Impressions post keynote Google I/O

io15-colorComme tous les ans depuis le début de Google I/O, aujourd’hui j’ai regardé la keynote de Google I/O. L’enregistrement de la keynote est disponible sur YouTube, mais vu que c’était une keynote de 2h+, c’est un peu long 🙂 Bon, évidemment, ya plein de gens qui vont faire des articles pour tout raconter, moi je vais faire la version courte avec les trucs que j’ai trouvés cools.

  • On commence comme d’hab avec Android ; il y a eu une vague preview d’Android M, qui a l’air d’être pour l’instant plus une version de polissage qu’autre chose (de leur aveu à eux). Le truc vachement bien quand même, c’est qu’il semble enfin y avoir une gestion non-débile des permissions de l’app : quand l’app a besoin de $trucdontelledevraitpasavoirbesoinapriori, elle demande à ce moment là, et pas à l’install. Ils ont l’air de dire que ça va être valide que pour les apps qui utilisent Android M, donc je demande encore à voir, mais ça semble aller dans la bonne direction.
  • Android Wear semble commencer à faire des trucs. Y compris de la reconnaissance d’emoji. Je dubite un peu. Par contre maintenant ya Maps sur la montre, ça c’est cool.
  • Ils ont causé de plateformes pour Internet of Things, aussi. Bientôt : Android sur mon grille-pain.
  • Ils ont l’air de bien s’amuser avec Google Now ; ils vont sortir des trucs pour avoir une intégration de Google Now dans le contexte d’une application quelconque. Un des exemples donnés, tu reçois un IM de « on va bouffer à tel restau et oublie pas de passer au pressing », Google Now propose des avis du restau en question et d’ajouter un pense-bête pour aller au pressing. On sent qu’ils s’amusent bien.
  • Ya apparemment une refonte complète de Photos, aussi bien web que mobile. Je demande à voir ce que ça donne en pratique au niveau interface et au niveau de ce que ça peut sortir. Par contre, dans l’immédiat, stockage illimité de photos (jusqu’à 16MPixels, apparemment, on dira que ça va pour l’instant), et ça c’est Bien™. Le partage facile par lien a l’air prometteur, aussi (en gros, sélectionner photos, cliquer « zyva file-moi un lien », avoir un lien partageable avec n’importe qui, qu’il ait un compte Google ou pas).
  • Android Studio 1.3, y compris prise en charge de C++, et Polymer 1.0 (des composants).
  • Ils se lâchent complètement sur Cardboard (le machin de réalité virtuelle fait avec un bout de carton, un aimant et deux lentilles), y compris un programme pour les écoles, option « faites des sorties scolaires sans sortir de votre classe ». Ça a un aspect science-fiction des années 50, je dois dire.
  • De manière liée, ils sortent une spec pour mettre 16 caméras en rond pour pouvoir prendre des vidéos 360°. Et un bout de hard réel avec GoPro. Et du soft derrière pour recoller tous les morceaux des 16 caméras et les afficher… sur YouTube.

Ça manquait un peu d’annonces de matériel – ya probablement des choses en cours, ils ont vaguement parlé d’USB-C quand ils ont parlé d’Android, et je crois pas qu’il y ait des téléphones avec USB-C à l’heure actuelle. Mais sinon, pas grand chose de ce côté. Ça a pas causé de Google+, non plus, mais ça c’était déjà le cas l’an passé.

Bref, c’était pas la keynote I/O la plus spectaculaire, mais quand même un certain nombre de trucs que je suis curieuse de voir dans les prochains mois 🙂

#balisebooks – Body by You, de Mark Lauren

bbyCe soir, quand je suis rentrée à la maison, et comme j’essaie de le faire deux soirs en semaine et une fois le week-end, j’ai déroulé ce qui commence à être une routine. J’ai mis de la musique dans le salon (maintenant que ça marche), je me suis changée, j’ai retiré mes bijoux (mon alliance et ma montre parce qu’elles me gènent, mon pendentif parce que j’ai peur de me faire mal avec), j’ai attrapé ma bouteille d’eau, je me suis échauffée rapidement, je me suis allongée par terre avec les jambes pliées, j’ai lancé mon minuteur fancy, et j’ai commencé à tracter sur la barre posée entre les deux tables du salon. Monter, attendre une seconde, descendre, répéter dix fois. Recommencer, la deuxième série passe aussi. La troisième série, plus dur : la sixième fois est passée, la septième fois mes bras ont dit merde et ont refusé catégoriquement de me faire monter. Ça ira mieux la prochaine fois, comme c’est mieux cette fois que la dernière fois.

Le minuteur a sonné, il était temps de passer à l’exercice suivant. Je l’aime pas, celui-là, il est dur. Se tenir aux montants de la porte, descendre sur une jambe en-dessous des 90°, remonter. Chaud. J’arrive à en passer 4 sur la première série, 4 sur la deuxième. La troisième compte pas vraiment : ma cuisse gauche me fait vraiment mal (au point que la quatrième rep de la deuxième série m’a fait échapper un vague bruit de douleur – je suis douillette, mais quand même), et je tiens pas spécialement à me faire vraiment mal, donc on y va un peu plus mollo. (Ce qui m’a pas empêché de faire la série de l’autre côté). Pas glorieux, mais j’ai pas trop démérité par rapport à la fois d’avant, alors…

Le minuteur sonne à nouveau, direction la salle de bains. Parce que la baignoire, j’ai en fait pas trouvé mieux pour faire des pompes au niveau des genoux. La première série passe avec beaucoup de difficulté, les deux séries suivantes sont des échecs monumentaux à 2 et 1 rep respectivement. MAIS la dernière fois j’en avais fait 5 sur la première série, alors c’est un très net progrès.

Le minuteur sonne, quatrième et dernier exercice. Lever les bras en l’air, se pencher en avant en levant une jambe vers l’arrière jusqu’à arriver à l’horizontale des orteils aux mains, tenir la pose deux secondes, revenir, et recommencer dix fois sur chaque jambe. Ça a l’air de pas grand chose, mais c’est pas évident de garder l’équilibre, surtout après avoir fait tout le reste. Et là, le truc qui fait plaisir, c’est que les trois séries sont passées. Il va falloir que je passe à l’exercice suivant de la progression la prochaine fois !

Une fois tout ça fini, il est temps de s’écrouler violemment sur un fauteuil, parce que ça crève. Et d’apprécier les courbatures demain au moindre escalier, ow ow ow.

Bon et là j’en vois qui sont confusés. Parce que j’ai quand même taggé ce billet #balisebooks. J’avoue, j’ai un peu triché. Pas tant que ça, parce que les exercices que je décris ici, ainsi que les progressions pour y mener, le sont tous dans Body By You, de Mark Lauren. J’ai lu Body By You il y a un bon bout de temps à force – un an, plus ou moins, à la louche, et aussi mal que ça puisse me faire 😉 c’est peut-être un des bouquins qui a eu le plus d’impact dans ma vie. Je m’y suis intéressée quelques semaines/mois après que Pierre ait commencé à s’intéresser à You Are Your Own Gym, du même auteur ; c’est un bouquin de « bodyweight exercices » (littéralement, « des exercices qui utilisent le poids du corps »), et Body By You en est la version plus adaptée aux femmes. Conceptuellement, ça me chagrine un peu d’avoir une version femmes et une version hommes ; j’ai fini cela dit par me faire à l’idée que sur le concept du développement musculaire, on était pas égaux, point. (Ce qui va pas m’empêcher d’essayer).

La valeur intrinsèque du bouquin est dans les listes d’exercice ; le bla-bla autour est pas inintéressant, mais pas forcément le truc le plus utile. Il y a des liens vers des vidéos aussi, c’est parfois plus parlant que les descriptions et les photos. La version « hommes » a aussi une app extrêmement bien foutue ; elle est pas vraiment adaptée au programme « femmes » et à sa progression, ce qui est dommage (paraît que c’est en cours, mais ça fait un an+ que c’est en cours…).

Ya plusieurs choses qui font que ce truc a l’air de marcher mieux que tout ce que j’ai essayé avant.

  • L’overhead est minimal. Je peux vraiment faire ça dès que je trouve une demi-heure (mettons trois quarts d’heure pour compter le temps qu’il faut pour être à nouveau capable de marcher et la douche).
  • J’ai pas besoin de socialiser avec des inconnus (ni de faire un effort conscient pour les éviter soigneusement), ce dont j’ai en général pas vraiment envie après ma journée de boulot, attendu que je reste à ma maison. Ça va avec l’overhead minimal.
  • Il y a une vraie progression – les séries passent de mieux en mieux, et des exercices qui étaient absolument hors de portée au début ne sont plus si délirants maintenant.
    • Je prends note du nombre de répétitions que je fais dans chaque série, avec l’objectif d’améliorer le nombre à chaque fois que je refais un exercice, donc il y a un sentiment de réalisation à chaque fois
    • J’ai des buts (très) lointains mais qui semblent presque raisonnables – du moins je ne vois pas vraiment d’obstacle majeur à leur réalisation à long terme si je continue à travailler. Peut-être que je vais déchanter brutalement, mais bon 🙂
  • Je peux me permetter de laisser tomber pendant quelques semaines sans avoir de comptes à rendre à personne. Jusqu’ici, j’ai toujours réussi à m’y remettre après quelques semaines d’interruption dues à une raison ou une autre. Alors qu’un truc avec un entraîneur ou un truc ou un machin, ça s’est bien souvent fini en « j’ai pas envie d’y retourner je vais me prendre des réflexions « rho ben ça faisait longtemps » » – ce qui ne s’arrange pas avec le temps, et ce qui est profondément débile, mais c’est AUSSI un overhead qu’il faut visiblement que je considère.
  • J’en vois les bénéfices. J’ai toujours cru que j’avais du mal à monter les escaliers parce que ma capacité cardio-pulmonaire était à chier. Ben, il semblerait qu’avoir des muscles dans les cuisses, ça aide vachement, en fait. Je sais, fou. Bon, il est pas impossible que ma capacité cardio-pulmonaire ait aussi augmenté sensiblement (ça a beau être du travail en force et pas en endurance, le système cardio-pulmonaire bosse aussi plus que d’habitude), mais je prends un malin plaisir à grimper deux à deux l’escalier entre mon S-Bahn et mon train moyennes lignes tous les matins. Je n’ai plus non plus la sensation d’être une baleine échouée quand je m’assois par terre au moment de me relever. Et ça m’amuse assez de sentir mes muscles se définir au fur et à mesure, aussi. Il y a d’autres facteurs à tout ça (genre, bizarrement, le fait d’avoir 20kg de moins à traîner, ça aide aussi à se bouger), mais je peux pas nier que c’est là. Et je peux pas nier non plus qu’après quelques semaines de pause la motivation à reprendre commence à poindre parce que je me sens mollir ! (Ce qui est techniquement vrai : les premières séances après une longue pause sont vachement plus dure et les muscles disent merde significativement plus tôt, mais je reviens en général au niveau d’avant la pause en quelques séances).

Bon, cela dit, c’est pas encore la panacée. Ça me fait toujours violemment chier sur le coup 😀 L’ajout de musique au mix a beaucoup amélioré les choses (même s’il faudrait que je fasse une playlist adaptée histoire d’éviter d’avoir du Bach en plein milieu, ça marche vraiment pas), ainsi que l’introduction d’un minuteur automatique pour pas avoir à gérer ça au fur et à mesure. Et je prends mon mal en patience en me disant que si je peux me contenter de 30 minutes d’ennui trois fois par semaine pour être dans la meilleure forme physique de… ben toute ma vie, en fait, ben ça en vaut peut-être quand même la peine. Et que je vais de toute façon avoir du mal à trouver un truc à rapport « plaisir / overhead » vraiment supérieur, alors…

Bref, en termes de #balisebooks, Body By You, hautement recommandé. Parce qu’aussi gnan-gnan que ça puisse paraître, il a changé ma vie, et en mieux 🙂

Everyday carry

sacsComme Natacha l’a fait il y a quelques jours, je joue aussi au jeu de l’Everyday Carry, ou EDC, ou « tous les trucs que je trimballe avec moi en permanence ou à peu près » (et je vais causer d’EDC dans ce qui suit, parce que c’est moins long à taper – et à lire).

La photo qui illustre cet article est une partie du contenant dudit EDC. Le sac que je trimballe pour aller au bureau est un sac à dos Timbuk2 de modèle exact inconnu mais qui à vue de pif ressemble au Q Laptop Backpack qui doit en être une version plus récente. J’aime beaucoup ce sac à dos parce qu’il est pas trop lourd, que j’arrive à mettre une quantité de bordel décente dedans quand il faut, et que jusqu’ici il tient le coup. L’autre sac est mon sac à main, qui est un sac Paquetage en cuir noir que j’ai acheté il y a longtemps (je dirais plus de dix ans, à force) ; dans mon souvenir, je l’ai acheté quand le précédent m’a lâchée alors que j’avais un disque dur (dans son rack) dedans. J’ai sauvé le disque, mais le sac n’avait plus de lanière. C’est un peu le modèle de sac à main le plus basique qu’il soit : une longue lanière histoire de pouvoir le porter en bandoulière, et très exactement deux poches : la poche principale, et une petite poche à l’intérieur avec une fermeture éclair. Le cuir s’est pas mal usé au fil des années, mais le sac est toujours sac, et je serai bien désolée quand il me lâchera, ce qui j’espère n’arrivera pas avant quelques années. Et donc, je prends ledit sac à main quand je sors sans mon sac à dos, ce qui est à peu près chaque fois que je sors pour aller ailleurs qu’au bureau.

Le troisième contenant qui n’est pas sur la photo, c’est mes poches de jean ! J’ai beaucoup, beaucoup de mal à survivre sans poches. Ça fait partie des raisons pour lesquelles les pantalons plus habillés et les jupes/robes me gonflent autant : ya souvent pas de poche, ou des poches ridicules. J’ai besoin de poches.

Et j’ai besoin de poches pour trimballer la première partie de l’EDC :

IMGP3177On se fout régulièrement de moi à cause du contenu de mes poches. Je vois pas pourquoi. Donc, le contenu :

  • Mes écouteurs – ce sont des Sennheiser MX 365, c’est la troisième paire que je me traîne (les précédentes étaient respectivement bleue et rouge) – les écouteurs, c’est pas fait pour être gardé dans les poches, ce qui explique leur relativement faible durée de vie, mais je traîne ceux-là un an avant qu’ils me lâchent en général, ce qui pour des écouteurs à 25 balles est honorable. Je ne me prononcerai pas sur la qualité sonore des machins, attendu que j’ai une tolérance énorme au son pourri, mais ils sont aussi suffisamment confortables pour moi pour les porter plusieurs heures par jour (c’est pas le cas en ce moment, ça le fut dans le passé).
  • Ma montre, qui finit dans ma poche à peu près aussi souvent qu’à mon poignet. C’est une Casio WaveCeptor WVQ-110T que j’ai achetée il y a quatre ans : je voulais une montre qui soit jolie (en tous cas je l’aime bien), à aiguilles (ça va avec le joli, de mon point de vue), et qui se synchronise sur l’horloge atomique. Ça, c’était le cas jusqu’à récemment ; en ce moment, je sais pas ce qu’elle a, mais elle reçoit plus le signal, du coup elle avance d’une dizaine de secondes et ça me soule (principalement parce que ça va pas s’arranger). Faudrait que je l’envoie en réparation, probablement 😦
  • Mon téléphone, un Nexus 5, dans une housse complètement overkill et qui prend une place monstre, mais à laquelle j’ai fini par m’habituer. Je crois que je reviendrai à une housse plus raisonnable la prochaine fois que je change de téléphone (c’est à priori pas pour maintenant, j’aime beaucoup mon Nexus 5).
  • Un médiator – un Dunlop Tortex .60mm. Je le trimballais pas tant que ça dernièrement, celui-là ; je me dis que si je me remets à le trimballer peut-être que ça me fera gratter la guitare un peu plus souvent qu’en ce moment.
  • Du pognon : je trimballe mon pognon dans mes poches, c’est comme ça. Du coup, j’ai régulièrement des pièces qui tombent de mon pantalon quand je l’enlève ou que je le remets. Meh.
  • Mon trousseau de clés diverses auquel est aussi attachée une Yubikey qui me sert de token pour l’identification à deux facteurs sur deux-trois trucs qui en ont besoin.
  • La carte de fidélité de ma cantine : un repas gratos tous les 15 repas, c’est toujours ça de pris.

Parallèlement au contenu des poches, il y a donc le contenu du sac.

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  • Mon ordinateur portable – c’est un Toshiba Portégé Z30-A-19L, acheté en novembre. Il rentre pas dans mon sac à main, mais c’est le seul élément qui va dans mon sac à dos et pas dans mon sac à main. Je ne trimballe pas de chargeur en général : j’en ai un ici et une station d’accueil au bureau, et il a 4-5 heures d’autonomie, ce qui est suffisant dans la plupart des cas. Une babasse tout à fait correcte, 13″, un écran avec autant de pixels que mon 24″, pas trop lourde, et suffisamment de puissance pour faire tourner du bon gros Java, une instance d’IDE ou deux, et une machine virtuelle si nécessaire, le tout en même temps. La construction semble un peu fragile (mais c’est peut-être que mon ancien portable était un char russeLenovo Thinkpad Series X), et le clavier est assez moisi – comme je colle un clavier dessus la majorité du temps, c’est pas vraiment un problème pour moi.
  • Mon portefeuille – je sais pas comment les gens normaux font avec un portefeuille qui tient dans une poche de pantalon, je vois pas où ils foutent leurs trucs. J’ai même pas l’impression d’avoir tant de trucs débiles que ça dans ce portefeuille : carte de crédit, carte de transport, permis de conduire, carte d’identité, cartes de fidélités diverses, pognon, cartes de visite, pis c’est à peu près tout.
  • Un chargeur micro-USB, utile pour le téléphone. Le câble s’en détache et fait aussi office de câble USB vers micro-USB, pareil, c’est utile.
  • Mon passeport et mon permis de séjour suisse restent en général dans mon sac à main aussi. La raison en est que si j’ai VRAIMENT besoin de mon passeport, c’est que je voyage, et que j’ai plus de chance d’avoir avec moi mon sac à main que mon sac à dos « habituel » (si je voyage, j’ai plus de chance de trimballer le format d’au-dessus), et donc ça limite le risque d’échec.
  • De l’ibuprofène, parce qu’on est jamais à l’abri d’en avoir besoin. Avant j’avais un petit tube achement pratique, mais je l’ai paumé, du coup je me trimballe les tablettes et c’est chiant.
  • Des mouchoirs, parce qu’il faut toujours avoir des mouchoirs.
  • Des serviettes hygiéniques, parce qu’il n’y a rien de pire que de se retrouver en carafe au mauvais moment. (Ceux qui ne savent pas : croyez-moi.)
  • Mon Kindle Paperwhite : cadeau de Noël de ma sœur que je bénis tous les jours. L’autonomie qui tourne autour d’un mois est un vrai confort, c’est léger, compact, ça permet de lire la nuit sans fatiguer trop les yeux, bref rien que du bonheur. J’étais un peu anxieuse de passer de la tablette à la liseuse, mais je suis nettement dans les convaincus maintenant (j’ai changé d’avis !).
  • Mes lunettes de soleil : je suis très sensible à la luminosité, et je préfère nettement avoir des lunettes de soleil que de ne rien voir parce que je ferme les yeux.
  • Des instruments d’écriture divers – de temps en temps il y en a un qui se met à fuir et c’est relou, ça fait longtemps que c’est pas arrivé. Sur la photo, deux porte-mines Pilot Rexgrip 0.5 – un peu luxe pour du porte-mines de base, mais j’avais pas trouvé moins luxe quand je les ai achetés, et ils sont pas désagréables, un Pentel EnerGel 0.7 – j’aime bien la gamme, en 0.7 ou en 1mm, ils sont résistants et ils fuient pas – et un Pilot marqué Wolfram, souvenir d’une formation Mathematica quand j’étais à l’ETH. Le tout savamment mordillé parce que je bouffe mes stylos (les Bic cristal ne sont PAS une option pour moi, je bouffe le plastique plus vite que l’encre qui est dedans et c’est relou. Et en plus ils fuient pour de vrai au bout d’un temps.)

Dans les trucs que je ne trimballe pas mais que j’envisage à l’occasion :

  • un couteau suisse, c’est toujours pratique, et l’autre jour au bureau on a eu du mal à trouver un tire-bouchon, la lose – s’il fait tournevis ça serait cool aussi, je trimballe plus de tournevis sur moi et des fois ça manque
  • une clé USB, des fois ça manque aussi. Idéalement une que je pourrais utiliser comme porte-clé, ça serait bien. J’en ai traîné une longtemps, mais le caoutchouc a fini par se barrer et la clé à prendre très cher.
  • un truc de pluie quelconque (pas un parapluie, je hais les parapluie, plutôt le modèle K-way) : la saison de la mousson commence bientôt à Zürich (on peut même considérer sous certains aspects qu’elle est déjà là), et je sais qu’il va y avoir des jours qui commenceront sous un grand beau soleil le matin et qui finiront sous une drache violente au moment de retourner prendre le train. Va falloir que je m’occupe de trouver ça – suggestions appréciées.
  • j’ai jamais trouvé de carnet qui me satisfasse complètement, probablement parce que je cherche le mouton à cinq pattes. Je veux un truc solide, idéalement à pages détachables, léger, et qui se destrabule pas complètement au bout de trois jours dans un sac. Toujours aussi idéalement à pages blanches (et pas quadrillées), mais là je crois que j’en demande vraiment beaucoup.

Voilà. Je dois dire que je suis assez impressionnée par la quantité de conneries que j’arrive à raconter sur un sujet aussi « bateau », mais je dois dire que ça m’a beaucoup amusée 😉

Le B.A.-BA de la réparation

Je viens d’avoir l’air très bête.speaker

Je rentre à la maison ce soir, je vais pour mettre de la musique dans le salon, je fais pas plus attention que ça, la télé (qui est dans le bureau) se met à hurler. Je pique un sprint vers le bureau, j’éteins la télé avant que les voisins ne commencent à râler sur le volume de Metallica.

Il se trouve que l’enceinte qui est dans le salon est une enceinte Sonos – un bidule contrôlable entièrement via WiFi et qui sait jouer de la musique depuis moult sources Internet, y compris Google Play Music. Ça marche comme suit : je lance Google Music sur mon téléphone, j’appuie sur le petit bouton « Cast », je clique sur Sonos dans le menu, je clique sur Play, et ça envoie la musique sur la Sonos, c’est magique.

Sauf qu’on a aussi une Chromecast, sur la télé. Et que j’ai pas fait gaffe en cliquant, et qu’au lieu de cliquer sur Sonos, j’ai cliqué sur Pangolincast (c’est le nom de la Chromecast, cherchez pas.) Une fois la télé éteinte, je reviens dans Google Music – et ya une raison fondamentale pour laquelle j’ai pas cliqué sur Sonos, c’est que j’ai pas Sonos dans le menu. Dameunède, me dis-je en mon for intérieur, ce foutu truc est pété, continue-je. J’ouvre l’app Sonos sur le téléphone, qui me trouve pas mon enceinte. Scrogneugneu. Et qui me dit qu’il faut que je mette à jour l’app. Bon. Je vais pour mettre à jour l’app, pas de mise à jour disponible. Il insiste, le bougre ; je désinstalle l’app, je réinstalle l’app. Je continue à lutter un peu, je réessaie, il râle toujours qu’il faut une mise à jour et que j’ai pas d’enceinte dispo, bon.

Éclair de génie – du moins je le crois à ce moment là : on a pas mal bricolé le WiFi ces temps-ci (parce qu’on a la fiiiibre), ça a dû defuncter le truc. Je commence donc à reconfigurer tout le système Sonos. La petite borne affiche une loupiote blanche, tout va bien. L’enceinte n’affiche pas de… aaaaattends une seconde. La loupiote de l’enceinte est éteinte.

Je me suis donc tapé le crâne un grand coup, j’ai branché l’enceinte (qui avait été débranchée… juste avant l’installation de la fibre, histoire de faire de la place autour de la prise), j’ai refait coucou sur l’app Sonos, et tout de suite ça marchait mieux.

J’avais oublié le B.A.-BA de la réparation : « first, check the cables. » (« Second, check the cables. »)

Je sers la science et c’est ma joie

J’ai récemment participé, en tant que « volontaire », à une étude scientifique à mon université, et comme c’était majoritairement rigolo, et que c’est pas forcément un truc qu’on fait souvent, ben en voilà un petit compte-rendu.

Tout a commencé il y a quelques mois : j’ai reçu un mail, je ne sais plus par quel biais (peut-être juste parce que je suis étudiante à l’ETH, peut-être parce que je me suis inscrite dans un coin en disant « ouais, je veux bien participer à ce genre de trucs », je sais plus) qui réclamait des volontaires pour une étude sur l’absorption du fer. Pour la plupart des études de ce genre, je ne peux pas être qualifiée parce que je ne suis pas dans les fourchettes de poids « standard ». Mais là, pour le coup, le poids est précisément le facteur dont ils veulent mesurer l’impact, donc du coup je suis dans la fourchette. Je lis le reste des prérequis, ça a l’air de passer pour tout ; je réponds au mail, on m’envoie le descriptif complet de l’étude, on me demande si ça roule toujours, et on me demande de passer au labo pour un premier entretien. Ledit labo est dans le bâtiment d’à côté du « mien » à l’ETH, donc c’est vraiment pas un problème. L’étude complète « initiale » a quatre rendez-vous après le premier rendez-vous : deux petits déjeuners au labo en conditions « contrôlées », une prise de sang quinze jours plus tard, et un passage à l’université pour une mesure de la composition du corps et une mesure de la fonction musculaire.

Je vais au labo, on me réexplique tout ça, on m’explique que je peux arrêter quand je veux, on me demande si j’ai des questions, tout ça. On m’explique aussi qu’il y a peut-être un test supplémentaire, qu’ils attendent l’accord du comité d’éthique, et ils m’expliquent le test supplémentaire : c’est une mesure de volume sanguin. Je lis, je m’inquiète un peu quand on me dit « le truc c’est qu’on va vous faire respirer une petite quantité de monoxyde de carbone », je suis rassurée quand on m’explique le protocole exact. L’accord du comité d’éthique est arrivé quelques jours plus tard.

Vient le moment de la signature : « j’ai bien compris tout ce qu’on m’a expliqué, je suis d’accord pour participer à l’étude, et j’ai bien noté que je pouvais interrompre ma participation à n’importe quel moment ». Avec, en bonus, une question vraiment difficile : « Si par hasard on trouve une information qui peut avoir un impact sur votre santé, est-ce que vous voulez qu’on vous le dise ou pas ? ». C’est dur, comme question. C’est risquer le faux positif. C’est risquer l’angoisse. Et en même temps, s’il y a quelque chose d’inquiétant, il vaut probablement mieux le savoir, non ? J’ai fini par cocher « oui, dites moi ». Mais non sans hésiter.

Quelques semaines plus tard, j’ai bloqué tous les examens et autres sur deux jours (sauf la prise de sang finale qui devait avoir lieu deux semaines plus tard). Premier rendez-vous, premier petit-déjeuner. Le truc affreux, c’est qu’ils veulent contrôler les paramètres au maximum. Du coup, on m’a demandé de ne rien manger après 20h la veille, et de ne rien boire après minuit la veille. En plein mois de juillet, c’est pas super choupi. Je vais au labo, je mange du pain, du beurre et du miel, un verre d’eau., et une bonne dose d’isotopes de fer, que je n’ai d’ailleurs pas vraiment senti. Je me suis demandé s’ils les avaient mis dans la pâte à pain (parce que le pain était pas terrible :P). Et (sans surprise) on me demande de ne rien manger ni boire pendant 3 heures en suivant. Pareil, mois de juillet, dur. PAS DE CAFÉ, dur.

L’après-midi, je me suis trimbalée à l’autre bout de Zürich pour aller faire le test de volume sanguin. En gros, l’idée c’est de respirer dans divers bidules, plusieurs fois. La première fois dans un spiromètre « à vide » pour regarder la valeur initiale de CO. La deuxième fois dans un gros machin qui leur permet d’injecter une dose contrôlée de CO pendant l’expérience – d’abord un test « à vide » pour expliquer le fonctionnement (il faut expirer le plus possible, tourner un petit robinet, et respirer normalement après – et le tout sans faire rentrer d’air « extérieur » au système), et encore une fois dans le spiromètre pour regarder la valeur « après ». Au passage aussi, quelques prélèvements sanguins dans le lobe de l’oreille, pour mesurer l’hémoglobine et ce genre de trucs. C’était pas super agréable de respirer dans le machin, ou de jouer au spiromètre, parce que c’est globalement pas super confortable d’expirer au maximum. J’en ai profité pour demander comment les isotopes étaient administrés, et en fait ils sont en solution, brossés sur le pain. On m’a demandé si j’avais remarqué le goût, j’ai dit non. J’ai aussi signé une version mise à jour du formulaire de consentement – pour prendre en compte la nouvelle étude. La question « et donc, si on trouve un truc ? » avait gagné un nouveau choix : elle était passée de « oui/non » à « oui/non/décidez pour moi ». J’ai re-coché oui.

Le lendemain matin, deuxième petit déjeuner. Toujours difficile de ne rien boire, et de se passer de café. Il y a deux petits déjeuners parce qu’il y en a un supplémenté en vitamine C : le but du jeu est de voir dans quelle mesure l’ajout de vitamine C aide à l’absorption du fer. Pour ça, ils utilisent deux isotopes différents sur les deux petits-déjeuners. Là par contre, que ce soit parce que c’était moins bien réparti, pas le même isotope, ou parce que j’y faisais plus attention, je suis sortie du labo avec un vilain goût métallique dans la bouche.

L’après-midi, je suis allée à l’université pour aller faire les derniers examens. D’abord, mesure de la composition du corps. C’est pas super rigolo, ça implique essentiellement de pas trop bouger pendant qu’on se fait scanner. Le scanner lui-même balance très peu de radiations (ils disaient l’équivalent de passer trois heures dehors). Je dois dire que j’ai pas été super fan de me voir « complète » sur l’écran, ça fait un drôle d’effet (et la vague impression de prendre beaucoup de place :P). Et pour finir, opération « mesure du fonctionnement musculaire ». Là, l’idée, c’est de sauter de plusieurs manières différentes sur une plaque reliée à un ordinateur. Évidemment, le type qui fait la démo est plutôt du genre sportif (FORCÉMENT, S’IL FAIT QUINZE DÉMOS PAR JOUR, ÇA AIDE), et, bon, faut pas avoir honte 😛 On commence le test, tout se passe bien. Et là, on arrive au moment où il faut sauter à cloche-pied sur la plateforme. Première mesure jambe gauche, OK. (Plutôt mieux que dans l’essai avant, où je m’étais rendue ridicule et où j’avais failli me vautrer). Première mesure jambe droite, OK. Deuxième mesure jambe gauche, OK. Deuxième mesure jambe droite… OK… jusqu’au moment où ma cheville a fait un vilain « clac » et un vilain « aïe » 😦 Je m’étais collé une entorse en janvier, et j’avais pas spécialement réfléchi que c’était peut-être pas l’idée du siècle de sauter dessus comme ça 😦 On me file de la glace, je me traîne difficilement jusqu’au tram en râlant, je rentre à la maison.

J’envoie un mail aux responsables de l’étude pour demander exactement quoi faire niveau assurance, on me répond rapidement, le lendemain béquilles, toubib (parce que je pouvais plus marcher). Bref, je gère tout ça, je tiens les responsables de l’étude au courant, je demande si je qualifie toujours vu qu’on m’a filé des anti-inflammatoires et de l’héparine, on me dit « c’est probablement pas optimal, mais ouais, si tu peux quand même revenir pour la dernière prise de sang, ça serait cool ». Je suppose qu’ils préfèrent avoir les données quitte à exclure après plutôt que de ne pas les avoir du tout.

Mercredi, j’ai été faire la dernière prise de sang (en marchant sur mes deux pieds, ça va mieux 🙂 ). Je sais pas si j’ai déjà vu quelqu’un me faire une prise de sang aussi rapidement, d’ailleurs, c’était impressionnant. Pour me remercier de mon temps et de ma participation, j’ai gagné 150CHF, comme prévu initialement. Je devrais avoir mes propres résultats et les résultats de l’étude quand ils seront prêts.

Bref, globalement, c’était plutôt rigolo, comme expérience. Ça m’a permis de voir comment ce genre d’étude se déroulait, comment ils géraient les expériences et les sujets, tout ça. J’ai trouvé ça cool. Ma cheville moins, mais, bon, comparé à ce que le disciple de Léonard prend dans la gueule, je m’en tire plutôt à bon compte, sur le « je sers la science et c’est ma joie »…

Décès de Michel Laclos

Je viens d’apprendre, via le Twitter de Bernard Pivot, le décès de Michel Laclos, auteur prolifique de grilles de mots croisés.

Il y a des gens qu’on associe toujours à d’autres, et j’associe toujours Bernard Pivot et Michel Laclos à mes grands-parents. On a fait quelques fois la dictée de Pivot, il y a longtemps avec la retranscription de la Voix du Nord (je crois me souvenir que c’était Mamie qui dictait, et nous on grattait 😉 ), et plus tard avec l’enregistrement cassette du magnétoscope… Il fut un temps où j’avais une meilleure orthographe qu’aujourd’hui, ça m’agaçait toujours de faire des fautes, même sur des mots que je n’avais jamais lus ou entendus ! (Maintenant ça m’agace toujours de faire des fautes que je ne devrais pas laisser passer. C’est un autre débat.)

Quant à Michel Laclos, je crois bien avoir toujours entendu parler des « mots croisés de Michel Laclos », difficiles mais rigolos (Ou rigolos parce que difficiles…). Les dictionnaires – standards et de mots croisés – étaient rangés dans le salon, et visiblement fréquemment utilisés. Y compris par moi, d’ailleurs, j’ai probablement passé un certain temps dedans, je trouvais ça marrant de classer les mots par nombre de lettres. Je me souviens aussi des stylos beiges avec une gomme au bout, des hypothèses écrites avec une main légère pour pouvoir les effacer plus facilement, du papier glacé des grilles.

Et je me souviens de Papi qui racontait souvent en souriant qu’il avait fini par trouver un mot sur une définition particulièrement vicieuse de la grille du moment. Et moi je voyais ça avec une certaine admiration, parce que même les « faciles », « rho, j’aurais jamais trouvé » 🙂

Bref, l’annonce de ce décès m’a fait un peu bizarre. Monsieur Laclos, vous avez probablement touché beaucoup de monde avec vos grilles, et vous en avez probablement touché bien plus indirectement…

Murphy m’en veut personnellement

Je vois pas d’autre explication. Et je m’excuse pour ma série d’articles d’info théorique, j’ai pas eu le temps de m’y replonger ces derniers temps. Mais j’y pense. Bref.

Il y a trois semaines, on s’est fait réveiller à 5 heures du matin par un boucan phénoménal, et des trombes d’eau qui semblaient venir de… D’un peu au-dessus du bâtiment, et seulement d’un côté de l’appartement. À peu près comme ça, mais vu du bâtiment d’à côté et du 5e étage. Passées les premières suppositions (phénomène météo vraiment stupide, barrage qui a pété) (il était 5h du mat, ok ?), on finit par nous dire qu’une grosse canalisation a pété dans la rue. 60 cm, suffisamment de bars pour monter jusqu’au 6e étage, et paf, ça pète devant la porte de mon immeuble. Bon. Il se trouve qu’on a un petit balcon sur l’appart, et que ce petit balcon est entouré d’un mur. Pas d’une grille, non, d’un mur. Avec un petit trou de 2-3cm pour laisser évacuer l’eau. De pluie. Parce que le petit trou d’évacuation, il fait pas le malin face à un torrent de flotte qui embarque avec lui des morceaux de route. (On a plus tard retrouvé un pavé de 2,5kg sur le balcon.) Le balcon s’est rempli aux 80cm de sa hauteur en quelques minutes.

Évidemment, derrière le balcon, il y a une porte fenêtre. Sinon c’est pas très utile d’avoir un balcon. Les joints de la porte fenêtre, ils ont pas non plus longtemps fait les malins devant les 80cm de flotte du balcon. (Ils font techniquement pas vraiment les malins quand il pleut beaucoup non plus). L’eau a commencé à rentrer. C’est à peu près à ce moment là que Pierre m’a dit « habille-toi » (encore une fois, 5h du mat), « on se casse ». On a récupéré au passage nos sacs à dos (contenant portefeuilles, divers machins et… laptops), Pierre a tenté de colmater vaguement la porte entre le salon et le reste de l’appart avec ce qui traînait (nos peignoirs, essentiellement), et on est descendus. Par l’escalier, normalement. Au fur et à mesure de la descente, de plus en plus d’eau – évidemment, tout le monde a les mêmes balcons, et tous les appartements commencent à déborder. L’arrivée au rez-de-chaussée reste une image assez terrifiante pour moi. On a déboulé là-dessus :

IMG_20130328_053412Avec les vagues, la porte qui battait, et le bruit de l’eau qui continuait à  se déverser dans la rue.

On a pris notre courage à deux mains, et on est sortis du bâtiment (pas par cette porte là, ça aurait probablement été dangereux, mais il y a une porte derrière qui était au sec).

Notons que l’eau froide à hauteur des genoux, quand il fait nuit et qu’il fait froid, ben ça fait froid. Et là, on sort du bâtiment, et il se met à NEIGER. Dru. On se promène un peu autour du pâté de maisons, on finit par retourner du côté de chez nous pour voir l’eau se déverser dans la rue.

On a fini par voir le niveau d’eau de la « fontaine » décroître progressivement. Il a fallu 1h20 pour réussir à couper l’eau. (C’est apparemment pas évident de couper l’eau sur une conduite de cette taille, si on veut éviter les problèmes en cascade en amont…) Il est estimé que 15 millions de litres d’eau se sont déversés sur l’immeuble et sur la route.

On s’est finalement fait ramasser par un bus de la protection civile, ils nous ont filé du café, des fringues sèches le temps que les nôtres passent au sèche-linge, et un petit-déjeuner. On  est restés avec eux jusque 16h, à peu près – c’est encore eux qui savaient le mieux ce qu’il se passait. On a été très soulagés quand ils nous ont annoncé que la statique du bâtiment n’avait pas souffert, et qu’on allait pouvoir au moins repasser chez nous.

Vers 16h, on a pu retourner à l’appartement. Les gens de la voirie étaient en train de remettre du bitume au-dessus de la canalisation réparée, et les équipes de rénovation commençaient à s’organiser. Ils nous avaient dit de nous préparer au fait que tout serait ruiné et que l’eau coulait depuis les plafonds. La montée des 5 étages s’est faite avec une grosse boule dans l’estomac. Heureusement, nos voisins du 6e n’avaient pas de balcon, n’ont pas eu d’eau chez eux, et n’ont donc pas dégouliné chez nous. Les dommages sont restés limités au sol. Nos voisins des étages inférieurs ont été moins chanceux.

Le niveau d’eau est monté à 20cm dans le salon (là où il y avait le balcon), et quelques centimètres dans le reste de l’appartement. Quand on est montés, ils avaient déjà pompé toute l’eau. On a été très soulagés de voir que, comparativement, peu de choses avaient souffert. Mes bouquins étaient restés au-dessus du niveau de l’eau, et nos jeux de plateau… aussi 🙂 Les ordinateurs semblaient ne pas avoir pris l’eau dans leurs boîtiers. (Depuis, Pierre a diagnostiqué que sa carte mère n’avait pas survécu…)

Ça fait donc un peu plus de trois semaines que notre appartement n’est plus habitable. Entre temps, il a été vidé (faire l’inventaire et évaluer l’année et le prix d’achat de tout ce qui traînait a été épique…) ; quelques meubles ont déjà fini à la benne (l’agglo, ça aime pas l’eau. Les canapés non plus.), le reste est dans un entrepôt quelque part en banlieue. Maintenant, on attend que l’entreprise de rénovation fasse son boulot. À l’heure actuelle, les appartements de l’immeuble ont plus ou moins tous été vidés et débarrassés de leurs planchers (les planchers flottants, c’est VIEUX, nous on avait un plancher À VAGUES !) et du crépi/de la tapisserie des murs. On est raisonnablement sûrs que le bâtiment ne va pas être détruit, mais on n’a pas vraiment d’information officielle sur le sujet. On n’a pas non plus d’information sur le temps que ça va prendre. Probablement encore plusieurs mois ; on espère que le nombre de mois sera limité à 2 ou 3, mais on ne sait pas.

Jusqu’ici, on a squatté chez des copains qui ont eu la riche idée de partir en vacances au moment où on avait besoin d’un endroit pour se poser. On a aussi les clés d’un petit meublé pas trop loin (c’est petit, c’est cher, et les types qui ont fait l’ameublement et la déco fument des arbres par paquets de 12, mais ya un toit, un lit, et un accès à Internet.)

On déménage là-bas aujourd’hui, on doit avoir trois ou quatre allers-retours à faire pour trimbaler tout notre bordel. Il faisait 25°C avant-hier. Ce matin, il neige.