Le retour du challenge abécédaire

Le challenge ABC (rebaptisé parCécile (au fait, je crois que je vous ai pas encore parlé du blog de Cécile, vaste capharnaüm fort sympathique à l’image de sa propriétaire (heu, le sympathique, pas le capharnaüm, je me permettrais pas) et très prolifique…) « challenge abécédaire », c’est vrai que c’est plus joli) (faut que je me calme sur les parenthèses) (où j’en étais) (ah oui, le challenge abécédaire) consiste à indiquer en début d’année une liste de 26 bouquins à lire, avec une lettre par nom d’auteur : A comme Asimov, B comme Bradbury, C comme Clarke, bref, vous voyez l’esprit.

Bon, j’ai nettement pas fini le challenge 2007… donc je me suis pas cassé la tête pour 2008, j’ai plus ou moins repris ceux que j’avais pas lus en 2007 et complété. Je m’étais posé l’an dernier comme contrainte supplémentaire de ne mettre que des auteurs que je n’avais pas lus ; là, vu l’état des finances après le déménagement, j’ai essayé de récupérer un certain nombre de bouquins de ma pile à lire !

Toujours est-il que la liste pour 2008 est .

Savez-vous moocher les books ?

Comme beaucoup d’entre vous le savent, je lis comme je mange : beaucoup, vite et trop :p Du coup, les étagères commencent à crouler sous les bouquins, le sol de l’appart à crouler sous les étagères à bouquins, bref, c’est pas facile. Ne parlons pas des problématiques d’indexation et de localisation des bouquins, ça va me déprimer. Du coup, hier je me baladais sur le web, à la recherche d’un machin d’échanges de bouquins. Mon idée initiale était de trouver plus ou moins des chaînes, des trucs où on envoie un bouquin choisi à une personne qu’on connaît pas et où on reçoit un bouquin pas choisi d’une personne qu’on connaît pas. Et puis je suis tombée sur Bookmooch. Le principe est simple : on envoie les bouquins dont on ne veut plus, on récupère des points, et avec les points on récupère d’autres bouquins dont d’autres gens ne veulent plus. Pour engranger des points :

  • 1/10 de point chaque fois qu’on saisit un livre à « moocher »
  • 1 point quand on donne un livre dans le pays où on se trouve
  • 3 points quand on expédie un livre à l’étranger
  • 1/10 de point quand on accuse réception d’un bouquin

Et les points se dépensent ainsi :

  • 1 point quand on reçoit un livre envoyé du pays où on se trouve
  • 2 points quand on reçoit un livre de l’étranger.

Bon, j’ai trois bouquins qui partent tout à l’heure, les trois sont en anglais, j’en ai un qui part aux États-Unis, un en Espagne et un à Paris :p Je sais pas trop si d’autres partiront ! On verra bien… Ah, et sinon, la traduction en français est assez déplorable, mais il y a un bouton « corrigez la traduction », je vais peut-être m’y atteler.

Dans vingt, cinquante, cent, deux cents ans ?

Des réflexions idiotes sous la douche… Enfin plutôt, des questions sans réponse. Quels bouquins sortis ces, mettons dix dernières années, lira-t-on encore dans vingt, cinquante, cent, voire deux cents ans ? Quels auteurs actuels auront leurs noms sur les écoles et les lycées ? Pourquoi suis-je allée à l’école Marcel Pagnol puis au collège André Malraux ? À partir de qui seront nommés les collèges de mes enfants, petits-enfants ? Qu’est-ce qui FAIT la différence ? Et la musique ? Pourquoi joue-t-on encore du Beethoven, du Mozart ou du Bach ? Bien sûr, c’est agréable à écouter, voire beau. Est-ce qu’à l’époque on s’était dit que cette musique resterait pour quelques siècles ? Pense pas. Et pour le coup, avons-nous, à l’heure actuelle, de la musique qui, même sans rester jouée pour quelques siècles, resterait diffusée ne serait-ce que dans cinquante ans ? Les gens qui ont le plus de succès (médiatique, principalement) à l’heure actuelle sont-ils des feux de paille ou en garderons-nous le souvenir ?

Les Piliers de la Terre, Ken Follett

Dans la série « sur mes étagères alourdies » (merci Boss), j’ai tout récemment dévoré Les Piliers de la Terre, de Ken Follett. Le thème ne m’inspirait pas vraiment a priori (malgré de bonnes expériences sur certains romans se déroulant au Moyen-Âge, je pense en particulier au Grand Livre de Connie Willis), mais je me suis laissée convaincre par l’enthousiasme de Pierre pour ce roman.

Donc ça se passe au temps des bâtisseurs de cathédrales, au XIIe siècle, principalement en Angleterre. Les Piliers de la Terre est un roman plutôt long (un bon millier de pages) qui nous fait suivre sur une cinquantaine d’année le parcours de plusieurs personnages, le tout sur un canevas de guerre de succession du roi Henry.

Tom le bâtisseur a un unique but dans la vie : bâtir une cathédrale. Les hasards de la vie le mettent sur le chemin de Philip, prieur de Kingsbridge, dont l’église brûle grâce à une intervention pas vraiment divine. Philip est un « redresseur de situations désespérées » : il en tombe un certain nombre sur le prieuré qu’il gère, mais il s’en sort bien souvent avec les honneurs. Du côté des « pas vraiment sympathiques », nous avons William, usurpateur du comté de Shiring. Aliena, sœur du comte héritier, avait d’ailleurs refusé d’épouser William, ce qui aura des conséquences non négligeables. Aliena (qui elle fait partie des « gens qu’on aime bien ») fait également partie des personnages qui gravitent autour du prieuré de Kingsbridge. Tom commence la construction de la cathédrale de Kingsbridge et embauche sur le chantier son fils Alfred et son beau-fils Jack.

Jack aura l’occasion d’aller faire un petit tour en Europe continentale et d’améliorer encore la conception originale de la cathédrale de Kingsbridge. Sa future femme le ramènera en Angleterre après l’avoir suivi à la trace (mais avec quelques mois d’écart).

Bref, tout un petit monde relativement complexe avec plein de personnages principaux, plein de personnages secondaires (j’ai oublié dans ma fastidieuse énumération l’évêque Waleran, ennemi à jamais de Philip), et le tout dans un bouquin qu’on a vraiment, vraiment du mal à lâcher.

Tout cela est extrêmement difficile à résumer sans trop spoiler, d’ailleurs je me rends compte que je m’en tire très mal, mais si vous cherchez quoi bouquiner sur la plage cet été, Les Piliers de la Terre est clairement un bouquin à considérer.

[Challenge ABC] Y – Yazawa, Ai – Nana, tome 1

Le premier tome de Nana est un premier tome de manga assez classique, au sens où il pose les personnages que l’on verra évoluer pendant plusieurs tomes (à ce jour 18, dont 16 traduits en français). Les deux personnages principaux, Nana et Nana, font tous les deux l’objet de deux histoires pour l’instant parallèles. Obliqueront-elles pour se croiser, c’est la question qui se pose à la fin du premier tome 🙂

La première histoire présente une Nana qui a une tendance certaine aux coups de foudre à répétition, ce qui lui pose quelques problèmes faciles à deviner. Son amie Junko commence à désespérer un peu de son cas… Elle finit par rencontrer quelqu’un (Shoji), décide d’en « faire d’abord un ami » (ce qui posera d’autres problèmes de quiproquos à la noix). Ils décident tous (Nana, Shoji, Junko et Kyosuke (le copain de Junko) ) de tenter les concours des écoles d’art à Tokyo. Nana et Shoji échouent tous les deux, Nana décide d’attendre un an dans sa ville natale tandis que Shoji reste à Tokyo pour repasser les concours l’année suivante. La seconde histoire est celle d’une Nana chanteuse d’un groupe qui commence à avoir un peu de succès. Manque de pot, le guitariste principal et accessoirement son copain décide de monter à Tokyo tenter sa chance avec un autre groupe qui a signé avec un label mais perdu son guitariste entre temps.

Tout ça fait donc un manga « deux en un », qui donne plutôt envie de continuer – savoir ce qu’il arrive à nos deux héroïnes et si elles vont finir par se rencontrer, et si oui… pourquoi ? Et qu’est-ce qu’il va se passer ? D’autant plus envie de continuer que le dessin est très agréable à regarder il faut bien le dire.

[Challenge ABC] K – Khadra, Yasmina – L’Attentat

Amine Jaafari, arabe vivant en Israël, est chirurgien. A la suite d’un attentat, il passe plusieurs heures à soigner les blessés. Après une journée harrassante, il rentre chez lui. Le téléphone sonne à trois heures du matin : on lui demande de venir identifier sa femme, que tous les indices désignent comme la kamikaze aux origines de l’attentat. Amine a bien sûr du mal, d’abord à accepter la vérité, puis à essayer de comprendre pourquoi et comment sa femme Sihem, qui avait toutes les apparences du bonheur, en est venu à de telles extrêmités. Il suit les traces des derniers endroits par lesquels sa femme est passée et trouve sur sa route aussi bien des gens qui veulent l’intimider que des gens voulant lui faire comprendre le geste de sa femme.

Là où Amine pensait trouver un élément déclenchant, un endoctrinement, une folie passagère, il comprend à quel point les idéaux de sa femme et les siens étaient éloignés. Et là où il cherche le « pourquoi », il ne trouve que le « c’est comme ça », destin fatal auquel on ne semble pas pouvoir échapper…

Le thème du conflit israélo-palestinien est un thème difficile à traiter dans un roman, peut-être parce qu’encore cruellement d’actualité. Yasmina Khadra s’en sort plutôt bien, principalement à mon avis grâce à des personnages, si pas attachants, du moins intéressants voire compréhensibles de tous les côtés. L’ensemble se lit bien et vite ; je regrette un peu le manque d’empathie (de ma part) vis-à-vis du personnage principal, surtout criante dans la scène finale du bouquin. En bref, un roman qu’il ne me serait probablement pas venu à l’idée de lire en première intention, mais dont je ne regrette pas la lecture.

[Challenge ABC] B – Beigbeder, Frédéric – Nouvelles sous ecstasy

19h30, sortie de la FNAC.

19h40, arrivée sur le quai du RER, cogitation intense parmi les 6 bouquins que je viens d’acheter pour le challenge.

19h41, j’attrape Nouvelles sous ecstasy, de Frédéric Beigbeder. J’avais jamais lu de Beigbeder. Regardant assez peu la télé, j’avais assez peu d’opinion sur ce type, à part la vague impression quand même d’une certaine omniprésence agaçante sur les ondes. Du coup, j’avais jamais sauté le pas d’ouvrir un de ses bouquins, probablement un peu par réaction, et finalement le challenge ABC m’a permis de faire ma culture.

20h00 : sur ces réflexions, j’arrive sur le quai d’Orsay, j’ai déjà fini le bouquin. Bon, un bouquin de 85 pages hors préface et avertissement, c’est pas vraiment étonnant non plus 🙂 Avis général sur le recueil : ya de très bonnes choses, mais globalement… j’ai du mal tout de même.

Allez, petite critique nouvelle par nouvelle

  • Spleen à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle : pour une ouverture de recueil, c’est un peu le plongeon. Une nouvelle toute en questions, une ambiance délirante au début, mélancolique à la fin… pas ma préférée, mais un style sympa.
  • Un texte démodé : j’ai pas bien compris là où il venait en venir, mais j’ai bien aimé « Peut-on penser comme Baudelaire avec les mots de Bukowski ? ». Et, globalement, c’est un peu l’idée que m’a laissée ce recueil : quelques vraies perles, drôles et bien vues, au milieu de… de on sait pas trop quoi.
  • Le jour où j’ai plu aux filles : fait justement partie des vraies perles. Pareil, je me suis d’abord demandée où il voulait en venir, à part à faire du porno gratos (pourquoi pas, hein), mais les deux derniers paragraphes sont superbes 🙂
  • La première gorgée d’ecstasy : ou comment raconter un trip à l’ecsta et la redescente. Beaucoup aimé « Je suis Wolfgang Amade-House » et « Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour entrer dans le Lagarde et Michard » 🙂
  • Manuscrit trouvé à Saint-Germain-des-Près : celle-ci raconte la « chute du mur de Saint-Germain » (avec en gros les riches dedans et les autres dehors) et m’a laissée très mal à l’aise, je sais pas trop pourquoi. Probablement un contrecoup des élections, faudra que je la relise.
  • Le cafard après la fête : vois pas l’intérêt.
  • L’homme qui regardait les femmes, 1 : vais plus oser me mettre en maillot de bain à la plage moi. En même temps, j’ai plus 16 ans.
  • Comment devenir quelqu’un : c’est l’histoire d’un chauffeur qui décide d’avoir son quart d’heure de célébrité. Là encore, les 15 dernières lignes sont terribles. C’est ma préférée d bouquin.
  • Le Plus Grand Écrivain Français Vivant : c’est l’histoire d’un mec qui se bourre la gueule et à la fin on apprend pas qui c’est. Soit.
  • La nouvelle la plus dégueulasse de ce recueil : la provoque pour la provoque, clairement. Mais une réflexion intéressante sur « que sommes-nous prêts à faire par amour », et jusqu’où peut-on aller. Gore, mais intéressant, on va dire. Et on y apprend que « le point-virgule est une chose très érotique ».
  • L’homme qui regardait les femmes, 2 : j’aime bien les références à Hitchcock et à Jane Birkin, j’ai du mal avec la ponctuation deux-pointistes.
  • Extasy à Go-Go : c’est plutôt celui-ci à mon avis qui aurait mérité le titre de la « nouvelle la plus dégueulasse de ce recueuil ». Balade en Thaïlande avec tous les poncifs du genre… J’avoue, je suis jamais allée en Thaïlande. J’ai quand même du mal à croire que ça ne soit qu’« un bordel géant qui porte le nom de Thaïlande ». Dans le contexte d’un bordel « normal » (où on nous répète pas toutes les trois lignes que « c’est comme ça en Thaïlande mon brave monsieur ») la nouvelle m’aurait probablement moins dérangée. Mais elle aurait probablement loupé son but aussi, du coup 🙂
  • La première nouvelle d’« Easy Reading » : ça sent la tentative de nouvelle à chute, mais à chute ratée. Dommage.
  • La solitude à plusieurs : une dernière nouvelle un peu déprimante pour finir le recueil. « Le célibataire fait plus envie que pitié, sauf aux hommes mariés qui l’imaginent libre alors qu’il n’est que désespéré. dieu sait qu’il faut être désespéré pour manger un Happy Meal le dimanche soir devant sa télé, surtout depuis qu’Anne Sinclair a été remplacée par Michel Drucker ».

Voilà. Bon, je ne regrette pas l’expérience. J’avoue même m’être bien marrée à certains passages. Savoir si j’en relirai… rien de moins sûr. La provoque gratuite, ça va bien 5 minutes, après ça énerve.

Challenge ABC

Après avoir vu passer des choses intriguantes à propos d’un « challenge ABC » sur les listes Quoide9 et bouquins, j’ai jeté un oeil sur mon fidèle moteur de recherche et je suis tombée là-dessus. Le principe est simple : « Ce challenge consiste, pour les participant(e)s, à lire en 2007 une série de livres non encore lus, voire d’auteurs à découvrir, dont les noms commencent chacun par une des 26 lettres de l’alphabet. »

La bouquineuse compulsive que je suis ne pouvait pas manquer ça. J’ai donc posé ma liste sur ce billet, commencé à recenser les bouquins que je pouvais récupérer de parts et d’autres, et roulez jeunesse.

Et comme je suis incorrigible, je suis passée à la Fnac tout à l’heure (à l’origine pour voir s’ils avaient des ultramobiles genre Samsung Q1 ou autres joujoux du même genre (ils avaient pas, mais la fille voyait très bien de quoi je voulais parler, ça m’a étonnée) (si ya des gens qui ont un retour d’expérience sur ce genre de truc ça m’intéresse) (les ultramobiles, pas les filles de la Fnac, faut suivre), sauf que j’avais ma liste dans ma poche, que j’en ai acheté 6 et déjà fini 1. La critique suit dans la foulée… le temps de la rédiger 🙂