#balisebooks – The Stand / Le Fléau – Stephen King

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J’ai fini The Stand / Le Fléau, de Stephen King, la semaine dernière. Peut-être que je devrais dire que je l’ai re-fini.

J’ai une relation bizarre avec les bouquins de Stephen King. Si je me souviens bien, j’en ai lu pas mal quand j’étais au collège (ils faisaient partie des plus lus au CDI), mais j’ai apparemment toujours évité les « classiques » (jamais lu Carrie ou Ça, je crois.)

Après, pour une raison qui m’échappe, j’ai décidé que le style de King m’agaçait – au moins dans sa traduction française ; à l’époque, il me paraissait grandiloquent (rétrospectivement, je sais pas trop pourquoi), et du coup, je n’en n’ai pas lu pendant… une quinzaine d’années, probablement. Et puis l’année dernière, sur recommandation de Sandrine, j’ai lu On Writing, toujours de King. J’ai adoré : c’était drôle, intéressant, et m’a donné envie de redonner une chance à ses romans.

Le Fléau est le King dont je me souvenais le plus ; je crois que je l’ai lu au moins deux fois au collège, donc c’est celui que j’ai choisi pour m’y remettre.

Le concept est le suivant : on commence par l’histoire d’une épidémie de super-grippe qui s’est échappée d’une base militaire et tue 99% de la population. À partir de là, qu’arrive-t-il aux survivants ? Deux communautés antagonistes finissent par se former – que va-t-il se passer ?

Et j’ai vraiment beaucoup beaucoup aimé. C’est assez long – la version complète fait environ 1350 pages selon Amazon, mais ça se lit bien, pas forcément super vite (il m’a fallu un peu plus de trois semaines pour tout lire, sans lire quoi que ce soit d’autre en parallèle, mais sans avoir des masses de temps par jour non plus, donc en fait je sais pas :P). Peut-être un peu trop de détails gore à mon gout, mais c’est juste que j’aime pas forcément faire « ewww » pendant que je lis. Mais ça s’efface vite au profit de l’histoire – parce qu’on veut vraiment savoir ce qu’il va se passer.

#balisebooks – Robert Jordan et Charlaine Harris

Tiens, je suis à la bourre sur mes traductions de #balisebooks. Je fais donc du trois en un sur la traduction des posts originaux suivants :
https://plus.google.com/106223694077555758612/posts/3bWL4GBTmfP
https://plus.google.com/106223694077555758612/posts/J8eEaqKP12u
https://plus.google.com/106223694077555758612/posts/LwH768vuCX2

Crossroads of Twilight – Robert Jordan

J’ai apprécié le 10e tome de la Roue du Temps, Crossroads of Twilight (publié en deux tomes, Le Carrefour des ombres et Secrets, en France) bien plus que ce à quoi je m’attendais. La série commençait à m’ennuyer quand j’ai attaqué le 9e tome ; je suppose que c’était une bonne idée de faire une petite pause. J’ai même trouvé que ça se lisait assez vite, ce qui pour un bouquin de 700+ pages, est finalement assez rare.

Les personnages principaux sont Mat, Perrin, Egwene et Elayne ; les autres sont plutôt absents, y compris Rand. Le rythme est plutôt lent et la majorité de l’action est purement politique, à de grandes échelles. J’ai beaucoup apprécié les morceaux avec Mat et Tuon, c’était rigolo et meugnon.

Pas grandiose, mais sympa à lire. J’avais nettement plus envie d’attaquer le 11e après le 10e que le 10e après le 11e.

Knife of Dreams – Robert Jordan

Et, donc, toujours dans le marathon littéraire que représente la Roue du Temps, Knife of Dreams (en français deux tomes aussi, Poignard des rêves et Le Prince des corbeaux), je suis contente de dire que Romain n’avait pas tort quand il disait que ça s’améliorait beaucoup après le tome 10. J’ai apprécié le 10, mais j’ai nettement préféré le 11. Pour faire court, il se passe ENFIN des trucs et Jordan résout enfin des trucs qui traînaient depuis deux ou trois tomes. J’avais nettement envie de lire la suite, plutôt que de revenir au « mode de lecture par défaut qui se trouve être un tome du wheel of time », ce qui est toujours appréciable. Donc, j’ai beaucoup aimé 🙂

Au niveau de l’histoire (sautez jusqu’au titre suivant pour éviter les spoilers sur la série) :

  • Perrin retrouve enfin Faile
  • Elayne récupère le trône d’Andor, mais la résolution de ce bout m’a paru un peu bâclée/rapide (jamais contente :P)
  • Mat et Tuon se marient
  • Egwene est de retour à la White Tower, en habit de novice, mais est bien décidée à planter les graines de la dissenssion
  • Rand se fritte avec Semirhage, et c’est pas exactement clair qui en tire le plus de bénéfice
  • Les Aes Sedai font leur tambouille dans leur coin.

11 de lus, plus que 3…

A Bone to Pick – Charlaine Harris

A Bone to Pick (pas de traduction française à ma connaissance) est le deuxième tome des Aurora Teagarden dont Real Murders était le premier tome. J’ai tout autant aimé – peut-être même un peu plus à cause de l’effet « je connais les personnages maintenant ».

Aurora hérite une maison et une belle somme d’argent d’une de ses collègues bibliothécaires. Problème : dans la maison, il y a un crâne. Dans le reste du bouquin, Roe cherche à savoir à qui était le crâne et comment il est arrivé là… Sympa, rigolo et douillet 🙂

Voilà, c’est tout pour les #balisebooks actuels. J’ai l’impression de faire des articles de plus en plus courts, m’enfin j’ai toujours dit que j’étais pas bien douée dans le fait d’écrire sur ce que je lisais. Mais ça me permet de garder une trace pour moi aussi !

eReader vs tablette

Sandrine me faisait part hier de ses interrogations métaphysiques – « tablette or not tablette, eReader or not eReader ». Je commence à avoir une opinion certaine sur la question, et ça commence à déborder de ce que je peux dire sur un log d’IM, donc je m’en vais faire un billet.

J’estime que j’ai fait partie, relativement, des « early adopters » de l’eReader ; j’en ai acheté un il y a presque quatre ans jour pour jour. Je me souviens aussi avoir critiqué violemment l’iPad pour la lecture : ayant goûté au confort d’un écran à encre électronique, je ne me voyais pas repasser à un écran « normal », ça me paraissait aberrant. Depuis, Irex a fait faillite, mon activité de traduction (et donc de relecture) est dans un hiatus à durée indéterminée (parce que je fais des maths en ce moment), et j’ai pas rallumé mon Iliad depuis… un certain temps. Voire un temps certain. Récemment, j’ai beaucoup lu sur mon téléphone (et par « beaucoup », j’entends littéralement des milliers de pages, j’ai lu entre autres plusieurs tomes du Wheel of Time de Robert Jordan sur un téléphone) et, encore plus récemment, sur le Nexus 7 dont je viens de faire l’acquisition (j’en ai fait une petite critique, en anglais, sur Google+).

De ce que je vois, il y a eu deux éléments principaux au passage sur le téléphone : le format des fichiers et la disponibilité de la liseuse. Mon Irex ne prend que les fichiers Mobipocket et PDF ; j’avais fait le pari sur Mobipocket, manque de bol ce sont les EPUB qui se sont imposés en masse (en plus du format Amazon, évidemment). D’autre part, le grand écran qui s’est révélé très utile pour faire de la relecture et des annotations était nettement moins pratique lorsqu’il s’agissait de le trimballer. En revanche, j’ai toujours mon téléphone sur moi (pas que je téléphone beaucoup, mais j’aime beaucoup avoir Internet dans ma poche).

Aujourd’hui, je suis nettement partiale en faveur de la (petite, qui tient dans une main) tablette. Le confort d’affichage d’une liseuse « classique » reste inégalé pour la lecture en plein jour. Mais en-dehors de ça, les arguments vont, pour moi, en faveur de la tablette…

  •  La liseuse est un machin qui ne permet de faire qu’une chose. La tablette, non. Et même pour de la lecture « pure », ça peut être un avantage pour la tablette. J’ai trois applications de lecture sur ma tablette : l’application Kindle, fbReader pour le tout venant sans DRM et un lecteur PDF (pour l’instant j’utilise Adobe Reader, mais faut que je me penche un peu plus sérieusement sur le sujet). Et si on me sort un format exotique, je me dis que j’ai de bonnes chances de réussir à trouver une application qui le lit. Sur une liseuse, c’est plus délicat.
  • Dans les trucs cons, la liseuse est noir et blanc, la tablette a des couleurs qui brillent. Pour lire un roman, on s’en fout ; pour lire un magazine (un jour yaura des offres en-dehors des US… un jour 😉 ) ou une BD, la couleur c’est sympa.
  • En-dehors de la lecture pure, c’est plus personnel, mais j’apprécie assez d’avoir un machin qui fait « bling » quand je reçois un mail ou une notification quelconque. C’est évidemment débrayable, mais à titre personnel je sais pertinemment que je passe plus de temps sur un appareil qui n’est pas mon ordinateur si je peux avoir ce genre de choses. Sinon je retourne à l’ordinateur pour vérifier que j’ai pas reçu un mail (notons que c’est un comportement que j’ai depuis que j’ai eu ma première adresse e-mail et que même quand j’étais gamine j’avais une addiction à la boîte aux lettres. Doit y avoir un truc.)
  • L’écran d’une tablette est certes moins agréable pour lire, mais il y a quand même moyen d’optimiser son confort de lecture : plus ou moins de luminosité, choix de la couleur de fond, mode « nuit »…
  • En parlant de mode « nuit », je peux lire toutes lumières éteintes sur la tablette. Ça fait quand même de la lumière évidemment (sinon ça serait plus difficile de lire), mais moins qu’une lampe de chevet.
  • J’avoue que j’ai pas beaucoup testé les derniers modèles en encre électronique. Mais j’ai souvenir que le passage d’une page à l’autre était lent. Rien de dramatique, on s’habitue vite à « tourner la page » deux lignes avant la fin de la page, mais le retour à une liseuse après avoir lu un peu sur un écran plus rapide est un peu douloureux de ce point de vue.

Bref, j’en suis à un point où, à l’heure actuelle et pour mon cas d’utilisation namoiquej’ai, les avantages de la tablette surmontent grandement l’inconvénient de l’écran. C’est peut-être pas le cas pour tout le monde, j’en suis bien consciente : j’ai la chance de ne pas être gênée par les reflets et de trouver que la modification de la luminosité est suffisante pour m’assurer un confort de lecture suffisant pour oublier le support sur lequel je lis. Il n’est pas non plus à exclure que l’écran lumineux ait un impact sur la rapidité de l’endormissement/la qualité du sommeil quand on bouquine au lit. J’ai vu plusieurs personnes dire ça ; que l’effet soit physiologique ou psychologique ne change rien à l’affaire, c’est peut-être un truc à prendre en compte. Personnellement je n’ai pas eu l’impression d’un impact significatif. 

Il reste un certain nombre de questions en suspens. Pour l’instant je suis en vacances ; est-ce que je vais trimbaler ma tablette à l’école à la rentrée ? Sachant que je trimbale déjà un laptop et un téléphone, ça risque peut-être d’être overkill. Suivant les jours, je me passerai peut-être du laptop, mon dos devrait apprécier. Et si je me limite à lire les bouquins sur l’appli Kindle, il y a une synchro entre la tablette et le téléphone pour pas perdre ma page. J’ai pas encore vraiment d’opinion sur le sujet, à voir dans un mois 🙂

D’autre part, les technos évoluent aussi. Ça fait quelque temps que j’ai entendu parler de Pixel Qi, qui vise à associer les avantages des deux technos (la rapidité du LCD et la lisibilité de l’e-ink) ; j’ai encore rien vu dans la vraie vie, mais si ça décolle ça peut être intéressant. J’ai aussi vu ce matin un article sur des prototypes qui ont deux écrans dos à dos ; là encore, je sais pas ce que ça peut donner dans la vraie vie, mais ça peut être intéressant (j’aurais un peu peur de salir un écran avec mes gros doigts pendant que j’utilise l’autre cela dit).

Ceci était donc mon état des lieux personnel sur le sujet. À suivre dans quatre ans ? 🙂

#balisebooks – La Chute d’Hypérion – Dan Simmons

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Bien bien bien, ça fait un petit bout de temps que j’ai pas fait de #balisebooks; en partie parce que j’ai moins lu ces derniers temps, et en partie parce que je suis super en retard pour celui-ci ! (Pour donner une idée, j’ai lu un demi tome de Robert Jordan entre temps). Eeeet évidemment ça veut dire que j’ai encore moins de choses à dire que ce que j’aurais pu dire juste après l’avoir fini.

En bref : j’ai beaucoup aimé. Hypérion était centré sur l’histoire (passée) des personnages. La Chute d’Hypérion raconte ce qui se passe sur Hypérion (et qui ne reste pas sur Hypérion). La guerre est imminente. En dehors d’Hypérion, on voit comment cela est géré par le gouvernement de l’Hégémonie. Sur Hypérion, les pèlerins sont arrivés dans la zone des Tombeaux du Temps et attendent la confrontation avec le gritche.

C’était une lecture très prenante. Hypérion s’intéressait plus aux personnages ; la Chute d’Hypérion fait la part belle à la description de l’univers et de son fonctionnement. Est-ce que j’ai déjà dit que j’avais beaucoup aimé ? Oui. En plus, j’en ai maintenant deux versions. J’ai une version papier, à laquelle pour une raison ou une autre il manque 40 pages à un tiers du bouquin (argh). Quand je me suis rendue compte de ça, je me suis relevée (j’étais sous la couette), et j’ai racheté la version Kindle pour pouvoir le lire sur mon téléphone et ne pas interrompre ma lecture. Je suis pas sûre que j’aurais fait ça pour n’importe quel bouquin.

Les DRM sur les e-books, ça craint. (Et d’autres trucs aussi)

Je lisais ce matin un billet intitulé « DRM or not DRM ? Telle est la question » qui traite de la question des DRM sur les e-books. L’auteur, Cécile Chabot, a préfixé son post Google+ d’un « Et vous, vous êtes pour ou vous êtes contre les DRM sur les ebooks? » auquel j’ai commencé à répondre sur G+, et puis en voyant la taille de la tartine, je me suis dit qu’elle serait aussi bien ici.

En gros comme en détail, je suis contre. Pour une seule raison, essentiellement : ça ne change rien en ce qui concerne la diffusion sur des sites de téléchargement, et ça a un potentiel d’emmerdes énormes pour l’acheteur légal. (J’ai le même genre d’argument sur les portillons du métro qui n’empêchent pas les gens de sauter au-dessus mais qui sont une plaie dès qu’on transporte plus qu’un petit sac à dos.)

Le postulat de base, c’est qu’à partir du moment où un machin (e-book, musique, vidéo) existe sous forme numérique, avec ou sans DRM, on peut considérer qu’il est disponible gratuitement sans DRM quelque part. La plupart des DRM se cassent ; il y même, selon toute probabilité, des applis qui rendent les choses très faciles. Et à partir du moment où le DRM est cassé une fois sur un fichier, ben c’est plus nécessaire de le casser sur d’autres – il suffit de copier le fichier non protégé. Le fait que la source originale soit protégée ou non n’a donc a priori aucun impact sur ça. (Il y a des DRM plus ou moins faciles à casser, mais globalement… ce n’est qu’une question de temps.)

Cécile parle de la question du prêt et de perte de possession – c’est vrai, et j’avoue que je n’avais pas encore vraiment vu les choses sous cet angle (mais je prête et j’emprunte assez peu de bouquins). Je voudrais mitiger ça par deux points. D’une part, en général, quand je veux prêter un bouquin, c’est que je viens de le lire, et que donc je vais pas le relire tout de suite. Donc, qu’il soit dans ma bibliothèque ou dans la bibliothèque de ma copine (ou les deux), je m’en fous un peu. D’autre part, la dernière fois que j’ai envisagé de vouloir prêter un e-book, c’était… à mon époux. Il se trouve qu’on vit ensemble, qu’on fait bibliothèque commune, et que oui, il arrive occasionnellement qu’on lise le même bouquin au même moment. Pour le coup, le fait de pouvoir avoir une copie sur deux e-readers du foyer (on utilise l’appli Kindle sur nos téléphones, principalement) me paraîtrait pas complètement délirant. Sauf qu’évidemment, dans l’état actuel des choses, c’est impossible à gérer de façon simple. Alors ouais, on pourrait faire compte Kindle commun, il y a moyen d’avoir plusieurs appareils associés au même compte, très bien. Sauf que d’une part, j’avoue que je n’ai pas vérifié, mais je suis à peu près sûre que c’est pas un cas autorisé par les conditions de vente Amazon. (Et pour le coup, imaginerait-on un libraire demander combien de personnes habitent chez moi et me vendre 4 exemplaires de n’importe quel bouquin que j’achète au cas où mon mari et mes gosses veuillent le lire ?) Et d’autre part, là ça va, c’est mon époux, mais si j’envisageais que ce soit un compte « familial » avec mes (hypothétiques) gosses par exemple, je tiendrais hypothétiquement pas nécessairement à ce que mes enfants aient accès à toutes mes lectures. Donc ça pose d’autres problèmes aussi.

Les DRM posent aussi évidemment le problème de l’interopérabilité. Avec un e-book sans DRM, je peux le convertir en 12 formats différents si ça me chante, le mettre sur ma vieille liseuse antédiluvienne qui bouffe que des formats pas classiques, le mettre à la fois sur mon téléphone, ma liseuse, ma tablette, mon laptop et mon ordinateur sans me poser plus de questions que ça, et faire ce que je veux avec, suivant ce qui est plus pratique pour moi à un instant t. Si ça me chante je peux aussi le mettre dans un machin de synthèse vocale et écouter le bouquin plutôt que le lire. (Certains bouquins Kindle offrent la possibilité, mais le DRM Amazon permet d’autoriser ou de bloquer cette possibilité). On me dira que ce sont des choses que seules l’édition numérique me permet de toute façon et qu’un bouquin papier ne me poserait pas ce genre de problèmes et ne m’offrirait pas ces opportunités. Mais bon, on a l’énorme chance de pouvoir faire ces choses – pourquoi s’en priver pour des raisons discutables ?

Cécile pose la question du « consensus social » et dit que « Fondamentalement, je crois que sur cette question, le droit ou la technique seront de faible secours mais que l’éthique et la créativité  pourraient aider. » Je suis d’accord sur le fait que le droit et la technique montrent leurs limites (les majors du disque envisagent de commencer à s’en rendre compte). Alors l’éthique et la créativité en tant qu’alternative, je dis plutôt oui. Mais j’espère juste que ça ne sera pas limité à une seule direction (i.e. moi, en tant que gentil consommateur, je m’engage à acheter (louer ?) mon contenu par les moyens légaux mis à ma disposition et à racheter mon contenu sous toutes les formes qui pourraient m’être utiles parce que je peux pas transformer la forme sous laquelle je l’ai acheté), mais dans les deux sens (i.e. je m’engage à acheter mon contenu par les moyens légaux mis à ma disposition, mais vous êtes gentils, vous me faites pas chier avec vos protections à la noix, et vous m’autorisez à acheter ledit contenu).

Je signale le dernier point sur le « vous m’autorisez à acheter ledit contenu » parce que, en-dehors même de la question des DRM, l’accès au contenu est, encore une fois et pour des raisons qui m’aberrent profondément, toujours un problème. J’ai beaucoup entendu parler, ces derniers temps, de la série du Protectorat de l’Ombrelle de Gail Carriger. Je me suis dit « tiens, ça a l’air pas mal, pourquoi pas ». Je regarde la VO, pas de version Kindle disponible. Bon, la version numérique n’existe apparemment pas, admettons, ça arrive. Sybille me signale que la VF est dispo en version Kindle. Chouette, me dis-je en mon for intérieur. Je me rends alors compte que la VF est dispo en version Kindle… si je ne suis pas connectée sur Amazon. Parce que sinon, il se rend compte que j’habite en Suisse, et donc il veut pas me le vendre. C’est pas la première fois que ce genre de gag m’arrive ; d’habitude c’était plutôt entre les US et l’Europe, mais visiblement entre la France et la Suisse ça marche aussi. Enfin ça marche pas. Enfin bref. L’offre existe, on veut juste pas me la vendre parce que j’habite du mauvais côté d’une frontière. (Alors qu’acheter le bouquin papier via le même Amazon ne poserait aucun problème !) (Oui, je sais, j’ai qu’à faire ça.). Je ne sais pas qui est à blâmer, et je m’en fous un peu. Mais les restrictions géographiques sur la vente de contenu numérique sont pour moi encore pires que les DRM. Un DRM m’empêche de faire ce que je veux avec ce que j’achète ; une restriction géographique m’empêche d’acheter légalement ce que je veux acheter. Et vous savez quoi ? Quand on peut pas acheter un truc, ben ça fait des ventes en moins. Fou non ?

Les majors de la musique ont finalement visiblement compris que les DRM c’était pas une bonne idée, et une grosse partie des catalogues (iTunes et Amazon en particulier) sont libres de DRM. J’achète une quantité non nulle de musique en MP3 sur Amazon d’ailleurs, c’est pratique, c’est bien indexé, je clique et ça downloade (ou à peu près, c’est un demi-poil plus sioux que ça sous Linux mais guère), c’est du MP3 propre, nommé correctement et taggé correctement ; c’est pas de la GRANDE qualité de MP3 (et encore moins du FLAC), mais je m’en fous, entre les enceintes de mon PC et mes oreilles défaillantes, c’est pas comme si je pouvais faire la différence de toute façon.

J’espère que les éditeurs d’e-books mettront moins longtemps que lesdits majors à se débarrasser des DRM. Ça paraît sur la bonne voie – Tor (un des gros éditeurs de SF/Fantasy aux US) a annoncé récemment qu’ils se débarrassaient des DRM ; O’Reilly n’a, à ma connaissance, jamais eu de DRM sur leurs livres numériques ET proposent plusieurs formats pour chaque bouquin (et, là encore, le fait que l’achat soit simple et pas relou m’incite fortement à acheter chez eux – j’ai une quantité de machins à lire assez improbable).

J’espère aussi que les créateurs de contenus de tous poils (musique, livres, vidéos) se rendront aussi un jour compte que les restrictions géographiques, c’est complètement con. C’était déjà complètement con sur le zonage des DVD ; sur le contenu téléchargeable ça pousse à la stupidité la plus délirante. Ne pas proposer à la vente légale un truc qui (voir postulat de base en début de billet) est de toute façon disponible par d’autres biais, et se plaindre de ses ventes ? Ya que moi que ça choque ? Je suis incapable de ne pas m’énerver sur le sujet, c’est un de mes thèmes d’agacement favoris, donc je vais arrêter là ma diatribe qui ne servira de toute façon qu’à convaincre les convaincus 😉

#balisebooks – Hypérion – Dan Simmons

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J’ai fini Hypérion, de Dan Simmons, il y a deux ou trois jours, et j’ai un peu procrastiné avant d’écrire ce billet parce que… je savais pas trop quoi écrire.

Je l’avais lu il y a quelques années, mais, pour une raison ou une autre, il ne m’avait pas laissé de souvenir impérissable à l’époque; je me souvenais de quelques trucs, mais il m’a beaucoup plus captivée cette fois ci. Je suppose que certaines périodes sont plus adaptées à certains bouquins. Et qu’Hypérion fait partie de ces bouquins, parce qu’il est tout de même très particulier.

C’est l’histoire d’un petit groupe de gens qui ont été appelés à effectuer un pèlerinage, le pèlerinage du gritche – le gritche étant une espèce de gros monstre métallique empaleur qui fait peur. Dans l’espoir que ça les aidera à survivre, les pèlerins se racontent leurs histoires et la raison pour laquelle ils ont été appelés à effectuer ce pèlerinage.

Le livre se compose principalement de ces histoires, qui sont toutes racontées dans différents environnements, styles et voix. Par moments, ça fait un peu « exercices de style en nouvelles de science-fiction », avec chaque nouvelle résonnant dans un « genre » donné, sans avoir nécessairement beaucoup à voir avec ledit genre (c’est peut-être plus une impression de ma part qu’une raison réellement rationnelle ?). Je crois que je pourrais les classifier, en espérant ne pas en dire de trop (et sans ordre particulier) en une histoire militaire (à la Starship Troopers (le bouquin de Heinlein, pas le film) ), un conte des Mille et Une Nuits, l’histoire d’une quête désespérée, une histoire d’horreur/suspense (à la Stephen King), une histoire basée sur un commentaire social (à la Fondation), une histoire de « détective dans un sombre futur » (à la Blade Runner et/ou dans un style plutôt cyberpunk). Certaines comparaisons dans cette liste sont objectivement tirées par les cheveux, mais bizarrement c’est l’impression que j’en retire.

Et chaque histoire est une bonne histoire, à la fois en soi et dans le cadre plus large de l’histoire du pèlerinage. L’ensemble laisse une impression bizarre, mais durablement positive.

J’ai beaucoup aimé, et je pense que c’est objectivement un bon bouquin. J’ai été un peu surprise de voir qu’il avait été publié en 1989 – c’est plutôt récent, comparativement à ma réserve usuelle de SF – et j’étais convaincue qu’Hypérion était plus vieux que ça. Je présume qu’il a gagné ses lettres de noblesse de « classique » rapidement.

Un dernier mot sur la traduction française de Guy Abadia, dans laquelle je l’ai lu : elle est excellente. Il y a visiblement eu une grande réflexion sur la traduction des termes spécifiques du bouquin (j’aime vraiment beaucoup la traduction de Shrike en gritche 🙂 ) et le style de l’ensemble est de grande qualité. Respect.

#balisebooks – The Vampire Diaries / Journal d’un vampire – L.J. Smith

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J’ai fini The Vampire Diaries (Journal d’un vampire en français) de L.J. Smith et je suis très contente d’avoir fini. C’était chiant. Lycéenne rencontre vampire lycéen, ils font la gueule pendant 300 pages. À peu près aucune intrigue, à part peut-être dans les 70 dernières pages, les personnages n’ont aucune substance, aucun humour (à part peut-être involontaire dans les choix stylistiques). Je me suis demandée si j’avais trop lu de ce genre de trucs ces temps-ci et que les ficelles/clichés du style commençaient à m’emmerder, mais je ne crois pas que ce soit la seule raison pour laquelle j’ai pas aimé. Bref, je lirai pas la suite 🙂

#balisebooks – The Time-Traveling Fashionista / Une robe couleur du temps – Bianca Turetsky

(Tiens, j’avais oublié de traduire celui-ci hier. Le post original :
https://plus.google.com/106223694077555758612/posts/Xc36ULnW57y )

Bon, je crois que The Time-Traveling Fashonista (traduit en français sous le titre Une robe couleur du temps, c’est bien trouvé, d’ailleurs, enfin j’aime bien) est un exemple typique de « mon libraire a pas bien fait son boulot ». Je veux dire par là qu’il y a une petite section anglaise à la librairie en question, et que ladite section est divisée en quatre : littérature « générale », SF/Fantasy/Thrillers, non-fiction (ça se dit, ça en français ?) et littérature jeunesse. Ce livre était dans la partie littérature générale, et même mis en avant dans ladite section, mais la cible est clairement les 8-12 ans. Enfin bref, je l’avais, je l’ai lu 😉 (Et je serai plus prudente la prochaine fois que j’irai dans cette librairie).

C’est l’histoire de Louise, qui a 12 ans et une passion pour la mode « vintage » (*tousse*crédible*tousse*) et est invitée à une vente privée de mode vintage (*tousse*crédible*tousse*) (Bon, je plaisante sur le coup de la crédibilité. Je veux dire, le Club des 5, c’était pas des plus crédibles non plus. Mais c’était (c’est) bien quand même.) Louise essaye une robe, tombe dans les pommes, et se retrouve… sur le Titanic. Et, heu… c’est à peu près tout 🙂

Je dois admettre que c’était plutôt choupi et que les illustrations étaient jolies. Je ne suis pas sûre de ce que j’attendais en prenant ce bouquin, probablement pas un truc très profond, mais du fait que j’étais vraiment pas dans la cible, j’ai été un peu déçue. Probablement pas mal pour la cible considérée, cela dit.

#balisebooks – L’Affaire Jane Eyre – Jasper Fforde

Je viens de finir l’Affaire Jane Eyre, premier livre de la série des Thursday Next (qui est le nom de l’héroïne). L’histoire se déroule dans un univers parallèle où la guerre de Crimée est toujours en cours, où les gens voyagent en ballon dirigeable, où les dodos clonés sont des animaux de compagnie et où la littérature classique a une popularité énorme. Il existe même une division de la police (les SpecOps) qui s’occupe des crimes littéraires – manuscrits volés, contrefaçons et autres. Thursday fait partie de cette division et se retrouve à la poursuite d’Acheron Hades, qui commence par tuer un personnage mineur du Martin Chuzzlewit de Dickens et finit par kidnapper Jane Eyre du roman éponyme de Brontë.

J’ai beaucoup aimé. C’était suffisamment débile pour me faire rire, mais pas assez pour me faire perdre le fil de l’histoire. J’ai bien aimé l’univers et le groupe de personnages, et maintenant j’ai envie de relire Jane Eyre. Et de lire les Thursday Next suivants 🙂

#balisebooks – Outliers – Malcolm Gladwell

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Je viens de finir Outliers, de Malcolm Gladwell (pas de traduction française à ma connaissance) et j’ai un avis assez ambigu sur l’ensemble. La thèse du bouquin est que le succès n’est pas une question de talent extraordinaire, mais d’un talent « suffisant » associé aux bonnes circonstances et à une quantité énorme de travail. Jusqu’ici, tout va bien; pourquoi pas.

Gladwell est très bon lorsqu’il s’agit de raconter des anecdotes, des histoires marrantes et assimilé. Il est drôle, engageant, ses exemples sont bien choisis et en général très intéressants (notons au passage que, à mon avis, What The Dog Saw est meilleur de ce point de vue).

Il est aussi très bon lorsqu’il s’agit de faire réfléchir son lecteur et de tenter de le faire regarder des histoires « classiques » au-delà de ce qui en est habituellement dit – il donne des informations supplémentaires et on finit par se demander ce qui, au final, est réellement pertinent (probablement tout, dans une certaine mesure).

Ce qui m’a par contre franchement agacée était le sentiment tenace de « oui, bon, tu essaies de me montrer des stats, mais tu essaierais pas de me pipoter, là, par hasard ? ». Je ne sais absolument pas si ses stats sont valides ou non. Mais, de la manière dont elles sont présentées dans le livre, elles tiennent plus de l’anecdotique et du sophisme du tireur d’élite texan (l’article anglais de la Wikipédia est plus complet… mais en anglais 😉 ). Encore une fois, je ne dis pas que les faits sont faux ; je dis juste qu’après avoir lu le livre, je ne sais pas s’ils sont vrais ou faux. Très agaçant.

Bref, au final, c’est un bouquin que j’ai apprécié (à cause des anecdotes rigolotes) mais qui m’a fondamentalement énervée sur le plan statistique/scientifique. Et je suis nulle en stats. Donc… ouais… mitigée.