Et là, Blizzard se la joue (presque) CCP.

Gold_BarsJe viens de recevoir un mail qui m’a fait faire « huh ».

Une des spécificités d’EVE Online, le MMORPG auquel je joue le plus ces temps-ci, est le PLEX. Le PLEX est un objet dans le jeu qui peut

  • s’acheter en-dehors du jeu (contre des vrais sous)
  • se vendre dans le jeu (contre de l’ISK, la monnaie du jeu)
  • s’échanger contre du temps de jeu et divers services fournis par CCP, l’entreprise qui gère EVE.

Donc en gros, il est possible d’acheter de la monnaie de jeu avec des vrais sous, mais il est aussi possible d’acheter du temps de jeu avec des sous gagnés dans le jeu. Les joueurs les plus acharnés arrivent à « plexer » plusieurs comptes avec leurs revenus dans le jeu.

Le truc, c’est que les jeux qui ont une économie (je suppose que c’est une bonne partie des MMORPG) induisent presque automatiquement un marché noir autour de l’économie en question. C’est un des gros problèmes de WoW : il y a pas mal de spammeurs de vendeurs d’or, option « tu me payes X$ et je te donne XXX pièces d’or en jeu ». Ce genre de pratique est strictement interdite, mais existe très clairement (avec probablement différents niveaux d’arnaque, je sais pas, j’ai jamais essayé d’acheter de l’or dans WoW, pis d’abord c’est interdit, alors, bon). Évidemment, avec ça viennent tout un tas de problèmes qui impactent directement les joueurs – le spam en est un, le vol de comptes (pour pouvoir collecter de l’or dans le jeu sans pour autant payer de souscription) en est un autre, et il doit y avoir à peu près le même genre d’économie douteuse que tout ce qui tourne autour du spam par e-mail, en fait.

CCP a introduit le PLEX dans EVE en 2008 et, si le problème n’y est pas réglé, il me semble tout de même vachement moins présent. C’est un peu ce que les commentaires disent en général : le fait d’avoir une mécanique « officielle » limite le prix réel auquel se négocie la monnaie du jeu. Et rend probablement beaucoup moins tentant pour le joueur lambda l’offre non-officielle.

Ben vla que Blizzard a introduit le même genre de mécanique avec le Jeton (ça faisait visiblement quelque temps que l’information tournait et c’était déjà fait aux US, j’avais complètement raté ça.) Enfin, pas tout à fait. La grosse différence, c’est probablement qu’EVE est fondamentalement vachement plus capitaliste 🙂 En particulier, dans EVE, le PLEX peut se vendre à n’importe quel prix. Si tu te vautres et que tu oublies un 0 dans le contrat de ton PLEX, t’as plus que tes yeux pour pleurer. Le PLEX peut aussi se voler et se looter - si tu fais la bêtise de trimballer des PLEX dans ton vaisseau et que tu te prends un missile dans la figure, c’est tant pis pour toi (et tant mieux pour l’autre). Les scams et les arnaques font très officiellement partie du jeu, et les PLEX n’ont pas de statut à part dans ce cadre. Il est aussi possible de spéculer sur le PLEX, acheter à bas prix, revendre à haut prix, tout ça.

Le Jeton WoW perd tous ces aspects : le jeton ne peut se vendre qu’une seule fois, à un seul endroit et à un prix fixé par « le marché ». (Et tu peux pas te faire piquer tes tonjs.) (Quelqu’un a un tonj de lessive au bâtiment R ?) (Pardon je m’égare.) Du coup, si les deux mécaniques peuvent sembler à première vue similaire, l’impact sur le jeu est assez différent. Je suis quand même assez amusée par l’apparition de cette mécanique dans WoW. Et quant au fait de limiter le prix de la monnaie du jeu, apparemment il y a des vendeurs d’or qui râlent sur Internet que la vente d’or, c’est plus ce que c’était et ça devient d’une rentabilité douteuse. Ce qui est probablement un bon point pour mon niveau de spam (ou un très mauvais, s’ils redoublent d’efforts !). Je me demande aussi quel est l’impact de la gestion de la chose dans le jeu. Il est évident que des transferts d’argent réel se font en échange de PLEX dans le jeu (hors canaux officiels). Le fait que le jeton WoW ne soit pas revendable est probablement une tentative d’éviter ça. Mais du coup, l’impact sur les canaux non-officiels doit être assez différent aussi. Ça doit être très dur d’avoir des stats sur le sujet, mais j’aimerais vraiment bien savoir ce qu’il se passe…

Je suis pas gamer, mais… 2 – Le présent

Après un billet plein de vieux trucs,  il est temps de causer du présent. Évidemment, j’ai pour ainsi dire joué à rien cette semaine (en partie parce que j’étais occupée à blogger, z’avez remarqué ?). Bon, il y a aussi des semaines avec et des semaines sans !

Le jeu qui me prend sans conteste le plus de temps de cerveau disponible en ce moment est EVE Online. J’y joue depuis environ deux ans, avec plus ou moins d’assiduité ; c’est un MMORPG dans l’espace. Certains esprits chagrins comme la personne qui se trouve derrière moi actuellement trouve que ça ressemble surtout à des tableurs avec un fond d’écran classe qu’on voit pas beaucoup. C’est pas forcément ENTIÈREMENT faux, d’autant plus que j’ai jamais autant utilisé de tableur dans le cadre d’un jeu que dans le cadre d’EVE. EVE est décrit comme une sandbox (bac à sable, en français), c’est-à-dire que l’univers est modifiable de façon permanente par les joueurs. Un joueur d’EVE est un pilote de vaisseaux – pluriel. Et esentiellement, on se tape dessus à coups de missiles, on fait du space-drama, on explore l’univers, et on essaie de subsister financièrement (de l’industrie au trading en passant par le cargo, il y en a pour tous les goûts). Il y a pas mal de particularités amusantes à EVE. Quand le vaisseau explose, il explose : la première leçon d’EVE est de ne pas piloter ce qu’on ne peut pas se permettre (financièrement… ou émotionnellement) de perdre, parce que ça VA arriver. L’acquisition des compétences se fait en temps « réel » : l’aquisition de certaines compétences peut prendre des jours, voire des semaines, voire des mois dans les cas extrêmes. Il est possible d’acheter la monnaie du jeu en vrai pognon mais aussi, plus rare, d’acheter du temps de jeu grâce à l’argent gagné dans le jeu. C’est un jeu éminemment social : je suis dans une guilde elle-même membre d’une alliance elle-même membre d’une coalition, ya pas mal de politique, et il est probable que je passe plus de temps à causer avec mes collègues d’alliance qu’à réellement jouer. C’est aussi le premier et le seul jeu pour lequel j’utilise des moyens de communication audio. Dans les points négatifs, il y a principalement le fait que démarrer une session EVE c’est en général un engagement d’une ou deux heures ou plus, et le fait que les opérations de l’alliance sont à heures fixes qui correspondent pas forcément trivialement à mon quotidien. Ça reste une expérience assez formidable et l’ampleur de ce truc me fait encore régulièrement halluciner.

Deuxième sur la liste, et possiblement diamétralement opposé : Hearthstone. Hearthstone est un jeu de cartes à collectionner (un peu sur le concept de Magic: The Gathering) dans l’univers de World of Warcraft. Quand je dis que c’est diamétralement opposé, c’est qu’il est possible d’ouvrir Hearthstone, de faire une partie et de quitter en environ 10 minutes. Voire (ça se serait déjà vu) de lancer Hearthstone le temps que tout le monde soit prêt à partir faire pew-pew dans EVE. Hearthstone est extrêmement bien fichu. Jouer est gratuit (le jeu l’est et il n’y a pas d’abonnement) ; il y a des éléments payants dans le jeu (certaines mauvaises langues disent qu’il est gratuit de jouer mais payant de gagner – c’est techniquement faux, il y a moyen de récupérer toutes les cartes à l’usure, mais c’est probablement très, très long). À la différence de M:TG où il faut gérer ses terrains pour gérer sa mana, le système de Hearthstone est simple mais en pratique brillant : les joueurs commencent avec un cristal de mana, et gagnent par défaut un cristal de mana à chaque tour jusqu’au dixième tour. Ça permet de s’affranchir de cette contrainte là pendant la construction du deck, tout en gardant une certaine progressivité de la courbe de mana. J’aime beaucoup. Comme c’est un jeu Blizzard, c’est blindé d’easter eggs plus ou moins subtils mais très drôles, ce qui ne gâche rien. Il y a évidemment beaucoup de gens qui écrivent tout plein de théories sur le deck qu’il faut absolument jouer à un temps t ; de mon point de vue il y a tout de même moyen de s’amuser pas mal sans se préoccuper du méta courant plus que ça. Blizzard a pour l’instant sorti trois extensions (et leurs cartes associées) : deux « aventures » (des challenges contre une IA qui permettent de débloquer les cartes de l’extension) et une extension de cartes standards qui est gérée de la même manière que les autres cartes (on acquiert des packs de cartes qui contiennent des cartes aléatoires). Une vraie réussite, de mon point de vue.

Mon dernier coup de cœur en date : Cities: Skylines. C’est, d’après, heu, le monde entier ou à peu près, ce qu’aurait dû être SimCity 5. Et c’est effectivement très proche de SimCity : jusqu’aux couleurs des zones résidentielles (vertes), industrielles (jaunes) et commerciales (bleues). Ça manque de Godzilla, mais à part ça c’est à s’y méprendre. La grande force de Cities: Skylines est la gestion du trafic et, de l’avis des concepteurs du jeu, c’est au moins en grande partie un des objectifs finaux du jeu. J’ai pas encore réussi à monter une ville à une échelle intéressante (mettons, qui permette d’avoir un aéroport), mais j’ai beaucoup de plaisir à essayer. Il y a des gens qui font des trucs complètement tarés dans ce jeu (les albums liés sur r/citiesskylines en sont probablement un exemple représentatif) – bon, une partie de ça est probablement faite en mode « pognon et ressources infinis », mais tout de même. Ah, argument supplémentaire : ça tourne impeccablement (et nativement) sous Linux (on remerciera les efforts de Steam pour faire de Linux une plateforme viable… !). Si vous avez joué à SimCity, vous avez une idée de ce à quoi Cities: Skylines ressemble ; et c’est une itération très réussie du genre.

Le truc chronophage précédent, c’était Civilization V. Je n’avais jamais joué à aucun jeu Civilization avant Civ V. Ça a été un peu un choc, et j’y ai passé pas mal de temps quand il est sorti sous Linux. Le principe de Civilization est simple et connu : partir de trois mecs avec des haches, arriver à une civilisation qui envoie des mecs dans l’espace, tout en gérant les voisins de manière plus ou moins belliqueuse. C’est un jeu en tour par tour – on s’occupe de tout ce dont il faut s’occuper pour un tour, on passe au tour suivant, et on recommence. L’avantage, c’est qu’on peut arrêter quand on veut. L’inconvénient, c’est le syndrome « rha, un dernier tour, il faut que je fasse ça » (et qui se termine souvent une heure plus tard et encore en pyjama). Je n’ai pas encore dépassé le niveau bisounours mou, et même là je n’ai pas encore réussi à obtenir tous les types de victoire (la victoire militaire et moi, ça fait deux). Mais, comme dans Cities: Skylines, ça m’empêche pas de réessayer relativement régulièrement. Bon, ça fait un bout de temps, là 🙂

Bon, et je vais m’arrêter ici pour cet opus, parce qui’l commence déjà à se faire long. Dans le prochain épisode de la série, probablement « les autres jeux auxquels j’ai joué récemment mais auxquels je ne prends plus vraiment le temps de jouer ». Parce que je suis … pas gamer ?