qu’elle est pratiquement inexistante en Europe (à l’exception notable de MobiPocket.

Après, ya l’obstacle pratique. Les lecteurs d’e-books sont encore chers. En tant qu' »early adopter » potentielle, je suis prête à passer cet obstacle. Juste, j’aimerais pas me retrouver avec un truc incompatible avec « le format qui va révolutionner le monde de l’ebook ». J’ai eu un machin Sony (PRS-505) en main l’autre jour et c’est assez convaincant du point de vue du confort de lecture. Ça l’est un peu moins du point de vue mémoire : la prise en charge des cartes SDHC eût été appréciable (et c’est apparemment un défaut que partage la majorité lecteurs actuels, voir ce tableau. Bon, en plus, mon lecteur, j’aimerais mieux qu’il tourne sous Linux que sous Windows CE, soyons fous.

J’ai entendu du bien de l’iRex ILiad, qui a l’avantage de lire pas mal de formats, mais il est vraiment cher. Quand je dis que je suis prête à passer cet obstacle, j’aurais bien aimé me limiter à 300/400$ (voire euros, allez, soyons fous :D). Là, on est nettement au-dessus. Il a l’avantage de permettre d’annoter des éléments, ce qui peut être intéressant dans le cadre de mon activité professionnelle (j’aime pas relire sur écran, j’aime bien avoir un stylo quand je relis, mais j’ai mal chaque fois que j’imprime un chapitre). La disponibilité du SDK est intéressante aussi.

La grosse inconnue reste : ce truc va-t-il être utilisable dans un an ou deux ? J’ose espérer qu’après le fiasco des DRM sur la musique, les éditeurs auront l’intelligence de proposer des formats SANS DRM. Cela devrait faciliter largement une éventuelle conversion. Ah, et toujours une question idiote, pourquoi les ebooks sont-ils à peine moins chers que les livres papier, alors que les coûts de diffusion et d’impression sont probablement largement restreints ?

Certains attendent une sortie chez Apple parce que Jobs a dit que le modèle était intrinsèquement faible vu que les gens ne lisent pas 🙂 (les gens qui suivent l’actu Apple ont une certaine tendance à faire grossir des rumeurs, pas forcément fausses d’ailleurs, tout le monde attendait la sortie de l’iPhone) (et comme j’ai lu tout à l’heure, la marque iBook est réutilisable 😀 ). Je suis partagée là-dessus. D’une part, certes, Apple a fait énormément de bien à la musique en ligne et je les en remercie. L’iPod qui traîne sur la table en est un bon exemple. D’autre part, bon, c’est pas comme si Apple avait une réputation de faire des trucs super ouverts et utilisables sur mon OS préféré. Je dois dire que c’est plus un critère pour moi que ça ne l’était il y a quelques années.

Bref, je me tâte. L’iLiad est dispo chez Orell Füssli en Suisse, je vais ptêt attendre de rentrer pour aller voir la bête « sur pied ». Un collègue de Pierre en a un aussi, c’est peut être l’occasion de tester les quelques ebooks que je possède déjà (des PDF O’Reilly, pour la plupart). Je me connais, je vais probablement craquer. J’espère juste que le marché suivra.

Computer History Museum, CalTrain, Cheesecake Factory et Borders

Dimanche, nous sommes allés au Computer History Museum. C’était chouette, on a vu plein de choses intéressantes – les photos légendées sont . La démo de la machine de Babbage était très sympa, les animatrices du musée super intéressantes et dynamiques, un bon moment !

Aujourd’hui, malgré tous les gens qui nous disent, depuis qu’on est arrivés « Tried the public transportation yet? No? Don’t bother, they suck », j’ai pris le train pour Palo Alto. La gare de Mountain View est relayable à pieds, un petit quart d’heure, ça se fait bien. Le train lui-même semble ÉNORME (et majoritairement vide) mais c’est probablement le côté « deux étages » qui donne cette impression. Quand même, ça m’a paru plus gros qu’un RER lambda. Le truc marrant, c’est qu’à l’étage, ya des rangées de siège pour 1. C’est pratique quand on veut pas avoir de voisin 🙂 Pas beaucoup de place pour les genoux cela dit.

À Palo Alto, je suis tombée en arrêt devant un CheeseCake Factory, me suis souvenue qu’ils faisaient aussi restaurant, et j’y ai donc déjeuné. Un pavé de saumon aux herbes (majoritairement estragon), avec une purée terriiiible (les américains savent AUSSI faire la purée, pas que les burgers) et des asperges (et une tite sauce citronnée), très bon, et un cheesecake kalhua/café/chocolat à tomber, miam 🙂 Le serveur m’a demandé si je voulais la « lunch portion » ou la « big portion » pour mon saumon, j’ai demandé la lunch et j’ai bien fait, c’était déjà plutôt copieux, j’aurais pas eu faim pour le cheesecake sinon :p (Et le doggy bag n’était pas une option, l’esprit de la balade étant d’aller à Borders).

Je suis ensuite allée au Borders. J’aime bien les librairies américaines. Je sais pas POURQUOI j’aime bien les librairies américaines. Peut-être le fait que tout soit fait pour qu’on puisse REELLEMENT feuilleter les bouquins, éventuellement avec un café éventuellement. Peut-être l’affluence nettement moins grande. Peut-être le fait de trouver plus de bouquins « marrants » et/ou très techniques. Toujours est-il qu’il m’est nettement plus facile de passer 2h au Borders qu’à la FNAC :p (et j’ai même pas pris de café.)

Ah, et en rentrant, je suis passée devant l’immeuble de Facebook à Palo Alto. Très discret, je l’avais pas vu en passant devant la première fois 🙂

Sinon, pour les gens qui sont nuls en géographie comme moi, Mountain View est à peu près à 500 km de Los Angeles et nous n’avons donc rien senti du tremblement de terre de ce matin à Los Angeles :p

Je reviens du Paradis

J’en avais entendu parler, Akkana m’en a reparlé sur IRC aujourd’hui alors que je faisais la remarque « tiens j’irais bien explorer une librairie »… Je viens d’aller à BookBuyers, qui se trouve à peu près à 500m d’ici.

Et là, c’est un peu le choc. Des bouquins partout, jusqu’au plafond. L’impression d’être complètement dépassée. Un rayon SF plus grand que n’importe quel rayon SF que j’ai déjà vu en France. Une odeur de vieux bouquins, et en même temps tout est super bien rangé, par catégories et par auteur. Et une certaine émotion qui fait une grosse boule dans la gorge et une larme écrasée. Ah, et des bouquins de poche à heu… moins de 3$, visiblement, pour les 3 que j’ai achetés. Des rayons spécialisés dans un peu tout, y compris un rayon jeu de rôles et un rayon « bouquins star trek » (et un énorme rayon cuisine). Ils vendent aussi quelques DVD, des calendriers à plus savoir quoi en faire, et bon, des trucs quoi. Évidemment le tout en anglais, mais par rapport aux rayons en allemand de Zürich, finalement on gagne au change 😀

Disons que ça faisait longtemps que j’avais pas été émue dans une librairie. Ça fait du bien 🙂

C’est toujours triste quand un éditeur met les clés sous la porte

D’autant plus triste quand l’éditeur en question est une référence dans son domaine et qu’il fait en quelque sorte « partie du paysage ».

Je crois qu’il ya a pas mal de geeks qui se sont sentis un peu orphelins lors de l’annonce de la fermeture définitive d’O’Reilly France.

Moi la première d’ailleurs… j’ai appris la nouvelle assez tôt, mettons quelques heures avant qu’elle ne filtre sur LinuxFR, grâce à un mail de mon éditrice, Dominique. J’avoue être restée sans voix pendant quelque temps. Et les rares mots que j’ai réussi à placer n’étaient pas vraiment ceux d’une jeune fille bien élevée – ça tombe bien, je viens de me marier, je ne suis plus une jeune fille 😉 (mais je suis toujours bien élevée, hein).

Alors ouais, j’ai vu pas mal de gens dire « je m’en fous, les O’Reilly, je lis en anglais ». C’est oublier plusieurs choses à mon avis. D’abord, le fait qu’O’Reilly France a (avait, snif) une quantité de contenu original (donc non traduit d’une autre langue) non négligeable. D’autre part, le fait que filer un bouquin en anglais à certaines personnes, c’est avoir l’assurance qu’ils ne l’ouvriront pas. Tertio… oui, je lis couramment l’anglais, je le traduis même (y compris pour O’Reilly). Et ben je sais pas vous, mais moi trouver du contenu en français, ben j’aime bien, quand même. Enfin bref.

Toujours est-il que je pense pas être la seule à en avoir un peu gros sur la patate en ce moment.D’une part parce que j’ai perdu un de mes employeurs, certes. Mais aussi parce que le paysage de l’édition informatique francophone a perdu pas loin d’une légende. La qualité des bouquins O’Reilly (anglais ou français, originaux) est, je crois, unanimement reconnue ; j’ai vu des gens râler sur les traductions – pour avoir eu l’occasion de travailler sur quelques unes, je crois honnêtement qu’on était loin de faire du mauvais boulot (ceci sans volonté de me passer la brosse à reluire, j’ai eu l’occasion de bosser avec des gens balaises dans leurs domaines et avec des standards de qualité plutôt élevés).

Ma relation aux bouquins est probablement pas des plus « normales » et j’ai toujours au moins un pincement quand j’entends parler de la fermeture de telle ou telle maison. Ça arrive relativement souvent, l’édition française est un écosytème relativement mouvant. C’est évidemment pire quand l’affectif s’en mêle. Une petite pensée aux gens avec qui j’ai eu l’occasion de travailler ou d’interagir chez O’Reilly France.Bon courage à vous tous.

(J’ai conscience que ce billet est bordélique. Mais je suis assez bordélique moi-même, alors…)

[Challenge ABC] C – Carrière, Jean-Claude – La controverse de Valladolid

Je profite du Challenge ABC pour lire les bouquins qui traînent dans la bibliothèque et que je n’ai pas encore lus… pour la majorité, ceux de Pierre, éparpillés ça et là parmi les miens 🙂

La Controverse de Valladolid en fait partie. La quatrième de couverture est pour une fois assez représentative du contenu du livre, donc je vais la citer sans plus de scrupule :

En 1550, une question agite la chrétienté : qui sont les Indiens ? Une catégorie d’êtres inférieurs qu’il faut soumettre et convertir ? Ou des hommes, libres et égaux ? Un légat envoyé par le pape doit en décider. Pour l’aider, deux religieux espagnols. Tout oppose Ginès de Sépulvéda, fin lettré, rompu à l’art de la polémique, et Bartolomé de Las Casas, prêtre et homme de terrain ayant vécu de nombreuses années dans le Nouveau Monde. Le premier défend la guerre et son cortège d’atrocités au nom de Dieu. Le second lutte contre l’esclavage des Indiens.

Ce petit (250 pages, à peu près) livre se lit à la vitesse V. Les incultes comme moi qui n’avaient à peu près jamais entendu parler de ces événements verront enfin de quoi il s’agit. Tout le bouquin se structure autour de dialogues, principalement entre les deux protagonistes de l’affaire. Ça rend l’ensemble assez vivant et j’ai beaucoup apprécié la rhétorique employée. Et… la petite dizaine de pages de la fin laisse un peu « sur le cul ».

Carrière indique en préface qu’il n’est pas certain, historiquement, que les deux hommes se soient rencontrés et que certains éléments « dramatiques » sont le fait de la narration romancée. Cependant, il estime les arguments théologiques avancés dans l’ouvrage comme fidèles à la réalité qui a été retranscrite.

Bref, une lecture agréable et intéressante.

[Challenge ABC] B – Bukowski, Charles – Contes de la folie ordinaire

Bukowski me hante depuis que je suis au lycée. J’étais alors rédac’chef du (petit) journal du (petit) lycée, qui s’appelait le Léonard et qu’on vendait 2F à la récré pour rentrer dans les frais des photocopies.

Une copine à moi, Diane, avait écrit un article/critique de livre sur Bukowski et il me semble bien que c’était sur celui-ci. À la lecture de sa critique (Diane écrivait très bien. Je me demande ce qu’elle est devenue.), j’ai reculé. J’ai pas osé lire le bouquin.

Dix ans après, je ne regrette pas d’avoir attendu. C’est pas un bouquin à faire lire à une môme de quinze ans (surtout à moi à quinze ans 🙂 ). D’ailleurs, le titre anglais, Erections, Ejaculations, Exhibitions and General Tales of Ordinary Madness serait peut-être pas passé dans le journal du lycée (le proviseur avait un droit de regard dessus avant publication).

Que dire ? J’ai reproché à Beigbeder (du peu que j’en ai lu, c’est à dire un bouquin dans le challenge de l’an dernier) de faire du « trash pour le trash ». La même « critique » s’applique à Bukowski. Sauf que le personnage de Bukowski, en soi, me paraît bien plus crédible dans ce rôle que Beigbeder qui passe un peu trop bien à la télé. Ah, et Bukowski est bien plus drôle et cynique.

Bref, on va dire que je me suis surprise à bien aimer. C’est un bouquin de très courtes nouvelles, on les apprécie forcément plus ou moins… J’ai un faible pour Le Petit ramoneur où le narrateur se voit… rétrécir.

[Challenge ABC] A – Asimov, Isaac – La Mère des mondes

La Mère des mondes est un recueil de nouvelles d’Asimov qui avait jusqu’ici échappé à mon attention ; il a dû m’être proposé par Amazon dans les trucs qui « peuvent potentiellement vous intéresser, sortez votre carte bleue » – bon, faut dire que sur Amazon, ils sont pas mauvais là-dessus 🙂

Bref, je l’avais acheté, je sais pas pourquoi j’avais pas encore pris le temps de le lire (probablement oublié), voilà qui est réparé.

La Mère des mondes est un recueil « typique » d’Asimov, avec commentaires avant et après chaque nouvelle. C’est intéressant, à la fois du point de vue biographique de l’auteur (qui en fait des tonnes, comme à son habitude, mais c’est pas nouveau qu’Asimov avait l’égo de la taille d’une planète, suffit de lire I, Asimov pour en être convaincu) et du point de vue du « marché » de la SF à la fin des années 40. C’est aussi souvent assez amusant. Bref, s’il y a des gens qui sautent les commentaires par principe, tentez ceux-là (ceux d’Asimov entre ses nouvelles en général, pas forcément ceux du bouquin), je trouve qu’ils en valent la peine.

La première nouvelle, Cul-de-sac, est à ma connaissance une des rares nouvelles d’Asimov qui met en scène des aliens (intelligents) non humanoïdes. Ceux-ci sont « parqués » dans une espèce de zoo avec tout le confort possible (ou pas) et ce à des fins d’étude. La nouvelle est construite par une alternance entre dialogues et « notes de service » et est une jolie démonstration de la phrase quasi finale de la nouvelle : « Un gouverneur capable peut travailler dans les limites de la paperasserie administrative et obtenir quand même ce qu’il veut ». La forme de cette nouvelle est peut-être la raison pour laquelle je n’avais pas encore lu ce recueil de nouvelles, qui commence par une de ces « notes de service » à l’aspect pour le moins rébarbatif 🙂 Mais la nouvelle est sympa.

La seconde nouvelle, Aucun rapport, se déroule dans un futur lointain – la description des « américains moyens » est intriguante (mais pas très longtemps) et les « ancêtres » trouvés dans les fouilles archéologiques nous ressemblent plutôt ! Elle a très peu de commentaires d’Asimov, et c’est à mon avis la nouvelle la plus faiblarde du recueil.

La troisième est un « classique » au sens où c’est probablement une des anecdotes préférées d’Asimov et qu’on la retrouve dans plusieurs bouquins. Je n’avais en revanche jamais lu la « nouvelle » correspondante, intitulée Les Propriétés endochroniques de la thiotimoline resublimée. Asimov était en thèse de chimie au moment où il a commis ça et, à ce qu’il raconte, il avait un composé qui se diluait vite au point d’avoir pensé « Si ce truc se diluait plus vite, il le ferait AVANT de toucher l’eau »… Et ça a donné un faux papier de recherche avec le titre indiqué. Au moment de la publication, Asimov allait soutenir assez rapidement et avait demandé à son éditeur de publier le papier sous un pseudonyme… et évidemment l’éditeur a oublié… En tous cas, un bon moment, et apparemment un truc repris relativement souvent, par lui-même et par d’autres, si j’en crois l’article de la Wikipédia associé au composé en question

La quatrième a pour titre La Course de la reine rouge, en référence à Lewis Carroll. C’est une enquête sur la disparition de la charge nucléaire d’une centrale, pas forcément sans rappeler les nouvelles publiées dans les Histoires mystérieuses. Avec des vrais morceaux de voyage dans le temps dedans 🙂 Je crois que c’est ma préférée dans ce recueil.

La cinquième et dernière, qui donne son titre au recueil, se situe chronologiquement avant les Cavernes d’acier et ses « suites » mais n’est pas forcément très cohérent avec le contexte décrit dans les Cavernes. Elle raconte le Projet Pacifique, une guerre entre la Terre et les Mondes Extérieurs (les Spaciens ! 🙂 ) où les vainqueurs ne sont pas forcément ceux que l’on croit… Une lecture sympathique.

Voilà, j’aurai lu cinq nouvelles de plus d’Asimov. Je crois qu’il m’en manque encore pas mal…