Ché un bo bouchon cha madame.

Il est 1h du matin. Je suis dans la voiture, le portable sur les genoux, en train de taper pour éviter de m’endormir – parce qu’on a encore deux heures de route.

Tout a commencé en début de semaine ; Pierre me dit « Heu, dis, il paraît que si on veut aller au Yosemite ce week-end il faut s’occuper du logement, parce que c’est ultra chaud ». Il avait raison : aux alentours du Yosemite, _tout_ est plein pour les deux week-ends suivants, qui sont nos deux dernières chances avant le retour en Suisse. On prend les cartes, on cherche, on finit par se décider pour Fresno, qui a l’avantage d’être à peu près à mi-distance du Yosemite et du Sequoia National Park, qui paraît-il est plutôt sympa aussi et moins peuplé que le Yosemite… ça peut être un bon point de chute pour le dimanche. Chercher hôtel, réserver hôtel, bien.

Ce soir, Pierre est rentré vers 18h, le temps de faire les valises, de gérer le GPS… Tiens, le GPS ne donne pas la même route que Google Maps, et la route de Google Maps est un chouilla plus courte… on tape donc sur le GPS pour qu’il nous fasse passer par la « bonne » route. Faudrait ajouter plus de guillemets autour de « bonne ».

Bref, on prend la route, il est 19h10, arrivée prévue à Clovis (c’est un bled à côté de Fresno, où nous avons notre hôtel) à 23h, le temps éventuellement de bouffer sur la route, tout va bien. Bon, ça fait un peu tard, mais, bon.

On arrive à Gilroy, qui est le point par lequel on avait demandé au GPS de passer – c’est amusant comme coin, ils doivent avoir une production d’ail impressionnante, ça sent l’ail sur plusieurs kilomètres. Pas désagréable d’ailleurs.

Le GPS annonce le prochain « changement de direction » dans 110 kilomètres. Manque de pot, on est sur une route à UNE voie. Avec un camion devant. On commençait à se demander si on allait se taper 100 bornes sur une voie sans possibilité de doubler quoi que ce soit. Heureusement, on n’a pas eu le temps de se le demander longtemps.

Au moment où je me disais qu’il allait falloir commencer à envisager la possibilité de penser à trouver à manger, le bouchon. Il est à peu près 20h15. 21h, toujours dans le bouchon. Un panneau sur le bord de la route prévient qu’il faut prévoir un « delay » d’une heure. Le temps passe. Les miles, moins. On a mis le compteur de miles un peu après l’entrée dans le bouchon, la première fois qu’on le regarde, on a fait trois miles.

Avec Pierre, on regarde les camions. C’est gros, un camion américain. D’ailleurs notre voisin est québécois. Ça fait une trotte, Québec-Californie. Le bouchon n’avance pour ainsi dire pas. On fait 200m par à coups tous les… longtemps.

On fait un peu l’andouille, on sort l’appareil photo et on fait des photos idiotes. Les gens derrière doivent se demander quelle est cette lueur verte qui sort de la voiture (réponse : l’autofocus de l’apn, évidemment). J’allume le portable et on joue au Yatze. On réussit quand même à faire quatre parties… (oui, on était VRAIMENT à l’arrêt. Et les quelques fois où on a roulé pendant ce temps j’ai énoncé les dés à Pierre qui me disait quoi faire 😉 On n’est pas fous !)

Légère angoisse à un moment « heu ouais, mais heu, on avait vachement plus d’essence au début du bouchon »… D’ailleurs la consommation en termes de gallon par miles a méchamment augmenté (normal, faire 10 miles en 3h, c’est pas rentable).

Vers 23h30, on finit par dépasser une voiture de la Highway Patrol et une voiture avec la porte avant gauche complètement explosée : visiblement quelqu’un qui avait ouvert sa portière au mauvais moment. Une fois ce truc là passé, la circulation s’éclaircit comme par magie. On ne sait toujours pas ce qui s’était passé au départ. Pierre m’a dit qu’il avait vu un panneau indiquant un camion en feu ; pas vu le panneau.

Bref, on sait pas. Réglage du GPS : « trouve nous la prochaine station essence ». Il est 23h45 et on a toujours rien mangé. Première « station essence », on sait pas où le GPS trouve ses données mais on le soupçonne d’avoir fumé un truc pas net. Deuxième tentative, là par contre c’est bon. On arrive à un endroit avec deux pompes à essence et un bidule à burgers. On tente de pousser la porte du bidule à burgers : il est minuit 5. Ça fermait à minuit. Grah.

On a fini par se rabattre sur des sandwiches achetés à prix d’or à la pompe à essence (sérieusement, 18$ pour trois sandwiches, un paquet de Pringles et un café en bouteille ?), faire le plein et aller baffrer nos sandwiches sur le parking.

Puis nous avons repris la route, objectif annoncé 2h de route supplémentaires… On a de la chance dans nos péripéties, l’hôtel garde normalement la chambre jusque 7h demain matin avant d’annuler la réservation et de facturer la première nuit.

Il est 1h20, le GPS a revu un peu à la baisse ses estimations, il dit qu’on arrive dans une heure. Bon, j’ai fait long pour un billet strictement inintéressant ; c’était un effet de style pour vous donner une idée de la gueule du bouchon 🙂

(Et sinon, on est bien arrivés, l’hôtel est cool et ya même le wifi, et sur ce dodo.)

2 commentaires sur « Ché un bo bouchon cha madame. »

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